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 Mystery Island : Epopée psionique au pays des illusionistes.

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Emerald.D.Winter

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MessageSujet: Mystery Island : Epopée psionique au pays des illusionistes.   Sam 3 Mai - 20:36

Je me relevais péniblement, l'esprit encore brumeux de mon aventure extra-sensorielle. A côté de moi, mon curieux compère continuait sa valse d'excuses, visiblement sincèrement attristé de mon état.

-"Je vous en prie monseigneur, ne me pourfendez pas, j'ai de l'or, beaucoup d'or !"

Il s'était adressé à moi, les yeux rivés sur le fourreau de ma fidèle épée. Je lisais dans ces yeux cette expression unique au monde, un mélange de peur, de tristesse et d'espoir mêlés. Cet étrange sentiment qu'on ressent aux portes de la mort.
Je pris l'homme par les épaules, ses yeux ne purent soutenir mon iris noir héréditaire, aussi, il dévia son regard.


-"Voyons mon brave, il n'est pas dans les coutumes Givriotes de tuer un homme pour si peu ! En revanche, j'apprécierais volontiers votre aide pour m'éclairer sur cet étrange endroit. Toute cette végétation m'étouffe!"

Le visage de l'homme s’éclaircit.

-"Un Givriote ?! ça par exemple ! Je suis ethnologue, Erwan Flitwik, originaire de North Blue, j'ai lu de nombreux ouvrages sur votre peuple !"

Le petit homme me dévisagea de haut en bas, s'arrêtant sur les finitions brodées de ma cape, les  gravures en obsidienne de mon armure, l’émeraude brillant de la garde de Lermazak. Il tenta de dissimuler sa surprise mais ses stigmates ne purent me tromper.

-"Seriez-vous issu de la noblesse Givriote, monseigneur?"

-"Tout à fait, je suis le 4ème et dernier fils de Gregor Albarth D. Winter, oligarque du royaume, maître de la maison Winter et protecteur du Val."

Mon interlocuteur ne répondit pas immédiatement, ses yeux se plissèrent, comme pour peser le poids de tous mes titres.


-"J'oubliais de mentionner ma passion pour la poésie".

-"Oh, un poète ! Pourtant votre carrure et votre assurance correspondent davantage à celle d'un guerrier! ".

-"Les deux ne sont pas incompatibles de là où je viens. Il n'est de guerrier en mon royaume qui ne soit davantage reconnut pour l’élévation de son esprit que pour sa qualité de bretteur."

Il y eu un silence. Long et lourd, comme l'air environnant, rythmé par les hululement de bêtes inconnues, le sifflement d'insectes noctambules, les jacassement de créatures simiesques.

-"Et donc, où sommes-nous?" finis-je enfin par demander.

Erwan prit un air sombre, huma l'air, puis, silencieusement, ferma les yeux dans ce qui m'apparut comme une sorte de méditation.

-"Maitre Winter, ne sentez-vous rien?" me demanda-t-il, les yeux toujours clos.


 C'est vrai, l'air semblait surnaturel, comme emprunt d'une énergie occulte. Je fermais à mon tour mes pupilles, cherchant en vain le souffle de Yavak, le froid réconfortant d'une bise Givriote. Je ne sentis rien. En revanche, Lermazak semblait bouillonner dans son fourreau, comme éprise d'une furieuse folie meurtrière, jamais auparavant elle n'avait eu une telle réaction.
C'est là que je compris.


-"L'air est chargé de magie."

-"Exactement mon ami, ce qui signifie deux choses, la première : nous ne sommes pas sur Square Fall, mais quelqu'un tiens à nous le faire croire. La seconde ...

C'est que je pense savoir où nous sommes."


La sueur perlait sur le front de mon compagnon de mésaventure, sa respiration se faisait plus profonde et plus saccadée chaque seconde, ce n'était pas la chaleur, ni même la peur, ni même l'espoir qui dessinait à présent le visage de l'homme. C'était l'exaltation.

