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 Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)

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Edell Aoi

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MessageSujet: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Ven 27 Juin - 16:40

Chapitre I: Tempête et vestiges.

"Jamais je n'aurais pensé retourner aussi rapidement sur South Blue. Une fois ce contrat terminé, je repasserai sans doute sur Kanon pour retrouver mon cher maître. En espérant que tout se passe bien. Si tout se déroule comme je l'espère, ce sera un premier pas vers Lui."
Journal d'Edell Aoi

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[Musique 1: https://www.youtube.com/watch?v=AdoPdtrHPMU&list=TLCIFuTyiNKy3HRwpW3LIEJGJ6km1liX_Z]

Depuis l'année écoulée, où elle avait quitté South Blue, peu de choses lui étaient arrivé, à part quelques contrats sommaires, beaucoup d'explorations et de voyages pour redécouvrir le monde. Au fond, elle ne s'en plaignait pas. South Blue était loin d'être sa région préférée du globe. Loin de là.
Enfin, elle avait reçu des informations sur une possible mission, quelque chose qui pourrait l'aider à entamer cette quête si importante pour elle. Un tuyau sur un des hommes qu'elle cherchait, ce n'était pas quelque chose à laisser au hasard.
Aussi, même si elle avait la chair de poule à l'idée de retourner sur la mer du Sud, elle mordit sur sa chique et s'y lança, à bord de son petit voilier, en profitant tout de même du temps clément du moment.

Assise sur le petit pont de l'embarcation, Edell Aoi rédigeait son journal de bord, en surveillant de temps à autres sa direction, et en grignotant quelques friandises récupérées lors de son dernier séjour. Sa rédaction terminée, ce fut l'heure des comptes, et du sourire. La jeune femme accumulait une belle petite richesse, grâce à ses nombreuses missions, qui lui avaient permis de se faire son petit magot.
Bon, rien qui était au point de faire la samba, mais au moins, elle avait un pécule de départ qui pouvait l'aider en cas de pépin. Elle était ainsi, toujours à prévoir un coup à l'avance, afin d'éviter quelques désagréments.

En ce jour de juin, le soleil distribuait généreusement ses rayons chaleureux qui offraient à l'océan ses couleurs si captivantes. Un mélange de bleu et d'argent qui scintillait et frémissait à mesure que le voilier scindait l'eau en quête de sa destination. Un habitat pour toute une panoplie de créatures qui nageaient et bondissaient près d'elle, comme ces poissons volants aux couleurs pastels qui arrachèrent un sourire sur les lèvres bleues pales de la jeune femme.
Le bleu était la couleur favorite d'Edell. Après tout, "Aoi", de son nom de famille ne signifiait-il pas "Bleu"?


Edell Aoi, une jeune femme de presque vingt-deux ans, grande et mince, le corps sublimé de formes généreuses, et au teint délicatement halé, comme ces jeunes danseuses des îles tropicales. Ses longs cheveux azurés volaient derrière elle, tout comme les innombrables épis qu'elle avait dans sa chevelure douce. Ses yeux, eux aussi de couleur ciel scrutaient l'horizon d'un air perçant, guettant le moindre danger qui pourrait la faire réagir au quart de tour. Vêtue d'un pantalon brun et d'un corset noir mettant un peu plus son corps en valeur, la jeune femme resserra à sa hanche le long foulard rouge, et s'assura que la chaîne qu'elle portait au même endroit soit bien en place. Encore une fois, par simple précaution. Tout comme ces manches qu'elle portait en dessous du coude, et des bracelets de cuir qu'elle portait aux bras, qu'elle remit en place. En regardant autours d'elle, elle distingua au loin une île aux hauts sommets et aux airs de jungle. Sans doute une île vierge de toute vie.


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[Musique 2: https://www.youtube.com/watch?v=pS5Hd9IT50c&index=18&list=PL99B3D1FEA7110F40]

Quelques heures à peine après ce sublime bain de soleil, alors qu'elle s'était assoupie à l'ombre de sa voile,  ce qu'Edell redouta tant arriva. Non, non, pas un navire de la Marine. Mais une tempête. Une tempête de grande intensité comme il y en avait souvent dans le Sud. Une tempête comme elle les haïssait.
Se maudissant de ce coup de barre, plus encore à voir qu'elle avait quitté son itinéraire, Edell reprit la barre contre vent et vagues et fit demi-tour, déjà trempée comme une souche sous la pluie battante et l'orage hurlant.

Chaque éclair, chaque grondement de tonnerre résonnait pour elle comme le claquement d'un fouet, comme un écho qu'elle avait cherché à oublier. C'était ici, sur South Blue, que son Enfer avait commencé.
"Mais pourquoi est-ce que je suis venue ici?!" Lança-t-elle au ciel avant de se crisper à voir les éclairs.
À croire que là-haut, un dieu aléatoire s'était dit "tiens, t'as une tête de martyr, je vais jouer avec tes souvenirs!". Et voilà où elle en était. Replongée dans un vieux cauchemar qu'elle refoula en se secouant la tête. Son Karma n'était pas près de s'arranger, comme aurait dit un vieil ami.

Edell le savait, sa voile ne tiendrait pas longtemps, ainsi, son embarcation de fortune non plus. C'était impossible qu'un si petit voilier puisse lutter aussi longtemps contre un tel ouragan.
Son seul espoir était d'atteindre plus ou moins rapidement cette île vierge. Après elle avisera.

Un éclair monstrueux zébra le ciel, tandis que son frère le tonnerre vint craquer juste après. Et Edell se mit à trembler, endolorie d'être secouée dans tous les sens, et par ses yeux qui lui offraient une sensation de brûlure intense. Elle y posa la main, frôlant du bout des doigts cette longue marque de brûlure qu'elle portait à ses paupières et grimaça, avant de descendre dans sa petite cabine et emballer le maximum de ses affaires dans un sac.
Sa rapière, son journal, son argent, quelques cartes, un cadre photo, une tenue de rechange et d'autres objets dont elle savait l'utilité dans l'urgence.

Le voilier prenait l'eau, mais par chance, la distance qui la séparait de l'île n'était pas encore trop grande. Elle pourrait aisément le faire à la nage.
Ce qu'elle fit, rapidement même, plongeant en catastrophe quand la foudre tomba et embrasa l'embarcation.

"Quand le Karma n'y est pas… Putain!!" Pesta-t-elle en entamant sa nage à grande brasse.

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[Musique 3: https://www.youtube.com/watch?v=xwFTNEVM4Ak&index=8&list=PL99B3D1FEA7110F40]

Combien de temps avait-elle nagé? Elle n'en savait strictement rien. Ses membres étaient lourds, engourdis, endoloris. Elle n'arrivait plus à sentir le moindre de ses muscles. Edell se surpris à penser que sa survie relevait du miracle, ou alors de son incroyable capacité à nager et endurer la fatigue.
Quoi qu'il en soit, elle était bien en vie, et elle se redressa lentement. Plus vite encore quand un crabe lui pinça le nez avant de la lâcher face à son petit cri de douleur. Sa chance était restée sur l'île de son précédent séjour, il fallait croire.

La tempête avait cessé, pour laisser place à une magnifique soirée étoilée, baignée des lueurs de la lune qui se réfléchissait sur l'eau.
Autour d'elle flottaient et gisaient les débris du voilier que l'eau avait rapporté. Quelques morceaux de bois secs près d'elle, et de ce qu'elle remarqua, elle était près d'une jungle.
Voilà qui était mieux!
Débrouillarde, la jeune femme amassa rapidement du bois sous la lumière céleste, se plaça en recul de l'océan et se fit un campement sommaire.

À l'aide de cordes et de restes de voiles, et en récupérant quelques grandes feuilles qu'elle amassa, elle se fit une petite tente, le bois trouvé lui servit pour un feu, et fort heureusement, les fruits alentours étaient tout à fait comestible. Juteux à souhait, ils offraient et le repas, et la boisson.
Devant les flammes dansantes, Edell regarda l'océan, incapable de le comprendre. Tantôt lieu de joie et de bonheur, il devenait si rapidement synonyme de violence et de terreur qu'elle n'arrivait jamais à s'y préparer totalement.
Rapidement submergée par la fatigue et une fois réchauffée et séchée, Edell s'allongea sur son lit de feuilles et s'endormit rapidement. Le lendemain, elle irait dans la jungle pour explorer un peu les environs, et chercher après un éventuel village.

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[Musique 4: https://www.youtube.com/watch?v=lofm7OFgvr8&index=10&list=PL99B3D1FEA7110F40]

Le soleil se leva paresseusement, en même temps qu'Edell qui se refit un petit déjeuner à base de fruits frais et de rosée récupérée sur de grandes feuilles semblables à des réservoirs.
Les rayons diurnes donnaient à l'île une magnifique couleur émeraude et ocre, et depuis la plage, Edell put déceler la trace de bâtiments. Récupérant tout ce que son campement de fortune lui permit, et après avoir éteint le reste du feu, la jeune femme se mit en marche et commença à grimper, escalader, se promener, en profitant de l'ambiance feutrée de la forêt.

"Mère nature nous gâte encore de ses merveilles… Cette jungle me rappelle celle de Kanon. Au moins, le Maître avait raison, son entraînement forge vraiment à toutes les possibilités."
À cette pensée, Edell eut un sourire, et s'arrêta une fois au sommet. Devant elle, des ruines, les ruines d'un grand village s'étendaient face à elle, entre la falaise et une grande cascade.
La nature avait rapidement reprit ses droits, et avait recouvert certaines parties de mousse, de lianes et de lierre dense.
Edell eu un sourire, et se prit au jeu, se laissant glisser sur une longue pente pour arriver dans ces ruines et les explorer, découvrir à quelle civilisation ce village appartenait.
Une rivière coulait non loin, la jeune femme put en profiter pour remplir sa gourde d'eau, et se rafraîchir le visage, tant la moiteur de la jungle lui collait au corps. Ho, qu'elle était contente d'être dans une tenue si légère!

En reprenant son investigation, elle arriva sur ce qui semblait être une place de cérémonie, rejoignant le reste de la falaise par un modeste pont de bois, qu'Edell emprunta pour aller y jeter un coup d'œil. Là, elle y découvrit une stèle, dont les écrits lui révélèrent l'histoire de la cité.

"En cet an de grâce, des siècles après que la déesse Raïus ne soit descendue auprès de nous afin de nous offrir la civilisation et la vie, de nombreuses guerres font rage autour de nous, sans nous affecter directement.
Notre île est bien gardée par sa jungle, et sa Majesté nous assure que nous resterons en sécurité pour les siècles à venir. Notre peuple ne craint rien, sa Majesté nous l'assure."

En tournant autour de la tablette, gravée, Edell remarqua que de nombreux écrits étaient effacés, brisés, ce qui ne lui facilitait pas la tâche pour sa lecture – qu'elle avait entamé en mangeant un énième fruit et en buvant à sa gourde –
Ce qu'elle lut à la fin fut surprenant, et en même temps donna un sens à l'histoire de ces ruines.

"Le temps de la paix n'est plus. Sa Majesté a été tuée, son fils Erendal prend sa succession sans cérémonie. Nous avons perdu notre Roi bien aimé lors de la tempête qu'on appelle "piraterie". Nous avons tout perdu. Prions Dame Raïus pour qu'Erendal soit aussi bon que son défunt père."

[Musique 5: https://www.youtube.com/watch?v=kdlvuXMW8fc&index=4&list=PL99B3D1FEA7110F40]

Il faisait trop noir à présent pour qu'elle puisse continuer sa lecture. Surprise par la rapidité avec laquelle la nuit était tombée, Edell dut s'avouer qu'avec son escalade, sa visite du terrain et sa lecture, elle avait vite passé toute sa journée dans ce village en ruine, qu'elle occuperait pour la nuit.
Elle descendit à la rivière, se dévêtit et plongea pour se laver, se rafraîchir, se purifier, assez rapidement pour ne pas être vue par un éventuel indigène.
Et à nouveau, elle installa son campement, son feu, et se rendormit à la pleine étoile, d'une nuit sans rêves, pour une fois.

"Demain, je chercherai un village habité… Qui sait ce que demain nous offrira. Les amis... j'arrive." Dit-elle en sombrant dans le sommeil.


Oui… Qui sait… Peut-être que demain lui apportera une rencontre, non?


Note aux lecteurs et à mon partenaire:
 



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[Musiques et références:
Musique 1: Peter Crowley: "White Rose"
Musique 2: Troels B. Folmann: Bolivia Redux (Tomb Raider Legend OST)
Musique 3: Troels B. Folmann: Bolivia 1 (Tomb Raider Legend OST)
Musique 4: Troels B. Folmann: Bolivia 2 (Tomb Raider Legend OST)
Musique 5: Troels B. Folmann: Croft Manor 1 (Tomb Raider Legend OST)]
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Sephiroth
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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Sam 28 Juin - 14:39

Chapitre 1,
Le fort, le faible et la vermine.


A l’instant ou il posa le pied sur le sable humide, le pirate ressentit enfin un climat normal. C’set à dire que ce n’était pas avec les conditions extrêmes de Valgivre, ou le désert infini de Las Camp, qu’il avait pu être habitué à une île au climat clément.
Il prit une profonde inspiration pleine d’air pur et d’iode, tout en regardant la masse touffue et verdâtre qui se dressait devant lui. Le bruit des vagues berçait sa chevelure au vent. Les petits crabes blancs et leurs déplacements horizontaux amusants sur cette plage de sable fin signifiait une île tropicale, ou au moins estivale.
Il n’y avait pas âme qui vive, aucun humain à l’horizon, ni sur les cotes qui s’étendaient à perpétuité. D’un autre coté il était encore tôt. Les soleil n’était pas apparu, laissant le ciel à un bleu à mi chemin entre celui de la nuit et de la journée.
Une fraicheur qui signifiait l’aube, et une brise pleine d’opiniâtreté. Pas violente pour un sou, mais simplement éternelle, ajoutant un ton de fraîcheur à la rosée du matin.

