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 Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Jeu 8 Mai - 15:04

Un an après sa présentation, le périple d'Ulquiorra commence enfin ! Il a juré de vivre des histoires bouleversantes pour ensuite les raconter à son jeune frère dans le coma. Arrivera-t-il à s'adapter au monde qui l'entoure, lui dont le cœur est encore froid comme la glace ?


Les yeux accrochés à l'horizon, je me tenais face à la mer. Les flots me portaient depuis maintenant plusieurs heures. Mes cheveux, eux, flottaient paisiblement au rythme de la brise. Celle-ci était froide, mais, le torse pourtant découvert, je ne m'en voyais nullement affecté. Le climat usuel de North Blue, où je vivais depuis ma naissance, n'y était évidemment pas étranger.
Cependant, là n'en était pas la raison principale. Car si mon île natale n'était certes pas connue pour sa chaleur, ses températures restaient la plupart du temps convenables.
Non, ce qui expliquait bien plus justement le fait que je ne sente en rien la fraîcheur de cette brise était la température même de mon corps. En effet, ma peau dégageait sans arrêt la même aura glaciale.

Après tout, la froideur extérieure ne pouvait que révéler la froideur intérieure.

Je me pris à repenser à mon frère. Plongé dans son long sommeil, j'imaginai la salle d'hôpital où il était allongé. En dépit de tous les efforts que j'eus pu fournir, je ne pouvais rien faire pour lui. Et même si cela ne manquait pas de produire une immense inquiétude en moi, j'avais dû le laisser entre les mains des infirmiers de mon île.
Hueco Mundo vivait en autonomie, la médecine y était donc compétente. Il ne risquait rien avec eux. En vérité, c'était plutôt quand il était avec moi qu'il risquait quelque chose. Je n'avais fait que décevoir encore et encore les espérances qu'il avait placées en moi. À l'image de ce vent asséchant mes pores, mon cœur était resté gelé durant vingt et unes années.
Pourquoi ne m'en étais-je pas rendu compte plus tôt ?

Le pire de tout était que je ne savais comment ouvrir mon cœur, même en ayant conscience de tout cela.

Une secousse vint me tirer de mes divagations torturées. Une vague était venue heurter mon embarcation. Cette dernière n'était en outre pas très résistante, simplement composée de rondins de bois à peine fixés entre eux. Le mât se contentait du même genre de matériel, à la base duquel mon ample veste servait de voile.
Le tout formait un bien maigre radeau dont la médiocrité n'avait d'égale que la lenteur. Ne désirant à aucun prix retarder l'heure de mon voyage, je l'avais bâti en toute hâte, et je me demandais à présent s'il allait tenir le choc. Si le vent qui s'accentuait en augmentait la vitesse, il gonflait également les vagues qui s'y abattaient.
Ainsi, une autre d'entre elles vint frapper l'avant de l'embarcation. Les rondins craquèrent et leurs fixations faillirent lâcher. Je compris alors que je ne pouvais pas rester impassible alors que mon radeau était en train de se rompre. Je me précipitai à l'avant et retint les troncs qui s'écartaient. Je les rattachai fermement, lorsqu'une troisième vague fondit cette fois sur la partie arrière. Je m'élançai à nouveau pour maintenir les rondins. Mais le remous de la mer était tel qu'il me fit perdre l'équilibre. Tant bien que mal, je me rattrapai au mât pour ne pas chuter. Malheureusement, je n'avais visiblement pas assez assuré sa solidité puisqu'il ne supporta pas mon poids. Étendu de tout mon long sous la pluie qui commençait à tomber, mes mouvements se figèrent pendant une seconde.

Avais-je été naïf ? Décider de vivre des aventures suffisait-il pour que ces aventures me parviennent ? Pouvais-je véritablement prendre la mer, moi qui n'avais aucune notion de navigation ? Pouvais-je réellement m'en sortir, moi qui n'avais jamais rien vu d'autre que mon île natale ?
Le doute me saisit plus violemment encore que la fureur des eaux. Ma seule aptitude était la manie du sabre, et rien de plus. À cette pensée, un malaise s'ajouta à ma détresse. Je portai une main inquiète à ma ceinture. Dans un soupir de soulagement, je constatai que Murciélago y était toujours fixé. Le perdre aurait anéanti toutes mes espérances.
La motivation m'étant revenue, je me relevai en gardant mon sabre appuyé contre ma hanche. Érigeant d'immenses pyramides aquatiques, la mer se soulevait au milieu de millions de gouttes de pluie. Je m'aperçus que la moitié de l'embarcation avait été arrachée, et je dus me rendre à l'évidence. Les vagues allaient avaler mon radeau et je ne pouvais les en empêcher. Une fois encore, je ne pouvais rien faire.

Soudain, reflétant une minuscule lueur au loin, une forme apparut derrière un monticule d'eau. Seule l'extrémité d'un mât était alors visible, mais cela suffit à me redonner espoir. Finalement, les flots rugirent une énième fois, et une nouvelle vague porta ledit mât dans les airs.
Je le vis alors.
Il s'agissait d'un gigantesque navire. Luttant ardemment tout comme moi, il bravait la tempête avec autant de rage qu'un ours. À son bord, des dizaines d'hommes s'affairaient à replier ses voiles et à maintenir son équilibre.
Un bref coup d’œil au pavillon me permit de voir que ces hommes étaient des pirates. Je me dressai, admiratif, devant eux. J'avais urgemment besoin d'un bateau, et aucune alternative ne se présentait. Ne sachant ni leur objectif ni quel type de pirates menaient ce navire, je n'avais aucun moyen de me préparer à ce à quoi j'allais me risquer. Mais je n'avais pas le choix, je devais monter à bord.

Je te l'ai promis petit frère, mon aventure commence ici !


Voilà à quoi ressemble Murciélago, le sabre d'Ulquiorra.



Dernière édition par Ulquiorra Schieffer le Jeu 5 Juin - 15:45, édité 2 fois
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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Sam 10 Mai - 13:37

Plissant les yeux sous la pluie battante, je ne pouvais détacher mon regard de l'immense navire de pirates. Il devait se trouver à une centaine de mètres de moi. De plus, il semblait aborder un demi-tour, sans doute afin de s'extirper de la tempête.
Un craquement me fit tourner la tête. Les troncs qui composaient mon embarcation volaient en éclat les uns après les autres. Le temps m'était compté, je devais agir avant que ma seule échappatoire ne s'enfuie hors de ma portée.

Je me reculai au fond du radeau, ou ce qui en restait. Je me préparai à m'élancer. Les vibrations grandissantes m'indiquaient que la plate-forme était sur le point de sombrer. C'était une question de quelques secondes. Dans ce laps de temps, je devais rejoindre l'autre navire, et donc franchir les cent mètres qui m'en séparaient. Si je tombais à l'eau, tout espoir était perdu.
Une poussée sur mon pied droit me permit de prendre mon élan. L'embarcation se trouvant déjà bien amochée, je ne pus acquérir beaucoup de vitesse, mais une poignée de pas me suffit. Je sautai alors au-dessus des eaux. À ce moment, une vague envoya valser le radeau qui se démembra violemment. D'innombrables copeaux de bois jaillirent. J'étais à présent seul sur la mer déchaînée. J'avais sauté de façon à effectuer une rotation à quatre-vingt-dix degrés, si bien que je me retrouvai dos au navire, ma destination. Face à moi, le ciel nuageux se confondait avec la mer en furie. Je tendis le doigt vers cet horizon homogène et fermai les yeux. Un flux d'énergie se concentra alors dans mon bras, et traversa ma paume pour venir se loger dans le bout de mon ongle. Une infime lueur semblait en irradier.

