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 Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Dim 7 Sep - 11:03

Cevief, ville portuaire d'Opertale, 14h36.

- Bien, tu as eu raison de rester calme. Maintenant écoute-moi, nouvelle recrue, voici ce que j'attends de toi...

L'homme qui venait de prononcer ces sévères paroles se tenait debout, les mains plaquées sur son immense bureau. Quant à moi, j'étais assis en face de lui, dans un fauteuil mêlant cuir et ornements de cristal. La pièce dans laquelle nous nous trouvions dominait le troisième étage d'un bâtiment impressionnant, autant par sa taille que par sa parure. En effet, en plus d'être la bâtisse la plus haute de la ville, elle était composée de tours magnifiquement architecturées, dotées de sommets en verre. La salle où mon interlocuteur et moi étions en tête-à-tête représentait la quintessence de cette beauté. Les tables, les armoires, le lustre, tous les objets brillaient de mille feux sous la lumière éclatante du soleil d'après-midi. Après tout, cela était sans doute de circonstances. Il n'en fallait pas moins pour le maire de l'une des trois métropoles d'Opertale, le royaume du cristal.
Ledit maire, dressé fièrement à quelques mètres de moi, m'observait d'un œil autoritaire. La première impression qu'il donnait était celle d'un homme dur, exigeant, déterminé. Mon apparence singulière ne l'avait pas choqué le moins du monde, et il avait même congédié ses gardes, me laissant armé de mon sabre et libre de mes mouvements. J'en concluais qu'il était certainement capable de se défendre lui-même si quelqu'un attentait à sa vie. Cela ne m'aida pas à me sentir à l'aise. Car bien qu'il semblait vouloir simplement discuter, quelque chose chez lui trahissait une certaine sournoiserie...

À ce stade, je me rends bien compte que plusieurs questions doivent germer dans vos esprits, lecteurs et lectrices. Peut-être aurait-il été préférable que je commence par raconter mon arrivée ici, plutôt que de vous plonger directement dans le feu de l'action... cela aurait été plus compréhensible... Mais contrairement à ce que vous pouvez penser, je n'ai pas encore vraiment l'habitude de la narration ! À la base, cela ne fait pas vraiment partie de mon caractère, voyez-vous. Qu'importent ces billevesées, faisons donc un retour en arrière pour clarifier les choses.

La fatigue avait été la première raison pour laquelle j'avais accosté sur cette île. J'avais acquis un bateau dans des circonstances plutôt chanceuses, et je m'étais en effet efforcé de ne pas beaucoup dormir au cas où un danger soudain le menace. De plus, n'étant pas un professionnel de la navigation, je n'avais guère pu que diriger mon navire à l'aveuglette. Au bout de quelques jours, j'avais donc préféré jeter l'ancre tant qu'une terre était à portée. Ainsi, j'avais débarqué sur l'île d'Opertale au petit matin. Un rapide tour dans l'agglomération la plus proche m'avait permis de déterminer que je me trouvais aux abords de la cité portuaire de Cevief. Selon les informations que j'avais pu recueillir, cette ville était le dernier maillon d'une chaîne de production massive de cristal. Le matériau, d'abord extrait au cœur des mines de Minapuze, était ensuite transmis aux artisans d'Orfénouze, qui les travaillaient. Enfin, Cevief récupérait les produits et s'occupait de les vendre, tout en exportant en parallèle des quantités colossales de cristal. Ce système était vital pour toute la population de l'île, car son économie y reposait.
Concernant la cité de Cevief en elle-même, il s'agissait d'une ville joviale. La traverser prestement m'avait suffi pour me rendre compte que ses habitants y appréciaient leur vie. Ses gens étaient pour la plupart des marchands, des négociateurs, des comptables. Tout les métiers ayant un lien avec le commerce et ses bénéfices y étaient représentés. Certains officiaient plus loin, à la base de la Marine qui se tenait sur une presqu'île reliée à Opertale. Cette nouvelle m'avait encouragé à me montrer discret. Au cours de ma découverte des lieux, je m'étais retrouvé au pied d'un gigantesque bâtiment, qui ressemblait plus à un château. La mairie. Admirant ses façades majestueuses, j'avais remarqué qu'une silhouette m'épiait depuis une fenêtre du troisième étage. Au moment où j'avais plissé les yeux pour mieux l'apercevoir, les rideaux s'étaient tirés. Méfiant, j'avais continué mon chemin sans broncher, jusqu'à ce que deux mastodontes me barrent la route. Ils m'avaient ordonné de les suivre sur un ton étonnamment poli, et m'avaient emmené à l'intérieur du bâtiment municipal. Alors qu'ils m'avaient escorté sur trois étages, j'avais préféré ne pas résister, conscient que le maire d'une telle métropole avait sûrement une influence sur la Marine. Je ne pouvais pas courir le risque qu'il découvre mon statut de pirate et qu'il me dénonce.

La suite coule de source : les gardes m'ont fait entrer dans le bureau du maire, où je suis à présent installé. L'individu les a renvoyé à leur poste et, après s'être présenté, n'a pas perdu de temps en tergiversations. En résumé, vous connaissez à présent les événements qui m'ont amené dans cette volumineuse pièce. Ni vous ni moi ne savons encore pourquoi je m'y trouve, mais une intuition me souffle que cette interrogation devrait bientôt disparaître...

- Bien, tu as eu raison de rester calme, déclara-t-il donc. Maintenant écoute-moi, nouvelle recrue, je vais te dire ce que j'attends de toi...

Je n'étais pas certain de comprendre ce qu'il voulait dire par ''nouvelle recrue''. Ce terme semblait plus appartenir à un langage de Marine, était-il possible qu'il fasse partie du gouvernement en plus d'être maire ? Ou était-ce une simple façon de parler ?

- Je veux que tu deviennes mon agent secret, acheva-t-il.

Je ne répondis pas. Son regard, perçant le mien, était on ne peut plus sérieux. Finalement, il n'y avait nul besoin de s'inquiéter... cet hurluberlu s'exprimait juste d'une façon qui lui était propre. Et venant de quelqu'un qui utilisait encore le mot ''hurluberlu'', cela ne signifiait pas rien...

- Évidemment, reprit-il en plaçant ses mains derrière son dos, il me faut un agent secret qui soit renseigné, et je vais donc t'expliquer le contexte, nouvelle recrue.

Les deux dans la même phrase à présent, de mieux en mieux... Bref, j'oubliai aussitôt ce détail et me concentrai. Apparemment, j'allais rester sur cette île un petit moment, alors mieux valait que je sache ce qu'il s'y passait.

- Tu dois déjà savoir qu'Opertale est constituée de trois grandes villes, qui se complètent en extrayant, travaillant et exportant le cristal. La mienne est celle qui s'occupe de cette dernière tâche, elle est donc aussi celle qui récupère toutes les recettes. Naturellement, je m'occupe ensuite de répartir les bénéfices entre les trois cités, car tel est mon devoir de chef. Cela a fonctionné ainsi des années durant. Cependant, il y a plusieurs mois, un mouvement d'extrémistes s'est mis à voir le jour à Orfénouze. Sous prétexte qu'ils n'étaient pas satisfaits des parts que je leur attribuais, ils ont revendiqué une réforme. Au début, ces terroristes n'étaient pas très nombreux, et facilement gérables. Mais il se trouve que récemment, la révolte a commencé à gagner les esprits de la cité minière, Minapuze. Les espions que j'y ai envoyé ont confirmé qu'il se tramait là-bas quelque chose de douteux, mais leurs rapports restent flous. C'est là que tu entres en scène, nouvelle recrue. Je veux que tu enquêtes sur les manigances de ces extrémistes...

Les termes qu'il avait employés me semblaient légèrement exagérés, mais sa demande était claire. Une mission d'infiltration, encore ? D'un autre côté, cela s'annonçait moins dangereux qu'à Korutiga. Il y avait une différence entre se glisser au milieu des citoyens d'une ville et pénétrer une base de la Marine gardée par un groupe de combattants surpuissants. De plus, l'objectif cette fois n'était pas d'assassiner un homme, mais simplement de recueillir des informations.

- Et je veux aussi que tu réduises au silence l'un des leurs !

Je tombai à la renverse, les jambes en l'air.

- Je ne vois pas pourquoi je devrais risquer ma vie pour régler vos problèmes, arguai-je en me repositionnant, légèrement honteux.

À ces mots le maire se figea et plissa les yeux. Il me fixa plusieurs secondes durant, diffusant une menace silencieuse vers moi. Il ouvrit alors un tiroir de sa commode et y saisit un objet qu'il prit grand soin de ne pas dévoiler. Le regard toujours posé sur moi, il attendit quelques instants supplémentaires. Puis, dans un geste prompt, il découvrit un gros revolver aux nuances de blanc et de gris. Ma main agrippa la garde de Murciélago en un réflexe.

- Ton sabre ne sera d'aucune utilité contre ça... ricana-t-il en brandissant son arme à feu. Il s'agit d'un revolver unique, disponible uniquement sur Opertale. Les balles de cristal qu'il tire peuvent traverser cinq hommes d'un seul coup, et possèdent une propriété spéciale : celle de rebondir sur n'importe quelle surface faite de cristal. En revanche, le chargeur ne peut contenir plus de quatre munitions, que tu devras utiliser avec parcimonie. Avec cette arme, le Pistol-c400, ta cible n'aura strictement aucune chance. Tu n'auras donc pas à risquer ta vie.

Mes pupilles toujours oppressées par les siennes, je pesai le pour et le contre. Si ce revolver était réellement si puissant qu'il le disait, il serait indiscutablement un atout de choix. Il pouvait même me permettre d'accomplir mon méfait sans me faire voir. De plus, il y avait également un risque que j'en paie les frais moi-même si je refusais la mission...

- Des balles de cristal qui rebondissent sur le cristal, c'est tout de même assez original... comment puis-je être sûr que vos propos ne sont pas mensongers ?
- Je n'ai rien aucun intérêt à t'envoyer à la mort, quant aux spécificités de cette arme... il pointa le canon vers ma tête, je peux t'en faire la démonstration... à tes dépens...

Comme je m'en étais douté, il ne semblait pas ouvert aux négociations. Il m'avait amené ici non pas pour formuler une demande, mais pour me donner un ordre.

- Si j'accepte, qu'est-ce que j'y gagne ...? demandai-je en tentant de ne pas paraître acquis.
- Des tas de choses ! s'exclama-t-il en attirant mon attention sur la pièce. Je te paierai en argent, en trésors, ou même en vivres. Tu choisiras toi-même ce que tu désires !

Cet argument était plutôt alléchant. Je n'étais pas de nature avare ou matérialiste, mais je voyageais pour le moment sans rien, à part mon bateau et mon katana. Quelques accessoires utiles ne pouvaient pas être de trop.

- Qui est ma cible, dans ce cas ?

Il ne cacha pas son grand sourire de ravissement. Il l'avait compris, cette phrase signifiait que j'acceptais la mission. Me faisant signe d'attendre, il décrocha un escargophone cristallisé et donna quelques directives à son interlocuteur.

- Ta cible, nouvelle recrue... reprit-il une fois son appel terminé, est un individu qui se fait remarquer à Minapuze depuis ce matin. Il s'agit d'un dangereux terroriste qui en a sûrement après mes richesses, je voudrais donc que tu l'abattes avant qu'il ne parvienne ici. Et au passage, cela servira d'exemple aux autres brigands mal famés.
- Cet individu a-t-il commis des crimes qui justifieraient sa mise à mort ?
- Il représente une menace pour la paix de l'île, et pour mon intégrité en tant que maire, n'est-ce pas un crime suffisant ? Si tu veux te sentir comme un justicier, dis-toi qu'il est d'un tempérament violent et que ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne blesse des civils !

Je n'étais pas réellement convaincu. Les arguments soutenus me paraissaient légers, bien que le désir exprimé soit légitime. Après tout, je n'avais peut-être aucune idée de ce qu'impliquait la direction d'une cité telle que Cevief. Je pouvais juste comprendre qu'il soit important de protéger ses habitants, si une révolution mettait en péril leur sécurité. Seulement, j'avais du mal à admettre qu'un mouvement de contestation pareil puisse naître sans raison valable. Je n'avais pour l'instant pas assez de recul pour juger, alors il ne me restait plus qu'à me tenir à la version que je connaissais tout en espérant être tombé dans le bon camp.