Le radeau de la chevelure argentée, qu’il avait construit après son second crash aérien, sur un caillou émergeant des flots arrivait au terme de son existence.  Les rondins de bois se démantelaient au contact du sable trop rugueux pour cet assemblage de fortune. Une planche morte, tenue par un bâton aux allures de canne, faisait office de parfait gouvernail. Les rondins attachés par des branches tressées usaient de tout leur bon vouloir pour servir de coque, tandis qu’une vulgaire branche robuste tendait une voile qui permettait la motricité de l’assemblage. Quel bâtiment était-ce là ! Un orfèvre ne pouvait s’y tromper. Du travail mal exécuté par un officier qui n’avait pas la fibre du charpentier !
Ah ! Le sabreur ne pouvait pas avoir toutes les qualités ! Quoi qu’il fallait bien admettre qu’il avait bien plus de défaut que de qualités. Mais quelque soit sa maladresse, l’homme était bien là, vivant et fier. Arborant sa fière chevelure grise, debout, faisant face à l’immensité de la forêt.
Il avança, et rentra dans ce bois humide et ténébreux. Les feuillages si épais, couvraient la lumière, donnant l’impression de pénétrer dans un lieu clos. Si cette forêt était un parfait toit, elle n’était absolument pas imperméable, laissant le pirate progresser sur un sol mou, parfois même marécageux, au milieux de troncs et de buissons trempés.
Il n’avait pas à se plaindre ! Le froid absolu de Valgivre avait de quoi mettre à genoux les plus robustes. Le silence terrorisant de Las Camp avait de quoi rendre fou les plus forts mentalement. Deux îles différentes, mais tout aussi extrêmes. Alors ce n’était pas cette forêt qui lui pomperait l’énergie. Après le froid et le sec, voici l’humide. Après la glace et la poussière, voici la végétation.
Il y avait au moins de quoi amuser les amateurs de botaniques. De petites fleurs bleues, entremêlées aux pétales rouges de quelques somptueuses orchidées, faisait de ce lieu, un monde coloré et fantastique. Dommage que Sephiroth n’eut pas la fibre artistique.
Tiens, voilà un nouveau défaut à ajouter à son curriculum.  
Il progressait lentement. Vigilent mais aussi fatigué de ce voyage intrépide à travers le ciel d’abord, et la mer ensuite.
Ce n’est qu’après trente bonnes minutes de marche, qu’il sortit de la foret, atteignant une plaine, ou il pouvait voir quelques sangliers remuer la terre, et quelques rapaces préparant leur envol du haut de leurs rochers. Des animaux, de la végétation, mais toujours pas d’humains. Voilà enfin un point commun avec ces deux précédentes escales. Valgivre ne comptait que très peu d’habitant, si on écartait cette immonde secte. Las Camp était totalement désert, laissant les Chikas maîtres de l’île.
Las Camp… Une île ou le sang aurait pu couler malgré tout. Il avait reconnu le talent de cette jeune fille, mais bon sang, quel plaisir aurait il prit à lui trancher la gorge. Quel plaisir aurait il prit à la réduire au silence en lui faisant ravaler son arrogance et son toupet. Enfin, au diable cette enfant dégénérée, elle était loin désormais, peut-être même engloutie par les flots intrépides et capricieux de la mer en furie.

Sephiroth s’avança vers cette grande étendue vierge. Repéré par les animaux, ils s’enfuirent un par un, reconnaissant à l’instinct, le prédateur sauvage qu’était la chevelure argentée. Il traversa cette plaine rapidement, avant de trouver l’extrémité d’un chemin, qu’il suivit par logique. Il arriva rapidement à un panonceau de bois sur lequel était gravé un nom imprononçable pour un étranger. Il put néanmoins lire le chiffre « trois », indiquant la proximité d’une probable bourgade, ou il pourrait dans un premier temps trouver refuge et couvert.
Vieille mais encore fonctionnelle, la signalisation le conduit effectivement, à une petite bourgade ridicule. Un assemblage de quelques maisons traversé par une route pavée.
Elle empestait la désolation par son silence et son absence de vie. La boue sur les murs, les débris de tonneaux, les vitres cassées, des tuiles en morceaux sur la voie, les indications arrachées… Tout semblait être synonyme de misère et de pauvreté.

Il avança lentement, prenant le temps de deviner à quoi pouvaient servir les maisons délabrées au paravent. Il semblait y avoir une épicerie locale. On y apercevait les caisses de bois entreposées sur un présentoir miteux, il y avaient encore à l’intérieur de ces caisses, quelques légumes pourris travaillés par les vers.
Il y avait de l’autre coté de la rue, une enseigne lézardée par la pluie, sur laquelle on pouvait encore lire « pain ».. Ce n’était probablement pas le levain qui couvrait ces murs moisis  et ces poutres qui tenaient encore debout par miracle.
A peine venait il d’entrer dans le village, qu’il atteignait déjà la sortie. Désert, et lamentable, voilà ce qu’était ce lieu. Puis à la surpris du pirate. Un homme adossé au mur bancal de la dernière maison le regardait. Ce n’était pas que le pirate était philanthrope mais le fait de voir enfin un humain l’attira, et le conduit à poser des questions évidentes.

- Joli village. Dit il avec un grand sérieux,  mais avec une ironie hurlante.

L’homme tourna la tête vers la chevelure d’argent. Les joues creusées, le regard vide. Fatigué et désespéré.  Il semblait affamé sans même ressentir la faim. Ceci témoignait d’un état de désespoir absolu. Un état qui ne lui faisait même plus ressenti la faim, ni même peut être l’envie de vivre.

- Aazräl. Voilà le nom de ce village si prospère, présenta le villageois sans la moindre émotion.  

- Des ennuis ?

- Des ennuis nommés pirates. Des ennuis nommés gouvernement. Des ennuis qui n’ont plus d’importances…

- Si ce n’est plus important… Vous auriez peut-être une adresse à me conseiller pour manger et dormir ? Demanda-t-il en ignorant totalement le désarroi de son interlocuteur.

- Ce n’est plus ici qu’il faut chercher. Notre village commençait à prospérer. Des artisans et des agriculteurs devaient venir par chez nous, offrant ainsi des perspectives intéressantes à notre futur.

- Je vous ai demandé ou je pourrais trouver ce que je cherche, non pas un endroit ou je ne pourrait pas en trouver.

- Le prochain village est à plus de vingt kilomètres. C’est pour cela que nous misions out sur nos propres ressources.

- N’y a-t-il pas un logement possible sur la route ?

- Voyez… Voyez  ce qu’ils ont fait. Ils ont détruits nos maisons, ravagées nos peu de cultures, humiliés nos pères et violés nos filles. Ne laissant que quelques survivants pour qu’ils contemplent leurs impuissances…

- Le commun des pirates, que voulez vous.

Quelle froideur. Il s’était peut être assoupi mais n’en restait pas moins un homme répugnant. Pirate lui-même, il n’allait pas compatir aux victimes de ces confrères. Quoi que confrère était un bien grand mot. Le massacre par plaisir était une activité de faible, exécuté par des larves s’attaquant généralement à plus faibles encore. Permettant ainsi aux assaillants de se croire tout puissants. Non, finalement Sephiroth n’avait rien de commun avec eux. Il ne tuait pas par plaisir, mais par besoin, par nécessité. Il ne violait pas, l’humiliation et la torture n’était pas un de ses rares plaisirs.
Ces imbéciles de brigands se croyaient forts en s’attaquant aux faibles.
A bien y réfléchir, la chevelure argentée prenait plaisir à tuer et à humilier. Il y prenait plaisir à la condition, que le supplicié soit un de ces êtres, riant de bon cœur en martyrisant les plus faibles. Oui, il n’y avait rien de plus plaisant que de rappeler à un homme, qu’il n’était justement qu’un homme, et pas une sorte d’être supérieur.
Une fois que les rôles étaient inversés, il appréciait voir la peur dans les yeux, de celui qui terrorisait jadis les êtres inferieurs. Tout le monde n’était pas fait pour le combat et le sang. Il y avait les forts et les faibles certes, mais en dessous des faibles, il y avait la vermine. Et selon lui, la vermine était celui qui se prétendait fort en s’attaquant aux faibles. Ces pirates étaient de la vermine.

Il retourna au cœur du village laissant le pauvre homme à sa solitude infinie. Il chercha une maison encore digne de ce nom, et vide de préférence. Par chance, la première qu’il trouva possédait encore son toit et ses quatre murs. Pas de nourritures, mais un lit encore sur pieds. Poussiéreux, et repoussant, mais malgré tout prêt à accueillir un bougre atteint d’une fatigue extrême. Il poussa la porte, et tira ce qu’il restait des rideaux, pour cacher le soleil qui ne tarderait plus à sortir. Il s’allongea sur le matelas et s’assoupit un moment, afin de retrouver sa forme et son énergie.


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Edell Aoi

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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Sam 28 Juin - 20:48

Chapitre II: Du Paradis à l'Enfer

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[Musique 1: https://www.youtube.com/watch?v=mAB-V7kCuAU&index=46&list=PL99B3D1FEA7110F40]

Après un réveil des plus difficiles pour la jeune femme qui revenait d'une nuit pénible, un petit déjeuner sommaire et une dernière exploration de la zone où elle avait passé la nuit, Edell se remit en route en prenant un chemin, qui –elle le sentait- la mènerait droit à un village. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait qu'elle devait y aller, comme poussée par une main invisible.
Peut-être une force divine..? La jeune femme croyait peu en ses choses, mais savait bel et bien que des choses mystiques se déroulaient dans le monde. Les fruits du démon, les Rokushiki (qu'elle connaissait de nom grâce à son maître), et les mutations dont elle avait fait les frais quelques années auparavant. Tant de choses impossibles à expliquer, alors une force divine sur une île dont les stèles prétendaient la présence et à présent l'absence, ce n'était pas ça qu'il l'étonnerait.

En chemin, Edell fredonnait, chantait, en plus de courir, grimper sur les arbres et s'amuser à se balancer d'un ravin à l'autre en suivant toujours cette force qui la guidait. Glissant, escaladant, grimpant, elle se mouvait en faisant fi de la gravité, portée par des ailes, peut-être, ou dotée d'une agilité hors norme qu'elle avait travaillé avec ardeur pendant des années après avoir juré fidélité au Credo.
Elle avait beau s'enfoncer au plus profond de cette jungle, la température semblait ne pas changer, rester la même, aussi douce et agréable qu'elle devait l'être pour une randonnée majestueuse. Les oiseaux chantaient, volaient, piaillaient près d'elle, la frôlant de leurs ailes et certains prenaient comme un jeu le fait de voler à ses côtés.
Un léger bourdonnement lui fit tourner la tête, et elle se retrouva nez à bec avec un oiseau minuscule qui battait des ailes dans la démesure, restant sur place. Ses ailes battantes offraient un éclat miroitant de bleu et turquoise qu'Edell trouva splendide. Elle tendit la main vers le colibri, qui se déplaça sur le côté, recommençant, sans pour autant la fuir, avant de se nicher sur son épaule.

"Toi au moins, tu ne me fuis pas. On fait un bout de chemin ensemble?" Dit-elle en souriant joyeusement.
Enfin, un bout de chemin, en attendant, la jeune femme se posa sur une pierre lisse et sorti de quoi manger, en regardant quelques animaux s'arrêter près d'elle, très loin d'être farouches. Renard, écureuils, faucon. Il y en avait tant près d'elle, qu'Edell se sentit comme une de ces princesses chantant à tue-tête dans les bois au point de se ramasser tous les animaux environnants. Le rapace lâcha un long cri et Edell le regarda, dans ses yeux dorés.
Faucon… Edell se remit à penser à une certaine rencontre, plus tôt dans l'année sur West Blue. En se demandant comment allait cette personne, elle s'arrêta, et grignota quelques fruits. Même si elle mangeait beaucoup, ces quelques agrumes suffisaient à la nourrir pour le moment, bien qu'au fond la jeune femme aspirait à un repas chaud et bien consistant. Une belle pièce de viande, des pommes de terre doucement rissolées, une bonne salade, et une bière. Si elle n'était pas déjà assez maudite ainsi, elle se damnerait pour avoir un tel repas, là, tout de suite.

Ce maigre repas, mais ô combien rafraichissant terminé, elle reprit sa route, toujours accompagnée de ce colibri et prit grand plaisir à continuer d'observer les fleurs, les plantes, tant de couleurs et d'odeurs agréables.

"Un vrai petit coin de paradis. Si je n'avais pas quelques choses à régler, je m'installerais ici pour le reste de mes jours." Déclara Edell en remettant une mèche de cheveux en place.
Elle frôla une plante de la main, qui se résorba au contact. Recommençant sur une autre, la jeune femme se prit au jeu de toucher toutes les plantes semblables, et remarqua le chemin qu'elles offraient, jusqu'à glisser sur une longue pente qui lui fit quitter la forêt, et la mena droit à un spectacle pour le moins déroutant.