Il murmura comme aux dieux, une phrase quasi inaudible :


-"Mystery Island, l'île des illusionnistes ..."


-"Sont-ce des gens civilisés, ou dois-je préparer ma lame à occire des tribales ?"

Erwan m'adressa un sourire complice.

-"Plus civilisés qu'aucun autre Maître Winter. On raconte qu'ils maîtrisent les sens, qu'ils errent sur les océans, leur île prenant la forme d'une autre afin de méprendre les voyageurs égarés en mer!"

-"Dans mon royaume, de pareilles choses existent, des monstres de la toundra, aussi pâles que la neige des monts, qui attirent leur proies sans qu'elles s'en doutent."

-"Mais enfin quel rapport monseigneur ? ..."

-"Dans mon royaume, ces créatures mangent celles qu'elles attirent. Dans ce monde, on se dissimule rarement pour faire le bien ..."


-"Voilà un raisonnement qui mérite d'être acclamé".

Là, derrière nous, lévitant, une créature amorphe se profilait, haute d'environ 2 mètres, recouverte d'un châle violacé aux motifs inconnus. Sa voix pénétrait dans nos têtes, forçant le passage vers nos subconscients respectifs. Une manipulation mentale sans aucun doute !
Enfin, si son apparence apparaissait plus ou moins humanoïde, les flagelles ornant son visage, en revanche, lui donnaient un air particulièrement hostile.


Spoiler:
 

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Emerald.D.Winter

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MessageSujet: Re: Mystery Island : Epopée psionique au pays des illusionistes.   Lun 5 Mai - 17:55

Erwan poussa un petit gémissement et vint se blottir contre le Givriote, qui, lui aussi, sentit ses poils se hérisser le long de sa nuque. Ce n’était pas tant l’apparence hors-norme de la créature qui glaça Emerald d’effroi mais plutôt son étonnante capacité à pénétrer son esprit, à violer son subconscient, à s’immiscer à travers ses plus intimes secrets … .

Puis il eut un nouveau spasme, d’abord un bourdonnement, puis une douleur aigue dans le pavillon de l’oreille, et enfin cette voix. Cette voix surnaturelle, emprunte de mystère et de sagesse. Un écho rocailleux et puissant, qui semblait résonner dans sa boite crânienne comme aux flancs d’une montagne. Le regard de la créature convergeait tour à tour d’Erwan à Emerald. Il se douta alors qu’ils recevraient tous les deux le même message.


-« Je me prénomme Rhalz’Khan, je suis un Illithide. Bien que vous, humains, préfériez nous qualifier de « flageleurs mentaux ».Il désigna rapidement de sa main crochue ses étranges extensions mandibulaires. « Quant à vos interrogations sur notre nature belliqueuse, sachez que mon peuple se cache uniquement pour fuir la barbarie du vôtre. »

-« A quelle barbarie faite vous allusion maître Rhalz’Khan ? » se risqua Emerald.

S’en suivit une tonitruante explosion de rire intérieure qui se répercuta violemment dans la tête des deux malheureux voyageurs. Puis l’écho reprit, froid et implacable.

-«  Mais d’où donc venez-vous pour être aussi naïfs ? Ne savez-vous donc point l’usage qu’on réserve aux Illithid dans votre monde ? Ignorez-vous donc comment la Marine soutire aux pirates leurs plus noirs desseins ?
Ignorez-vous donc tout de la puissance de nos facultés mentales ? »


A mesure que le ton de l’Illithid basculait de la neutralité vers l’agressivité, la douleur se faisait de plus en plus saillante dans la tête du jeune Givriote.