- Très bien, lançai-je en me levant. Je partirai sitôt que vous m'aurez dit comment je pourrai reconnaître ma cible.
- Je viens de recevoir une photographie prise par l'un de mes hommes, accompagnée de son nom. Cela devrait suffire, n'est-ce pas nouvelle recrue ?

Il me tendait l'image ainsi que le fameux revolver. Sans répondre, je m'en saisis et me dirigeai immédiatement vers la porte de sortie. Je l'ouvris, et esquissai un mouvement de recul lorsque l'un des deux gardes de tout à l'heure se dressa devant moi. Il avait changé d'uniforme et portait à présent une armure reluisante.

- Vous m'avez appelé, monsieur, fit-il en se tenant presque au garde-à-vous.
- En effet, tu vas conduire notre nouvelle recrue jusqu'à Minapuze. Utilise la carriole numéro 4.

Il se baissa ensuite vers moi, un sourire narquois aux lèvres.

- Je te place sous surveillance car telles sont les conventions, n'y vois pas une quelconque méfiance... murmura-t-il à mon oreille. Et n'oublie pas que ton objectif est double : l'assassinat plus la recherche d'informations...

Je serrai la mâchoire. Décidément, ce personnage ne m'inspirait pas confiance. Et ce sentiment était réciproque, vu l'escorte qu'il m'offrait.

- Veuillez me suivre, monsieur la nouvelle recrue, déclara le garde en m'ouvrant la voie.

Nous descendîmes les escaliers et sortîmes du bâtiment par derrière. Là se trouvaient une dizaine de petits véhicules, équipés d'une place pour le conducteur et d'un compartiment pouvant transporter quelques personnes. Le vigile, sans me lâcher d'une semelle, m'indiqua l'un d'eux et me fit monter à l'intérieur. Tout de suite après, le moteur rugit et la carriole commença à secouer.
Nous venions de prendre la route. Le revolver qui m'avait été prêté, et que j'avais coincé sous ma ceinture, rebondissait sur ma hanche. J'ignorais combien de temps était nécessaire pour rejoindre Minapuze, ni si j'étais vraiment en sécurité en compagnie de ce garde. En attendant d'en savoir plus sur cet étrange maire et sur l'ensemble de l'île, je jetai un coup d’œil à la photo de ma cible. Contre toute attente, il s'agissait d'une fille. L'image, visiblement prise à son insu, montrait son profil gauche et ses cheveux bleus dans le vent. Je mémorisai ce visage, et lut le nom qui était inscrit en-dessous.

- Kago Daiyuu... songeai-je. Ma cible s'appelle Kago Daiyuu...


Dernière édition par Ulquiorra Schieffer le Mer 31 Déc - 11:57, édité 3 fois
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Kago Daiyuu

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Lun 15 Sep - 19:59

Minapuze. Kago aurait aimée tomber sur une île normale avec des gens normaux et rien de contraignants. Malheureusement, comme il à déjà été évoqué plusieurs fois, Kago n’est pas vraiment une personne chanceuse. Loin de là. Autour d’elle, rien n’est normal. Et elle parierait sa vie sur cette poisse que c’est ce putain de destin ou qui que ce soit qui avait prévu le coup. Non mais, honnêtement, il lui manquait plus que ça. Bordel, sérieusement ? Quelqu’un devait lui en vouloir. Ou alors, c’était le karma. Ouais, cet enfoiré, sans aucun doute. Elle avait dût tabasser des bébés phoques et noyés des chatons devant des orphelins ligotés dans une autre vie pour mériter ça. Tout ce qu’elle voulait ? Retourner calmement à sa base marine, avoir sa paye en plus d’une foutue prime de risque pour le bras qu’elle avait perdu, prendre un bain bien chaud et surtout, dormir. Des jours entiers. Mais tout ce qu’elle récoltait, c’était ça. Minapuze. Parce que bon, bien évidemment, en plus de pas avoir de chance, Kago était une flemmarde maladroite. Et elle c’était trompée de bateau. Purement et simplement. Aussi con que ça. L’un la ramenait dans sa chambre à la base, l’autre ici. A Minapuze. L’une des trois villes plantées sur une île en plein milieu de North Blue. Et puis, maintenant qu’elle était dans la merde, autant la mettre jusqu’au cou. Elle aurait pu tomber sur la ville riche, ou même celle de marchants. Mais non. La classe ouvrière. La populace.

Kago marchait tranquillement dans les rues pavées de la ville, cette Minapuze totalement inintéressante et chiante. Des maisons alignées, toutes les mêmes, des briques rouges et des toits de taules. Des portes en bois sombre, défraichit, rongé par les mites, pour certaines, la clenche rouillée pour d’autre, des carreaux fins et sales ornant les murs abîmés. Le sol était humide sous ses bottes et l’odeur de la pauvreté –un mélange de sueur, de tabac, de terre et étrangement de sang- était oppressante. Suffocante. La jeune marine évitait soigneusement les avenues les plus bondées, ne supportant pas la foule autour d’elle. Les bruits des enfants qui jouaient et des parents partant au travail l’agaçaient prodigieusement. Ses mains dans les poches, son dos courbé et avant et les épaules droite, elle laissait son regard parcourir flegmatiquement les alentours quand un son bien particulier attira son attention. Celui de quelqu’un qui toussait fortement. Une toux grasse et vive. La toux de quelqu’un qui avait les poumons abîmés depuis un certain temps. Et étonnement, quand son regard azuré rencontra la source de ce bruit plutôt désagréable, c’était un homme. Une trentaine d’années, sûrement pas beaucoup plus. Un visage normal, des cheveux poivres et sels normaux, un regard grisâtre habituel et des vêtements tout à fait normaux des mineurs. Une gamine s’accrochait à sa jambe, babillant joyeusement que sa mère préparait un super repas et que son petit frère était adorable. Un homme entièrement normal, somme toute. Si on oubliait la lourde pioche qui semblait faite de… cristal ? Mouais. Pourquoi pas.

- Pourquoi je suis ici déjà...? Gronda-t-elle, baissant à nouveau la tête pour continuer son chemin à travers les ruelles, enchaînant un grand nombre de croisement qui semblèrent la mener toujours plus loin du centre de la ville. Tout le contraire de son but premier. Mais bon, elle commençait à s’y faire, à cette poisse. Bientôt, les maisons de la classe populaire laissèrent place à des bâtiments de bois de plus en plus petit et des mines. Beaucoup de mine. Et devant chacune d’elle, un promontoire d’où se tenaient trois hommes à chaque fois. Au milieu, celui habillé entièrement en blanc, une arme à feu sur son flan. A ses côtés, ceux en gris. Et devaient eux, en file, les ouvriers. Kago s’arrêta un instant et leva un sourcil, intriguée.

- C’est insuffisant. Clamait tranquillement l’un des officieux en blanc. L’une de ses mains était négligemment déposée dans la poche de sa veste alors que l’autre pendait le long de son corps. Et devant lui, l’homme que Kago avait aperçut seulement quelques minutes auparavant. Sa figure semblait choquée. Apeurée. Ses mains tremblaient et ses yeux écarquillés ne semblaient pas vouloir saisir les mots de l’officier en blanc.

- J’ai donné la même quantité hier, et c’était suffisant ! Cria-t-il. Il n’y avait que très peu de colère dans sa voix. Juste de l’étonnement.
- Aujourd’hui ça ne l’est plus. Toujours aussi calme. Kago se promit que si un jour quelqu’un lui parlait comme ça, elle lui planterait un couteau entre les deux yeux. Enfin, elle essayera.
- Mais j’en ai besoin ! J’ai une femme et des enfants à nourrir ! De la terreur. Purement et simplement. Ses yeux grands ouverts d’incompréhension fixaient l’officier alors que sa bouche tremblotait. Kago était très loin d’être douée avec les sentiments. Mais elle pouvait reconnaitre l’effroi, la panique quand elle la voyait.
- Pas mon problème. Maintenant dégage.  

Et c’est ce qu’il fit. Rageur, il tourna les talons et s’en alla, tête basse, poings serrés et sa pioche sur l’épaule. Quand il fit le chemin inverse pour rentrer chez lui, quelques uns de ses compagnons semblèrent le soutenir, posant une main réconfortante sur son épaule. D’autres paniquaient à leur tour en comprenant qu’eux non plus n’aurait pas ce qu’ils attendaient. Et un peu partout, certains regardaient les maigres récompenses, quelques piécettes, peut-être de quoi s’acheter un repas. Quelques uns, rares, s’extasiaient, alors qu’une grande majorité rentrait, les épaules affaissées, découragés.

Kago sembla comprendre. Eux, c’étaient des mineurs. Bien. D’accord. Les officiers, c’étaient ceux qui étaient censés leurs donner leur paye. Soit. Parfait. Mais alors, pourquoi certains repartaient bredouille… ? Parce que ce n’était «pas suffisant» ? En se rapprochant lentement, la jeune marine examina rapidement l’estrade. Deux marches, une terrasse de bois et un bureau sur lequel le plus haut gradé était penché, assis derrière sur un tabouret simple. Autour du meuble, un garde de chaque côté, armé de rapières qui brillaient d’un éclat semblable aux pioches. Du cristal aussi. Ok. Excellent.  Et comme elle s’y attendait, nouvelle île, nouvelle ville, nouveaux habitants, nouvelles aventures. Et qui dit aventures, dit baston. Baston qui mène forcément aux emmerdes. Mais bon, elle ne s’en plaignait pas. C’était bien plus drôle comme ça.

D’un bond souple, elle monta sur l’estrade et envoya son pied en un revers sur le ventre du premier garde, faisant reculer celui-ci qui tomba à la renverse sous le choque. Encore surpris, le plus haut gradé eu juste le temps d’amorcé son geste pour se lever qu’elle fonça sur lui, le déséquilibrant d’un coup d’épaule. Vive et sauvage, la jeune marine attrapa l’énorme bourse dans un des tiroirs ouverts du bureau et la jeta à aux spectateurs ébahit. Mais à peine commença-t-elle à monter sur le meuble de bois qu’une lame fine et acéré transperça son mollet. Elle gronda de douleur quand la lame s’échappa de sa chaire, laissant un trou dans sa jambe pour venir se diriger une nouvelle fois vers elle. D’un coup de genoux bien placé, elle sentit l’os du nez de son adversaire craquer son sa force alors qu’il se pliait de douleur.

Kago ne savait pas pourquoi elle faisait ça. Ce n’était pas son genre de prendre part à des conneries de ce genre. Se battre, ok, mais pour le fun, pas pour… pour quoi se battait-elle en fait ? Et étrangement, la vision des regards réjouit mais inquiets des mineurs de firent que la perdre d’avantage. Pour eux...? Pour leur vie ? Leur bonheur ? L’égalité ? La Justice...? Kago ne c’était jamais battue pour la justice. Parce que putain, c’était pas son problème si les gens étaient trop faibles et courbaient l’échine, les prédateurs dévorent les proies, c’est comme ça, pas autrement. C’est la chaîne alimentaire, la loi de la nature. C’est normal. Et pourtant, indirectement, c’est pour ça qu’elle était là, non ? Parce que son père n’arrivait pas à subvenir à ses besoins et à ce qu’il restait de sa famille qu’elle était devenue marine. Pour l’argent. Pour que le faible devienne fort. Elle est le prédateur qui protège sa proie.

- Mais bordel, battez-vous ! Hurla-t-elle, debout sur le bureau. Vous voulez rester là, comme des chiens, à creuser la terre pour survivre ? Ils n’ont même pas besoin de vous faire croire que vous avez des droits, vous avez oublié tout ça pour ramper comme des esclaves ! Vous trouvez ça normal qu’il ait le droit de vie ou de mort sur vous, sur votre famille, juste parce qu’ils sont riches ? Je ferais une super chef chez les révo… se dit-il en souriant mentalement devant les moue touchées et déterminés de certains.
- Ils ont des armes ! Que peuvent faire des mineurs contre des soldats entrainés ? Cria l’un d’eux, pas vraiment convaincu. Le regard azuré de la jeune femme se braqua sur lui, rageur.
- C’est putains de mauviettes ! A peine capable de tenir une lame ! Ça fait combiens d’années que vous piochez ? Vous pourrez sûrement-

Elle fut coupée dans sa phrase par un son qu’elle connaissait bien. Celui d’une balle sortant d’un canon. Celui d’une arme à feu. Dirigé vers elle. Elle n’eut qu’un seul réflexe, un peu débile, –c’est Kago après tout- se laisser tomber en avant. Sauf que ce ne fut qu’au dernier moment qu’elle se rappela qu’elle était sur un bureau. C’est comme ça qu’elle se trouva ventre à terre sur le sol, les paumes écorchées et la respiration coupée. Bien qu’elle soit légèrement étourdie par le choc brutal, Kago entendit nettement des exclamations de stupéfaction et le bruit d’une cartouche insérée dans un chargeur.