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[Musique 2: https://www.youtube.com/watch?v=GMH8-yObtSI]

Le décor face à elle était tout sauf paradisiaque, un vrai retournement de situation, alors que derrière la palissade de bois qui se dressait devant elle, elle entendait des toux, des cris, des pleurs, et de la fumée se dressait en colonne.
La porte de la palissade avait été éventrée, et dans cette ouverture, la jeune femme se faufila avec aisance, étant très mince. La vue lui déchira le cœur, tout simplement, et entendre les murmures des gens lui offrirent une énorme boule dans la gorge.
Où était la forêt majestueuse? Où étaient les animaux et la vie, les couleurs? Comme si depuis la lisière le monde s'était coupé et qu'elle venait d'entrer dans un univers de noir et de gris. Les murmures, les pleurs, les toux, un vrai désastre qui la prenait aux tripes. Elle avait beau avancer parmi eux, ils ne semblaient pas la remarquer, comme si elle était invisible dans leur malheur. Elle en profita donc pour tenter de découvrir ce qu'il venait de se passer.
"Il paraît que dans le village voisin, un seul a survécu. Au village d'Aazräl. Dit un homme
-Nous ne sommes pas mieux…" Déclara un autre
Les maisons calcinées s'écroulaient les unes après les autres, les rescapés faisaient tout pour tirer leur mort des décombres ou sauver ceux qui pouvaient encore l'être. C'était une véritable scène de désolation, comme si un abominable cataclysme s'était abattu sur ce village.



Un homme tentait en vain de retirer des poutres de loin bien trop lourdes pour lui, sanglotant et tentant de rassurer un enfant qui pleurait. Les mains de l'homme étaient ravagées d'échardes, blessées et meurtries.
Edell n'en pouvait plus, laissa tomber son sac près du bâtiment et s'approcha de l'homme à grands pas. Plus encore quand une poutre tomba lourdement sur le sol, juste devant lui, et qu'elle l'écarta en le tirant en arrière
"Attendez, écartez-vous!!
-Papa..!!! Pleurait l'enfant
-M-mon fils est coincé! Mademoiselle aidez-moi, je vous en supplie!!" Implora le pauvre homme.
Il n'avait pas besoin d'aller jusqu'à supplier, que déjà Edell attrape une poutre de ses deux mains et avait commencé à la dégager, en forçant un grand coup. Rien à faire, cependant, l'enfant demeurait coincé à pleurer, terrorisé.
"Hey, c'est quoi ton nom? Demanda Edell en se penchant pour voir l'enfant
-Liam…
-Moi c'est Edell. Liam, ton papa a peur pour toi. On lui montre que tu es un petit garçon courageux, d'accord? Dit la jeune femme en se mettant à sourire doucement pour rassurer l'enfant qui acquiesça.
Elle fit glisser la chaîne qu'elle portait à la ceinture jusqu'à lui, jusqu'à ce qu'il l'attrape.
-C'est une chaîne magique, Liam. Elle te protégera, d'accord? Serre la bien et attend encore un peu, je viens te chercher!"

Se disant, la jeune femme tira sa rapière du fourreau et trancha net dans les poutres brûlées, afin de les faire tomber et de dégager un chemin. Liam ne pleurait plus, son père regardait avec stupeur la jeune femme agir, comme beaucoup de villageois qui s'étaient amassé.
Edell entra dans une ouverture prévue à cet effet, et se laissa guider par la chaîne pour retrouver l'enfant, qu'elle dégagea des décombres, et ramena à son père quelques minutes plus tard. L'enfant était accroché à son cou, en jouant avec une de ses mèches, avant de tendre les bras vers son père en pleurant, comme l'adulte qui en tomba à genoux de soulagement.
"Que la déesse vous bénisse, madame… Merci,  merci!!
-Ce n'est rien… Que s'est-il passé ici? Pourquoi est-ce si différent de la forêt  et des ruines que j'ai trouvées plus tôt?
-Des pirates… ça fait quelques années que nous sommes souvent assiégés par des pirates. Déclara un autre villageois
-Et les gardes ont abandonné les villages alentours. Nous étions trois villages. Aazräl, Ederan qui est devenue une fille fantôme, au sud du village, et nous, ici, les survivants d'Inareth.
-On dirait que la déesse nous a finalement abandonné. Nous sommes fichus.
-Non! Madame Raïus ne nous a pas laissé! Elle nous a amené cette madame! Piailla Liam en montrant Edell qui prit une teinte rouge vif.
-Ils ont tué nos fils, réduit nos maisons en cendres, nous n'avons plus rien. Nos filles souffrent de leurs assauts, nous n'avons plus assez de ressources… Tout part pour le Roi.
-Mademoiselle. Pardonnez-moi d'abuse de votre temps, mais sauriez-vous nous aider encore..? De nombreuses personnes sont encore coincées dans les gravats.
-Comment pourrions-nous la remercier?! Lança un énième riverain
-Vous n'avez pas besoin de me remercier. Tout va bien, je vais vous aider."

*
**
*

Pendant les heures qui suivirent, Edell aida les habitants à sortir des décombres, à acheminer de l'eau et des fruits depuis la forêt, et hésita à nouveau de se mettre à la chasse. Sans savoir pourquoi, elle se disait que sa générosité allait lui jouer des tours. Quand bien même, elle ne pouvait laisser les gens dans leur misère. Elle ne savait que trop bien ce que ça faisait, de vivre ainsi, dans l'insécurité, la peur, la douleur, de se demander quand la fin allait tomber. En travaillant près de la lisière pour acheminer des fruits, elle crut voir un éclat argenté, comme des cheveux, et se demandant qui était dans les environs. Enfin, tant occupée qu'elle était, elle ne s'en soucia plus, et travailla jusqu'à la nuit tombée.
Alors qu'elle termina d'allumer les torches du village, un brouhaha monstrueux s'éleva, alors qu'elle vit un groupe arriver en courant.
"Ils reviennent! Courrez! Courrez!! Hurla le père de Liam
-Madame, cachez vous! Vous allez vous faire tuer! Ou pire!!"

[Musique 3: https://www.youtube.com/watch?v=aIylCJXFqTE&index=34&list=PL99B3D1FEA7110F40]

Edell s'arrêta devant la palissade, et regarda les villageois en tendant le bras.
"On ne se connaît pas, mais je vous demande de me faire confiance! Allez vous mettre à l'abri, je me charge d'eux! Fuyez!" Lança-t-elle en tirant son arme.

Le combat était lancé, et Edell se mit en position de combat. Le Scorpion Bleu était prêt à frapper.

"Pire qu'être tuée? Rien ne saurait être pire que ce jour…!"



[Musiques:
1: Troels B. Folmann: Ghana 1 (Tomb Raider Legend OST)
2: Nights Amore: "Hurt, Gone, Forgotten"
3: Troels B. Folmann: Japan 2 (Tomb Raider Legend OST)]

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Sephiroth
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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Lun 30 Juin - 17:37

Chapitre 2.
Premier contact.


C’est lorsqu’il rouvrit les yeux qu’il comprit que son état de fatigue précédant, dépassait de très loin ce qu’il pensait. Le soleil était déjà monté très haut dans le ciel. A dire vrai, il commençait même à redescendre lentement mais surement vers les collines de l’ouest. Il se leva de son matelas miteux, se dépoussiéra soigneusement, et se passa la main dans sa longue crinière argentée. Il prit le temps de vérifier que son équipement était complet. Il n’avait pas quitté son manteau, et il reprit Pandemonium, qu’il attacha à sa ceinture.
Son arsenal se résumait plus ou moins à cela : son vestiaire et son épée.  Il ne s’attachait pas aux objets. Des chimères inutiles, souvent entrepôts de souvenirs nostalgiques. Quelle horreur. Le pirate avait un cœur, un cœur de pierre pour certain, de glace pour d’autres, mais il en avait bien un. Il ne servait à rien, selon lui, de l’encombrer de bagages inutiles. Son esprit ne gardait que l’essentiel : Ses voyages passés générateurs d’expériences, ses anciens Co-équipiers qui faisaient office de seuls sentiments véritables. Il y avait aussi des connaissances qu’il avait acquise à propos de certaines îles, de certaines personnes plus ou moins dangereuses. A éviter ou à rencontrer un jour, à séduire ou à éliminer rapidement… Et il gardait depuis peu, une petite place dans ce méli-mélo de loyales pensées, au gentleman qu’il avait rencontré sur Valgivre. Rob Lucci. Un homme à la fois curieux et fascinant.

Après avoir donc vérifié son équipement sommaire, il descendit les escaliers de ce qui était devenu un taudis depuis le passage des fameux pirates fauteurs de troubles. Il sortit de la maison à moitié calcinée et s’orienta du mieux qu’il put dans ce petit village de rien. Il aperçu celui qui l’avait accueilli de manière bien singulière, toujours adossé à son mur, l’esprit vide, le regard inexpressif et l’âme ravagée.

- Vous êtes encore là ? Demanda le villageois.

- Ma présence vous insupporte ? Dit il d’un air presque satisfait.

- Non. Faites comme bon vous semble.

- Dans quelle direction se trouve le prochain village ?

Il pointa le doigt vers le sud indiquant ce qui était sensé être une véritable bourgade. Plus grosse et en meilleur état. « Grief » une cité ancienne, mais prospère, qui échappait miraculeusement aux attaques pirates. Quoi que le pauvre homme ne put s’empêcher un commentaire à propos du fait que le miracle dont il parlait n’en était pas vraiment un… Il ne s’attarda pas sur le sujet, expliquant plutôt qu’il y avait en réalité deux villages à proximité. Un triangle communal qui comptait profiter de l’aspect compact de cette géographie particulière, pour évoluer et prospérer.

- Ederan et Inareth sont les villages voisins. Le premier à mille deux cents mètres à l’est. Le second au nord à mille sept cents mètres. Vous n’y trouverez plus rien.

Sans merci ni au revoir, il quitta l’homme et se dirigea dans un petit bois lugubre au nord. Peut-être fallait il traverser ce petit tas d’arbres pour arriver au village voisin. Quelle importance ? S’il n’y avait rien à y voir, ni à y faire il était simplement ridicule de s’y rendre. De fait il se dirigeait de manière totalement aléatoire, et tomberait peut-être sur un nouveau village fantôme. Il avait en fait une autre idée derrière la tête. Une idée bien précise. Une idée qui venait de son estomac: La faim le tiraillait. Il n’avait plus manger depuis son départ de Las camp, et encore, son dernier véritable repas lui avait été offert par le peuple des boules de poils. Autant parler de courtes ripailles…
Les forêts cachaient du gibier, et la chevelure argentée était avant tout un prédateur. Il bondit dans un arbre très touffu et s’y cacha guettant l’arrivée d’un quelconque festin sur pattes. Il dut attendre quinze bonnes minutes pour entendre un bruit de pas. Un porc bien gras approchait. Court sur pattes, les dents acérées, des défenses à peine prononcées. Il s’agissait d’un tout jeune sanglier qui avait passer trop de temps à téter le pis de sa truie de mère. Qu’importe, plus il y avait de gras, plus le festin serait agréable.
A courtes enjambées, il s’approcha de quelques arbres, à la recherche racines rampantes ou de quelques glands. Cette idée fit sourire le pirate. A trop chercher son assiette, c’est le porc qui s’y retrouverait plongé. Il dégaina son épée très lentement, sans faire le moindre bruit et s’approcha plus près de l’extrémité de la branche. Un pied après l’autre, silencieusement tel un espion ou même un ninja, pour atteindre une vue parfaite sur sa proie.
Oh qu’il avait l’air appétissant… ce phacochère bien dodu, à l’air béat. Il se lécha les lèvres avant même de le découper délicatement du fil de sa lame. Puis, une fois que le sanglier enfonça son groin dans le sol, à la recherche d’un quelconque vermisseau, Sephiroth bondit de son perchoir, la pointe de sa lame vers le sol, et empala littéralement la tête de sa proie.
Il se releva et d’un éclair se retourna vers le buisson qui était dans son dos. Il aurait juré avoir entendu plus loin, un humain ou au moins quelque chose qui s’en approchait.
Il ramassa du petit bois afin d’allumer un feu et découpa une belle part de cuissot et tailla une pierre sur sa lame. Quelques étincelles jaillirent, et le feu prit de lui-même. Il se délecta de son repas et reprit ainsi des forces avant de repartir.

Il arriva rapidement à la bourgade censé être déserte ou il entendit quelqu’un crier. Visiblement l’affolement était général. Le peu d’habitants encore présents semblaient pris d’effroi devant la menace qui approchait à grands pas. Cette menace était une petite garnison d’individus, arrivant à cheval de l’autre coté du chemin. Rigolant à l’approche, tous plus sales et dégoûtants les uns que les autres. Ils ralentirent leurs rythme, fiers de l’effet qu’ils produiront, mais ne s’attendaient pas à une chose. Une femme s’avança vers eux, l’exil déterminé et ferme. Les cheveux d’un bleu azur profond, une tenue modeste, mais qui semblait être mieux portante que les autres villageois.