- Celo !

Juste avant la déflagration, je saisis Murciélago pour prévenir son éventuelle chute. Une colonne de lumière coupa le ciel et la mer. Agissant comme un énorme bazooka, l'effet de recul me projeta en arrière. Étant donné que j'avais dirigé mon attaque légèrement vers le bas, je m'élevai plus haut encore dans les airs. Je pouvais apercevoir du coin de l’œil que je me rapprochais rapidement du bateau.
J'avais à peine franchi soixante mètres que je commençai à ralentir. La pesanteur me rappela à elle, me faisant adopter une trajectoire en cloche. Maintenant en chute libre, je fus soulagé de constater que je me trouvais presque au-dessus du navire. J'allais pouvoir l'atteindre sans problème.
Là où il y avait un problème, cependant, c'était au niveau de ma réception. Ayant du mal à contrôler ma chute, je dus m'en remettre à la chance. Heureusement, ce fut la grand voile qui bloqua mon vol. J'atterris finalement sur plusieurs tonneaux qui explosèrent sous mon poids. Un liquide sombre s'en échappa et coula sur les planches du bateau, m'aspergeant au passage. Je m'apprêtai à me relever lorsque des bruits de pas affolés, accompagnés d'interjections d'urgence, m'assaillirent. En un instant, j'étais entouré d'hommes hargneux, me menaçant de leurs sabres.

Quelle était la meilleure réaction à adopter ? Les attaquer ? Leur expliquer la situation ? Je ne ressemblais pas à un marine, ils n'avaient donc pas de raison de vouloir me mettre hors d'état de nuire.

- Regardez-le ! beugla un individu. Il a du maquillage et un os sur la tête !
- Ouais c'est vrai ! renchérit un autre. Il est pas net, c'est clair !

Certes, mon apparence constituait à elle seule une raison de ne pas me faire confiance... Sans chercher plus loin, ils se mirent alors à me charger. J'esquivai un premier coup, puis un second.
Que faire ? Me défendre reviendrait à entamer une véritable bataille, et je ne savais rien d'eux. Leur supériorité numérique n'était pas un problème en soi, mais si certains d'entre eux se trouvaient être de puissants combattants, mes chances de l'emporter pouvaient s'en voir réduites ! Ne valait-il pas mieux rester pacifique par prudence ?

Les hommes continuaient de m'attaquer les uns après les autres. Jusque là, je parvenais à éviter leurs coups avec aisance. Apparemment, leur niveau ne semblait pas être suffisant pour m'inquiéter. Tout à coup, une lame fusa plus rapidement que les autres. Surpris, je m'écartai au dernier moment. Un picotement me démangea l'épaule. Une fine entaille la traversait, crachant un mince filet de sang. Je fronçai alors les sourcils et m'immobilisai. Jouer avec ma vie ainsi était dangereux, je n'avais pas d'autre choix que de me défendre.
Décidé, je dégainai Murciélago et le fit danser autour de moi. En l'espace de quelques instants, plusieurs de mes adversaires furent touchés. Le groupe ne se calma pas pour autant et m'entoura de plus belle. Je dus alors appliquer mes trois années d'entraînement. J'avais appris à manier habilement mon katana, et en connaissais parfaitement la courbe.

Un coup horizontal permettait un tranchant inégalé.
Un coup vertical trouvait sa force dans la puissance et dans la lourdeur.
Un coup d'estoc pouvait aisément atteindre un organe vital.

Ajoutées à ces trois principales manières d'asséner un coup, la vitesse et la précision étaient également des facteurs prépondérants. Mais le tout devait se faire avec le moins de mouvements possibles, pour économiser le souffle.
Les hommes accélérèrent le rythme. À peine avais-je entaillé l'un d'eux qu'un autre fondait sur moi. Ils commencèrent même à s'élancer en groupe. Face à deux voire trois adversaires simultanément, je devais redoubler de vitesse. Et, en conséquence, ma force s'en voyait limitée. Néanmoins, en visant certains points stratégiques comme les jambes, je pouvais à la fois bloquer leurs attaques sans m'attarder. Ainsi, malgré l'espace restreint dont je disposais pour me mouvoir, je réussissais à riposter avec fluidité.

- Qu'est-ce qui se passe ici ??

La voix grasse qui avait retentit provenait de derrière moi. Sans même avoir le temps de me retourner, un énorme poids s'abattit sur ma nuque. Je chutai à terre, les yeux embués. Je ne pus que voir les silhouettes ricanantes se rapprocher de moi avant de perdre connaissance.

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Lun 12 Mai - 14:12

J'ouvris péniblement les yeux. J'étais entouré par une pénombre des plus impénétrables. L'arrière de mon crâne me faisait souffrir, gardant le stigmate du coup dont il avait été la cible. Ce qui m'avait heurté était certainement de l'acier ou un autre métal du même genre.
Surmontant la douleur, je tentai de me relever. Me dressant sur mes jambes, je titubai et m'affalai finalement contre une paroi. Mes sens n'avaient pas encore recouvré leur optimalité, il valait mieux que je reste immobile un petit moment. Déjà, mes pupilles commençaient à s'habituer à l'obscurité environnante, ce qui me permit de me rendre compte de l'endroit où je me trouvais. Des barreaux me faisaient face. Apparemment, j'étais retenu prisonnier dans une geôle.

- Hé vieux, ça va ?

Je ravalai un sursaut. Un individu que je n'avais pas remarqué se trouvait sur mon côté droit, lui aussi adossé contre le mur. Sa maigreur manifeste montrait qu'il y était depuis déjà quelque temps.

- Toi mon vieux, ils t'ont pas raté ! Vise un peu c'te bosse !

Je ne fis pas attention à son ton moqueur. Je préférai considérer ses vêtements, abîmés par le mauvais traitement dont il avait visiblement été victime. Il ne portait aucune arme, et n'était pas non plus doté d'une musculature sortant de l'ordinaire. De toute évidence, il s'agissait d'un civil. Son visage était celui d'un artisan gagnant difficilement sa vie. Ces pirates avaient sans doute l'intention de l'utiliser en tant qu'otage pour quelque dessein.
Mon regard se dirigeant au-delà des barreaux remarqua en outre qu'une dizaine d'autres prisonniers remplissaient ce qui semblait être la cale du navire. Ces détenus m'observaient eux aussi. Leurs pupilles, défiant l'obscurité qui les séparait de moi, étaient emplis d'une telle stupeur que je me demandai quelle en était la source.

- T'as vraiment une apparence étrange, t'sais ça ? reprit mon compagnon de cellule comme pour répondre à mon interrogation. C'est quoi ton nom ?
- Ulquiorra, fis-je sans le regarder.
- Et t'es d'quelle faction ? T'as pas l'air d'un Marine, p't'être un chasseur d'primes ...?

Sa question me prit au dépourvu. J'avais levé l'ancre dans l'intention de vivre des aventures au travers le monde, mais je n'avais pas réfléchi au groupe auquel je désirais appartenir. Marines, pirates, révolutionnaires, chasseurs de primes... le choix était plutôt fourni. Quelle catégorie était la plus propice à mener un périple ?