Putain la poisse.

D’un mouvement vif de hanche, elle bascula sur le côté et son regard croisa le canon noir pointé sur elle. Ses yeux le fixaient, un peu surprise mais surtout avec une fascination un peu déplacée et malsaine. Et dire que ce truc qui doit pas faire plus de vingt centimètres et peser même pas un kilo peut tuer quelqu’un en un geste. Juste en une fraction de seconde… Et ce geste meurtrier, celui de la gâchette qui s’actionnait, se mit en route. Et la seule chose que Kago remarqua, ce fut une poche en cristal qui s’élançait à toute vitesse vers l’officier en blanc la menaçant. Le craquement d’une colonne qui se brise et du sang qui l’asperge. Kago sait qu’elle aurait dût prendre la tête de la rébellion et du beau bordel qu’elle venait de mettre en marche. Aux vus des mineurs levant leurs pioches avec vivacité et hargne et les deux autres soldats, apeurés –de façon ironique, c’est le prédateur qui aide les proies à se soulever…- se demandaient sûrement quoi faire dans ce cas là. Kago aurait dût prendre ses responsabilité de l’engrenage dangereux qu’elle avait mis en route. Des gens allaient se battre. Des gens allaient mourir. A cause d’elle. Mais Kago était loin d’être une personne d’honneur. Encore moins quelqu’un de confiance. Alors, elle se leva et courut vers la première échappatoire qu’elle vit, s’enfonçant une nouvelle fois dans les ruelles sombres.

Mais merde, qu’est-ce qu’elle avait fait encore fait ?

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Ino Yamanaka

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Mer 15 Oct - 22:24

note :
 


Mon bateau arrivait à destination de Orfénouvre une des trois villes de Opertale, une île réputée pour ses fabrications de cristaux. Moi où j'étais ? Toujours sur mon bateau à me morfondre comme une gamine qui n'avait pas ce qu'elle voulait, j'étais en pleine détresse voyez-vous. J'étais sur le pont supérieur accroché comme un scotch à la rempart avec ma chaise et je regardais toujours vers le même endroit : la direction de yurikago. Une main se mettait sur mon épaule me ramenant à la triste réalité à laquelle j'étais éperdument confrontée. C'était Helen, ma confidente, ses yeux verts foncés se plongeait dans mon regard qui était vide et horriblement frustré.

- Ino ? Nous sommes arrivés !

- Je n'ai pas envie de descendre Helen, je vous rejoindrais peut'être plus tard...lâchais-je toute penaude.

- Ino... vous n'allez pas être comme ça toute votre vie, souriez ma chère !

- Je n'ai pas envie >W<

Je l'avoue je suis têtue, très têtue ! A vrai dire je savais qu'elle voulait m'aider mais une partie de moi voulait que je reste là à me morfondre du passé, que faire ? Helen me tendit une feuille, d'un soupire je l'a regardais et la lisait à voix haute :

- Spectacle de danse sur Minapuze ce soir dès 19h30, venez nombreux.

De la danse. J'en avais presque oublié le pourquoi j'étais là, tout ça à cause de qui ? Je pense que vous le savez très bien !

- Cela ne vous tente pas Ino ? Vous qui aimez tant la danse, je suis sûre que vous réussirez à l'oublier le jeune homme qui perturbe votre esprit. Vous pourrez même donner des conseils à cette jeune fille qui veut sans doute avoir une carrière aussi unique que la vôtre, qu'en pensez vous ?

La proposition me semblait plutôt correcte, bon allez Ino fait un effort ! Mais rien à faire, j'avais du mal à bouger...

- Peut'être qu'il sera là-bas. Son ton me disait qu'elle faisait allusion à lui.

- D'accords je viens ! bondissais-je de ma chaise comme une furie

J'étais vite descendue, une envie folle de rejoindre le lieu me hantait mais après mûre réflexion, il était carrément impossible qu'il soit là bas ! Stupide Ino chapitre 2 >W< Helen avait su jouer avec mes sentiments, mais bon je me devais de la remercier car grâce à sa petite farce elle a pu réussir à me bouger. Nous étions descendu du navire et elle me rejoignit en bas, elle prévenu mon oncle de notre petite escapade en ville., et nous voilà partit. La ville était bien sympathique, les personnes nous entourant discutaient de tout et de rien, tout était paisible. Le seul point positif était qu'ici au moins il n'y avait pas de gars qui puait l'alcool, ce n'était pas le bazar. Helen jetait des coups d’œils aux vitrines, elle s'arrêta devant une joaillerie, un bijou attirait mon attention tout particulièrement.

- Il est trop beau ce bracelet en cristal ! m'exclamais-je avec enfin un sourire.

Le bracelet était assez simple en soit, tout en cristal avec des dessins de fleurs dessus, promis au retour de la danse je me l'achetais ! Ma confidente me souriait à son tour, elle était contente de me revoir sourire, mais toutes bonnes ont une fin, nous étions repartis en ville et mon sourire disparu à nouveau. J'en avais presque oublié que le cristal était la principale source de revenu de l'île, tout ces gens vivaient du cristal, ils avaient l'habitude d'en voir et d'en acheter. Pour me consoler, lorsque je devrais quitter l'île j'achèterais tout ce que j'ai envie et voilà ! Et si mon oncle n'est pas content je me plaindrais auprès de ma mère et il se fera gronder ! Mesquine je suis c'est vrai je l'avoue, mais ce n'est pas une raison pour me détester ♥

- Oh mince ! j'avais oublié que je devais partir pour aider l'un des subordonnées de votre oncle à travailler. s'excuse Helen.

- Ce n'est pas grave, je me débrouillerais pour trouver, je rentrerais assez tard ne vous en faîtes pas pour moi Helen.

Je lui adressais un sourire sincère et je la regardais partir, elle m'avais fait une dernière recommandation en me disant de rentrer le plus vite possible lorsque le spectacle serait fini. Bien sûre que j'allais rentrer le plus vite possible, je n'avais pas que sa à faire moi et rien ne me donnait l'envie de traîner dans les rues >W< Seulement petit problème, où se situait Minapuze ? J'étais sur Orfénouvre, je ne savais même pas comment les habitants des îles autour se déplaçaient d'îles en îles. Pourquoi tout devait-être compliqué ? Je m'arrêtais pour demander à une passante, les passantes m'ont toujours bien aidé ! La preuve sur Yurikago ♥

- Bonjour excusez moi, comment fait-on pour allez sur Minapuze s'il vous plaît ? demandais-je poliment.

- Minapuze ? Qu'allez vous faire là bas jeune fille ?

- Voir un spectacle de danse !

La madame semblait un peu surprise de ma demande, étrange.

- Si vous tenez tant à y allez, prenez la rue et allez tout droit, vous arriverez à une gare. Les carrioles sont numérotés, de 6 à 10 se sont celle pour allez à Minapuze.

Je la remerciais et je poursuivais mon chemin, ce n'était pas très compliquée je trouva rapidement. La gare était plus animé que je l'espérais, je me perdais dans tout ces gens. Certaines personnes étaient habillés de façon étrange, je repérais une carriole portant le chiffre 7 qui allait partir. Je me précipita et au moment de monter on me demanda de payer, ils sont culottés en plus les tarifs étaient plutôt chers ! Une fois que j'avais tout payé, je m'assis à côté d'une femme qui ressemblait à une paysanne avec son enfant qui chouinait, moi qui pensait que les gens devaient bien vivre, je me trompais ! Cette femme semblait pauvre et devait avoir du mal à se nourrir et se procurer de l'argent, comme d'autre personnes présentes dans la carriole. Mais quelques individus étaient habillés en costard cravate, ce qui me perturba, il y avait un tel contraste dans une même voiture >W< J'étais bien contente d'avoir de l'argent grâce à mes talents de danseuse..
Quelque chose me disait que cette île ne tournait pas rond, et j'allais sans doute bientôt y découvrir la source.

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Mer 22 Oct - 14:20

IMPORTANT à l'attention de mes camarades de RP et des lecteurs (tout le monde en fait):
 

Minapuze, ville minière d'Opertale, 16h09.

De façon étonnante, la ville de Minapuze n'avait strictement rien à voir avec celle de Cevief. Cette divergence m'avait sauté aux yeux dès que j'avais posé le pied hors de la carriole pour m'enfoncer au sein des quartiers, et se retrouvait dans tous les aspects de l'agglomération.
Tout d'abord, la sublime architecture que j'avais pu admirer dans la ville portuaire était ici remplacée par des bâtiments simplets aux teintes ternes. Les pavés étaient empreints d'une moiteur qui, en s'évaporant, alourdissait désagréablement l'air. Ensuite, contrairement à ce que j'avais pu observer auparavant, les rares individus qui se promenaient dans les rues affichaient des visages sombres. Loin des éclats cristallins des tissus de Cevief, ils avaient pour seuls habits de vieilles salopettes délavées. Je commençai à remettre sérieusement en question la sincérité de mon ''employeur''. S'il distribuait vraiment de façon équitable les revenus qu'il tirait de l'exportation du cristal, de telles inégalités ne devaient pas perdurer. Discrètement, je surveillai du coin de l’œil le garde qui avait décidé de me suivre partout où j'allais. Il semblait finalement que je n'avais pas choisi le bon camp, mais il était encore trop tôt pour retourner ma veste.

Tout au long de l'heure pendant laquelle nous avions voyagé, le bonhomme m'avait fait part de quelques confidences intéressantes. D'après lui, je n'étais pas le premier à être envoyé sur le terrain en quête d'informations. Le maire était apparemment un homme d'affaires plus qu'un homme d'actions, aussi préférait-il laisser ses sous-fifres s'occuper des tâches concrètes. Il m'avait également révélé l'existence de tenues spéciales destinées à se protéger des balles du fameux Pistol-c400, et qui se trouvaient dissimulées dans une pièce secrète de la mairie. S'il n'avait pas évoqué le principe de leur fonctionnement, j'avais ma propre idée sur la question. Toujours était-il que j'avais précieusement gardé ces informations dans un recoin de mon esprit.
Alors que nous marchions sur un trottoir humide, en direction d'une intersection débouchant sur une rue plus large, le garde rompit le silence.

- Comme prévu, je vous serai gré de me remettre votre sabre, monsieur la nouvelle recrue.

Je stoppai mes pas, et me tournai vers mon interlocuteur avec hébétement.

- Comme prévu ? répétai-je. À aucun moment vous ne m'avez prévenu que je serais privé de mon sabre !
- Il s'agit d'une mesure prévue par mon chef, monsieur la nouvelle recrue, reprit-il sans broncher. Il désire que vous abattiez votre cible à l'aide de l'arme à feu qu'il vous a prêtée.

Je fus tenté de protester en soutenant que cela représentait un gâchis de munitions et que j'étais bien plus à l'aise avec mon katana, mais je m'abstins. Ce que je comprenais derrière ces paroles était le message suivant : il était primordial que j'use du revolver afin que chacun sache qui avait fait taire la rebelle, et se rende compte de sa témérité. En effet, seul le maire de Cevief possédait ce modèle d'armes. Ainsi, il pouvait utiliser cette mort comme un exemple pour se faire craindre de la population, et étouffer dans le même temps la révolution qui se tramait.
Et bien évidemment, ce n'était pas son homme de main qui allait avouer cette manigance.
Je lui tendis donc Murciélago, préférant rester à l'écart des problèmes pour le moment. Lorsqu'il fit glisser son étui sous sa ceinture, un léger tintement attira mon attention. J'observai alors sa hanche, au niveau de laquelle son vêtement présentait une imperceptible protubérance. Y cachait-il un pistolet ...?