Ils interpellèrent, la menaçant de s’écarter, en ajoutant quelques commentaires déplacés sur les attributs de la jeune femme.  Elle ne s’en souciait guère, ignorant même ces balourds ridicules, qui n’avaient de cesse de rire pour la première blague salace venue.
Le premier descendit de son cheval, s’approchant de la jeune femme. Désarmé sans la moindre inquiétude?. Il lui toucha les cheveux, approcha son nez et sa bouche de son cou, respirant les odeurs de la jeune femme, qu’il qualifiait de « délicieuses ». Elle ne bronchait toujours pas. Soit elle bouillait de colère, soit elle était terrorisée. Puis il lui attrapa le poignet en l’ordonnant de le suivre.
Visiblement, il s’agissait plus de colère que de peur. Elle sortit une lame asse longue de son poignet, et lui trancha littéralement la main. Avant de lui porter trois estocs rapides et fatals en plein estomac.
Décontenancé l’homme recula en titubant. Grièvement blessé par cette offensive, et tomba finalement à la renverse sous les regards abasourdis de ses partenaires. Ils l’incendièrent d’insultes avant de bondir sur elle et sur les autres villageois, prêts à tout saccager une nouvelle fois, et à piller ce qu’il restait à prendre. Animés par la colère d'avoir été agressé. Finalement tel était prit qui croyait prendre. Rares étaient les plus belles situations que celle-ci. Ces pirates agissaient en véritables monstres, il n'y avait donc pas de raison à ce que les villageois restent les bras croisés. seulement voila, il y avait parmi ces villageois, une flamme dansante, aux cheveux de couleur bleu. un bleu profond, marqué par le gigantisme de l'océan azur. Elle se servait de différentes lames et se défendait admirablement bien. Elle venait d'envoyer un second pirate a terre après lui avoir trancher la jugulaire.
Elle virevoltait sous la légère brise et piquait de ses pointes, ses adversaires, tel un scorpion. Rapidement, la petite équipe de pirates fut démembrée. Un, puis deux, puis trois, puis finalement les neufs pirates récalcitrants y passèrent. Deux d'entre eux s'enfuirent devant leur incapacité à réagir face à cette jeune femme enragée. Il prirent la fuite en direction de la chevelure argentée qui se retrouva face à un dilemme. laisser passer ces avortons, ou intervenir de manière sanglante. sauver les villageois ne l’intéressait guère, mais il se souvint de ce qu'il avait pensé un peu plus tôt en arrivant le matin. La vermine... Les gens qui se croyaient forts en s'attaquant aux faibles... Rien ne l’exaspérait plus que cela. ces pirates aussi forts se prétendaient ils fuyaient le danger menaçant de cette jeune femme. Hélas, il ne fuyaient pas dans le bon sens.
Sephiroth bondit dans les airs, et trancha la tête du premier homme d'un coup de sabre sec. Il effectuant une vrille dans son saut lui permettant ainsi de pivoter dans le sens du second et de lui porter une estocade fatale en plein cœur. Il retomba au sol, les deux corps inertes sur le chemin, en essuyant avec attention son sabre sur les vêtements des ces victimes.


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Edell Aoi

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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Dim 6 Juil - 23:34

Chapitre III: Une rose très épineuse

Note à Sephiroth et aux lecteurs:
 


*
**
*

[Musique 1: https://www.youtube.com/watch?v=c14TqVCvn_o]

Les villageois étaient à l'abri, Edell le savait. Ils s'étaient enfermés derrière leur grande palissade et avaient barricadé l'entrée, avant de mettre les plus jeunes en sûreté.
Les plus aguerris étaient restés au rempart pour regarder leur ange bleuté se dresser entre eux et les cavaliers fous.

Enfin, ils arrivèrent. Une petite dizaine, tous puants et suintants le mal et l'abject. Totalement le genre de personnages qu'Edell détestait par-dessus tout.
Le plus grand – et le plus laid – se dressa devant elle, fier et orgueilleux sur son cheval. Il la toisait de ses yeux porcins avec un sourire béat.
"J'te connais pas, toi. Tu sors d'où? S'enquit-il
-Chef, vous avez vu ses tétés? Des roploplos ainsi, si on y avait goûté, on s'en rappellerait! Gloussa l'un.
-On se la garde sous le coude pour la suite, chef? Lança l'autre.
-Silence! Waka parle! Coupa le chef, avant de regarder Edell. T'entends, beauté? Mes hommes ont les crocs. Range-toi sur le côté et garde toi au chaud pour après le festin! Tu seras bien mignonne pour leur désert.
-Tu ne sais pas ce que tu risques… Murmura Edell
Waka descendit de son cheval, qui en eut l'air soulagé au possible, et s'approcha de la jeune femme, la dépassant de loin, de muscles, de graisse et de bêtise. Il se pencha sur Edell, la gratifiant d'une haleine abominable, en lui soulevant la tête de ses mains crasseuses.
-Qu'est-c'qu'tu dis? J't'entends pas, ma chérie!
-Tu ne sais pas ce que tu risques à titiller les scorpions. Reprit-elle en le fixant de ses prunelles azurées.
-Mais tu vas pas fermer ta gueule, dis? Les femmes, ça cause pas! C'est qu'des trous pour mes gars et moi! Beugla Waka en l'empoignant par la main, serrant le manchon de ses doigts boudinés. Moi les insectes, j'yé écrase et yé les tue!

[Musique 2: https://www.youtube.com/watch?v=m66eET4nhPk&index=10&list=LLbIk6eM8FOyLKavvxUi11hA]

L'homme eu un rire, en postillonnant sa sottise sur la demoiselle qui s'était d'ores et déjà figé devant le comportement, et le vocabulaire du pillard. Edell ferma les yeux, fit un mouvement en arrière, et d'un autre geste de la main, fit jaillir une lame écarlate du manchon, et trancha net la main du bandit.
-Quand il s'énerve, le Scorpion pique!"
Un hurlement, une série de jurons, l'homme se tenait le moignon en vociférant un flot d'injures monstrueuses. La surprise les tenaillait tous, alors que dans un geste vif, la lame écarlate se planta trois fois dans le corps du molosse qui tomba raide mort au sol.
*
**
*

"Sale garce! Chienne! Comment as-tu osé le tuer?! Tempêta un des bandits.
-Il l'a tout simplement cherché. Déclara Edell en se remettant en garde. Maintenant, si vous voulez rester entier, je vous conseille de faire demi-tour.
-Sinon quoi? Tu vas essayer de nous attaquer avec tes cure-dent? On est neuf! Tu es une simple gonzesse. T'as tué Waka par coup de chance! Mettez-la à terre, les gars! Je lui ferait payer son affront juste après!"

Le groupe se relança, furieusement, les neuf en même temps.
"Ho… Désolée si je te pique au vif… Mais tu vas changer d'avis dard-dard."
Un éclair rouge zébra l'air, alors qu'Edell se fraya un chemin hors de l'assaut, sa main tendue, la lame rouge crépitante sous son poignet, dégainée.
"SCARLET NEEDLE" S'exclama la jeune femme
Sur son passage, chaque homme fut marqué d'une pointe rouge, une simple piqûre qui les avait frappé si vite qu'ils ne s'en étaient pas rendu compte.
Enfin, un gémissement, puis un cri, un long hurlement de douleur, et ils étaient à terre à se tortiller sous un feu invisible qui leur brûlait les entrailles. Un courant, un poison, un souffle nocif.
"Qu'est-ce que tu nous a fait?!
-L'Aiguille Ecarlate projette dans le corps de sa victime un poison qui s'attaque aux terminaisons nerveuses, provoquant ainsi d'atroces douleurs. Et le plus "piquant" dans tout ça, c'est qu'il faut quinze coups avant qu'elle ne tue totalement. Une longue et terrible agonie pour ceux que mon Dard touche. Vous êtes certains de ne pas vouloir abandonner la partie?"
Edell leur tournait autour, véritable prédatrice, comme une lionne qui cherchait le meilleur angle d'attaque.
L'un des plus costauds se relança sur elle, qui prit son élan pour bondir, flotter au-dessus de lui et lui percer la jugulaire de sa lame incandescente.

Ainsi de suite, dans une lutte rapide et sauvage, Edell se défit rapidement de ses adversaires.
Elle allait si vite, que les brigands ne pouvaient la suivre du regard.  Au fond, dans l'abysse de ses yeux, on pourrait presque voir une certaine lueur de plaisir à "punir" ainsi les malfrats. Quand le dernier devant elle s'écroula, Edell se redressa et observa les deux fuyards.
"Encore des couards qui n'ont pas le courage d'assumer leur actes, heh..!!!" S'exclama Edell en tirant de sa ceinture de tissu deux couteaux de lancer.

*
**
*

Mais… Aussitôt elle s'apprêta à les avoir au lancer, comme elle avait eu les autres, un éclat argenté fusa et ôta net la tête de l'un d'eux. La caboche roula sur la pente douce jusqu'à arriver aux pieds d'Edell qui la stoppa du talon de sa botte. Le second fut tout aussi facilement tué, par ce même éclat d'argent.

[Musique 3: https://www.youtube.com/watch?v=jmLpc8wFo1o]

Au moins, Edell n'aurait pas à salir ses armes d'avantages, tandis qu'elle se redressa, et d'un coup de pied, envoya voler la tête bien au loin.
"Hors de mon chemin, toi!!" S'était-elle insurgée en shootant aussi fort qu'elle le pouvait – c'est-à dire BIEN fort.

Enfin, elle se redressa, et regarda la personne qui avait tué les deux fuyards.
Il semblait déjà plus grand qu'elle, la peau diaphane, les cheveux longs et argentés, le visage froid… Un véritable bloc de glace ambulant, selon elle. Encore un qu'elle croisait, sur les mers. Après son Maître et un certain bretteur aux yeux d'or, elle se dit que ce n'était que monnaie courante, d'avoir des hommes et des femmes renfermés.
"Merci de m'avoir mâché le travail! Et bravo pour cette démonstration!" Lança Edell avec un petit sourire, remettant sa tresse en place et essuyant ses lames d'un mouvement  rapide.

L'exclamation de joie qui s'éleva la détourna de l'argenté, alors qu'elle regarda le petit Liam lui sauter dessus.
"Vous êtes un ange, madame bleue! Un ange tout bleu!" Dit l'enfant en s'accrochant à son cou.
Gênée, elle se contenta d'étreindre l'enfant, le rendre à son père, et s'approcha de l'inconnu en rajustant sa rapière, qu'elle n'avait même pas eu besoin d'utiliser.

Quelque chose la poussait, peut-être une divinité qui avait décidé qu'il serait judicieux pour eux de se rencontrer.



[Musiques et références:

Musique 1: Jesper Kyd: "Leonardo's invention" (Assasin's Creed II OST)
Musique 2: Stephen Anderson: "The Black Flag"
Musique 3: Stuart Chatwood: "Elika and the Prince" (Prince of Persia Prodigy OST)]
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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Jeu 17 Juil - 14:15

Chapitre 3
Carnassier




Aaaaah... La délicate odeur du sang frais coulant à foison. Que voilà un discours de monstre pervers ! Mais il fallait bien avouer que le pirate au teint blanchâtre et à la chevelure argentée appréciait de temps à autres les carnages. Tout particulièrement lorsqu'il s'agissait de "vermines" comme il les appelait. Ces personnes dont le sourire s'écartait jusqu'aux oreilles, lorsqu'ils se savaient forts en s'attaquant aux faibles, et dont les larmes coulaient lorsqu'ils se comprenaient misérables. Ces incessants flots de supplications de pitié, ces effroyables révérences de pathétisme dues à la peur d'un prédateur carnassier. Un étalage d’inepties sans envergure puisque les deux corps se vidaient peu à peu d’un  liquide rouge.
Mais il y avait bien plus intéressant que ces deux cadavres. Une femme, jeune, plutôt attirante, dont la plastique devait être un avantage certain. Visiblement la pitié n'était pas dans ses habitudes puisque cette dernière avait tout bonnement effacé ses adversaires un à un. Une danse transcendante de laquelle jaillissait un flot sanglant d’hémoglobine. Une chevelure semblable à celle qu'il aurait juré avoir vu dans la forêt un peu plus tôt dans la matinée. Elle portait une tenue bien à elle qui forçait le respect dans un certain sens. Comment était il possible de se battre avec un corset ? Cela devait lui bloquer certains mouvements, et entraver sa respiration, et pourtant... Ce n'était pas des arts martiaux, ni même de la danse. Simplement le vol imprévisible d'une guêpe tueuse, piquant de ses dards pointus, jaillissant de ses poignets.
Et ce n'était pas l'avantage du nombre qui allait l'impressionner, huit ? neuf ? Le pirate ne se souvenait plus exactement mais le résultat restait identique. Un constat fatal pour ces hommes venus jouir de la souffrance d'un peuple.

La jeune femme ayant vu la courte démonstration de la chevelure argentée, le remercia dans un premier temps de loin, et patienta un court instant avant de s'approcher du grand homme épéiste. Comme naturellement attirée elle s'approcha doucement, pour un face à face inédit. Il se regardèrent un moment sans dire le moindre mot, dans un silence noir.
De toute façon, il n'eurent guère le temps de faire de courtoises présentations, qu’une mission envoyée par ce qui devait être un souverain, arriva sur les lieu en déclarant de vulgaires inepties sur l’ordre et la justice.
Une justice bien étrange puisque loin de prendre la défense des villageois martyrisés, ils prirent pour cible la chevelure d’argent et la jeune femme aux cheveux bleus. S’appuyant sur un crime « monstrueux » qu’avait été celui de tuer ces pirates, que les forces de l’ordre appelaient « protecteurs des provinces ».
Loin de l’idée de ne pas assumer ce massacre, le pirate du au moins se rendre compte que se trouver debout devant deux cadavres, dont un séparé de sa tête, était une preuve suffisante pour être accusé à juste titre. Et comme la belle demoiselle s’était avancée vers lui, elle fut elle aussi accusée.
Les villageois semblaient désemparées. Tenaillés entre la colère de cette sinistre injustice, et la peur de ce qui devait être un dirigeant sanglant. Certains se mordaient les lèvres de rage. Quelle ironie, tout de même ! Pour une fois que la chevelure d’argent commettait une bonne action, elle était accusée. De quoi ? D’avoir agit envers le droit et la justice.