- Pirate, affirmai-je.

Oui, les pirates étaient les plus aventureux. Braves et libres, ils voguaient sur les flots tels des amis de l'océan. Et je n'avais pas pour autant besoin de devenir comme ces odieux personnages qui ressentaient le besoin d'enlever des civils en cas de négociation avec la Marine.
Ce choix me semblait être le plus judicieux, voire le seul qui puisse me convenir. Dans le pire des cas, il ne s'agissait que d'un titre.

- Un pirate qui s'fait capturer par des pirates ! il ne pouvait cacher son amusement ni retenir son rire. Ha ha ! Mais t'as pas l'air bien dangereux va, j'suis ravi de t'rencontrer en tout cas, vieux. Moi c'est Gus.

Une main se planta devant moi. Je me tournai vers le dénommé Gus, incrédule face à son large sourire. La familiarité dont il faisait preuve ne me paraissait pas naturelle. Était-il possible qu'il me considère comme quelqu'un de confiance après une si brève entrevue ? Le simple fait de se présenter l'un à l'autre pouvait-il être à ce point gratifiant ?
Finalement, je serrai la paume qui se présentait à moi. En effet, son contact était plutôt chaleureux.

Un bruit sourd se fit entendre. Un filet de lumière dispersa la noirceur. La porte de la cale venait de s'ouvrir. Prévenant tout danger potentiel, je portai ma main à la hanche pour me saisir de mon sabre. Soudain, mon bras se crispa. Murciélago avait disparu !

- Tu ne pensais tout de même pas qu'on allait te laisser ton arme ? ricana un homme en apparaissant devant ma cage. C'est pas qu'on pense que tu pourrais t'enfuir avec, mais vu les fous suicidaires auxquels on a eu affaire, on préfère être sûrs que tu restes en vie tant qu'on en a besoin...

Le visage de l'homme était déformé par un rictus cruel, qui s'accentua. Il n'était pas ardu de deviner à sa dégaine qu'il faisait partie de l'équipage. Au vu des plaies fraîchement refermées qui traversaient son bras, il était peut-être même un de ceux qui m'avaient combattu avant que je ne perde conscience.
Extirpant un trousseau de clés tintantes de sa poche, il ouvrit la porte de la geôle. Parallèlement, il prépara une lame scintillante.

- Le capitaine t'attend sur le pont, alors tu peux sortir... il paraissait outragé par ce qu'il était en train de dire, obéissant à contrecœur aux ordres. Mais si tu tentes quoi que ce soit, je te découpe, pigé ?!

Je me levai sans prendre la peine de lui répondre. Inutile de gaspiller ma salive pour un individu essayant vainement de m'être supérieur.
Je suivis le pirate sans broncher en montant les marches de bois. Le soleil, de retour à la suite de la tempête, m'aveugla un instant. Je venais à peine de m'habituer à la pénombre du sous-sol, mes sens se voyaient réellement incommodés par un nouveau changement de luminosité. Je parvins finalement sur le pont. Une flopée de pirates s'était entassée sur les bords, laissant un espace vide en son milieu. Au centre de cette arène se trouvaient deux personnages.

Le premier, plutôt petit et maigrichon, avait d'immenses cernes qui lui donnaient un air de fatigue extrême. Il avait les mains derrière son dos et vacillait imperceptiblement, comme s'il était sur le point de s'endormir.
Le second, lui, gigantesque et taillé comme un rocher, possédait sur son bras une armature en acier ornée d'un gros mécanisme. Il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait de l'homme qui m'avait assommé plus tôt.

- Voilà ton sabre, fit ce dernier de sa grosse voix en lançant Murciélago dans ma direction. Maintenant prépare-toi, tu vas m'affronter.

Sans véritablement chercher à comprendre ses motivations, je fis tournoyer mon katana de manière à le positionner convenablement. Il semblait qu'en pareilles circonstances, une phrase de défi était de bon augure. Si je voulais être capable de raconter comme il se doit la péripétie qui s'annonçait à mon frère, je devais d'abord savoir la vivre intensément.

- Le capitaine veut se battre avec moi ? fis-je sur un ton presque enjoué. On dirait que ma danse de tout à l'heure avec tes hommes t'a fait une grosse impression ?

Après ces paroles, je me mis sur mes appuis. De même, il se plaça. Puis, je l'entendis chuchoter un mot.

- Viens ...!

Répondant à ses attentes, je brandis Murciélago et m'élançai furieusement.
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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Sam 17 Mai - 19:23

Je m'étais élancé avec rapidité. Observant d'un œil détaché mon adversaire, je savais déjà de quoi j'allais devoir me méfier. En effet, son point fort apparaissait comme une évidence. Son bras gauche hypertrophié, et recouvert d'acier, le laissait présager sans le moindre doute. De plus, l'amère expérience qu'il m'avait fait subir le confirmait. Ce combattant était doté d'une puissance impressionnante. Et deux conséquences logiques pouvaient être tirées de cela.

- Montre-moi ce que t'as dans le ventre, mon gars !! hurla-t-il en lançant son bras gauche en arrière, avant de le ramener avec force.

Mes appuis ne me permettant pas de modifier ma trajectoire, je fus contraint de placer mon avant-bras en opposition. Le choc fut rude, mais je parvins à l'inhiber. La lourdeur du métal avait éprouvé mes muscles.

Première conséquence : la force physique n'était pas l'aspect que j'avais le plus développé à l'entraînement, aussi n'étais-je certainement pas capable de résister à un grand nombre de coups tels que celui-ci. Au bout de deux ou trois, ma limite serait probablement atteinte. Je devais donc privilégier l'esquive.

- Pas mal pour un gringalet... essaie un peu de bloquer celui-là aussi !

Il rabaissa son bras et, serrant le poing, visa sous mon menton. À une si faible distance, il n'avait aucune chance de manquer son coup. Néanmoins, il me suffit d'un pas en arrière vivement effectué pour m'écarter de sa portée. Son poing fendit le vide, accompagné d'un déplacement d'air attestant de sa violence.

Seconde conséquence : une telle puissance ne pouvait se passer du handicap le plus commun à ce genre d'individus. La lenteur, bien entendu. Pour moi qui étais plutôt fin et pas très grand, l'esquive était définitivement le moyen le plus sûr. Il me fallait seulement me concentrer.

Grognant tel un animal mécontent, mon adversaire lança à nouveau son bras, que j'esquivai sans grande difficulté. Quelques autres coups similaires s'ensuivirent. Comme pour augmenter sa force, il poussait des grognements féroces. Mais je ne me laissai nullement intimider. Je m'efforçai de conserver une expression figée, et presque indifférente. Faire le vide dans mon esprit pour ne garder que les variables inhérentes au duel, voilà quelle était ma façon de combattre. Et pour une fois, mon néant naturel pouvait m'y aider.
Cependant, de l'extérieur, j'avais juste l'air absent. Ce détachement ne parut en outre pas plaire à mon ennemi, dont les veines du visage se gonflèrent soudainement.

- Maintenant ça suffit !! beugla-t-il, hors de lui. Tu te prends pour un pro, à éviter mes attaques comme si de rien n'était !? J'aime pas trop qu'on me sous-estime, tu vois...