-« Je pourrais vous tuer maintenant si l’envie m’en prenait, stupides créatures égoïstes ! »

Cette réplique assassine proférée, la douleur devint tourment, torture. Jamais Emerald n’avait dû rassembler autant de force pour garder les yeux ouverts. A ses côtés, Erwan, le teint hâve, commençait à perdre l’équilibre. Un filet de bave dégoulinait de sa bouche ouverte, sa respiration saccadée battant le rythme de sa souffrance. Quelques interminables secondes plus tard, son compagnon d’infortune s’évanouit, son visage décomposé reflétant le sinistre  carnage qui semblait l’habiter.
Emerald tint. Inébranlable. Cette affliction n’était finalement pas grand-chose face à la morsure d’une tempête glacée. Enfin … c’est ce dont il essayait de se persuader … . Puis, soudainement, la douleur s’arrêta.
Emeral venait de dégainer son épée.


-« De l’Emeraude ? Comment ? Comment se fait-il que vous possédiez autant de ce minerai ?! »

Rhalz‘Khan titubait, visiblement épuisé, blessé même. Emerald s’approcha du mystérieux Illithid, puis, d’une voix douce lui murmura :

-« Je ne ressens aucune animosité contre votre peuplé, monseigneur Khan, si je le peux, je souhaiterais même vous aider à sortir vos camarades des griffes de la Marine. Toutefois, j’aurais besoin de votre coopération. Emmenez-nous auprès des vôtres, soignez mon ami (il désigna Erwan d’un signe de tête) renseignez-nous sur cette île, renseignez nous sur vos us. Et peut-être pourrons nous commencer une nouvelle relation ? »

L’Illithid plongea ses yeux lavande dans l’iris noir du Givriote, sa haute puissance mentale lui assura qu’il était sincère. Mais l’Emeraude ...


-« J’accepte votre requête, ô homme du givre, toutefois, je vous prierais de bien vouloir rengainer votre épée. »

La voix dans la tête d’Emerald était cette fois-ci curieusement éteinte, faible, comme aspirée. Sans trop savoir la raison, Emerald revissa Lermazak dans son fourreau de glace. Aussitôt, l’Illithid sembla retrouver de sa superbe.


-« Bien, suivez-moi jeune homme, je vais vous conduire à ma cité. Mais d’abord … »

Avant qu’Emerald ne puisse réagir, une pluie d’épée sortie de Dieu seul sait où s’abattit sur Erwan, lacérant le pauvre homme de toutes parts. Quelques secondes plus tard, son cadavre mutilé prit soudainement feu. Emerald jeta alors un regard plein de haine vers la créature sensorielle qui se contenta de lui adresser une ultime réplique intérieure.


-« Ceci, mon cher Givriote, est ce qu’on appelle : Une illusion. Vous feriez mieux de vous y accommoder. »

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Emerald.D.Winter

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MessageSujet: Re: Mystery Island : Epopée psionique au pays des illusionistes.   Mer 11 Mar - 0:25

Annihilé, défragmenté, volatilisé. Erwan n’était plus. Occis sans sommation par le courroux mental de la sordide créature aux flagelles. Difficile de croire qu’il pu être le fruit de mon imagination tant la peur et le doute qu’il ressentait paraissaient réels.

-« Rappelez-vous jeune homme que je lis vos pensées aussitôt qu’elles parcourent vos synapses. La réalité d’Erwan n’est que votre dû. Je me suis servi de vos conceptions humaines pour le façonner. »

Agacé par ce viol cérébral je tentais de réprimer mes envies de meurtres vis-à-vis de cette créature surpuissante.

-« Sage décision, vous n’auriez aucune chance d’en réchapper ». Me susurra-t-il en pensée.

Je m’immobilisai alors, le visage contracté, la respiration coupée. L’air, admettons-le, parfaitement ridicule.

-« Vous ne pouvez pas arrêter de penser humain… Vous êtes ainsi fait, votre purgatoire, votre agonie, votre désespoir, vos vilenies. Il n’est rien que je ne puisse voir. »

Entendre cet être répugnant s’exprimer avec tant de raffinement fut pour moi le point de non-retour. De si beaux vers, sans concessions, ne pouvait provenir que de mon imagination.