* Être honnête est une bien basse besogne qui ne payeras jamais, uh uh uh * ricana intérieurement le pirate, qui dégaina lentement son sabre.

Pourquoi se laisserait il attraper sans broncher ? Pourquoi serait il soumis au verdict d’un procès, aussi dépourvu de justice que cette accusation insoupçonnée ? Ridicule.
Voyant cela, les gardes, vêtus de belles armures d’acier brillant, s’avancèrent vers le duo, sommant de se rendre sans futilités.
Deux mastodontes sortirent du rang, comme pour neutraliser une quelconque offensive. L’un des deux était armé d’une chaîne faite d’épais maillons, et l’autre d’une longue lance blanche. Avançant pas à pas, lentement dans cette pellicule de boue poisseuse. La jeune femme elle aussi les regardait arriver, sans craindre leurs vaines menaces, mais opta pour une solution à la fois plus pacifique et intelligente.
Elle s’approcha vers les gardes, calmement, tendant les poignets comme pour se rendre, et se laisser enchaîner. L’un des deux colosses lui saisit les poignets et la ferra, de manière à la rendre invulnérable.

Elle n’était pas idiote. A faire couler un peu de sang supplémentaire, le pirate n’y gagnerait rien. Déambuler dans des villages tous plus miteux les uns que les autres n’était pas un programme convenable. Se rendre au château, ou il pourrait trouver diverses richesses pour ses futurs voyages, voilà qui était un programme bien plus acceptable. Il rangea donc son sabre, et imitant la jeune femme, il se fit passer les épaisses menottes de fonte autour des poignets. Emportés par ses cavaliers au service du diable, ils quittèrent le village à pied suivant un chemin en direction du trône.

***

Cela faisait déjà deux bonnes heures au moins, que les deux prisonniers avaient quitté le village, laissant les quelques survivants en larmes, à causes des funèbres pensées hantant les esprits des habitants, concernant le sort de leurs sauveurs. Les cavaliers se plaignaient de la fatigue, eux qui étaient tranquillement assis sur des chevaux proprement habillés, tandis que les criminels qui suivaient le pas à pied ne se plaignaient même pas. Inutile, la fatigue était encore très loin de les atteindre. Si c’était cela, l’armée du bon roi Dagobert, une insurrection populaire aurait probablement suffit à renverser toute la nation. La peur jouait donc son rôle à merveille.
Les deux sauveurs incongrus, marchaient cote à cote, et ne s’étaient pas adressés le moindre mot depuis leur arrestation. Le jeune femme aux yeux brulés finit par prendre la parole et adressa silencieusement un mot à son partenaire de captivité.

- Rien ne vous obligeait à me suivre. Un coupable leur aurait parfaitement convenu.

- Qui t’as dit que je te suivais, et que je n’agissait pas par mon propre instinct ?

- Fortuit hasard pour de l’instinct.

La chevelure argentée ne répliqua rien, se contentant d’ignorer la jeune femme. Il s’agissait une nouvelle fois d’une preuve de mauvaise foi. Mais d’un autre coté, il aurait pu laisser la jeune femme finir le sale boulot. Même si ces hommes étaient des rats, ce n’était pas ses affaires… Mais le jeune femme était tenace, la froideur du bonhomme ne lui faisait ni peur, ni rien. Elle regarda longuement son homologue de la tête aux pieds, examinant consciencieusement ses vêtements, sa veste longue, son épée, proprement rangée dans son fourreau et surtout sa longue chevelure distinctive.

- Je vous connais. Conclut ‘elle en conservant son regard posé sur lui.

- Tu n’es pas la première à me connaitre, et tu ne seras certainement pas la dernière.

Il fallait s’y attendre. En tant que captifs la parole leur était proscrite. Un garde descendit de son cheval, fier au possible, s’approchant de ce duo de prisonnier. Il décocha une droite à la chevelure argentée qui trébucha par terre, face au sol. Le capitaine de l’escouade ordonna qu’on le remette sur pied et qu’ils reprennent la route rapidement. Le porteur du coup, aida le prisonnier à se relever. Ce dernier souri avec un air carnassier en se léchant les lèvres.
La jeune femme observa la satisfaction sur son visage. Ce visage qui trahissait l’envie de meurtre. Comme si le garde venait de commettre l’erreur de trop. La captive comprit très facilement que le pirate avait de la suite dans les idées. Et effectivement lorsqu’il se redressa, il posa son pied sur celui du garde, et se laissa tomber sur le torse de l’homme en armure, qui finit tout naturellement au sol. La chevelure d’argent, toujours sur le torse du garde n’attendit pas plus pour débuter son office.
Il planta ses dents, dans la pommette du garde, le sang commençait à couler à cause de l’affreuse morsure et lui arracha un morceau de joue, sans que le supplicié ne puisse intervenir. La peau se déchira lentement, en tirant sur le visage, emportant au passage un morceau de paupière laissant l’œil de supplicié à vif.
Il hurla comme l’écorché vif qu’il était, et posa ses mains sur sa blessure par réflexe. De nouveau à la charge, Sephiroth lui saisit le majeur et l’auriculaire de sa main droite, et les sectionna grâce à ses incisives intrépides. Les phalanges ressortaient de ses mains tremblantes de douleur. Le sang commençait à jaillir dans un spectacle épouvantable. Les autres gardes descendirent de leurs montures pour secourir leur camarade. Voyant l’émulsion humaine qui arrivait à grand pas, le pirate dut se résoudre à abréger les souffrances de son geôlier. Il donna un violent coup de tête sur le front de l’homme déjà mal en point, qui se protégea le visage de manière naturelle. L’erreur qui lui couta la vie.
La chevelure d’argent plongea ses dents une dernière fois, vers la carotide cette fois, et lui saisit plutôt la pomme d’Adam, qu’il mordit de toutes ses forces. Ses molaires en suractivité firent d’abord craqueler la pomme, dans un atroce bruit sourd. Les hurlements du garde souffrant le martyr devant ce pirate cannibale, qui avait pourtant les mains liées. Puis après une vaine résistance, la pression accrue de sa mâchoire fit tout bonnement exploser le cartilage intérieur, et fit rompre les tissus de chair. dans un feu d’artifice sanglant, L’homme releva le buste, le regard vers le ciel, le visage ensanglanté, avec quelques goutes perlant le long de son cou, et tourna lentement son facies vers les gardes horrifiés. L’homme était mort, une partie du visage arrachée, deux doigts sectionnés, le tout dans une marre infinie d’hémoglobine.

- Uh uh uh… ria-t-il en regardant les gardes effrayés devant le machiavélisme intrépide du pirate.

Un homme de la garde saisit une masse sur l’un des chevaux, et passa discrètement dans le dos du prisonnier pour lui assener un violent coup sur le crane. Il ferma les yeux, avec le sourire toujours collé à ses lèvres et perdit connaissance en tombant lourdement au sol,  laissant le reste des spectateurs avec ce spectacle peu recommandable.


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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Dim 3 Aoû - 23:00

Chapitre III:
Comme un air de déjà vu


Spoiler:
 


*
**
*

Comment en était-elle arrivée à avoir les mains menottées ainsi? Les poignets croisés dans le dos, les chaînes serrées à ses mains et reliées à un imposant collier de fer au cou.
Bah Elle n'en avait aucune idée. Poussée par elle ne savait quoi, au moment où la garde était venue en les accusant d'un crime contre le Royaume (qu'elle ne comprenait même pas).

Bon, il est vrai qu'elle avait un peu de sang sur les mains et qu'être ainsi accompagnée d'une guillotine ambulante entourée de cadavres n'était pas le meilleur alibi de son innocence, qu'importe sa bonne foi.
Et il lui semblait bien qu'elle avait dû offenser un garde ou l'autre en leur répondant sèchement, avant de finalement se rendre.
Comme le fait qu'elle sentait qu'il n'était pas dans son intérêt d'aggraver la situation. Si toutefois c'était possible.

"Puis-je savoir ce que l'on nous reproche? Demanda Edell en soutenant le regard d'un des gardes
-Vous rendez-vous compte que vous venez d'assassiner les protecteurs de ces villages?! Ce sont eux qui protègent les habitants et les villages des attaques de barbares dans votre genre!
-Quoi..? Mais ouvrez donc les yeux, idiots! Ne voyez-vous pas que ces gens martyrisent ceux que VOUS êtes censé protéger?! Où étiez-vous quand leur village a été mis à sac? Le village voisin massacré et réduit en cendre?
-SILENCE, FEMME!!"

Les supplications des villageois ne faisaient rien pour convaincre les soldats des prouesses des deux arrivés. Ces vauriens qu'ils venaient d'occire, cette vermine réduite au silence…
Attendez, comment ça, le patrimoine de sécurité de l'île? Edell espérait qu'ils plaisantaient à déclarer cela. Ne voyaient-ils pas la misère dans laquelle était plongé le peuple?

Si elle voulait des explication, Edell devrait les chercher auprès du grand supérieur, et pour ça… autant se laisser emmener jusqu'au Roi.
"Plus c'est grand, plus c'est con." se dit-elle en fermant les yeux, tendant les mains pour se laisser enchaîner

Non, on ne dirait pas. Sous les pleurs de certains, dont le petit Liam, les prisonniers furent emmenés droit au château, dans une marche qui durerait un long moment, Edell le sentait.
Qui plus est, en compagnie de cet homme aux cheveux d'argent, l'azurée sentait quelque chose d'étrange se préparer. Soit elle devenait parano, ou alors elle commençait à penser qu'il s'était rendu un peu trop facilement, pour quelqu'un qui avait l'air plutôt rentre dedans quand on l'ennuyait…


*
**
*

Edell cherchait avec frénésie où elle avait pût voir ou entendre parler de cet homme aux cheveux d'argent. Ce n'était pas comme si elle n'en avait entendu parler qu'une fois, non, non… Edell avait plus d'une fois eu vent d'un pseudo "démon argenté", qui avait été effacé du Monde. Comme elle, qui fut déclarée morte pendant des années, et qui, aux yeux de l'Univers, l'était encore.
Mais alors qu'elle poursuivait ses recherches mémorielles, et tentait tant bien que mal d'engager la conversation avec l'argenté, ce dernier se prit une bourrade et quelques insultes copieuses, au point d'en tomber. La jeune femme s'arrêta pour voir si tout allait bien pour lui, avant d'être tirée en arrière par le collier, comme l'étaient les chiens. Maugréant et maudissant le garde qui s'occupait d'elle, un bruit sourd lui fit à nouveau tourner les talons.
L'énième coup porté au sabreur la fit grimacer, en voyant son expression tourner pour un calme forcé, à une envie de meurtre. Les insultes lancées n'aidaient pas…  Et là, elle le vit. Là, elle se souvint.

L'homme argenté s'était jeté sur un des gardes qui avait eu le malheur de tenter de le redresser alors que celui-ci était tombé. Un flot de sang, une véritable fontaine écarlate se déversa dans la boue du sentier.
Le sabreur broyait littéralement la gorge du garde en se servant de ses dents, ses poings toujours liés dans le dos. Le pire encore, était qu'il semblait y prendre un certain plaisir. Comme un fauve qui s'amusait avec sa proie, ou un homme qui semblait faire passer le message très clair du "ne me faites pas chier"
Le pire pour Edell ne fut pas d'assister à la scène… Ce fut de se souvenir qu'elle avait déjà vu ce genre de choses… à trois ans d'intervalle, elle avait assisté à pareil carnage. Et sans quitter le bain de sang des yeux, ignorant les hurlements du supplicié, elle repensa à ces deux moments.

La première fois, elle avait aussi vu des hommes se faire massacrer de la sorte, tués et broyés par d'autres qui prenaient un grand plaisir à agir ainsi. Un véritable bain de sang sous couvert de supplications, de cris pour que cet acte barbare ne s'arrête.
Une scène qu'elle revoyait toutes les nuits dans ses rêves, puisque c'étaient ses propres compagnons de route qui s'étaient fait tués pour les simples lubies d'un psychopathe qui appréciait les bains de sang autant que l'argenté semblait le faire.

La seconde fois, quelques années plus tôt, fut quand son mentor et ami vint la sauver alors qu'elle venait d'être mise à terre par des bandits sur l'île où elle avait passé quatre ans à s'entraîner.
Là aussi, un bain de sang, alors que son protecteur hurlait au chef de file que la prochaine fois qu'un de ses hommes s'approchaient de sa pupille, ce serait un règlement de compte en bonne et due forme.

Tant de chose se bousculaient dans la tête d'Edell, alors que les gardes parvenaient difficilement à retirer l'homme de sa victime, et que l'un d'entre eux ne parvienne à l'assommer.
Si la peur était moins présente que la surprise chez Edell, sa nature bienveillante prit le dessus alors qu'elle attrapa de son épaule l'argenté qui s'effondrait sous le coup du garde, pour qu'après ces derniers ne puissent le soulever loin d'elle, et elle, d'être tirée pour avancer.
Quand bien même, son rire lâché avant de perdre conscience lui tira un frisson atroce. La dernière fois qu'elle avait entendu un tel rire… Non… Rien qu'à l'idée de se souvenir de ça, la jeune femme en eu la nausée, et continua d'avancer en silence, tandis que le sabreur était posé sur la croupe d'un cheval. De là où elle était, Edell pouvait voir qu'il saignait à la tête, là où le coup l'avait touché…

Alors qu'ils grimpaient la falaise menant au château du noble, Edell observa les alentours en avançant. Une grande falaise, dont les coteaux escarpés laissaient à peine quelques arbres morts subsister par les puissantes racines qui passaient dans la roche.
Le château lugubre s'étirait plus loin, même si ils arrivèrent rapidement jusqu'aux portes qui s'ouvrirent dans un grincement atroce.
N'avaient-ils jamais entendu parler d'huile pour les gonds?