Tout à coup, il changea de pied d'appui. Il envoya alors son bras droit. Il ne l'avait pas utilisé depuis le début du combat, si bien que je n'avais pas jugé nécessaire de le surveiller. Sans que je puisse réagir, il me saisit le crâne. Son énorme main, placée juste en-dessous de mon casque osseux, me bouchait la vue et m'immobilisait complètement.

- T'as même pas essayé de m'attaquer une seule fois depuis tout à l'heure... et tu vas le regretter !

Le mot de trop. Il laissa s'écouler un instant avant de m'asséner le coup qu'il préparait, et j'en profitai pour l'entailler de la pointe de Murciélago. Il grimaça et relâcha mon emprise. Cependant, cela devait être davantage à cause de la surprise que de la souffrance. À nouveau libre de mes mouvements, je décidai d'enchaîner sans plus attendre.
Même si ses propos émanaient d'une colère impertinente, ils lui donnaient raison sur un point. Pour m'en sortir, je n'avais d'autre choix que de passer à l'offensive. De plus, l'avantage de ma vélocité jouait toujours en ma faveur. Que ce soit pour la défense ou pour l'attaque, le vitesse était véritablement l'aspect primordial de ce combat.
Ainsi, je commençai par une frappe horizontale, qu'il para de son bras en acier. La rencontre des deux ustensiles émit un son métallique. Je reproduisis plusieurs fois le mouvement, tantôt verticalement, tantôt horizontalement. Bien que mes coups se fassent de plus en plus rapides, l'autre semblait les intercepter sans difficulté. Bientôt, un concert de tintements s'éleva. On aurait cru entendre deux épéistes s'affronter.

Mon adversaire finit par accélérer lui-même la tendance. Il semblait manier son bras bionique comme s'il est vêtu d'aluminium, si bien que je me demandai s'il n'avait pas feint sa lenteur. Soudain, entre deux parades, il abattit son poing sur moi. Dans un réflexe heureux, je levai le bras pour le stopper. Je parvins à bloquer l'attaque au prix d'une douleur lancinante, mais la partie n'était pas terminée. Il releva son membre et réitéra le coup. Si je devais encore encaisser cette offensive, mon bras n'était pas sûr de la supporter.
Je sautai alors sur la gauche pour l'éviter, quand je vis sa main droite fondre sur moi. Il m'attrapa au vol, m'astreignant une fois de plus de mes mouvements. Son emprise était plus tenace encore que quelques minutes auparavant, me faisant même décoller du sol. Je m'apprêtai à nouveau à trancher son poignet de mon sabre, lorsque ses doigts, appuyés contre mes tempes, serrèrent violemment leur étreinte. La douleur me paralysa.

- Oh non, pas deux fois... susurra-t-il d'une voix se voulant particulièrement menaçante.

J'aperçus son poing s'armer cruellement, mais j'étais dans l'impossibilité totale de réagir. Le coup frappa directement mon estomac. Les forces du bras ainsi que celles de l'armature en acier s'ajoutèrent, résultant en une véritable explosion au sein de mon organisme.
Je valsai une dizaine de mètres plus loin et m'écrasai contre la rambarde. Les pirates qui y étaient adossés s'étaient écartés au dernier moment. Le souffle coupé et la vision brouillée, je ne parvenais pas à les distinguer. Toutefois, j'entendais leurs rires lointains, recoupés de moqueries. J'imaginais sans mal leurs faces imprimées d'un rictus impitoyable.

Pourtant, je ne pouvais pas me permettre de chuter ici. Je ne pouvais encore moins me permettre d'abandonner ici. J'en avais eu conscience sans l'avoir vraiment pensé, la vie de pirate était on ne peut plus risquée. Ces adversaires étaient les premiers que je rencontrais, et ils ne seraient certainement pas les derniers. Je devais donc apprendre à serrer les dents. En dépit de la souffrance, en dépit du désespoir. Je devais serrer les dents.
Dans un effort qui me fit plus mal encore que le coup de la brute, je me relevai. Debout sur mes deux jambes, je recouvrai lentement une vue convenable. Je levai la tête vers mon adversaire, lui lançant un regard de défi. Il me répondit par un sourire en coin. Autour de moi, les pirates semblaient interloqués de me voir poursuivre le duel.

Je m'avançai péniblement pour rejoindre le centre de l'arène. Les spectateurs, dont l'excitation était à son comble, formèrent un cercle pour m'enfermer avec mon ennemi. Ce dernier, lui aussi stimulé par ma détermination, affichait un expression plus sadique que jamais.
Un seul individu demeurait calme au milieu de cette effervescence. Il s'agissait du petit homme aux longues cernes qui se tenait à côté de mon adversaire, avant que le combat ne débute. À présent, il se trouvait en retrait, l'air tout aussi endormi qu'auparavant. Lorsque mon regard croisa brièvement le sien, je me rendis cependant compte que, malgré les apparences, il ne perdait pas une miette de l'affrontement. Ses pupilles, sous ses paupières demi-closes, brillaient en vérité d'une intensité invisible.

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Mar 20 Mai - 10:32

L'excitation ne désemplissait pas. La tension était palpable entre mon ennemi et moi. J'étais encore étourdi par le coup que j'avais encaissé dans le ventre, mais la douleur demeurait supportable. À présent, je ne pensais plus qu'à vaincre. Et la lueur qui scintillait dans les yeux de la brute montrait qu'il se trouvait dans le même état d'esprit.

Soudain, le groupe de pirates qui nous entourait s'écarta. Le petit homme aux joues cernées s'avança alors. Tous les regards se tournèrent vers lui, brisant le climat de concentration extrême qui planait sur mon duel. Je ne compris pas pourquoi cet homme était intervenu. Sa démarche était lente, et semblait même ralentir de plus en plus, comme pour retarder le moment de l'explication. Finalement, il se posta devant mon adversaire, et ouvrit la bouche.

- Je suis le capitaine des Slumber Pirates, fit-il mollement. Je vais te combattre maintenant...

L'incompréhension grimpa en moi. Le capitaine de cet équipage n'était-il pas l'individu qui m'avait défié ?

- Enfin, capitaine ! protesta celui-ci. Nous n'avons pas fini et ça commençait tout juste à devenir intéress...

Sans même le laisser finir, le petit homme le congédia en levant le bras. Il pointait du doigt les escaliers menant à la cale, où se trouvaient Gus et les autres retenus.

- Tu agis comme convenu, ordonna-t-il sans grande conviction.

Haussant les épaules, la brute obéit et se dirigea dans la direction indiquée. Visiblement, je m'étais bel et bien fait de fausses idées. Le puissant combattant que j'avais affronté n'était donc pas le capitaine du navire. Je redoutai que cela ne signifie que je doive faire face à un adversaire plus fort encore.
Chassant cette pensée pessimiste de ma tête, je me focalisai sur un autre point qui avait retenu mon attention. Les Slumber Pirates, autrement dit les pirates du sommeil... ce nom avait-il un lien avec les capacités du petit homme ?
Alors que j'étais perdu dans mes réflexions, des soupirs s'élevèrent. J'entendis des pirates se plaindre du fait que tout le suspense avait été gâché, que l'issue du prochain duel était inéluctable. Certains parièrent que je ne tiendrai pas plus d'une minute. Le cercle de curieux, encore captivé quelques instants plus tôt, s'était complètement dispersé, et seule une poignée d'hommes attendait tout de même de voir ce qui allait advenir.
Je redoublai de méfiance. À première vue, le capitaine apparaissait comme l'exact inverse d'un guerrier, mais je m'interdis de le juger sur son apparence. La confiance que son équipage lui accordait était un signe qui en disait long.