Du bout de la rue provenait une agitation inhabituelle. Je n'aimais pas particulièrement me mêler à la foule, mais je devais prendre sur moi si je voulais au moins faire semblant d'accomplir ma mission. C'est pourquoi je décidai de m'y diriger, espérant surprendre quelques conversations.
Je fus rapidement fixé sur ce qui causait ce vacarme. Les coups de feu et les cris de douleur ne laissaient aucun doute quant à ce qui se passait. Je m'approchai prudemment, m'adossant contre le mur d'une maison en faisant attention à ne pas me faire voir. À l'écart de l'allée, une dizaine de mètres plus loin, une bataille faisait rage. L'arène s'amorçait autour d'un trou béant dans le sol, qui était vraisemblablement une mine étant donné le dispositif permettant de s'y enfoncer ; et autour d'une estrade où trônait un bureau. Les combattants étaient divisés en deux groupes : les prolétaires de la ville dont le désespoir était transparent contre de dignes officiers en tenue blanche.

- Ces hommes s'occupent de récupérer et d'envoyer à Orfénouze les fruits du travail des mineurs... expliqua le garde. Alors, les ouvriers ont bel et bien commencé à se rebeller !

Je ne fis aucun commentaire, préférant observer plus attentivement les circonstances. Je ne savais pas ce qui avait provoqué ce dérapage, mais j'avais l'impression que l'on pouvait y trouver quantités de raisons. Une silhouette, dissimulée au-delà du champ de bataille, attira alors mon attention. Il me semblait que quelqu'un d'autre épiait la querelle de l'autre côté de la route.

- Au nom de Cevief, nous ne pouvons pas laisser cette révolte persister ! s'exclama soudain le garde en dégainant maladroitement Murciélago. Je m'en vais prêter main-forte aux officiers !

Je posai ma main sur son épaule, et le regardai en secouant la tête. Je ne tenais pas à ce qu'il se tue en essayant de manier une arme dont il n'avait visiblement pas l'habitude. Si cela arrivait je risquais même d'en être tenu pour responsable, car l'excuse ''il s'est tué tout seul en se lacérant lui-même avec le sabre'' n'avait que peu de chances de fonctionner, quand bien même il s'agirait de la pure vérité...
À la place je lui fis signe de me suivre alors que je contournais l'arène du combat, pour me rapprocher de la silhouette que j'avais aperçue. Une fois parvenu à une distance convenable de celle-ci, je choisis un emplacement à l'abri des regards : entre deux locaux à poubelles. L'odeur n'y était pas très agréable, d'autant que l'hygiène des lieux ne semblait pas y être prioritaire, mais j'en fis abstraction pour me concentrer sur la personne qui espionnait la scène. Me penchant légèrement pour la faire apparaître dans mon champ de vision, je m'immobilisai subitement.
Ces traits féminins... et ces cheveux bleus... tout comme sur la photo, son visage était de profil. Et je n'avais pas besoin de vérifier le portrait de ma cible pour être certain qu'elle se trouvait en face de moi.

- Kago Daiyuu... murmurai-je pour moi-même.

Je saisis le revolver à ma ceinture et ouvrit le chargeur. Quatre balles magistrales y étaient placées. Je refermai sans bruit le compartiment, et pointai le canon du pistolet vers la tête de ma cible. Et j'attendis. Je sentais quelque chose tambouriner dans ma poitrine. Mon cœur s'affolait. Lui qui restait usuellement si calme et silencieux, il n'était pas indifférent à la pression de la situation. Après tout, je n'étais pas vraiment sûr que ce que je m'apprêtais à faire était juste... Il était évident que le maire de Cevief n'avait pas été totalement sincère. De plus, ce que j'avais pu voir laissait envisager qu'il exploitait le faible peuple. Et si tel était le cas, ma conscience ne pouvait souffrir de m'impliquer dans une conspiration aussi fallacieuse. Plutôt que d'abattre la dénommée Kago, il me faudrait alors m'allier à elle.
Seulement, le garde qui me surveillait attentivement était en possession de mon katana, en plus du revolver qu'il cachait probablement sous son habit. Si je voulais avoir une chance de venir en aide aux citoyens, mieux valait d'ailleurs que je continue à jouer le jeu afin de récupérer d'autres informations. Je plissai les yeux pour m'assurer de bien viser le crâne de ma cible. Mon pouce ôta la sécurité. Mes doigts n'étaient pas habitués à ce genre d'arme, mais leur prise était néanmoins ferme. Il ne me restait plus qu'à presser la gâchette...

À ce moment, une voix vint perturber l'atmosphère oppressante. Le son de quelqu'un qui gambadait résonna dans la ruelle. Cette personne, qui fredonnait d'une voix fine, arrivait du côté opposé. Le garde se colla à la poubelle et posta sa main près de sa hanche, là où je le soupçonnais de garder son arme à feu.

- Occupez-vous de la rebelle, monsieur la nouvelle recrue, dit-il sur un ton plus proche de l'ordre que du conseil. Sitôt que cet autre individu qui vient par ici nous aura découvert, je le réduirai au silence...

J'avalai ma salive. D'après sa voix, la personne qui arrivait devait être une fille plutôt jeune, qui passait là par hasard. Elle n'avait rien demandé, et juste parce qu'il se tramait une histoire de pouvoir, sa vie allait être écourtée. Le son irrégulier des pas se rapprochait de plus en plus, tout comme la chansonnette joyeuse se faisait plus forte. Et moi, j'étais toujours dans l'indécision.
Bon sang, qu'est-ce que cette Kago faisait là, immobile, à espionner le combat qui se déroulait quelques mètres plus loin ? Sa mine renfrognée paraissait transmettre de la culpabilité, qu'avait-il donc bien pu se passer ? La culpabilité... comment allais-je me sentir si j'obéissais aveuglement aux ordres qui m'avaient été donnés par un individu malhonnête, sacrifiant au passage une rebelle se battant pour une bonne cause ainsi qu'une innocente ...? La culpabilité... non, il était hors de question de vivre avec un tel poids sur le dos.
J'aspirais à la liberté quand je suis devenu pirate, et j'avais toutes les armes pour la préserver.

Tout se passa alors en une poignée de secondes.

Mon revolver changea de main, et visa la nuque du garde. Le coup de feu le sécha immédiatement. Son corps qui chuta en avant n'était déjà plus empli du souffle de la vie. Simultanément, la jeune fille qui gambadait apparut dans mon champ de vision. Elle était blonde. La détonation avait aussi fait réagir Kago, qui avait tourné la tête. Je m'élançai hors du local en saisissant l'inconnue par la taille. En deux bonds nous nous retrouvâmes dans une ruelle sombre. Alors qu'elle se débattait, je la lâchai et m'affalai contre le mur. Mon cœur battait à tout rompre. Et un détail que j'avais entraperçu me rendait sourd aux exclamations outrées de la jeune fille.
Quand Kago avait tourné la tête en réaction au coup de feu, j'avais alors pu voir son visage de face. Autant sur la photo que lors de ma filature, je n'avais aperçu que son profil gauche. Je n'avais donc pas pu deviner que sur sa joue droite se trouvait quelque chose de spécial. Une mâchoire en os. Une structure osseuse comme celles qu'arborait chacun des membres de mon peuple. Haletant, je dus cligner des yeux plusieurs fois pour me remettre de ce choc. Cette rebelle... était-elle un Arrancar ...?
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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Dim 2 Nov - 21:47

Kago avait courut un certain temps, circulant avec frénésie à travers les rues à peine éclairées de Minapuze. Elle avait mal. Son mollet, ouvert sur une dizaine de centimètres saignait plutôt bien, les sillons écarlates s’écoulant sur sa cheville et jusqu’à son talon. Une nouvelle blessure. Blessure de guerre. Mal de chien. Pas une hémorragie importante pour autant. En tout cas, elle pouvait bouger librement et la douleur était constante. Si elle se souvenait bien de ce que son frère lui avait dit, pas de tendon sectionnés,  –sinon, elle n’aurait même pas pu tenir debout- ni d’os brisé, –là, elle serait par terre entrain de hurler- ni de muscle atrophié. C’est déjà ça.

Elle releva la tête avec une grimace, détournant son regard des tâches d’hémoglobine qu’elle laissait sur son passage alors que la fin du couloir de pierre se faisait voir. Espoir d’arriver au port, de sauter dans le premier bateau venu et de vendre sa putain d’âme pour rentrer le plus rapidement possible. Bordel, elle le savait. Kago gronda et s’appuya au mur le plus proche, jetant un coup d’œil critique à son mollet écorché. C’était une putain de mauvaise idée ! Pourquoi est-ce qu’elle avait toujours autant la poisse, hein ? Et cerise sur le couscous, c’était pas les ports qu’elle voyait. Mais la place où, juste quelques minutes plus tôt elle avait foutu le bordel. Super. Magnifique. Je devrais demander une corde pendant que j’y suis. Ou non. Ces mecs tireront sûrement à vue. Tient, première bonne idée depuis un long moment. Son regard azuré dériva quelques secondes sur les mineurs. Les armes qui dansent, le sang, les combattants qui tentent de sauver leurs vies, les cris, les adversaires qui tentent d’en tuer le plus possible, les larmes, les corps qui tombent, l’abandon et la bataille, l’odeur de la mort. Funeste et sombre mélodie qui s’abattait en un présage sanglant sur plus d’une vie. Un schéma qui n’était pas inconnu à la jeune marine.

Sa mine se renfrogna, abandonnant ce sourire carnassier. Culpabilité. Quelque chose qu’elle c’était promis de ne pas –ne plus- ressentir. Doucement, sans vraiment être maitresse de son geste, ses doigts vinrent caresser le bras métallique qui trônait sur son épaule droite. Souvenir pas si lointain d’une bataille semblable à celle-ci. Cette bataille dont elle avait été témoin –victime- et celle-ci, comme un miroir, dont elle avait été la cause. L’élément déclencheur. Le grain de sable qui vient foutre sa merde dans un rouage qui semblait si parfait. Si exemplaire –si juste, réellement ?- si… droit. Après tout, elle s’en foutait si des gens mourraient, non ? Ce n’était pas son problème. On né, on vit, on meurt. C’est tout. C’est comme ça. C’est la vie. Le destin. Nous sommes destinés à mourir, dès notre plus jeune âge, dès notre naissance. Négative ? Non, pas le moins du monde. Réaliste.

Tiraillée. Perdue. Seule. Elle ne savait pas quoi faire. Suivre ses principes et se tailler pour sauver sa peau ou venir apposer le poids de sa force dans l’équilibre précaire et vacillant de cette bataille ? Fuir ou se battre ? La réponse aurait été plus facile si elle avait un but à suivre. Sauf que Kago ne savait pas quoi faire de ses dix –cinq- doigts. Tenter de se faire la malle en pensant que tous les ports de l’île devaient maintenant être fermés et que les officiers parcourraient vraisemblablement toutes les rues de cette putain de ville ou tenter sa chance dans la bataille en espérant ne pas perdre un membre une nouvelle fois ?

Kago ne voulais pas mourir, –mais ce n’est pas pour autant qu’elle voulait forcément vivre- Kago n’avait aucun but dans la vie –mais peut-être en trouvera-t-elle un, et si sa vie était faite pour qu’elle cherche une destinée ?- et Kago, quoi qu’on puisse dire, était une putain de peureuse égoïste et immature. Et c’est pour ça que, en une parodie héroïque, elle avança d’un pas, pas vraiment rassurée, vers le champ de bataille.

Détonation.

Le coup de feu la fit sursauter violement alors que tous ses sens brusquement à l’affût la prévinrent d’un potentiel danger –mortel, au passage- se présentait derrière elle. Le bruit résonna contre les parois de son crâne pendant une longue seconde alors qu’elle faisait volte-face. La scène paraissait malheureusement bien trop réelle. Un corps qui s’écroule, –encore un cadavre, devait-elle l’ajouter à la très longue liste des personnes mortes à cause d’elle ?- le canon encore fumant d’une arme à feu, une fille blonde loin d’être dénué de charmes, à ce qu’elle avait pu entrapercevoir et des pupilles émeraudes braquées sur elle. Un regard bien étrange. Peut-être aussi surpris qu’elle, mais sûrement tout autant apeuré. Non. Pas apeuré. Incompréhensible. Comme si le geste qu’il venait de faire –abattre l’un des soldats de cette ville- avait été aussi impulsif que très longtemps prémédité. Une vraie énigme en somme. Le regard d’un prédateur, expérimenté, calculateur, mais pourtant choqué par son acte. Des pupilles qui, bien étrangement lui était familières et firent naitre en elle une sensation nostalgique. Un pur cocktail explosif d’émotions contradictoires et pourtant bien amusant après coup. Elle ne croisa ses yeux qu’une fraction de seconde, retenant seulement cette couleur verte bien troublante ainsi que les indignations mécontentes de la jeune femme.