-« Dans ce cas … quitte à souffrir de votre satanée omniscience, tâchons de rendre cela comique.»
J’entrepris d’imaginer les scènes les plus inconvenantes, les plus ridicules mettant en scène mon étrange comparse. Me vint notamment à l’esprit une scène aux relents nippons dans laquelle les tentacules du monstre œuvraient à de très étranges pratiques … le tout dans un capharnaüm de « Yamate Kudasai » stridents.

-« Cessez cela immédiatement stupide Givriote ! » Entendis-je en écho dans mon esprit.

-« Cela vous apprendra à vous instiller dans ma tête, couard ! »

-« Vous l’aurez cherché créature de misère ! » S’insurgea l’illithid furieux.

Prêt à parer toute éventualité, je tenais Lermazak dans les starting-blocks. Je n’eus hélas guère le temps de dégainer quoi que ce soit car une douleur lancinante pénétrait vicieusement mon hippocampe. La douleur se transforma vite en supplice, les cris d’agonies laissant alors place à d’inaudibles murmures. Je chutais, je sombrais, l’illithid à mes côtés.

Mais où ?



********************

Je me retrouvais face à la palissade impressionnante d’un manoir. Haut de 5 étages, affublé d’escaliers alambiqués, l’étrange bâtisse revêtait des airs de dédale. Peinte à l’aide d’écrasé d’obsidienne, on discernait çà et là d’étranges motifs, l’un d’eux représentait quatre animaux emblématiques d’une certaine nation : le loup, l’ours, le dragon et le corbeau. Toutefois, la redondance du corbeau était notable sur la façade balayée par le blizzard.

Soudain, la porte du manoir s’entrouvrit discrètement. Un jeune garçon en sortit, aussi furtivement que le lui permettaient ses vêtements brodés, son imposante cape et ses souliers vernis. Toujours sur la pointe des pieds, il parvint à s’extirper jusqu’au parvis, il regarda dans ma direction, sans toutefois m’accorder une œillade, visiblement imperturbable.

C’est alors qu’une voix rocailleuse s’éleva des tréfonds du manoir, un écho tonitruant qui glaça d’effroi le jeune fuyard.

-« EMERALD. D. WINTER ! Par les serres de Nivrilla (N.B : Nivrilla est la divinité corbeau de Valgivre.  Elle est l’emblème de la justice et de la classe politique. Il existe d’innombrables légendes l’associant à Fenrir et Yavak car ils forment entre eux la trinité de Valgivre. Ultime rempart face au désespoir du dragon) si jamais vous vous êtes encore soustrait à vos devoirs, croyez-bien que votre châtiment sera à la hauteur de votre insolence ! » L’homme ajouta également. « Ydril, ramenez immédiatement mon fils ici ! »

L’adolescent aux mèches bleutées s’était immobilisé à l’énonciation de son nom. Pétri d’impuissance, il déraidit ses bras le long de son corps, puis fit mollement volte-face vers la colossale bâtisse face à lui.
Je sus à cet instant précis ce que ressentait ce jeune sot. Car toujours aujourd’hui cet immonde manoir irradiait la noblesse, celle synonyme de détresse … Celle qui vous arrache à votre destin, qui vous subtilise vos rêves.

Sur le parvis du manoir Winter, un nouveau protagoniste faisait son entrée. Sa longue crinière de cheveux bleus dressées et désordonnées ne laissait aucun doute quant à ses affiliations généalogiques.


Ydril:
 


Pourtant, Ydril n’était que mon demi-frère, bâtard de ma mère, il avait été recueilli au manoir après que celle-ci ait supplié mon père d’épargner sa vie contre son absolue coopération dans des affaires politiques complexes …