Lentement, je me mis à tourner autour de mon nouveau concurrent. Il ne bougeait pas d'un pouce. Pour une raison qui m'échappait, il avait fermé les yeux et demeurait immuable. En général, je préférais laisser mon adversaire attaquer le premier, de manière à observer sa technique. Cela me permettait ensuite de m'adapter et d'opter pour la meilleure tactique. Cependant, cet individu n'était pas banal. J'eus le sentiment qu'il n'était pas prêt de passer à l'action.
Je m'élançai donc, brandissant Murciélago au-dessus de ma tête. Rabaissant vivement les bras, je donnai un coup vertical. La lame se planta dans les planches du sol, juste à côté de ma cible. Avais-je simplement mal visé ? Je frappai de droite à gauche cette fois, pour ne pas réitérer cette erreur. Mais je manquai à nouveau. Interloqué, je m'éloignai de quelques pas. Le petit homme se trouvait toujours dans la même position, les yeux clos et les bras ballants. Pourtant, j'étais certain d'avoir convenablement ajusté mon coup. Pourquoi diable ne l'avais-je pas touché ??

- Eh ouais tu peux rien faire face au cap'tain, jubila un de ceux qui étaient restés en spectateurs. Parce qu'il a mangé un fruit du démon !
- Mais oui, bravo ! s'exclama un autre, outré. Tant que t'y es, révèle lui aussi qu'il peut se mettre en état de demi-sommeil, de façon à ce que seul son esprit soit endormi alors que son corps garde ses réflexes ! Crétin !

Un silence s'installa. Celui qui avait commis la gaffe resta muet quelques instants.

- Non, meeeeerdeuh !!! cria-t-il finalement.

Il se fit subitement assaillir d'insultes par tous les autres. Malgré le ridicule accablant de cette scène, je remerciai intérieurement cet idiot pour avoir éclairci le mystère qui m'occupait.
J'avais déjà vaguement entendu parler de l'existence de fruits du démons. Il s'agissait d'agrumes particuliers octroyant un pouvoir unique à n'importe qui l'avalait. Mon opposant avait probablement mangé celui du sommeil. Cela expliquait sa démarche désinvolte, et son expression constamment endormie. Et surtout, cela expliquait que mon attaque avait paru inefficace.
Apparemment, le fruit du sommeil lui permettait d'éteindre son esprit, de façon à ce que seule son enveloppe demeure éveillée. Se retrouvant livrée à elle-même, elle se concentrait alors exclusivement sur les mouvements extérieurs. La suite du raisonnement découlait logiquement de cette observation.

- Habituellement, songeai-je, les muscles doivent attendre l'information envoyée par le cerveau pour agir. Le temps de réaction moyen d'un humain étant d'une seconde, il est donc impossible d'éviter une attaque qui s'exécute plus vite. Cependant, si les neurones sont endormis et que l'étape du cerveau est sautée, le temps de réaction s'en voit considérablement réduit. Le corps se repose alors sur ses réflexes, les poussant à leur paroxysme...

En d'autres termes, il se voyait doté d'une réactivité à toute épreuve, surpassant de loin n'importe quelle vitesse d'attaque.

Ma déduction terminée, je partis à nouveau à l'offensive. Les coups que je pus donner ne produisirent pas plus d'effet que précédemment. Le corps du petit homme les évitait avec une maîtrise agaçante. Je n'abandonnai pas pour autant, et continuai d'enchaîner les mouvements de bras et de poignet. Cependant, même mes attaques les plus rapides n'obtenaient aucun résultat.
J'espérais que ses muscles, à force d'esquives répétées, allaient finir par se ralentir. Mais au bout de quelques minutes d'assauts vains, je dus me rendre à l'évidence. L'équilibre entre son sommeil psychique et sa lucidité physique atteignait un tel degré de perfection que son corps était vraisemblablement capable d'accumuler ces esquives indéfiniment. Ou du moins, assez longtemps pour que l'adversaire s'épuise avant lui. En effet, tout en se plaçant hors de portée de l'attaque, il n'effectuait aucun geste inutile et se contentait du strict nécessaire. Le nouvel enjeu de ce duel m'apparut alors.
Il s'agissait d'un concours d'endurance. Et au vu de mon souffle s'accélérant de plus en plus, j'étais en mauvaise posture pour le remporter...

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Lun 26 Mai - 14:16

Décidément, ce duel était à prendre avec des pincettes. Dans la mesure du possible, il était impératif que j'assure au maximum mes attaques, afin de ne pas gaspiller d'énergie. Je n'étais pas encore exténué, mais si je me perdais en assauts inefficaces, ce n'était qu'une question de temps. Bien décidé à briser l'immunité de mon adversaire, je me lançai à nouveau. Malheureusement, aucun de mes coups ne parvint à destination. Je devais à tout prix trouver une stratégie pour rester dans la course.

Quelque chose fouetta alors mon visage. Je me figeai, la tempe fumante. Le poing du capitaine du navire était levé. Il le laissa retomber comme un membre sans vie. Une fois de plus, sa promptitude avait été telle que je n'avais rien vu venir. L'issue du combat, déjà incertaine, se teinta d'une obscurité plus sombre encore.

- Je pensais que je n'avais rien à perdre en tentant des charges, mais j'étais trop naïf ...! Au-delà d'un certain cap, le corps ne se limite pas aux simples réflexes défensifs, mais acquiert aussi des réflexes offensifs ! On dit que la meilleure défense n'est autre que l'attaque, là est donc le meilleur moyen pour lui d'assurer sa protection... C'est ce qu'on appelle l'instinct de survie...

Et comme si cela ne suffisait pas, la vivacité de ses esquives était évidemment transférée à ses assauts. Le cerveau se trouvant toujours en-dehors du circuit reliant la décision du geste à son accomplissement, les muscles agissaient une nouvelle fois d'eux-mêmes. En plus des esquives invisibles qui me handicapaient, j'allais donc faire face à des attaques tout aussi imprévisibles. Il ne me restait donc plus qu'une solution.
Je bondis en l'air et pointai mon doigt vers le bas. Au ressenti de la secousse que j'avais produite en sautant, le capitaine avait donné un coup dans le vide. Je n'aurais certainement pas pu l'éviter si je m'étais précipité vers lui. Je rassemblai l'énergie qui perdurait malgré ma fatigue, et préparai un Celo. De là où je me trouvais, la moitié du bateau allait être soufflée sous sa puissance. L'autre moitié coulerait sûrement, mais j'allais bien me débrouiller en m'accrochant à une planche.
Le Celo était presque prêt. Je prévoyais une colonne d'énergie assez large pour ne laisser aucune chance au petit homme. En contrebas, ce dernier ne se doutait pas de ce qui l'attendait. Au moment où j'allais déclencher l'attaque, je m'arrêtai subitement. Je retirai mon doigt, et me réceptionnai sur le pont. Une pensée, une conscience, quelque chose en moi m'avait poussé à retenir mon geste.