*
**
*

Le séjour fut loin d'être dans un palace, alors que les deux captifs furent jetés dans la même cellule, libérés des chaînes. Edell se redressa en se frottant la tête, et remarqua qu'ils avaient laissé son sac dans la cage à côté, comme si il lui serait impossible de le récupérer.
Bien mal la connaître, la jeune femme passa les bras au travers des barreaux poisseux et fit passer le sac de son côté. Là, elle retrouva tout: sa gourde, un essui propre, des restes de son repas de la veille, son épée enroulée dans un reste de voile et sa chaîne entourant le tout. Voilà qui serait parfait.

En s'appuyant sur le mur pour se relever, Edell remarqua quelques pierres si grossières que s'y accrocher serait pour elle un jeu d'enfant. Ce qu'elle fit, atteignant ainsi rapidement le soupirail qui diffusait une chiche lumière dans la geôle.
L'idée même de pourrir ici la révulsait. Être enfermée de nouveau devenait vite insupportable pour elle qui gardait le regard rivé sur le maigre horizon que livrait l'ouverture.
"Quand l'histoire se répète… Mon ange gardien doit vraiment être en congé maladie." Maugréa-t-elle. "Et tiens donc…"
Un détail capta son attention. Les branches d'un arbre encore assez bien portant, solides et touffues qui pourrait servir. Elle pourrait y dissimuler son sac et ses armes en attendant de pouvoir s'en aller. Ce serait la meilleure chose à faire. Le ruissellement en dessous lui indiquait qu'ils étaient proches d'une cascade, donc d'un point d'eau assez profond… Donc chuter ne serait pas un problème, il y aurait de quoi amortir le choc.

Edell se laissa retomber sur le sol, et regarda son "compagnon de chambrée", les yeux soudains plus tristes. Pour avoir connu pareil train de vie il y a quelques années à peine, Edell se refusait à laisser quelqu'un de la sorte. Pour se rassurer elle-même et ne pas céder à la panique d'être enfermée ainsi, à la merci du bon vouloir de gardes qui viendraient quand bon leur semblerait, elle allongea l'homme sur le côté, sa tête sur ses jambes, et observa la plaie qu'elle nettoya en usant de sa gourde et de son linge propre, comme le sang et la boue qu'il avait sur le visage, dans des gestes précis. Soit il dormait, soit il simulait, mais en tout cas il ne bougea pas. Et pour Edell, c'était tout bon.
Ses soins apportés, elle retira le foulard de sa ceinture qu'elle posa sous sa tête comme maigre coussin, puis mit son sac sur son dos, et recommença à grimper, s'accrochant à la meurtrière comme elle le pouvait une fois au sommet.

Là, elle se mit à prier de tout cœur pour que son plan fonctionne, alors qu'elle lança le sac au travers de l'ouverture. Adieu épée, et autres bidules. Elle ne garderait que ses lames, sa gourde et son petit sac de nourriture à proximité.
Un geste déraisonné, mais qui lui serait bien utile, elle le savait.
Enfin, elle redescendit, et se posa dans un coin de la cellule où elle piqua un somme, assise contre la pierre froide du mur, la tête dans les bras, les sens en alerte.

Jusqu'à ce que la porte ne s'ouvre, et qu'elle ne fut traînée dans les couloirs.

"Toi d'abord, la fille. Ton copain viendra juste après." Résonnait la voix qui la traînait.

*
**
*

Passant de la pénombre à la grande lumière d'une vaste salle éclairée de nombreuses chandelles lui fit mal aux yeux, alors qu'Edell releva la tête, à nouveau porteuse de ces lourdes chaînes. Mise à genoux, elle s'attendait presque à voir un visage familier.
Mais non.

Un homme de taille moyenne, épais de bras et de ventre se tenait assit dans un trône étincelant, la main sous le menton alors qu'il regardait la demoiselle à terre. Ses yeux perçants observant chaque rondeur qu'offrait l'anatomie de la jeune femme.
"J'espère que mes gardes ne vous ont pas traité avec trop de méchanceté. Dit le souverain d'une voix mielleuse.
-Avec autant de gentillesse que vous et vos hommes traitez vos sujets…
-Silence, femme! Tu parles à sa Majesté Erendal, l'héritier de Raïus! Brailla un garde en la frappant au visage.
-Dans ce cas je serais reconnaissante à sa Majesté de remarquer que mes yeux sont PLUS HAUTS!!" Lâcha Edell en grondant avec fureur.

Erendal éclata de rire en se levant, la prit par le bras et la força à se relever, l'observant de part et d'autres. Quelques questions fusèrent, comme "que faites-vous ici", "qui est cet homme qui vous accompagne", "pourquoi avoir tué mes hommes"… Haa… Que de questions auxquelles Edell répondait avec toute l'honnêteté du monde.
Mais ses réponses ne suffisaient pas, paranoïaque, Erendal pensait réellement que la jeune femme et son acolyte argenté en avaient après lui, ou le trésor de Raïus qu'il possédait.
Et à chaque réponse, Edell recevait au choix un coup de poing, de pied, une claque…
Au final, elle ne se souciait plus de répondre à ces questions. Le chef de la garde, celui qui frappait ne lui était pas inconnu. D'où le connaissait-elle, elle ne le savait plus, mais son visage froid et cruel lui était très familier.
Un énième coup, porté par sa Majesté en personne, l'empreinte de ses lourdes bagues formées sur la joue rouge de la demoiselle.
"Que fais-tu ici?!
-C'est bien des mains de Monarque qui ne foutent rien de leur journée… Dit Edell avec un sourire carnassier. Trop fragiles, trop faibles. Ce ne sont  que des chatouilles à côté de ce que j'ai déjà connu!"

*
**
*

Il n'y avait rien à faire, quoi qu'il puisse demander, Erendal ne parvenait pas à obtenir les informations qu'il voulait malgré les longues heures à frapper, hurler et questionner.
Et quand un garde encore un peu lucide proposait qu'elle et son acolyte puissent être totalement extérieurs à l'île et pouvaient sans doute repartir, il fut abattu sur le champ par le chef de garde qui fit glisser le fil de son épée sur sa gorge.
"Emmenez-là… Vous m'apporterez son compagnon par après!" Tempêta Erendal. "Et dites aux survivants qu'au moindre signe de rébellion je les fait tous pendre comme ceux D'Ederan!!"

Voilà qui devenait intéressant, pendant qu'Edell était à nouveau traînée par le chef de file, chez qui elle reconnut le tatouage dans le cou. Un des hommes de celui qu'elle traquait. De mieux en mieux!
Alors que l'homme lui défit les liens pour la remettre dans la cellule avec l'argenté, Edell se releva tant bien que mal et le fixa, se tenant le ventre, en lâchant:

"Je n'ai rien oublié de ce que tu as fait il y a quatre ans!"

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Sephiroth
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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Ven 8 Aoû - 12:37

Chapitre IV.
La guerre des nerfs.

Il ouvrit lentement les yeux, ressentant un affreux mal de crâne. Il se toucha le front et passa la main sur sa nuque, en se frottant délicatement l’arrière de sa tête. Il évita les mouvements brusques, la migraine était violente. C’est-ce qui arrivait lorsque l’on était frappé à la tête. La légère commotion cérébrale n’était pas à exclure.

- Je n’ai rien oublié de ce que tu as fais il y a quatre ans.

Il n’était pas seul. Et même si cette phrase lui faisait affreusement mal au crane rien qu’à l’entendre, il reconnu sa compagne de prison à la voix. Combien de temps était il resté évanoui ? Il n’en savait rien, et ne préférait pas le savoir pour l’instant. Bien trop occupé à lutter contre le mal de tête, qui le dévorait.
Tandis que ce qui devait être le garde de la cellule, s’éloignait d’un pas nonchalant, la belle revenait au chevet du pirate. Elle constata qu’il était sortit de sa léthargie. Elle ne lui adressa pas la parole, elle semblait être dans un état second, la main tremblante, à mi chemin entre la fureur et un sentiment de violence incontrôlé. Cette fille avait un passé lourd, et peu à peu, la chevelure argentée ressemblait les pièces du puzzle. Il la connaissait lui aussi, c’était certain.
Ce n’était pas plus mal. Ce silence lui permit de reprendre les forces qui lui manquait et de rétablir son affreuse migraine. Ce n’était pas la forme olympique mais se relever était déjà une amélioration nette. Il se passa la main sur le visage, se frottant les yeux avec son pouce et son index. Il respira silencieusement, et se releva délicatement, en s’appuyant sur le vieux mur de pierre de cette geôle puante et humide.
Il fit un tour rapide de la salle, et constata qu’il n’y avait aucune ouverture, à part celle des barreaux de fers. Il constata également qu’on lui avait confisqué son arme. Mais il avait bien démontré qu’il n’avait pas besoin d’être armé pour être dangereux.

- Ne cherches pas, on ouvrira pas la porte de nous même. Lui expliqua la jeune femme sans même le regarder.

C’était vrai. Cette prison était faite d’un métal solide. La découper sans la moindre lame était impossible. Même si les incisives du pirates avaient déjà faite leurs preuves.
Curieusement, l’état anormal de la jeune femme se traduisait par le tutoiement soudain envers l’épéiste. Mais ce n’était pas vraiment le genre de détails sur lesquels le pirate s’attardait. Les marques de respect ne lui importait guère.
Ce n’est qu’après un petit moment, que la chevelure argentée constata que la plaie qu’il avait sur l’arrière du crâne cicatrisait peu à peu. Il ne la toucha pas, elle lui faisait un mal de chien. Il observa la salle et remarqua le foulard correctement plié avec une grosse tache rouge en son centre.
Cette fille lui avait apporté les premiers soins. Il ne la remercia pas, la mauvaise foi extrême de cet homme était révoltante, mais au fond, il lui adressait un merci sincère.

Il se rassit en s’adossant au mur humide, attendant silencieusement, sans la moindre conversation avec sa camarde de chambre. Après un moment, le garde revint accompagné de deux soldats en armure. Il ouvrit la porte, et ordonna au pirate de sortir. Il n’obéit pas, jouant au jeu de la sourde oreille. Il lui répéta son ordre une fois, puis deux, jusqu’à perdre patience et ordonner aux deux gardes de le saisir. Cela laissa une ouverture à la jeune fille pour s’enfuir, mais elle n’en profita pas. Il était dangereux de saisir la première occasion venue pour réussir une évasion. D’autres se représenteraient tôt ou tard. Les deux gardes le saisirent par les bras. Posant leur autre main sur leurs épées par précaution, d’un éventuel coup de cannibalisme.
Il constata ce détail qui l’amusait beaucoup. Les gardes avaient peur de lui, et ça c’était un avantage dont il tirerait profit tôt ou tard.
Il sortit de la cellule, laissant la demoiselle seule dans ce misérable trou à rat. Il suivit les gardes, jusqu’à arriver dans une grande salle ou on l’attacha à une grosse croix de bois. À en voir les objets qui étaient entreposés sur la table à coté de lui, il n’y avait nul doute que les cet endroit était une salle de torture.

Un homme vêtu d’un beau costume aux parures dorées s’avança vers le pirate, entouré de deux hommes en armure. L’un deux était le chef du corps expéditionnaire qui avait ramené les deux actuels prisonniers.

- On m’a rapporté que c’est toi qui a défiguré un de mes soldats. Est-ce vrai ?

Le pirate conserva le silence. Non pas par crainte mais par provocation, ce qui fonctionna à merveille, puisque le second garde perdit patience, en relevant l’affront de ne pas répondre aux supplique de sa majesté.

- On m’a également rapporté que tu avait fait cela avec tes dents. Un véritable monstre… Et il se trouve que j’aurais besoin de monstres comme toi… Entrer à mon service serait une éventualité à laquelle tu réfléchirait ? Lui demanda-t-il.

Il n’avait pas prévu cela. Lui qui pensait avoir droit aux traitements des malheureux, le voila qu’il obtenait une promotion ! Quelle farce ! Il conserva une fois de plus le silence avant de recevoir un coup de poing de la part du chevalier.

- Insolent ! Répond aux seigneur de Raius.

- Est-ce vrai alors ? C’est toi qui l’a vraiment dévoré à pleines dents ?

Il conserva le silence encore un moment et releva la tête lentement, les mèches tombantes devant le visage, l’arcade qui saignait légèrement après le coup qu’il avait reçu. Il ricana silencieusement, ce qui inquiéta les personnes présentes, avant de finir par déclarer :

- Il avait mauvais gout… En revanche votre peau m’as l’air bien plus tendre et bien plus grasse… Votre majesté.