Et l’instant d’après, elle était seule dans la ruelle avec un cadavre inexpliqué sur les bras. De mieux en mieux. Je crois que toute la poisse du monde est sur moi. Je dois être un aimant, c’est pas possible autrement. Néanmoins, elle ne put retenir un frisson désagréable à la retombée soudaine de l’adrénaline, une migraine s’insinuant diaboliquement contre ses tempes. Ok. Parfait. Dès que je trouve un flingue, je me colle une bastos dans le crâne.

Alors qu’elle se mit en marche, bien déterminée à quitter cette foutue ruelle de merde qui empestait comme pas possible, avec cet air stagnant et lourd qui faisait remonter les effluves écœurantes, son pied rencontra un objet inconnu. Le-dis objet roula en cliquetant une seconde avant de s’immobiliser à quelques pas d’elle. Un katana. D’une étrange couleur mais avec un manche plutôt agréable à la vue, d’une forme assez inhabituelle. Quand Kago réduit la distance qui les séparait et se pencha pour saisir le fourreau, se disant qu’un sabre aussi beau et sûrement aussi coûteux serait gâché s’il restait là, dans cette rue puante. Mais à peine ses doigts touchèrent le fourreau qu’elle s’immobilisa. Il y avait quelque chose d’étrange. De différent. Une minuscule décharge électrique, à peine perceptible parcourut son bras gauche, de la pointe de ses doigts pour venir courir contre son épaule et finalement se loger dans sa poitrine. Elle écarquilla les yeux, haleta un instant et dégagea sa main pour mieux s’accroupir devant l’arme. Ses yeux bleus, à l’affut, parcoururent un instant le sabre, cherchant une quelconque source de ce problème ou même un piège mais elle ne trouva rien. Que dalle. L’énergie que semblait dégager le fourreau, l’aura, était… menaçant mais reconnaissante. Comme un remerciement arraché de force. Étrangement rassurante. Comme un vieil ami retrouvé de longue date. Putain, faut que j’arrête avec ces trucs là…

- Elle est là-bas ! Merde.

Sans vraiment réfléchir, elle attrapa à pleine main le fourreau et le passa à sa ceinture, jusque aux côtés de son propre sabre tout en bondissant en avant, se ruant sur les pavés glissant et courant à nouveau vers la sortie la plus proche. La plaie sur son mollet droit semblait avoir arrêtée de saigner, coagulant en une croute rougeâtre sur sa peau, tirant à chacun de ses mouvements. Bon, elle devait avouer qu’elle avait été chanceuse sur ce coup, la lame aurait pu lui sectionner bien plus que quelques veines et , elle aurait été dans la merde. En tout cas, elle traversa la ruelle sombre, boitillant tout de même pour soulager son muscle endoloris et fourmillant. La jeune marine prit juste la peine d’attacher ses cheveux poisseux en un chignon désordonné sur sa nuque, préconisant que ses futurs déplacements en cas de baston seraient plus libre ainsi. Le nouveau katana à sa hanche se frottait et s’entrechoquait contre le sien, procurant contre sa hanche des vibrations ainsi qu’une étrange chaleur réconfortante. Deux armes. Déjà qu’elle n’était pas douée avec une, alors avec deux… Mieux vaut trop que pas assez, hein ?

La course bruyante des officiers derrière elle s’ajouta une nouvelle fois à sa liste de préoccupation. Ils étaient plus nombreux, plus rapide et bien plus armé qu’elle.  En gros, si elle bougeait pas son cul d’ici fissa, elle allait finir par passer l’arme à gauche. Ahah, c’est drôle parce qu’elle est gauchère et- enfin, elle pût sortir de ce corridor puant de brique sales pour se trouver sur ce qui semblait être l’une des places principales du lieu. Bien, enfin quelque chose de positif.

- La fugitive à la tête de la révolte à été identifié comme étant Kago Daiyuu, elle est une cible dangereuse à abattre le plus vite possible. Eh merde. Déjà ?

Elle ne regarda pas l’officier donnant les ordres, baissant la tête pour se faire le plus discrète possible –avec des cheveux comme les siens, c’est raté d’avance- et se faufila à travers la foule, les mains le long du corps et ses yeux inspectant le sol, fasciner par les pierres sur lesquelles elle marchait. A peine une putain de demi-journée qu’elle était là, et elle était déjà fichée comme une criminelle. Bordel, un record ! Elle grommela une flopée de jurons et releva la tête, bien décidée à aller se pendre maintenant. Un marin. Pas juste là, devant elle, mais circulant à une quinzaine de mètres avec une troupe plutôt bien fournie en compagnie des officiers habillé de blanc. Oh putain de bordel de merde. La marine. Ici. Normalement, ça n’aurait pas dû poser problème, elle aurait été se présenter dans le premier bateau marin venue et ils l’auraient ramené à la base. Tout se serait très bien passé. Oui mais non. Ça aurait trop facile. Parce que, bien entendu, il y avait un « mais ». Un fucking énorme « mais ». Maintenant elle était, sur cette île, une criminelle recherchée. Peut-être pas encore dans la marine puisque le gouvernement sur Minapuze et son archipel semblait quelque peu dépendant de la marine, mais en tout cas, elle avait commis un crime. Et ça, qu’importe l’humour de ses supérieurs, elle était certaine qu’ils n’apprécieraient pas. Elle devait les appeler, leurs dire que c’était un malentendu, qu’ils c’étaient trompé de personne et- mais depuis quand dépendait-elle de quoique ce soit ?

Dilemme. Devait-elle se soumettre et ramper pour montrer ses excuses en espérant qu’ils fassent passer ça avec le moins de dommage possible –et donc fuir- ou alors prendre la tête de cette révolte et conduire un peuple à la liberté dont elle jouissait égoïstement ? Habituellement, elle aurait fuit. Mais à cette simple pensée, une chaleur grondante la contredit, se propageant dans sa poitrine. Immédiatement, son esprit de contradiction se mis en marche et elle voulu dégainer les deux sabres en ça possession et sauter impulsivement sur les officiers plus loin. Mais Kago était bien étrange. Parce qu’elle savait ce qu’elle devait faire. Alors, elle se remit en marche.

D’abord, changer d’apparence le plus possible. Pas moyen d’acheter ou de voler quoique ce soit, chaque coin de rues était surveillé et elle n’avait pas une thune. Aussi, il fallait faire vite. Donc elle s’y prit comme elle put, éparpillant en une touffe bleutée les cheveux sur son crâne, toujours attachés en une coupe plus masculine. Ensuite, elle défit son obi noir pour l’enrouler autour de sa poitrine et pouvoir fermé correctement sa veste. Le bandage qui servait autrefois à cet effet ornait maintenant son œil gauche. Elle retourna sa veste –seulement littéralement ?- se couvrant de noir et déchira le bas de son hakama, le laissant en un short blanc souple. Bon, pas un changement très marquant mais au moins, c’était mieux que rien. L’autre problème était sa blessure toute récente à la jambe. Tous ceux la cherchant devaient avoir été informés de son handicap et une marque sanglante qui prenait la moitié de son mollet, maculé d’hémoglobine. Merde. Qu’est-ce qu’elle pouvait faire pour ça ? Même pas de maquillage pour la rendre moins visible et un bandage autour aurait été tout aussi voyant, comme un énorme panneau montrant qu’elle c’était blessée. Et puis, maintenant qu’elle avait déchiré son pantalon juste au-dessous du genou, pas moyen de cacher ça correctement. Bon, elle trouvera autre chose plus tard. En dernier, elle fit deux bandes de tissu avec les lambeaux de son vêtement et attacha en croix les deux sabres dans son dos. Aussi, elle leva le col de sa veste jusqu’au nez, cachant sa mâchoire et donc la proéminence osseuse dessus.

- J’espère que être un travelo est pas puni dans cette ville… souffla-t-elle, désespérée. Bon, au moins, elle devait être heureuse de sa voix grave et de ses manières très peu délicates, le rôle n’en serait que plus réussit. Mouais. Il faut se satisfaire du nécessaire, n’est-ce pas ?

Quand elle sortit de la foule, les mains tremblantes et contrôlant son souffle pour ne pas faire une crise de nerf –putain, elle déteste les foules- Kago fouilla ses poches et y trouva quelques piécettes, un briquet et une balle de cristal. Elle s’y attendait. Sa kleptomanie revenait toujours quand il le fallait pas. Et puis- Attendez, UNE BALLE ?

Apeurée, la jeune marine travestie releva son visage et parcourut la foule pour savoir à qui elle aurait pu voler ça. Mais bien vite, sa raison reprit le dessus et elle fourra les objets dans ses poches, remettant sa tête droite et continuant son chemin comme s’il ne c’était rien passé, ses pensées fusant dans son crâne. Ok. Ok. J’ai une balle. J’en ai jamais vue de ma vie. Je sais pas comment ont en utilise. Bordel j’ai pas envie d’en utiliser. Ça fait trop de bruit cette merde. Surtout qu’elle semblait être loin d’être normale. Bon. Faut pas y penser. J’irais m’en débarrasser le plus rapidement possible, à l’écart des regards indiscrets.

Aussi, elle repensait aux évènements récents. L’homme, celui aux yeux verts et la jeune blonde qui semblaient responsables du meurtre de l’officier. Kago aurait dût les remercier d’avoir butté un ennemi, mais encore une fois, elle était certaine que ça lui retomberait sur le dos. Et si… Et si les deux jeunes inconnus avaient tués ce mec parce qu’il avait vu quelque chose qu’il n’aurait pas dût voir ? Non, ça semblait peu probable, la jeune femme avait parut tout autant de mauvaise humeur… Outrée, en réalité. Mais ce regard vert un peu surpris… Oh. Elle avait comprit. Et soudain, son envie de jouer au héro lui traversa la mémoire et elle s’engouffra une nouvelle fois dans les ruelles, à la cherche d’un homme.

Sa recherche fût longue et épuisante. Surtout avec son membre blessé et la chaleur de la belle journée qui s’estompait peu à peu alors que le soleil entamait son dernier quart. Pas plus de deux heures avant la nuit, elle devait faire vite, si ce n’était pas déjà trop tard. En tout cas, elle l’espérait fort. Bordel, mais pourquoi elle fait ça ? C’est pas son problème ! Oui, que quelqu’un se fasse tuer à causer d’elle, ok, elle pouvait l’encaisser, mais avoir été témoin de… ça. Non. Elle ne voulait pas avoir ça sur la conscience.

Et c’est là qu’elle les vit. L’homme était grand, plutôt longiligne, des cheveux sombre cascadant ses des épaules et un visage aussi pâle que la lune –elle devrait se reconvertir dans la poésie- mais ce fût les pupilles qu’elle reconnue. Vertes. Profonde. Intrigantes. Un homme qu’elle aurait avoué être attirant s’il ne s’apprêtait pas à faire ça. Son esprit se mis en marche rapidement et elle bondit en avant, enroulant sa main autour du manche de son propre sabre et passa devant la belle blonde planteuse, tout aussi délicieuse –quoi, Kago aimait autant les hommes que les femmes, et alors ?- pour dégainer son sabre, le tendant vers l’inconnu. Elle voyait la lame tremblante pointer vers la gorge de l’homme. Faut pas oublier qu’elle avait courut partout toute la journée et qu’elle avait perdu une quantité considérable d’hémoglobine. Et meeeerde elle avait même oublié de manger avec tout ça ! Mais son regard croisa le masque de l’homme, blanc comme l’os et de cette matière qu’elle connaissait si bien. Elle se força à ne pas hurler et lui sauter dessus comme une sauvage –MAIS MERDE, pourquoi est-ce qu’il avait ça, lui aussi, hein ? C’est quoi ce machin, pourquoi je l’ai, à quoi ça sert, et bordel, qu’est-ce qu’on a en commun pour avoir un masque similaire, hein ?- Masque. Ce mot avait surgis dans son esprit sans savoir pour quoi. C’est vrai, son… truc ressemblait juste à une prothèse inutile sur sa mâchoire et le sien à un casque. Mais bizarrement, l’idée de l’appeler autrement était révulsant. Bref. Elle avait autre chose à faire.