- Hey ! Par ici, gringalet !

Trop concentré sur mon combat, je n'avais pas remarqué que la brute était revenue du sous-sol. Elle était accoudée contre le mât, une expression de pure fourberie au visage.

- Te voilà encore plus impuissant face au capitaine que tu l'étais face à moi ! ricana-t-il. On avait pourtant placé quelques-uns de nos espoirs en toi, quelle déception...

La situation s'annonçait plus ardue que jamais. L'inquiétude à l'idée des deux adversaires redoutables qui m'entouraient, l'éreintement qui diminuait progressivement mes capacités, la douleur à l'estomac qui refaisait surface... ces symptômes étaient autant de signes funestes. Ainsi, j'avais tout intérêt à gagner du temps.

- Comment ça ? Qu'est-ce que vous attendiez de moi ?
- J'ai pas à te le dire mon gars, rétorqua-t-il, peu coopératif. Tout ce que tu as besoin de savoir, c'est que tu vas mourir ici, par ta propre lame !!

Une secousse secoua soudain le navire. Pris de surprise, je lâchai mon katana et manquai de chuter. Malgré la violence du soubresaut, ni le capitaine ni son bras droit n'avaient cillé. Depuis l'avant du bateau, le pirate qui s'occupait de la barre se justifia en expliquant que la zone était parsemée de récifs.

- Je te laisse le soin d'en finir par toi-même, reprit la brute. Empare-toi de ton arme et suicide-toi !
- Pourquoi ferais-je cela ? Je n'ai pas encore déclaré forfait ! rappelai-je.

Il sourit de toutes ses dents, comme s'il avait anticipé cette réponse. Il saisit alors quelque chose se trouvant dissimulé derrière le mât et tira sans ménagement. Un des prisonniers de la cale apparut, mais il ne s'agissait pas de n'importe lequel d'entre eux.
C'était Gus.
La brute l'empoigna avec violence et passa son bras droit autour de son cou, levant son membre d'acier en l'air. Pétrifié par la peur et la bouche bâillonnée, Gus n'avait absolument aucun moyen de se défendre. Il suffisait que l'autre rabatte son bras pour lui écraser le crâne.

- Tu voudrais pas que ton pote crève sous tes yeux, hein mon gars ?? Alors je répète : empare-toi de ton arme et suicide-toi !
- M... mais... bégayai-je, sous pression. Il ne peut pas s'en rendre compte pour l'instant puisqu'il est endormi, mais quand il s'apercevra que tu es intervenu dans son combat, ton capitaine ne sera-t-il pas furieux contre toi ...?
- Idiot ! Il m'a lui-même ordonné de t'achever si au bout de dix minutes tu ne parvenais pas à prendre l'avantage sur sa forme la plus faible ! Ça ne fait que huit minutes, mais tu sais quoi, je pense que t'en laisser deux autres ne changerait absolument rien !

Je fus pris de court. Le fruit du sommeil possédait donc d'autres ressources ? Même si c'était une mauvaise nouvelle supplémentaire, là n'était cependant pas ce qui me préoccupait le plus. Je n'avais jamais été réellement confronté à une situation de prise d'otage, aussi je ne savais comment y faire face. Dans de telles circonstances, il était rare que le sacrifice soit évité. Tout ce qui restait à définir était l'identité de la personne qui allait l'incarner.
Gus ou moi. Mon ami ou moi.

- Je ne le répéterai plus ! Tranche-toi la gorge, et tout de suite !!

Si j'étais resté le même qu'autrefois, ma décision aurait été vite prise. L'abandonner à son sort, pour protéger ma vie. Mais ce choix hâtif renvoyait à une époque où je n'avais pas conscience de ce qui était réellement important. Je n'étais que néant à l'intérieur, comment aurais-je pu donc appréhender une chose aussi dense que les sentiments ...? Il était encore trop tôt pour que je puisse prétendre les ressentir, mais à présent, je les comprenais. Cela représentait déjà une avancée gigantesque.

- Je ne peux pas me permettre de mourir maintenant... me dis-je.

En effet, il était inadmissible que je fasse subir une telle peine à mon frère. Comme il était tout pour moi, j'étais tout pour lui. Il était de mon devoir d'être auprès de lui quand il se réveillerait. Il était de mon devoir de me racheter pour toutes ces années de cruelle indifférence.

- Mais je ne peux pas non plus baser ma survie sur le sacrifice d'un autre...

D'un autre côté, m'en sortir en laissant derrière moi quelqu'un qui me considérait comme un compagnon n'était pas une meilleure solution. Pas plus que moi, mon frère ne me l'aurait jamais pardonné. Dans ces conditions, il était même inutile de survivre. Et pourtant, le choix était inévitable. Le dilemme, aussi impossible était-il, devait être tranché.
Gus ou moi. Mon ami ou moi.

Je ramassai Murciélago, prêt à accomplir ce qui devait être accompli. La brute remuait à nouveau les lèvres, prononçant des mots que je n'entendais pas. Gus, étouffé sous sa poigne, avait du mal à respirer. Même le petit homme endormi, derrière moi, retenait son souffle.
En observant la brillance de ma lame, j'y aperçus mon reflet. L'enfer de la mort et l'enfer du meurtre, parmi lesquels aucune préférence n'avait encore été émise, se suspendirent un instant. Je plongeai alors dans une pièce gorgée d'eau. En son milieu se tenait un jeune homme, nu. Les couleurs du monde n'avait pas encore déteint sur son corps pâle, mais il était face à une luminosité sereine. Un son lourd de percussions résonnait, lent et régulier. Les battements d'un cœur. Mon cœur ...?

Je revins subitement à la réalité. Mon sabre se trouvait entre Gus et moi. Mais il refusait le sang de l'un et de l'autre. La révélation qui m'avait frappé avait résolu ce problème. Finalement, je n'avais pas besoin de faire un choix. Le champ des possibilités ne se limitait pas qu'à une seule alternative.
Gus ou moi ? Mon ami ou moi ?
S'il n'existait pas de bonne réponse, je n'avais qu'à ne pas en donner.

- Je l'ai décidé, affirmai-je solennellement. Aujourd'hui, personne ne mourra !

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MessageSujet: Re: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Mar 3 Juin - 15:07

Un bref instant de calme m'avait offert une lucidité transcendant l'impossible. À travers mon katana, je m'étais vu, moi, debout dans une pièce immergée. Seul dans cette salle, je ne pouvais guère agir autrement qu'en faisant un choix. Vivre ou mourir. Il s'agissait du choix le plus commun de tous. Ou alors je pouvais également décider d'avancer vers cette lumière étincelante, celle qui se trouvait à portée de main, mais que j'avais pourtant eu tant de mal à distinguer.
Quand une intersection ne comporte que deux routes qui s'opposent, il suffit d'en bâtir une troisième. Elle est même parfois déjà là, cachée sous la poussière...

- Je l'ai décidé. Aujourd'hui, personne ne mourra !

Ce n'était pas tout de le dire. Il fallait encore le réaliser.
Je bondis vers la brute. Mon bras portant Murciélago avait dessiné un grand geste, afin de signifier sa menace sérieuse. Mais l'autre, trop heureux à croire que j'avais lâchement privilégié ma vie, laissa éclater un rire sadique.