Tous reculèrent d’un pas. L’effroi qu’avait provoqué cette déclaration, résonant dans cette salle close et froide, avait pétrifié le souverain et les hommes présents. Il n’était pas cannibale, mais jouer la carte du véritable psychopathe, lui offrait un avantage psychologique. Etant attaché, la guerre des nerfs était la meilleure solution. Et pour parer à cela, l’homme qui devait donc être le roi, bégaya en ordonnant à ses hommes de le torturer jusqu’à ce que mort s’en suive.
Il tourna les talons et repartit entouré de son escorte, laissant deux hommes seuls avec ce monstre attaché. A voir les visages tendus des deux bourreaux, il comprit que l’impact psychologique lui était déjà acquis. Restait maintenant à trouver une solution pour s’enfuir. Les sangles étaient solidement attachées, il allait falloir trouver une solution. L’un des hommes prit un fouet, recula d’un bon mètre et fouetta le torse de l’homme avec une certaine crainte. Malgré la douleur, le pirate s’efforça de ne pas bouger un sourcil. Comme si même la douleur ne l’atteignait pas, semant encore un peu plus la confusion chez les deux tortionnaires.
Bien entendu la douleur était grande et il ne tiendrait pas éternellement ce petit jeu, mais il s’agissait d’un début de stratégie.
Le plan fonctionna puisque le pirate dut se satisfaire d’un seul coup de fouet. L’absence de réaction qui inquiéta les deux gardes, les poussèrent à changer de matériel, Le second prit une courte lame éméchée, et s’avança pour lui déchirer l’abdomen. Mais l’homme était hésitant. S’approcher d’un homme comme celui-ci, même attaché, était terrorisant.
Sephiroth le regarda dans les yeux, pétrifiant ainsi l’homme d’en face, qui ne bougeait plus d’un pouce. Afin d’en rajouter un peu, le pirate se lécha brièvement les lèvres, jouant le véritable cannibale que ces hôtes prétendaient. Le bourreau déglutit, restant paralysé devant tant de machiavélisme.  
C’était une démonstration. Comment faire plier psychologiquement un bourreau, qui en théorie n’avait rien à craindre devant une victime immobilisée.

Au moins cela lui permettait de gagner du temps, avant de trouver une solution pour se débarrasser des liens qui le séparait encore d’un proche carnage.
Il avait remarqué depuis le début, un défaut de conception sur la croix. Les liens qui lui retenaient les poignets, étaient fixées à de vieux crochets aux pointes rouillées. Continuant à jouer de son regard, il tétanisa un peu plus les hommes d’en face, et approcha très lentement sa main du dit crochet. Il se trouvait à peine à un ou deux centimètres de ce qui le libérerait bientôt. Il atteint la fameuse pointe et commença à gratter sa main délicatement et de manière très furtive, sur l’excroissance anormale de ferraille. La lanière s’écorchait peu à peu. Et les gardes ne s’apercevaient de rien.

Encore une poignée de minutes, et le pirate aurait sa main droite libérée. De quoi très largement se libérer…


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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Lun 11 Aoû - 22:52

Chapitre V:
Un autre moyen de s'échapper


*
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*

Le retour en cellule fut des plus pénibles. Alors qu'elle fut jetée dedans comme une malpropre, Edell se rattrapa comme elle pouvait en se tenant le ventre, tremblant, les mains secouées de spasmes de colère alors qu'elle jurait entre ses dents.
L'azurée furieuse s'était jetée sur la porte en essayant d'attraper au vol le garde, juste pour lui tordre le cou. En toute amitié bien sûr! Et puis, elle ne le ferait qu'une fois!

Cet homme, elle le connaissait… De très près, elle le connaissait. Un homme dont le nom figurait sur sa liste de Conjuration, un des hommes sous les ordres de Saga! Mazel de son nom, maintenant elle se souvenait de tout! L'assassin de son cuisinier!
Pestant et maugréant, ce fut un grognement qui la tira de ses pensées sinistres, quand, en se laissant glisser contre un mur pour s'y mettre un peu en boule, elle remarqua que l'argenté s'était éveillé, au moins le coup ne l'avait pas tué, c'était déjà ça de gagné.
Fermant les yeux en se frottant la joue, Edell commença à analyser la situation, se rappelant du parcours jusqu'à la prison, ce qu'elle avait laissé sur le chemin, les indices… Au fond, partir serait facile, si tant est qu'elle pouvait trouver le moyen de s'échapper de cette geôle.
L'idée semblait titiller l'argenté qui peinait à se lever, et même à se déplacer dans la pièce. Elle l'aurait bien aidé, mais elle-même éprouvait quelques difficultés à bouger.

"Ne cherche pas, on n'ouvrira pas la porte de nous-même." Lui dit-elle sans même le regarder.
Elle avait parlé avec une voix claire et franche, un peu trop empreinte de sa rage intérieure. Elle s'en excuserait sûrement par après.
Le silence régnant dans la pièce n'était brisé que par la toux et les crachats du geôlier, ou quelques gouttes tombant et résonnant dans le couloir. Une ambiance lugubre à souhait où ils n'échangèrent donc aucun mot.
Puis le chef de garde revint. Il emporta avec lui le sabreur d'argent. Edell lui adressa un regard entendu, un regard glacé qu'elle lui avait déjà décoché, il y a quatre ans.

Le garde s'arrêta un instant, puis repartit en traînant le bretteur avec les autres gardes.


*
**
*

Pour Edell, ce fut tout ce dont elle avait besoin. Non pas qu'elle se réjouissait de voir que lui aussi allait passer un sale moment, mais cette ouverture, elle la saisirait plus tard.
Reprenant son foulard qu'elle accrocha à son pantalon, Edell tapota à la porte, appelant un garde jusqu'à ce que ce dernier ne vienne faire coulisser le voyant pour voir ce qu'elle voulait.

Dans un geste vif, Edell passa les mains au travers du voyant, et d'un coup, lui retourna la tête.
Par chance, la serrure était à portée de main, qu'elle s'amusa à crocheter en utilisant la boucle de sa ceinture détachée au préalable  pour faire sauter le verrou.
À présent dehors, la jeune femme tira de la sacoche de sa ceinture ses manchons de cuir, fort heureusement dissimulés depuis son entrée dans le château, les accrocha à ses mains, et commença à se déplacer, en jonchant le sol de quelques cadavres des gardes malheureux qui croisaient son chemin.
Allant plus vite que prévu, Edell s'arrêta à la salle du trésor, et se mit à sourire. Sur la grande stèle qu'elle avait trouvée dans le centre des ruines de Raïus avait mentionné d'un immense trésor. Voilà enfin ce fameux trésor, alors. Ce que les habitants cherchaient depuis un moment…
"Et bien… Votre Majesté, il est temps de vous délester de ces biens." Ricana Edell en ouvrant les fenêtres de la salle.
Erendal pensait-il qu'une salle du trésor en falaise serait dispensaire d'une grande sécurité, qu'il laissait une fenêtre ainsi en vue? En tout cas, au-dessous s'écoulait une rivière, qui donnait sur la cascade, dont le lac en résultant se trouvait aux abords du village. L'idée fut alors brillante pour elle, qui ouvrit en grand les fenêtres, et, calculant son coup, fit tomber cinq grands sacs emplis d'or et de bijoux, l'un accompagné d'une note écrite.

"Profitez de cet or qui vous appartient, pour reprendre une vie descente. À l'Est de cette île se trouve un grand lieu de commerce.
Sur les cinq sacs, sauriez-vous apporter l'un d'eux aux quais à l'Est de l'île?
Vivez.
L'Ange bleu
"

Son "sale coup" réalisé, Edell arracha un des lourds rideaux qu'elle déchira, puis plaça en bandoulière sur son dos, s'emparant d'une rapière richement décorée qui lui serait bien utile pour la suite du programme. La bandoulière lui servira par après aussi.
Maintenant, elle devait retrouver Mazel. Et peut-être ferait-elle échec au Roi tant qu'à faire.


*
**
*

L'alarme fut donnée peu de temps après sa sortie de la salle du trésor, quant au bout de quelques pas elle entendit les gardes hurler à l'évasion et à la protection du Roi.
Tout allait pour le mieux, pour Edell. Elle suivit discrètement le mouvement en se déplaçant à l'aide de poutres au plafond avant d'entrer avec fracas dans la salle du trône où elle se tenait droite.

"Je te croyais au fond des geôles! S'exclama le Monarque.
-Manque cruel de confort, votre ânesse. Déclara Edell en avançant dans son sublime déhanché.
-Insolente! Comment oses-tu t'adresser-"
Edell se tourne à peine vers le garde qui s'avançait en hurlant contre elle. D'un bref coup de main, elle lui perça la poitrine, du bout de la rapière qu'elle tenait avec légèreté.
"Le prochain qui m'interrompt, c'est la même chose! Lança l'azurée en regardant la garde, avant de pointer le souverain de la pointe de l'arme.
-Que me veux-tu? De l'or? Des robes? Un mari, peut-être? Suggéra Erendal en ouvrant les bras dans un regard lubrique.
-Sérieusement? Est-ce que j'ai l'air de me chercher un époux? Ou un laid-poux à vous regarder…
-Alors que désires-tu?
-Juste des réponses… Pourquoi plonger le peuple dans une telle misère? Pourquoi avez-vous engagé ces pirates pour les terroriser? Un Roi n'est-il pas censé protéger et aimer son peuple au lieu de le martyriser?"

Erendal éclata de rire, le regard fou.
"Crois-tu vraiment que le sort de quelques bouseux m'importe?! Le rôle d'un peuple est d'aduler son Roi, non? De tout faire pour que ce Roi vive comme un Dieu! Ils ont vénéré une déesse païenne pendant toutes ces années, il est normale que maintenant qu'elle soit hors de leur esprit, une autre forme de divinité s'offre à eux! Ces gens ne sont que des paysans superstitieux et ignares! Ils gobent n'importe quoi! Ces pirates amassent les trésors lors de leur pillage, et me les rapporte. En même temps, ils empêchent les villageois de se faire la belle, et
-Vous rendez-vous compte que sur vos trois villages, un seul reste peuplé? Vos barbares ont massacré tout le monde!
-C'est qu'ils n'ont pas leur place dans mon règne… Le règne d'un Roi Divin!"


Un éclat rougeâtre fusa dans l'air, alors que le monarque vola par terre, se tortillant de douleur dans sa cape en fourrure. Edell était penchée, le bras en avant, son aiguille hors du manchon crépitante. En une attaque, elle venait de lui porter trois coups de l'Aiguille Ecarlate.
"Un monarque indigne qui plonge son peuple dans la terreur… Un abrutit qui dépouille ses habitants… Un crétin… Qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez! Qui martyrise les femmes et les enfants, exploite les hommes jusqu'au sang… Tu es vraiment bien au-dessous d'un tas de merde… L'Enfer ne serait pas assez cruel pour toi…"

Edell ferma les yeux, alors qu'Erendal se relevait péniblement, crachant du sang par grands coups. Elle tenait fermement son poignet droit, tremblante de rage, une colère muette, alors que sa lame fut à nouveau dehors, chauffante, crépitante… Pour après retrouver son teint mat.
"Je ne salirais pas d'avantage mon dard avec un déchet comme toi…" Soupira Edell en lui faisant dos.
L'azurée se préparait à avancer pour continuer sa besogne, mais le bruit distinct d'un pistolet qui s'armait tomba dans ses oreilles en pointes.
Aussi vive qu'un éclair, elle attrapa la rapière et la ficha dans la gorge du fou, tournant la lame dans la plaie avec un regard impassible.
Erendal tomba à ses pieds, en s'étranglant dans son propre sang.

"Le Roi Fou… Est échec et mat."

*
**
*

Derrière elle, un homme arrivait dans la salle en applaudissant, un petit rire l'accompagnant. Elle pensa au début à cet homme argenté, qui, à la vue du massacre du garde quelques heures plus tôt, aurait pût apprécier le spectacle, mais il n'en fut rien.
À la place se trouvait un homme vêtu de noir de pied en cap. Manteau, pantalon, bottes, gants, ceinture, et fouet.
Les yeux bruns de Mazel se posèrent sur le visage de la jeune femme… Il reconnut sans hésiter ces yeux bleus à la paupière calcinée, ces cheveux azurés, cet air fier…
"Edell Aoi… Nous te pensions morte, depuis quatre ans. Après-tout… Le Scorpion Ecarlate t'a emporté avec lui alors que tu portais de très lourdes blessures. Ta survie revient du miracle.
-Il n'y a aucun miracle. Seulement de la volonté. Et toi, Mazel. Toujours aux bottes de Saga? Oui, bien sûr. Sinon tu n'aurais pas remis ta tenue alors que tu te pavanais dans le château avec ta belle armure de chef de la garde, maintenant que le Roi est mort." Cracha Edell en ne le quittant pas des yeux.