- Bouge pas de là s’pèce de détraqué ! Si tu pense à t’enfuir, je te jure que je gueule et j’ameute tous les marines de cette putain d’île ! T’inquiète ma belle, je vais protéger ta virginité. Clin d’œil vers la blonde qui la regardait bizarrement. Eh ouais, j’ai deviné que tu voulais la violer alors tu recule et tu bouge plus ! Oui, elle adorait être contradictoire.

Mais bizarrement, alors que la réplique qu’elle avait préparée depuis qu’elle avait découvert son plan lui semblait si classe, maintenant, devant le regard surpris du jeune homme et le sourire de la blonde qui cachait à peine un fou rire, elle se demanda si, encore une fois, elle avait pas fait une connerie.

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Ino Yamanaka

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Ven 16 Jan - 20:35

Toujours dans ma charrette j'attendais patiemment d'arriver à bon port, je n'aimais pas cette ambiance pesante et lourde qui régnait. Comme si un froid s'était mit entre les différents classes sociales, peut-être étais-je folle ?? Non. Cela me semblait réel et à vue d’œil les hommes bien vêtues, regardait de travers les plus pauvres avec un air hautain et supérieur. Je ne vois pas pourquoi ils devraient se sentir supérieur à eux mise à part qu'ils n'avaient pas les mêmes revenues, ce n'était pas une raison. Je bouillonnais intérieurement, mais je devais rester calme et sereine. J'avais promis de bien me tenir et de rentrer à l'heure cette-fois, ce n'était pas le moment de chercher des histoires, surtout qu'ils avaient l'air pas commodes les hommes en costard...Lorsque l'enfant chouinait de plus en plus, l'un des fortunés se leva et pointa son arme sur l'enfant :

- Faites le taire où je l’abats. déclara t-il sèchement.

- Non s'il vous plait...il va s'arrêter...hein mon fils tu vas t'arrêter...?

J'en revenais pas ! Cette homme pointait littéralement une arme sur ce nourrisson juste parce qu'il pleurait un peu ?! Mais c'était cruelle et sans aucun sens ! ( Tiens ça me faisait penser à quelqu'un hihi ) Ces hommes costumés, se croyait tout permit. Tout le monde avait le regard baissé et une affreuse tension envahissait l'atmosphère, seule moi regardait la scène avec attention. Heureusement pour le jeune garçon il s'était endormit et donc il ne pleurait plus. Ouf ! J'avais eu si peur pour lui et sa maman, avec leurs cigares ils enfumaient toute la charrette, c'était irrespirable ! J'ai faillit me lever et leurs dires leurs quatre vérités, oui j'aurai eu le cran après tout il y a pas si longtemps j'avais vécu pire qu'eux ! Mais la charrette était arrivé à destination. Tous le monde descendit, une fois pied à terre je vis que Minapuze était extrêmement délabré par rapport à Orfénouze...Les plus pauvres devaient habiter ici, c'était si sale et mal aménagé. J'avais de la peine pour tout les habitants, le maire ne pouvait-il pas faire quelque chose pour ces pauvres personnes ? Je me frottais les bras et je partis en direction de là où je devais me rendre de base, comment un spectacle de danse pouvait avoir lieu ici ? C'était limite insultant pour ce sport si magique et somptueux. Tous le monde avait sa chance certes, mais les plus bas de la classe sociale n'avait pas l'air d'avoir de nombreuses choses à faire. D'autant plus qu'ils n'avaient pas leur mot à dire. Je marchais tranquillement, allant de ruelle en ruelle, toutes aussi délabrés les unes que les autres. Mes pauvres chaussures, la jungle de Yurikago les avaient considérablement sali, Helen avait mit plus d'une heure à les nettoyer ! Et voilà que le sol d'ici n'était guère mieux, si seulement je pouvais retourner sur Yurikago. Non arrête ça Ino STOP, j'avais réussi à le faire disparaître de mon esprit pendant quelques temps fallait pas que ça revienne ! Je préférais chantonner une chansonnette, ça me le ferais oublier et le faire sortir de mon paisible esprit...tralala !
D'un seul coup j'entendis comme un gros BOUUUUM, une explosion quoi. Je regardais d'où ça venait, et je couru pour y aller le plus vite possible. Pour me rassurer je recommençais à murmurer, et je finis dans une ruelle sombre. L'endroit me semblait malfamé, tant pis il fallait que je sache. J'entendis quelques secondes plus tard un coup de feu, cette fois il était tout proche de moi. Je m'arrêtais et au même moment quelqu'un me sauta dessus, je rêve où on me kidnappait encore ?! Le pire c'est que ce malotru m'attrapait par la taille, c'était le moment de faire ma victime :

- A L'AIDE AU VIOL !!!

Il tirait une tête surprise, complètement gênée aussi, ce qui était plutôt drôle à voir. Le garçon devait me pendre pour une folle, bon passons à une autre méthode alors :

- LÂCHE MOI ESPÈCE DE PESTIFÉRER, IL Y A QU'UNE SEULE PERSONNE QUI AIT LE DROIT DE ME TOUCHER DE LA SORTE, ET C'EST SUREMENT PAS TOI !!

Je lui gueulais dans les oreilles avec ma puissante voix aigu, hihi bien fait ! Il me relâcha aussitôt, et s'adossa sur le mur essoufflé de sa mini course. Et puis d'abords pourquoi il m'avait prise comme ça ?! Je suis pas un jouet qu'on manipule à sa guise ! Je me redressa aussi et je le vis de face, plutôt pas mal faut le reconnaître, en même temps j'aimais bien les bad guys, je me mis en face de lui prête à le sermonner :

- Hé toi ! Je peux savoir ce qui te prends ?!

- Ne fais pas de bruit, il ne faut pas qu'elle nous remarque. dit-il en épiant derrière moi comme si il cherchait quelqu'un du regard. Mais moi et la discrétion ça faisait mauvais ménage...

- QUI ÇA ?

Il ne me répondit pas et il commença à partir comme si la personne qu'il cherchait n'était pas là, étrange non mais attends...il m'a ignoré ! Moi la grande Ino !

- Mais attends tu vas pas partir comme ça ?! Et c'est quoi tout ce raffut ?!

- Des civils. Ils se révoltent contre la tyrannie que le pouvoir leur inflige.

Il me racontait ça, pour autant je n'étais même pas étonnée, cette île était plus que loufoque, une fille de mon grade méritait mieux que ça ! Mais bon ça m'attristait aussi quelque part, quand je repensais à ce pauvre bébé dans la charrette, grandir dans de telles conditions ce n'était pas vivable. Bon point positif ce gars paraissait sympa à première vue bien que peu bavard...ou c'était moi la bavarde, j'allais pouvoir en profiter un peu hihi.

Note :
 

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Mer 21 Jan - 15:20

La jeune fille que j'avais sans gêne emportée dans une ruelle parallèle – celle qui s'était trouvée par un malheureux hasard dans les parages au moment où j'avais abattu le garde – ne pouvait être qualifiée que d'un mot : bruyante. Elle ne cessait de m'asséner de menaces déraisonnées sur mon odieux comportement, auxquelles je ne prêtais pas grande attention au vu de la tension de la situation. Je pouvais comprendre qu'elle soit sur la défensive étant donné la manière prompte et brutale dont je l'avais saisie, mais de là à pousser des cris pareils ! Si je devais m'intéresser aux corps féminins, j'aurais pourtant avoué qu'elle possédait un certain charme, sa longue queue de cheval blonde se balançant au rythme de ses mouvements. Mais elle était décidément si bruyante…
Elle ne sembla pas vouloir me laisser m'en tirer comme ça lorsque je voulus m'éloigner du quartier. Elle me suivit sans une once d'hésitation, attendant de pied ferme des explications. Je lui dis simplement que la ville abritait le commencement d'une guerre civile, instillée par la frustration des travailleurs exploités. Je me gardai de lui mentionner le nom de Kago, elle n'avait pas besoin de plus d'embrouilles.

Nous venions de nous extirper du groupe d'habitations, et nous trouvions donc momentanément hors de danger, quand je me rendis compte que je ne portais plus mon sabre. Il avait dû se décrocher lors de ma course de quelques secondes. Bon sang, il était délicat de retourner à l'endroit où les combats faisaient rage et où la cible que mon employeur m'avait désigné rôdait ; mais je ne pouvais pas laisser mon katana derrière moi. Il était ma force, mon style de combat, et j'étais inoffensif sans lui. Bien que j'avais maintenant en ma possession deux revolvers au cristal – celui qui m'avait été prêté et celui du garde.
Demi-tour droite donc, pour partir à la recherche de Murciélago. La prénommée Ino lâcha quelques râles interrogateurs, mais m'emboîta tout de même le pas, visiblement inquiète par les violences dont j'avais fait mention. Malgré ses allures de criarde, elle était peut-être une jeune fille au cœur fragile, après tout.

Nous revînmes donc dans les rues poissardes que nous venions de quitter. Mais nous n'étions pas encore parvenus à l'endroit où je l'avais plausiblement perdu qu'une silhouette surgit devant nous, sans crier gare. Surpris, je stoppai immédiatement mes pas. La personne laissa s'écouler quelques secondes avant d'agir, ce qui me suffit pour la parcourir rapidement du regard.
À première vue, elle avait l'air mal en point. Ses épaules se soulevaient et se rabaissaient à un rythme frénétique, dû à l'empressement et à une mauvaise condition physique. Cette fatigue était expliquée par la plaie qui déchirait son mollet, et qu'elle avait tant bien que mal tenté d'obturer. Tout le haut de son corps était entouré de vêtements en pagaille, si bien qu'on aurait cru voir un moine égyptien des anciens temps. Même son visage était recouvert de tissu, ne laissant déborder que quelques mèches indistinctes et des pupilles azuréennes. Ces dernières attirèrent particulièrement mon attention, tout d'abord parce qu'elles étaient pratiquement la seule partie du corps visible du personnage, ensuite parce qu'elles renfermaient un tumulte d'émotions. La crainte, la peur, l'indécision, la douleur, et même une infime dose de fatalisme. Tant de sentiments désagréables regroupés dans des yeux dont la beauté était pourtant indéniable. Et bien que je n'étais pas encore véritablement familier avec ce genre de choses, je me sentis alors proche de cette personne, comme si je comprenais son état d'esprit et comme si j'avais le désir de l'apaiser.
Mais elle prit la parole en premier, d'une voix à la fois révoltée et timide :

- Bouge pas de là s’pèce de détraqué ! Si tu penses à t’enfuir, je te jure que je gueule et j’ameute tous les marines de cette putain d’île ! T’inquiète ma belle, je vais protéger ta virginité. Eh ouais, j’ai deviné que tu voulais la violer alors tu recules et tu bouge plus !

Ne sachant vraiment comment réagir face à cette contradiction assez perturbante, je ne reculai qu'un pied et m'immobilisai. À côté de moi, Ino éclata de rire, amusée – à juste titre, je suppose – pas la situation délicate dans laquelle je me trouvais. La justicière en herbe, qui tendait un sabre dangereux vers ma gorge, sembla étonnée de cette réaction de la part de celle qu'elle pensait être victime d'une agression, mais garda son expression de colère.

- Les obsédés comme toi, je les découpe en rondelles comme de vulgaires saucisses ! reprit-elle de plus belle. Alors, t'as quelque chose à dire avant de faire tes adieux ?!
- Euh... eh bien, je... balbutiai-je, véritablement mal à l'aise par le malentendu. Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez, en vérité je ne suis ici que pour....