- Hahahaha ! Tu dévoiles donc ta vraie nature ! Si tel est ton choix, assumes-en les conséquences !!

Le poing de fer fusa vers la tête de Gus. En croisant le regard de ce dernier, j'aperçus un mélange de terreur et de compréhension. En dépit de l'angoisse de voir sa vie écourtée, il ne ressentait donc aucune rancœur à mon égard ? Sa conception, n'ayant pas été illuminée de la même manière que la mienne, considérait encore que l'un de nous deux devait impérativement périr. Il ne pouvait tout simplement pas imaginer de meilleure solution que celle que j'avais adoptée. Personne n'aurait pu rester indifférent à une telle compassion, mais je ne laissai rien paraître. Je devais me concentrer pour le sauver de cette illusion de la fatalité.
J'étais parvenu à m'élancer à quelques de mètres de la brute. Malheureusement, je n'avais pas le temps de bloquer le bras qui se rapprochait dangereusement du crâne de sa cible. Il fallait rester réaliste, il n'était pas stupide au point de se faire dérober son otage aussi facilement. Stoppant ma course, je me baissai le plus possible. Je sentis alors un mouvement d'air violent me frôler le dos. Un bruit de collision retentit. La brute tomba soudain à la renverse, relâchant sa victime. Celle-ci courut se mettre à l'abri. À terre, le vice-capitaine fut surpris de s'apercevoir que celui qui venait de le faire trébucher n'était autre que son supérieur.

- Que... que s'est-il passé, bon sang ?? brailla-t-il.
- Depuis le départ, je n'ai aucunement eu l'intention de t'obéir... commençai-je en esquissant un mince sourire de victoire. Pour protéger à la fois ma vie et celle de Gus, je devais seulement t'empêcher de le frapper. Évidemment, je ne pouvais y arriver seul, car j'étais conscient que le délai entre le moment où je m'élancerais et celui où tu cognerais ne serait que d'une poignée de secondes. Non, je n'étais pas assez rapide. Mais j'ai alors pensé à quelqu'un qui, lui, le serait peut-être...

La brute écarquilla les yeux, et se tourna vers le petit homme. Toujours ensommeillé, il s'était relevé et avait regagné son immobilité.

- C'est pas possible ! Pourquoi m'aurait-il attaqué exprès ??
- Bien sûr, ce n'est pas toi qu'il visait, repris-je, c'était moi ! J'ai bien fait attention à nos positions respectives avant d'agir, et je me suis assuré de me trouver précisément entre lui et toi. Ainsi, à l'instant où il s'est jeté sur moi, je n'ai eu qu'à me baisser. Emporté par son élan, il n'a pu retenir son coup et tu en as payé le forfait.

À cette explication, l'homme resta muet. Son regard plus flamboyant que jamais attestait d'un degré nouveau de colère. Il se releva lentement, contractant un à un ses muscles pour transmettre la menace qu'il représentait.

- T'as eu de la chance qu'il ait attaqué. S'il avait pas bougé, ton pote serait crevé à l'heure qu'il est... déclara-t-il sur un ton sinistre.
- C'était le risque, fis-je en résistant à la pression qu'il m'imposait. Mais la probabilité qu'il n'attaque pas était faible, car c'est un réflexe automatique qu'il ne peut bloquer en étant endormi.
- Tu prends tes grands airs mais t'es rien d'autre qu'un petit malin... reprit-il, et sa voix était maintenant glacée. Je n'attends qu'une chose...

Je pressentis soudain ce qui allait arriver. En une fraction de seconde, mon esprit sonda l'espace qui m'entourait. Je faisais dos à la proue ainsi qu'au gouvernail. Le capitaine du navire et son second se trouvaient à l'arrière du pont, c'est-à-dire face à moi. Gus, lui, se dissimulait à ma gauche. Et le bateau traversait actuellement une zone de récifs. La reconnaissance et l'analyse de cette disposition prirent autant de temps que la phrase de la brute.

- Te tuer de mes mains !!

Une douleur soudaine à l'estomac me plia en deux. Le coup direct que le bras d'acier m'avait asséné avait laissé des traces, qui semblaient répondre aux paroles fulminantes de son expéditeur. Une lueur de lucidité me frappa. J'étais seul face à deux terribles combattants, avec un civil à protéger. L'admettre était un affreux déshonneur, mais cela était trop pour moi.
Je devais fuir. Juste pour cette fois, fuir.
La brute bondit alors en armant son bras. Je ne réfléchis à aucune façon de l'esquiver, me concentrant exclusivement sur le moyen de m'échapper sans encombre. J'avais d'ores et déjà remarqué les deux canots de sauvetage qui se trouvaient accrochés d'un côté et de l'autre du navire. Mais je savais que si je tentais de m'en approcher, la sensibilité et la vitesse du petit homme auraient tôt fait de m'en empêcher. Donc, il me fallait d'abord semer la confusion.

Je me retournai et, d'un seul geste, tranchai la base du gouvernail. Arraché, ce dernier tomba à terre sous les yeux du pirate qui était en train de le manœuvrer. Un dangereux récif se présenta alors sur la trajectoire du bateau. Privé de sa barre, il continua tout droit malgré le péril. Au moment de l'impact, le conducteur cria et se jeta à terre. Le pont tout entier fut soulevé, faisant chuter mes ennemis aussi bien que moi. Quand il retomba, la secousse fut telle qu'elle me paralysa au sol. Empalé sur l'énorme rocher, le paquebot avait perdu une partie de sa coque. Une vague avait pulvérisé de l'eau sur le pont, si bien que les pirates couraient en tous sens, assaillis d'une terreur incontrôlable. Et au beau milieu de ce chaos, le petit homme et son vice-capitaine restaient complètement impuissants.
Le moment était propice. Je devais profiter de la panique.
Je m'élançai vers le côté du navire où était dissimulé Gus. Tout comme je l'avais prévu, le capitaine ne put discerner mon mouvement parmi tous ceux de son équipage. Ma présence se perdant dans toutes celles qui se mélangeaient autour de lui, il fut incapable de définir laquelle était la mienne. Dans le doute, il resta immobile. À travers la cohue, la brute parvint à m'apercevoir, mais les pirates qui s'agitaient l'empêchèrent de se lancer à ma poursuite. Il pesta violemment. Il était trop tard pour m'arrêter, et il semblait l'avoir compris.

Dès lors en effet, ce qui me restait à faire était limpide.
Les événements étaient prévisibles au point que je pouvais les discerner en mon esprit.

Comme personne ne fera plus attention à moi, je n'aurai qu'à me diriger directement vers le canot. Je n'oublierai bien sûr pas d'embarquer Gus au passage, en le saisissant par le poignet. Un saut suffira alors pour que nous nous retrouvions tous deux dans la barque. Et là, mon précieux katana nous offrira la liberté. Il coupera les cordes retenant l'embarcation contre le navire, pour qu'elle entame une chute libre vers la mer. Nous nous emparerons des rames pour nous en éloigner le plus vite possible. Enfin, lorsque nous serons à une distance suffisante, nous prendrons plaisir à le voir être englouti par les flots.
Peu importera si des survivants réchappent au naufrage, car nous serons bel et bien vivants, nous. Et moi tout particulièrement, je porterai la fierté d'avoir dupé un équipage de pirates tout entier.