Il était de loin celui envers qui la furie de notre père était la plus vivace, pourtant, jamais aucune rancœur, jamais aucune révolte. Il était d’une discipline à toute épreuve, cela se reflétait d’ailleurs dans sa grande maîtrise des armes blanches. Major de la promotion de l’académie des armes de Valgivre à seulement 14 ans, le pays lui avait confié la garde de l’épée légendaire de Valgivre : Lermazak (au grand damne de mon père bien sûr !).Celle-ci pendait d’ailleurs négligemment de gauche à droite de son bassin.
Les yeux de l’illithid à mes côtés dansaient sur le rythme de cette épée bringuebalante et, déjà,  l’envie se dessinait sur les traits translucides de la créature famélique…


-« Emerald … Il n’y a rien pour toi dehors hormis la bise glaciale et les froids relents de l’enfer de Valgivre. Rentrons petit frère, mère s’inquiète de ton attitude. » Adressa Ydril à Emerald, alors qu’il s’approchait de son jeune frère.

-«La bise glaciale vaut certainement mieux que les cours de bienséance et de politiques dispensés par père … » lui répondit le jeune garçon, moqueur. Il faut bien admettre que j’avais toujours eu le don de la rhétorique.

-« Si tu passais autant de temps à étudier la politique que la poésie tu serais déjà plus érudit que lui en la matière ! »Lui répondit Ydril, hilare.

Les deux frères éclatèrent d’un rire sincère, puis Emerald accompagné d’Ydril rejoignit les portes massives du manoir Winter qui se refermèrent avec fracas.


Je me retrouvais ainsi seule face à mon regretté foyer. La boule au ventre, les mains tremblantes. Aucune larme ne s'échappait de mes glandes lacrymales, car telle était l'affliction de mon peuple. Dans cet écosystème implacable, nulle place pour la faiblesse. Les légendes disent que seul le grand Yavak pleure la tristesse des Givriotes en inondant la toundra de ses flocons.

-« Ydril … si seulement j’avais su … » puis-je à peine articuler dans ma tourmente.

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MessageSujet: Re: Mystery Island : Epopée psionique au pays des illusionistes.   Ven 27 Mar - 18:36

A peine eu-je le temps de digérer cette vision que, déjà, mon comparses aux flagelles reprenait ses fouilles psyoniques dans mon hippocampe.
L’air devint trouble, la gravité s’inversa, les frontières du visible s’estampillèrent. Puis nous fûmes projetés, cette fois-ci, à l’intérieur du manoir Winter. Je reconnus sans mal le grand salon, excessivement ornementé. Il en émanait une préciosité ridicule.


Une flamme tranquille crépitait dans l’âtre et reflétait sa lumière dansante sur les murs où trônaient les plus impressionnants trophées de chasse de la dynastie Winter.  Au-dessus d’eux, telles les auréoles de ces bêtes décapitées, luisaient deux superbes lustres en obsidienne. Enfin, sur les fauteuils en cuirs de rhinocéros laineux, s’affalaient deux jeunes hommes, pris dans une vive conversation.

-« Emerald ! Sais-tu seulement à quoi tu t’exposes ?! La famille Winter vénère Nivrilla depuis des siècles, notre culte incarne l’ordre, la politique, la force. Yavak est le dieu du petit peuple, il symbolise l’espoir, la compassion et l’esprit. Valeurs ô combien différentes des nôtres ! » Ydril s’était exprimé sans hausser le ton, mais avec assez de fermeté pour sensibiliser son jeune frère à la gravité de ses actes.

-« Ydril … mon cher Ydril. Tu sais aussi bien que moi qu’il est inutile de nous mentir. Leurs valeurs ne sont pas les nôtres. Pourquoi le culte devrait-il être fonction de la classe sociale ? ». Emerald respecta un court silence, auquel Ydril ne sut quoi répondre. Puis le cadet des Winter reprit : « Je me reconnais dans le dogme de Yavak, je sens qu’il m’habite, qu’il m’appelle à lui. »

-« Je comprends le tourment de ta foi petit frère. Toutefois, si tel est ton choix, je te suggère de le cacher aux yeux de père. Sans quoi ton jugement sera sans appel. »

-« Ton frère a raison Emerald. » répondit une douce voix.