Dans la précipitation, je m'apprêtai à lui révéler la vraie raison de ma présence, à savoir l'assassinat de Kago Daiyuu. Et alors que mes lèvres formaient ces mots, je m'aperçus qu'une autre arme était accrochée dans son dos. Le manche dépassait derrière elle, et je me rendis alors compte qu'il s'agissait du manche de Murciélago. Mon cerveau effectua alors quelques calculs rapides. Je ne pouvais l'avoir laissé tomber qu'au moment où je m'étais élancé pour me mettre, avec Ino, hors de danger. Et à ce moment, Kago était la seule à se trouver à proximité. Alertée par le bruit de la détonation, je savais qu'elle était probablement venue y jeter un œil. Donc si quelqu'un avait trouvé mon katana, cela ne pouvais être personne d'autre qu'elle. En d'autres termes, la personne qui se dressait furieusement devant moi était Kago, qui avait judicieusement modifié son apparence pour éviter de se faire repérer.

- Je ne suis  ici que pour... euh... il n'était évidemment plus question de lui avouer que j'étais là pour avoir sa tête, ou elle aurait eu tôt fait de couper la mienne. Je lançai donc la première chose qui me passa par l'esprit, et c'est là qu'on comprend que mon esprit était en proie à une panique complète... Je suis ici pour un séjour en amoureux ! Et ce n'était pas un viol, parce qu'en fait elle était parfaitement consentante !

Cette déclaration laissa place à un silence éberlué. Poursuivant ce que je ne considérais déjà plus comme une bonne idée, je me tournai vers Ino, dont les sourcils étaient froncés sur des yeux de merlan frit.

- N'est-ce pas... j'eus beaucoup de mal à prononcer le dernier mot, chérie ...?

Ino me regarda en pivotant légèrement la tête, effarée. Dans ses yeux se mêlaient incompréhension totale et étonnement extrême. Sa surprise était telle qu'elle demeura simplement interdite, oubliant même de hurler. Quant à Kago, je crus l'apercevoir rougir sous l'habit qui masquait ses joues, mais elle resta néanmoins méfiante. Il fallait dire que je n'étais pas particulièrement doué pour mentir, et que, étant moi-même tout aussi stupéfié que les autres, je ne devais pas être très convaincant.

- Vide tes poches, pervers !

Je me mordis la lèvre. J'avais emporté avec moi les deux pistolets et ils n'allaient certainement servir mon alibi. C'est pourquoi, avant de m'exécuter, je préférais anticiper sa réaction. J'inventai donc une nouvelle histoire, tout aussi aberrante que la première, pour justifier ce port d'armes.

- Très bien, mais je dois te prévenir que j'ai en ma possession deux armes à feu, parce que je suis un soldat dans le royaume où moi et... euh... ma fiancée, vivons. Et je ne sors jamais sans les avoir sur moi, c'est une sorte de réflexe militaire.

De façon étonnante, cette excuse avait sonné de manière assez naturelle de ma bouche, excepté le passage où j'avais désigné Ino comme ''ma fiancée''... Il ne me restait donc plus qu'à montrer le contenu de mes poches comme elle l'avait ordonné. Je sortis donc les deux Pistol-c400 que j'avais récupérés et les posai à terre.
Mais, jouant de malchance, la photo sur laquelle figurait le visage de Kago tomba simultanément de ma poche. Cela n'échappa pas à la jeune femme qui le ramassa expressément, baissant son arme durant une petite seconde. À peine posa-t-elle ses yeux sur la photo qu'elle esquissa un mouvement de recul, se positionnant sur ses appuis. Puis elle sembla se rappeler qu'elle s'était construit un déguisement de fortune, et qu'elle était donc difficilement reconnaissable.

- Est-ce que... vous recherchez cette personne ? questionna-t-elle de la façon la plus détachée qu'elle put.

Malgré ses efforts, je décelai de l'appréhension dans sa question. Ses pupilles avaient également pris un éclat plus concentré, et sa posture était plus défensive. Elle n'avait pas l'air d'être bien meilleure menteuse que moi, et peut-être cela me laissait encore une chance de m'en sortir ? Il s'agissait cependant de la pire situation possible, car j'étais complètement désarmé face à une adversaire qui pouvait comprendre à tout moment que j'en voulais à sa vie. Ou du moins, j'en avais voulu à sa vie. Mon objectif avait légèrement changé depuis, mais elle ne pouvait pas le savoir. Il me fallait donc une réplique audacieuse et subtile pour m'extirper de cette mauvaise passe. Mais apparemment, mon esprit se trouvait toujours aussi paniqué...

- Eh bien, ma fiancée et moi voudrions nous marier ! Et des gens de notre île natale nous ont dit que vous étiez... je veux dire, que la personne sur cette photo était une experte dans le domaine du mariage ! Nous sommes donc venus ici pour la rencontrer, mais on nous a peut-être mal renseignés après tout...
- Vous voulez... vous marier ? répéta-t-elle, hésitant encore à croire mes propos.
- Oui... parce que nous nous... aimons... à la folie... je me tournai une fois de plus vers Ino, n'est-ce pas chérie ?

La mâchoire de l'intéressée se décrocha, lui faisant ouvrir la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Elle ne s'était pas encore libérée de sa paralysie – ou peut-être plutôt, de son bug.

- Et... est-ce que ce sabre que j'ai trouvé est à vous aussi ? continua Kago en décrochant Murciélago.

Enfin un brin de chance dans ce champ de catastrophes ! Mon histoire de soldat justifiait parfaitement ma possession d'un katana, j'allais ainsi pouvoir récupérer mon arme. Je m'apprêtai à répondre par l'affirmative, lorsque Ino se réveilla finalement.

- NON !! CERTAINEMENT PAS !!! beugla-t-elle.

Elle respirait à pleins poumons, m'adressant un regard plein de haine. Ce cri venait sûrement en retard en réaction à mon double ''n'est-ce pas chérie ?''. Je ne pouvais pas nier que j'avais été trop loin en répétant cela à deux reprises... Kago l'observa, puis me regarda d'un œil interrogateur. Elle risquait de se rendre compte que tout ce que j'avais dit n'était que pures foutaises, alors j'entrepris de rattraper le coup une fois de plus.

- Haha, ris-je de façon tendue. Elle veut dire que non, ce sabre n'est absolument pas à moi ! Je manie exclusivement les armes à feu, et je serais plus dangereux qu'utile avec une arme blanche en mains !

Je m'étais forcé à prendre un ton enjoué, mais j'avais tellement l'impression qu'il était évident que je déblatérais n'importe quoi que je trouvais ridicule. De plus, j'avais perdu l'occasion de récupérer Murciélago ! Kago, perdue dans cette mascarade, fit une grimace et haussa les épaules. Elle marmonna qu'elle ferait mieux de quitter l'île au plus vite et s'éloigna sans nous adresser de regard supplémentaire. Mais je ne pouvais pas la laisser s'en aller ainsi. Elle avait toujours mon katana en sa possession, et il était clair qu'elle jouait un rôle prépondérant dans les conflits qui secouaient l'île.

- Attendez un instant, l'arrêtai-je. En tant que soldat, je ne peux laisser une jeune femme telle que vous déambuler seule dans les rues périlleuses de Minapuze ! Surtout avec la blessure qui vous taillade la jambe !

Au passage, il était d'ailleurs idéal que j'arrive à lui faire dévoiler sa véritable identité, afin qu'elle ne se doute de rien au cas où je commettrais une bourde.

- Il se trouve que j'ai quelques compétences médicales, je serais certainement en mesure de vous fabriquer une meilleur bandage que celui que vous avez. En revanche, il faudrait pour cela que j'utilise le tissu qui dissimule votre visage. Si vous êtes d'accord, je vous escorterai ensuite jusqu'au port le plus proche.

J'espérais ne pas paraître trop suspect avec cette proposition. Après tout, cela collait à mon personnage de soldat dévoué et aimant, non ? Mais, si les yeux de Kago recelaient une certaine naïveté, ils étaient cependant loin d'être idiots. À vrai dire, ce qu'ils transmettaient avant tout était une imprévisibilité déroutante. Je n'étais donc absolument pas en mesure de deviner sa réaction...
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Kago Daiyuu

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Sam 31 Jan - 13:54

- Il se trouve que j'ai quelques compétences médicales, je serais certainement en mesure de vous fabriquer un meilleur bandage que celui que vous avez. En revanche, il faudrait pour cela que j'utilise le tissu qui dissimule votre visage. Si vous êtes d'accord, je vous escorterai ensuite jusqu'au port le plus proche.

Mouais. Ce mec était… Stressant. Parce que ses paroles et ses mouvements semblaient êtres en total contradiction mais Kago ne saurait dire qui de sa bouche ou de son regard mentait. Généralement, les mots étaient plus facilement falsifiables que les expressions, mais à quoi cela l’aurait rapporté de lui mentir ? Pour l’instant, elle n’en voyait pas de raisons réelles mais ce mec se trimbalait quand même avec une photo d’elle. Soit c’était un stalker, soit, pour une raison quelconque, ce mec voulait sa tête. Enfaite, à choisir entre celui qui se battrait et le fan psychopathe qui la tuerait juste pour un plaisir tordu, elle ne savait pas lequel elle préférait, mais dans les deux cas, elle était dans la merde. Et dans les deux cas, elle ne voulait pas avoir à faire à lui. Parce que, que ça soit son corps filiforme, leurs tenues, plutôt similaires ou juste son expression, il n’inspirait à Kago que du mal être et une dangereuse envie de rébellion. Son instinct lui disait que ce soldat qui avait l’air si gentil et si parfait était bien plus dangereux qu’il n’y paraissait. Déjà, il avait des armes. Deux canons qui paraissaient bien familiers à la jeune femme mais elle n’y accorda pas un regard.

- Mouais… Gronda-t-elle, toujours suspicieuse. C’était évidement que ce mec en savait plus qu’il n’en disait et certaines choses n’étaient pas totalement nettes. Et puis, qui était l’enfoiré qui l’avais prise pour une putain d’agence matrimoniale ? Non parce que la conseiller pour marier des gens était ironique, vu qu’elle n’avait strictement aucune notions d’engagement. M’enfin, elle pourrait mettre ça sur le dos du hasard. Foutu hasard quand même qu’un soldat veille se marier le jour même ou elle est recherchée. Ouais, putain de hasard. Elle la sentait mal cette idée. Mais genre très, très, très mal. Etrangement, même si ce mec était pas mal louche, elle avait l’impression qu’elle devait s’y fier malgré tout. Mais pas lui faire confiance. Jamais. Quelque chose l’oppressait, lui donnait l’impression que son aura même voulait la faire plier. Kago n’avait pas envie de lui faire confiance. Mais que ce soit son instinct, sa confiance ou quoi que ce soit d’autre qui s’amusait à foutre le bordel dans son crâne, elle avait le sentiment qu’elle pouvait lui laisser quelques libertés et qu’il n’en profiterait pas pour lui découper un bras.

Cet homme voulait voir son visage. Ça, c’était certain. Ce n’était pas anodin s’il avait précisé les bandages de son visage… bon, après, c’était peut-être les seuls bandages visibles qu’elle portait mais c’était pas une raison. Même si les personnes aux cheveux et aux yeux bleus ça devait pas courir les rues -nan, c’est vrai, Kago préfère marcher- il ne semblait, pour le moment, ne pas l’avoir reconnu. En tout cas, son intuition lui soufflait qu’elle ne devrait pas encore montrer son identité. Pas alors qu’il y avait trop de mystères et de zones d’ombres qui les entouraient. D’un coup de dents, elle déchira la manche de sa veste et tendis le bout de tissu au jeune homme, accordant un regard suspicieux à sa fiancée qui semblait peu à peu reprendre conscience. Avec un soupir lasse, déjà fatiguée de cette journée, celle qui était recherchée s’assit sur les pavés, présentant sa jambe blessée qui tremblait légèrement. Le sol était froid et légèrement humide sous son fessier, sûrement à cause de l’ombre qui couvrait la ruelle, les hauts bâtiments bloquant les rayons lumineux du soleil. Les passants qui se bousculaient dans l’avenue étaient bruyant, assez pour que des éclats de conversations viennent jusqu'à eux mais oubliées bien rapidement.

L’homme saisit la gaze de fortune avec une minuscule grimace déçue que la marine ne décèle pas son visage et s’accroupie devant elle, s’activant à enrouler de manière précise le bout de vêtement blanc autour de la plaie. Ça ne saignait déjà plus depuis un bout de temps, mais les contours étaient rouges, un peu gonflés et une croute carmine c’était formée sur la blessure qui restait douloureuse. Peut-être une légère infection mais la marine s’occuperait de ça quand elle sera de retour à la base. Du désinfectant, des points de sutures et tout irait pour le mieux. Aussi fallait-il y arriver à la base….