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MessageSujet: Re: Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !   Jeu 5 Juin - 15:21

Installés dans le canot qui nous avait permis de prendre la fuite, nous dérivions lentement. À notre plus grand bonheur, le navire pirate était maintenant hors de vue. On aurait pu croire que nous n'étions pas vraiment plus en sécurité, égarés au milieu de l'océan, mais par chance Gus connaissait le coin. Il avait affirmé que son île se trouvait non loin de notre position, et qu'il savait parfaitement quelle direction prendre pour la rejoindre.
Et justement, la silhouette d'une terre venait d'apparaître à l'horizon. Vu la distance à laquelle elle se trouvait, il faudrait bien encore une dizaine d'heures de rame pour l'atteindre, mais le seul fait de voir briller cette lueur d'espérance était déjà une libération. Sans nous précipiter, nous nous tournâmes afin de placer l'île dans notre sillage, et commençâmes à brasser l'eau.

- Je pensais ne plus jamais revoir la forme de mon île natale... me confia Gus, et j'avais l'impression qu'il avait longuement préparé cette phrase avant de la prononcer. Si je suis sur le point de retrouver ma famille, c'est grâce à toi, mon vieux. Merci.

Cette déclaration ne suscita aucune réaction particulière en moi. Au moment de le sauver, il m'avait semblé évident que Gus était mon ami, mais à présent que les choses s'étaient tassées, je n'étais plus sûr de rien. Je ne comprenais plus vraiment la signification de ce statut, ni ses implications. Le relationnel n'avait jamais été mon fort, après tout. J'avais peut-être réussi à sortir de ma coquille de néant le temps de risquer ma vie, mais j'étais ensuite redevenu celui que j'avais toujours été. Celui qui, en dépit de tout effort, était étranger aux émotions. Celui qui, par bien des aspects, ne pouvait prétendre être un humain.
Kuroboe me l'avait bien fait comprendre quand qu'il m'entraînait. La voie qu'il me faisait suivre n'était pas humaine. Le Celo lui-même était la preuve tangible que je me trouvais dans la catégorie des monstres, et mon apparence ne faisait que le confirmer.

- T'as beau être un pirate... reprit Gus en rompant le silence. T'es vraiment un homme de  valeur, vieux.

Je clignai des yeux. Ma respiration se bloqua pendant quelques secondes.

- Un homme... de valeur ...? répétai-je en moi-même.

Je me tournai vers lui, et demandai naïvement :

- Qu'est-ce que... tu veux dire ?
- Hein ? C'que j'veux dire ? il paraissait tout à fait décontenancé par cette question. Ben, que t'es quelqu'un d'courageux, de loyal, plutôt sympa même, un mec de confiance quoi !
- Vraiment ? J'ai pourtant l'impression d'être loin de toutes ces notions que tu énumères, c'est trop de sentiments pour moi...

Il roula une fois de plus des yeux ahuris. Je pouvais concevoir que mon propos n'était pas réellement approprié, mais il reflétait l'état dans lequel je me trouvais. Toutes les qualités humaines étaient recelées dans ces seuls attributs immatériels : les sentiments. Et moi, je ne savais pas ce que c'était. Comment prétendre alors me rapprocher des humains si je ne pouvais assimiler leurs conditions élémentaires ?

- Mais qu'est-ce tu racontes, vieux ?? s'exclama Gus en riant aux éclats. Les émotions, c'pas une science tu sais ! C'est quelq'chose qu'on a tous en nous, et tu fais pas exception !

À nouveau, les paroles de mon compagnon me prirent de court. Cette fois cependant, je discernai une énergie titiller mes entrailles.

- J'vais t'apprendre un truc, poursuivis Gus. J'étais d'corvée sur l'pont quand t'as débarqué. J'ai bien vu la technique que t'as utilisée pour voler jusque là. Ça a fait une énorme lumière, j'sais pas comment les autres ont pu la louper. Avec ça, t'aurais p't'être pu t'sortir de ton pétrin t'crois pas ? Pourtant, t'as même pas essayé. Mais j'pense savoir pourquoi. Tu t'es dit qu'au fond du bateau, dans la cale, y avait moi avec tous les dét'nus innocents, et t'as pas voulu risquer d'nous blesser, hein vieux ?

Il m'observa scrupuleusement, cherchant une réaction d'un air amusé. Il n'en vit pas sur mon visage, mais en devina une plus en profondeur. Peut-être avait-il senti la boule d'énergie qui était venue irradier dans ma poitrine...

- C'te façon d'préserver la vie des autres sans s'inquiéter pour la sienne, ça s'appelle l'altruisme. Et c'est un sentiment.

Je fus tout à coup submergé par un flux inconnu, qui se répandis calmement en moi. Je me rappelais effectivement avoir entamé un Celo, avant de me raviser. J'avais agis instinctivement, sans raison précise. Ou du moins, sans raison intentionnelle. Et si, comme Gus le suggérait, j'avais inconsciemment voulu le protéger, lui ainsi que les autres prisonniers ? Et si ce désir était même conscient, mais que ma conviction de n'être affublé d'aucun sentiment l'avait censuré ? Et si, contre toute attente, j'étais dans le même camp que les humains ?

- Et j'parle même pas du moment où j'ai été pris en otage ! T'as été comme ça, mon vieux ! ajouta Gus en levant son pouce.
- Mais ce n'était peut-être pas une bonne idée de provoquer le naufrage du navire... ces détenus se trouvaient toujours à l'intérieur...
- Arrête un peu tes jérémiades ! râla-t-il. J'peux t'dire qu'après s'être faits séquestrer par ces types, on est dev'nu des durs à cuire ! Ils s'sont sûrement arrangés pour survivre, va !

Je ne répondis pas. Il avait raison, l'inquiétude n'était pas constructive. Elle faisait partie de ces sentiments qu'il fallait garder à distance. Je me rendis alors compte de l'absurdité du point de vue qui avait été le mien, encore quelques minutes auparavant. Comment avais-je pu croire que je pouvais ne pas ressentir d'émotion ? Cette aberrante certitude était d'une telle inconvenance qu'elle en était complètement irréaliste.
Il m'aurait pourtant suffi de comprendre que la volonté même de vivre n'est autre qu'un sentiment...
Détendant mes muscles, je poussai alors un long soupir. Gus était en train de ramer en direction de son île, dont la silhouette avait à peine grossi. Je le laissai faire, et m'allongeai sur les planches de la barque. Après cette journée riche en péripéties, la nuit avait finalement étalé son voile d'obscurité. Le ciel, pas encore tout à fait noir, était troué de multiples billes incandescentes. Fasciné par cette contemplation, mon esprit se perdit dans son immensité.

- Qu'en dis-tu, petit frère ? La force de l'humanité est-elle vraiment en train de naître en moi, tout comme tu me l'as confié ...?

Et ce fut une voix imaginaire, résonnant à la fois depuis la cime des vagues et le fond des abysses, qui acquiesça dans un infime chuchotement.


Ulquiorra n'a-t-il pas mérité un peu de repos après tous ces durs combats ? Mais ne vous en faites pas... au moment où il va débarquer sur une île inconnue, les choses sérieuses vont reprendre !
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Rencontre et recrutement, la vengeance a un goût métallique [avec Yôko et Itachi]

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Première aventure dans les eaux tumultueuses, l'altruisme d'un pirate !
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