Un nouveau personnage venait de faire irruption dans la pièce, je l’observais avec admiration. Car il faut l’admettre, mon éducation n’avait pas été des plus calmes … Seule une mère comme la mienne avait pu me tirer de la torpeur de cette vie d’aristocrate bien rangée. Où il y a heure pour tout et où la mondanité transpire et suinte jusqu’au lainage de nos chaussettes en satins. Où éducation rime avec soumission. Où abnégation est synonyme de faiblesse.

Je m’égare …

Ah, ma tendre mère, sa droiture sans appel, sa chevelure blanche impeccable. Méfiance toutefois, car malgré la sophistication apparente de cette femme, son esprit n’était que rire, facéties, imagination délirante … Don, dont j’ai heureusement hérité !


Alidra (Emerald's Mother):
 

-« Gregor rentrera de sa mission sur Grand Line dès ce soir, je vous conseille de finaliser vos devoirs avant son retour. » lança-t-elle aux deux jeunes hommes avec malice.

Puis, une fois de plus, mes connexions nerveuses se mirent à tressaillir. Un voile brumeux s’immisça autour de nous. Puis, balayé par une brise mentale, laissa place à la même pièce que nous venions de quitter. Alidra, Emerald, Ydril et Grégor étaient attablés autour d’un morceau de chêne massif taillé à même l’arbre, savourant ce qui semblait être un Sanglier Cornegivre sauce grand veneur.
L’ambiance était pesante, le regard d’Emerald était figé sur son bout de viande, perdu dans les rebords de son assiette. Il attendait le moment fatidique. Qui ne tarda pas à venir.


-« Emerald, tu es bien calme ce soir ! Point de stupides envolées lyriques à partager avec ton très cher père ? Quel dommage. » Lança Gregor, narquois.  Emerald ne répondit pas, les yeux en signe de soumission. « Vraiment regrettable … car d’après ton relevé de notes, c’est bien la seule discipline dans laquelle tu sembles t’illustrer. 5 en économie, 11 en droit, 3.5 en mathématiques ? 7 EN THEOLOGIE ?! »

Véritable Crescendo de fureur, Gregor venait de fracasser son poing sur la table, les dents serrées, un regard assassin braqué sur son seul et unique fils légitime.

-« Mais qu’ai-je fais, Nivrilla, pour être châtié de la sorte ? Une femme infidèle ?! Deux fils, l’un bâtard mais compétent, l’autre légitime mais d’une nullité affligeante ?! » Hurlait-il maintenant à ses ancêtres.

-« Que n’avez-vous pas fait, serait la formulation exacte ». Le rectifia Emerald, qui venait soudainement de rediriger son regard. « Vous avez œuvré vous-même à votre naufrage. Vous vivez pour vos aïeux plus que pour votre propre descendance. Vous vivez pour le gouvernement mondial plus que pour votre foyer ! Vous êtes misérable père … »

A ces mots, Gregor. D. Winter, amiral de la marine, traversa la table puis empoigna son propre fils à la gorge. Ma mère, apeurée, tenta toutefois de m’évincer de l’emprise de mon père. Cette dernière fut toutefois éjectée d’un grand revers de son autre bras.
Ne restait plus alors qu’Ydril pour tirer Emerald de sa suffocation imminente. Il n’hésita pas une seconde, dégaina Lermazak et trancha Gregor au bras d’où il tenait Emerald, totalement en transe, mon père mit quelques secondes à relâcher son emprise, le sang coulait abondamment de son membre blessé.

Emerald, lui, côtoyait les frontières de la mort, non seulement la prise de Gregor était forte, mais, en plus, son cou présentait de sérieuses engelures. Fruits du pouvoir glacial de son géniteur.
Mère adressa un visage alarmé en direction d’Ydril, qui défiait à présent le chef de famille du regard.


-« Sois sûr, Ydril, que ton acte sera jugé devant le tribunal des Dieux dès demain. Cela tombe merveilleusement bien. J’attendais ta fin avec impatience. Bâtard. »

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