Les deux protagonistes commencèrent une joute verbale, qui dura quelques minutes, avant que Mazel ne perde patience, et ne fasse claquer son fouet aux pieds de la jeune femme.
Quatre ans auparavant, cette technique avait fait ses preuves, elle était tombée et avait été maîtrisée.
Mais aujourd'hui, il fut surpris de voir qu'elle avait évité le coup en roulant sur le côté. Se redressant, Edell remarqua qu'à l'endroit où le fouet avait touché, la dalle fumait dangereusement.
"Tu n'as pas oublié le petit poison dont mon fouet est enduit, j'espère? Alors? Qu'as-tu fait pendant ces quatre années où tu étais proclamée morte? Tu es restée à pleurer et te morfondre pour tes pauvres compagnons que nous avons tués? Pleuré ton sort de pauvre fille qui a servi de vidange pendant deux semaines à bord? Et maintenant, Edell Aoi. Que cherches-tu? De nouveaux compagnons à laisser mourir à ta place, peut-être?"
Ponctuant chaque question d'un coup de fouet, Mazel dû se rendre à l'évidence que si elle n'était pas très bavarde, elle avait au moins acquit une grande agilité et une bien meilleure esquive qu'avant.
La surprise dont il faisait preuve était pour Edell une douce saveur en bouche. Il ne se doutait de rien.
Que pendant ces quatre ans elle n'avait eu de cesse de s'entraîner, tous les jours, sans relâche, dans le seul but de tous les éliminer. Tous, jusqu'au dernier. Tous ceux qui étaient là le jour du massacre, présents à bord pendant les deux semaines qu'elle avait passées dans cette cale…

Vint le moment de la riposte, quand Edell bondit en sa direction pour lui décocher un solide coup de pied, puis un autre, visant le visage et le ventre, puis les côtes, dans une succéssion de coups rapides.
Le dernier fut bloqué, au point de l'envoyer au sol avec un coup de ce fouet empoisonné en prime.
Mazel se tint le nez et gronda, avant de rire un coup.
"Tu as développé plus de forces… Tu sembles déjà plus résistante que ton cuisinier médium!!
-Sacha…"

*
**
*

Edell s'arrêta, alors qu'elle était prête à se relancer à l'attaquer, freinant brusquement, tandis que le souvenir de son cuisinier étranglé à mort lui revint en tête. Une légère brûlure lui vint à la joue. Quand avait-elle été touchée au visage par le fouet de Mazel, elle n'en savait rien, elle ne s'en préoccupait pas. Ses yeux étaient cachés par ses cheveux, les dents serrées, les poings de même.
"Oui, Sacha… Quand son tour est terminé un magicien doit savoir s'éclipser… Il n'a sans doute pas été foutu de comprendre quand il devait faire "tomber le rideau!"
D'un geste vif, la jeune femme retira le drap volé à la salle du trésor et s'élança avec pour entourer Mazel de ce qu'il restait du rideau, lui couvrant le visage, avant de forcer pour le frapper au visage du genou.
"Petit garce…!! Je vais te descendre!!"

Mazel se retourna en entendant les portes de la salle s'ouvrir, ayant juste le temps d'apercevoir une chevelure argentée entrer, avant d'entendre un crépitement strident venir d'au-dessus.
Edell s'était accrochée au lustre d'une main, l'autre dégainant sa lame secrète qui se mit à crépiter à nouveau. D'un coup, au moment où les portes s'ouvraient, elle se laissa tomber, le bras levé, offrant à Mazel un dernier regard. La rage, la haine au cœur… Une vengeance qui se libérait enfin au travers de cette énorme dose de poison qu'elle lui injecta, en plantant la lame en pleine poitrine.

"SCARLET NEEDLE…. ANTARES!!!"

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Sephiroth
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MessageSujet: Re: Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)   Jeu 14 Aoû - 0:07

Chapitre V.
Souvenirs obscurs.

Il grattait, et petit à petit il sentait que l’échéance était toute proche. Les hommes face à lui continuaient à trembler d’effroi devant cet infâme sourire carnassier. Curieusement les bourreaux avaient peur de la victime. Pour la première fois dans toute l’histoire des tortures probablement, une situation comme celle-ci arrivait.
Cette pince qu’il tenait dans la main, était un outil de proximité, et s’approcher d’un cannibale était terriblement dangereux.
Le démon argenté n’avait pas pensé à tout ça en arrachant la glotte de celui qui l’avait bousculé, mais cette action abominable lui apportait beaucoup plus de choses positives.

Il continuait à gratter délicatement pour ne pas être repéré. La lanière était déjà dans un sale état. Des lambeaux de cuir autour des poignets, pour un lien proche de la rupture. Le pirate sentait peu à peu le crochet rouillé au contact de son épiderme, c’était le signe que son office touchait à sa fin. S’efforçant d’arracher lanières par lanières, sentant que son bras droit n’était plus tenu que par peu de choses.
Intérieurement il savourait cette victoire qui se profilait. Les deux hommes d’en face arrivaient au bout du long et étroit chemin de la vie. Il leur présageait une fin rapide, dans un intérêt bien personnel : ne pas perdre de temps.
Prit d’une soudaine manifestation de courage et de témérité, l’homme à la pince s’approcha décrétant, qu’attaché, le pirate ne représentait pas la moindre menace.

Ironie du sort. Non content de posséder la force, et la volonté, le démon argenté se voyait offrir un cadeau béni des dieux. Un timing trop parfait pour être réel. Et pourtant... Au premier pas du bourreau, l’ultime lanière rompu, laissant le bars droit du faux cannibale libre de tout attache.
Le pauvre homme d’en face n’avait rien vu, et venait d’être certain de sa sécurité, au seul et unique moment ou même le ciel ne répondait plus de rien. Il s’approcha, et regarda l’homme dans les yeux, avant d’approcher la pince de la peau du pirate. Comme un signal, à l’instant même ou cette pince toucha le premier pigment de sa peau,  le pirate lança son bras à la gorge du chevalier à l’office. Il lui saisit la glotte avec fermeté et la lui arracha d’un coup sec, emportant avec lui quelques cordes vocales . Laissant une vague de sang couler sur les carreaux déjà tachés de cette salle affreuse.
Avant de tomber au sol, le pirate saisit à la ceinture de son geôlier un petit couteau orné de jolis pierres précieuses. Une gravure d’orfèvre pour une petite lame d’un bon forgeron. L’office idéal, pour un homme qui n’en aurait plus d’utilité.

Le démon argenté trancha d’un coup sec les lanières de son bras gauche, ainsi que la ceinture de captivité qui fixait son bassin à cette croix de bois. Le second bourreau prit d’effroi et littéralement paralysé devant cette scène abominable, n’eut pour reflexe qu’une stature de terreur. Armé d’une belle épée, et même d’un coutelas d’argent soigné, il était simplement équipé physiquement mais désarmé psychologiquement. Et dans son diabolisme naturel, Sephiroth avait gardé en main la glotte de sa première victime, il la lui montra en tendant la main, sans dire un seul mot, et referma sa main lentement. D’une poigne ferme il compressa cette extraction du larynx. Des bulles d’hémoglobine filtrèrent d’entre ces doigts, horriblement dans un bruit d’écrasement effroyable. Il y avait de quoi vomir, mais le démon argenté s’amusait de cette situation. Quant à son vis-à-vis, il était bien trop occupé à prier le ciel de miséricorde. Une prière bien futile, car lorsque la chevelure d’argent fit tomber le rideau sur son théâtre d’épouvante, il s’approcha de son second geôlier qui s’agenouilla pour implorer pitié.
Pourtant en terme de matériel, c’était bien le prisonnier qui était désarmé. Comme quoi, la psychologie était une arme bien plus terrible que n’importe quelle lame.

- Ouvre la bouche. Lui ordonna le pirate sanglant.

L’homme se mit à pleurer. Un liquide chaud et jaunâtre coulait sur le sol à travers son châssis d’acier. Trop de peur pour bouger, trop de peur pour obéir, juste de quoi pleurer dans un silence de tombe.

- J’ai dit : « ouvre la bouche. » Répéta-t-il une fois de plus avec un regard dépourvu de toute pitié.

L’homme ferma les yeux, et ouvrit à peine sa bouche. Le pirate saisit les deux parties de sa mâchoire le força à ouvrir plus que ce qu’il l’avait fait. Plus que ce qu’il pouvait le faire, et finalement plus que ce que pouvait théoriquement faire le corps humain. Il força, laissant l’homme hurler de souffrance. Le pirate entendit un craquement… Une fois. Puis deux, puis finalement tout ces craquements laissèrent place à un arrachement complet de la mâchoire. Une ou deux dents jaillirent, la peau du cou s’arracha, et la partie inferieure de la mâchoire fut tout simplement arrachée de sa tête.  
Le corps retomba au sol, et laissa place à un silence final. Les tortionnaires exécutés, le supplicié gracié.

Il se releva et remarqua que ces affaires étaient posées sur la table de fond. Il se rinça les mains dans un récipient d’eau froide prévu à l’origine pour les deux geôliers. Lorsqu’il finit de se nettoyer, il renfila sa longue veste noire, et rattacha Pandémonium à sa ceinture. Il sortit de la pièce et s’orienta vers le long couloir qui menait vers la grande salle. Une fois devant la porte close, il entendit une dispute, et reconnu la voix de sa camarde de prison.

- […] Que cherches-tu? De nouveaux compagnons à laisser mourir à ta place, peut-être?"

Plus les choses avançaient et plus le puzzle semblait se construire. Sa mémoire fonctionnait à plein régime, et voilà que de nouveaux éléments s’ajoutaient à sa petite enquête. Des compagnons qu’elle aurait laisser mourir à sa place ?
Balivernes… Ce n’est pas qu’il connaissait la fille par cœur, mais compte tenu de qui était son adversaire, il imaginait facilement un mensonge monté de toute pièce.
Si mort il y avait eut, une explication devait exister.
Puis il se souvint d’une vieille histoire, à l’époque ou son voyage commençait à le mener sur les chemins de la gloire… Une histoire sanglante, d’un équipage prometteur disparu du jour au lendemain… Une jeune femme capitaine, aimante et fidèle. N’avait elle pas les cheveux bleus ?

Il s’agissait là, de très vieux souvenirs. Des bribes d’informations qu’il accumulait jadis. Un bon équipage restait concentré sur les forces en présences du monde. Et dans tous ces souvenirs obscurs, se levait un mas, grandiose et fier. Un équipage qui faisait parler de lui, et qui semblait atteindre des sommets. En y réfléchissant, comment une force montante comme celle-ci avait pu sombrer aussi rapidement ? Comment s’appelaient ils tous déjà ? Non… Cela ne lui revenait pas. Le puzzle devait alors rester un moment encore inachevé.

Lorsqu’il se décida à pousser les portes qui le séparait du spectacle flambant, il échangea un bref regard avec cet homme. Une sale tête, ni trop grand ni trop petit. Mais visiblement manquant de concentration. Une porte qui s’ouvrait suffisait à la jeune femme, pour exploiter une faille éphémère. Ephémère, mais fatale.
Une nom d’étoile, pour une nuit éternelle. Il tomba au sol, la bouche encore ouverte, comme paralysé par la mort, ou mort d’une paralysie… Une réciproque équivalente, pour un résultat sans appel.

Rangeant ses lames sous ses poignets, elle regardait l’homme gésir, comme électrifié par la puissance astrale de cette dernière capacité.
De mauvaise foi certes, mais il fallait bien rendre à César ce qui était à César. La belle avait bénéficié de l’aide du pirate, oui. L’ouverture de la porte avait été un prétexte suffisant pour ouvrir une brèche. Mais l’exploiter aussi rapidement et de manière aussi efficace…

- Impressionnant.

Qui aurait pu croire qu’un rustre pareil était capable de sympathiques compliments ? Constatant l’étendue des dégâts, il n’y avait rien à ajouter. Une performance de haut niveau qui forçait le respect.

- Ne vous ont ils pas soumis à d’infâmes traitements ? Lui demanda-t-elle, probablement étonnée par sa présence.

- Pas assez infâmes visiblement… répondit il avec son calme froid habituel.

Saisi soudainement par le carnage qu’il y avait un peu plus loin, près du trône, Sephiroth observa méticuleusement l’état du roi, qui visiblement de règnerait plus. A en juger par le calme plat de la salle, cette fille qui était aussi calme que charmante, possédait aussi de nombreux attributs techniques à ne pas négliger. Il fallait admettre que le roi n’était pas un foudre de guerre, et que ses hommes n’étaient pas les plus braves guerriers au monde mais tout de même…
Une domination pareille était un petit exploit. De quoi lancer les méandres d’une révolution. Une guide, une bergère, une lumière à suivre… Peut-être.

Il fallait désormais fuir, le plus vite possible. Il étaient forts, à eux deux ils semblaient faire une fine équipe. Mais à deux contre un bon millier, leur force n’était peut-être pas suffisante. Sans compter qu’en tant que pirate, le démon argenté savait mieux que personne ce qu’il allait advenir par la suite…
Le roi était mort, les pirates à sa solde avaient désormais le champ libre. Et même s’ils avaient eu quasiment carte blanche jusqu’ici, l’absence du souverain leur levait l’ultime barrière face au libre court total. Le pillage, le meurtre, la torture, les viols, et bien d’autres choses encore… Une fois que ces primates se seraient amusés ils partiraient, laissant une terre de cendres derrière eux. Mais tout ceci n’était pas les affaires du pirate, et pour ne pas faire partie des victimes il était grand temps de partir le plus loin possible. L’ile était une bombe à retardement géante.
Sans même se concerter, ils arrivèrent à la même conclusion et dévalèrent les salles de l’immense château. Ayant été dans le coma, lors de l’arrivée, il laissa la chevelure bleue le guider, en lui offrant une confiance aveugle. Après tout elle l’avait déjà soigné.

-Es tu bien certaine de là ou nous allons ? Demanda-t-il en voyant les couloirs et escaliers qu’ils traversaient à toute vitesse.

- Faites moi confiance. Répondit elle simplement.

Il suivit le pas en silence, préférant voir avant de juger. Leur course effrénée les menèrent sur les balcons, après avoir commencé à être poursuivis par quelques gardes encore présent. Un effet boule de neige : une simple relève, puis quelques soldats supplémentaires, qui devinrent une escouade, avant qu’une véritable petite armée ne les collent au derrière.
Dos à leurs poursuivants, l’épique conclusion d’une fuite se présentait à eux. Stoppés net dans leur élan, la vue vers l’horizon. Le vide devant, le fer derrière. Une mort à choisir… Un précipice qui semblait infini, se proposait à un pas. L’armée à la suite, obstruait l’unique issue acceptable. Devant une telle alternative, la chevelure argentée regarda sa partenaire en grognant.

- Félicitations…


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Séquence 1: Nouveau départ (PV: Sephiroth)
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