- Et… c’est quoi vos noms ? demanda-t-elle brusquement alors que le silence devenait pesant. Kago détacha son regard suspicieux de la blonde qui ne semblait pas être très à l’aise non plus et fixa le soldat qui leva la tête vers elle au même moment. Que je sache au moins qui m’a soignée. Se justifia-t-elle, tentant de prendre un ton plus tranquille.  Elle était bien consciente qu’elle devait paraître beaucoup trop sur la défensive et honnêtement, déjà que ce mec paraissait louche, mais en plus, il se disait être soldat et soignait quelqu’un comme elle qui cachait une grande partie de son visage et qui semblait clairement en fuite. Peut-être était-ce juste un homme au grand cœur mais elle en doutait fortement.
- Je m’appelle Ulquiorra.
- Je sais.
- Pardon ?

Merde. Maintenant, il devait soupçonner quelque chose de totalement faux. Elle avait fait quoi encore, comme connerie ? Non, elle ne connaissait pas son nom, mais à l’entende de ces syllabes, quelque chose dans son esprit lui avait indiqué que cela ne lui était pas inconnu. Et encore une fois, sa langue avait dérapée. Si ses organes faisaient une course, sa langue arriverait première et son cerveau très loin derrière. Alors elle grogna, baissa la tête et fit mine de marmonner, plus pour la forme qu’autre chose. Il l’avait entendue. Bien sûr qu’il l’avait entendu. Maintenant, s’il ne la suspectait pas encore, ça devait commencer à se frayer un chemin dans son esprit. Ou alors ce mec était vraiment naïf. Mais il n’en avait pas l’air. Enfin si, justement. Il avait niais et naïf à en pleurer et ça ne collait pas avec ce que Kago voyait de lui.

- J’ai dis « aïe ». Sous son regard circoncis, elle bouge son mollet, attirant les pupilles déstabilisantes du jeune homme dessus. Ses yeux verts étaient bien trop stressants pour elle. Le bandage. Tu l’as trop serré, ça fais mal. Le soldat s’arrête un moyen et passe ses doigts sur le tissu, semblant vérifier ses propos alors que Kago se crispe, prête à lui en mettre une.
- Il me paraît correct…
- Ouais bah il me fait mal. Soupir du jeune soldat, il défait le bandage et entreprend de le refaire. Un grand sourire carnassier étire les lèvres de la jeune femme alors qu’elle étire ses bras, soupirant de bonheur en sentant son dos craquer et ses muscles tendus rouler sous sa peau. Chui chiante hein ?
- Un peu…
- PARDON ?
- J’ai dis « il était un peu trop serré ». Elle ne le crois pas et le sourire légèrement amusé qui flotte sur son visage lui prouve qu’elle fais bien mais néanmoins, le même genre de rictus étire ses lèvres pâles.  
- Et vous ? Et le regarde, fronce les sourcils et ne comprend pas. De quoi « et elle ? » et ce qu’il avais vu quelque chose de bizarre ? Est-ce qu’il avait compris ? Est-ce qu- Vous vous appelez comment ?
- Luppi. Encore une fois, elle ne réfléchie pas et balance ce qui lui passe par la tête. Bien, très bien. Continue comme ça et il aura bientôt une raison de te tuer. Ulquiorra hoche la tête, légèrement surpris de la rapidité de sa réponse précipité et baisse les yeux vers ses mains qui s’activaient toujours.

Il termine son travail avec une boucle ajustée, faisant en sorte que le pansement de secours ne glisse pas et ouvre la bouche pour parler mais il se stoppe devant le visage indécis de Kago. Elle fixe ses armes, les deux pistolets qu’il a retirés de ses poches. Ils lui sont terriblement familiers. Parce qu’elle c’était faite tiré dessus avec le même modèle et parce que l’une des balle était sûrement encore dans sa jambe. La jeune femme ne sourit plus et, dans le vacarme silencieux et angoissant de l’absence de bruit, elle écoute les battements fébriles de son cœur et tend la main vers l’arme qu’elle saisit. Pas de doute. Même style. Même couleur. Même forme. Elle ouvre le chargeur et découvre l’éclat brillant des balles si étrange qui sont à l’intérieur. De son autre main, elle sort la balle qu’elle avait elle-même trouvée -volée- un peu plus tôt et les comparent. Un   ‘’clac’’ résonna dans la ruelle quand elle inséra la cartouche vers les autre et referme la réserve de balle.

- Putain mais tu es qui bordel… ? Kago sent la peur se répandre en elle comme de la lave et boost son adrénaline. D’un bond, elle se lève, recule, abandonne les deux katana au sol et se retient à une poubelle pour ne pas tomber, pantelante. Le canon est plutôt lourd contre sa paume et le maintient est différent d’un katana. Ses doigts tremblent alors qu’elle lève l’arme et la pointe sur le couple. - Si tu es pas d’ici tu devrais pas avoir cette merde sur toi ! Et pourquoi j’ai l’impression de te connaître, hein ? Et puis c’est qui elle réellement ? Pourquoi tu as ma photo sur toi ? Elle panique et Kago voit le visage de la blonde se décomposer au fur et à mesure qu’elle parle mais la guerrière n’est pas en état de ce soucier de quoi que ce soit. Son corps tremble, elle panique, sa main bouge, son doigt viens se poser sur la détente. C’est trop brusque. Tout va trop vite. Elle avait l’impression qu’elle c’était endormie et réveillée d’un coma de dix ans d’absence. C’est pas un wagon qu’elle venait de loupé là, c’était la création même du train. Bordel, mais qu’est-ce qu’il se passe ?

- Pourquoi est-ce qu’on a ce…ce… ce masque hein ? Qu’est-ce qui nous lie ? Pourquoi est-ce que tout est si… Kago n’arrive plus à formuler deux pensées distinct. Tout se mélange dans son esprit. La maison, les combats, l’arme à feu, des katana, le visage de son père, des rictus de personnes qu’elle ne connait pas, des masques, des marines et aux loin, elle entend la course affolée d’une troupe de soldats qui vient. Ils l’ont retrouvée. Ou en tout cas, ils n’en sont plus très loin. S’ils ne sont pas encore là, ça ne devrait pas tarder.

Ulquiorra lève ses mains, paumes vers le sol tentant de lui donner raison alors qu’elle tremble encore et encore et qu’elle déblatère des mots sans sens, encore et encore. Son souffle s’accélère, et malgré son affolement, elle voit parfaitement ce qui se passe autour d’elle. Elle entend tout aussi. Les soldats ne sont pas très loin. Eux, et ce qu’ils impliquent. Rester dans la marine. Les protéger. Non. Se protéger. Son propre bonheur avant celui des autres ? Non plus. Pas le bonheur. Elle doit survivre. Pour les autres. Pour elle-même. Pour tout ce qui reste debout grâce à elle et à cause d’elle. Elle arrache le bandage qui cachait son visage, laisse tomber sa cascade de cheveux électriques et désordonnés dans son dos et recule d’un pas. Pourtant son arme ne bouge pas, sa cible reste la même. Droit sur Ulquiorra. Elle devrait le tuer. Il en sait trop. Il sait qui elle est, elle est blessée et elle est chanceuse s’il ne la pas empoisonnée en la soignant. La jeune marine se demande si lui coller une balle dans la poitrine –en admettant qu’elle le touche- réglerait quoi que ce soit. Dès qu’il l’avait vu, il aurait pu la tuer, ou au moins l’immobiliser. Estropiée comme elle était, un coup de genoux et elle ne se relèverai plus. Et puis, il y avait toujours le dilemme de cette blonde qui avait tout aussi perdue qu’elle. Et si lui n’était effectivement qu’un soldat et que c’était elle la responsable ? Ou tout ça n’était qu’un coup de la marine, ou même du gouvernement contre elle. Non, impossible, il ne ferait pas ça pour sa pomme… Si ?

- Attendez, Kag-
- Pourquoi est-ce que tu as l’air de tout comprendre hein ? Pourquoi est-ce que pour toi, tout à l’air si clair alors que je pige rien bordel ? Elle ne sait plus distinguer le vrai du faux. Elle en à trop appris d’un coup. Il y a trop de chose à prendre en compte, trop d’enjeux, trop de conséquences qui risque de tomber. Kago n’est pas comme ça. Elle, c’est une lâche qui ne s’amuse que quand elle est en sécurité ou que la baston peut la rendre plus forte. Là, elle risque de mourir, abattue par un soldat ou emprisonnée par un marine pour trahison. Pourquoi trahison ? Il n’y a pas de trahison… si ? Elle risque sa vie pour… pour quoi enfaite ? Se barrer. Ouais, ça semble être une putain de bonne idée. Si elle arrivait à se tirer d’ici le plus rapidement possible, peut-être qu’elle pourrait expliquer ça correctement  et- et quoi ? Elle continuerait d’être marine, de suivre les ordres, de plonger dans les combats tête baissée, de risquer sa vie pour une justice erronée et de tuer des gens –des pirates- parce qu’ils ne suivent pas les règles. Alors elle destinait sa vie à… ça ?

Les soldats approchent.
Coup d'oeil vers les deux katana au sol, côte à côte.
La blonde se lève, fait demi-tour et commence à courir vers la sortie de la ruelle.  
Les soldats arrivent dans leurs dos.
Le canon est pointé sur Ulquiorra mais derrière, juste à côté se balance la silhouette de la jeune femme.
Kago tremble. Son arme dévie. Reviens. Repars. Indécise.
Elle ne sait pas tenir une arme, ni viser et encore moins tirer.
Les hurlements des soldats retentissent.
Ils les ont retrouvés.
Pas de retour en arrière.

Détonation

"La liberté n'induit pas l'égoïsme et il n'y a pas d'homme plus libre que celui qui agit parce qu'il pense ses actes justes."
- Pierre Bottero

Spoiler:
 

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Dim 13 Nov - 19:29

A tous :
 

Une certaine complicité semblait s'être installée entre Kago et moi. J'étais en train d'arranger le bandage qui entourait sa jambe de la meilleure façon que je pouvais – étant seul et absolument pas habilité à lui administrer des soins plus avancés. Ainsi, la blessure ne provoquerait pas d'hémorragie mortelle, mais il valait tout de même mieux l'amener ensuite dans un établissement spécialité pour la soigner véritablement.
Quand nous avions échangé quelques mots, une atmosphère aussi familière qu'importune s'était instaurée. C'est comme si nous nous connaissions depuis des années, voire plus. Comme si nous savions déjà tout l'un de l'autre alors que nous venions à peine de nous rencontrer. Dans ces conditions, il devenait impossible pour moi de l'assassiner sauvagement pour remplir la mission qui m'avait été confiée. J'avais envie d'apprendre à la connaître vraiment, de savoir ce qui l'amenait ici et comment elle avait perdu son bras droit. Mais cela aussi était impossible. Je m'étais engagé dans des fabulations trop excentriques pour en réchapper. Un soldat, accompagné de sa future épouse, à la recherche de quelqu'un pour le marier ! Je me sentais à présent honteux de lui avoir menti de la sorte.

- Et vous ? Vous vous appelez comment ? demandai-je après m'être moi-même présenté.
- Luppi.

La réponse avait fusé bien trop rapidement. Cette maladresse était peut-être due au stress, ou à l'incongruité de la situation. Elle-même devait se poser des questions sur le casque osseux qui ornait mon crâne, tout comme celui que j'avais aperçu sur sa joue ne cessait de faire naître toutes sortes d'interrogations en moi. Était-elle de mon peuple ? Avait-elle grandi aussi sur Hueco Mundo ? Je ne l'avais jamais vue, mais je n'avais jamais vraiment cherché à me sociabiliser avec les habitants de mon île.
Ce jeu de cache-cache auquel nous jouions me parut soudain ridicule. Il était évident que nous étions tout deux troublés et en quête de réponses, pourquoi continuer à s'enfoncer ainsi dans la dissimulation ? Je m'apprêtai à l'inviter à faire tomber les masques, lorsque les traits de son visage se creusèrent. Elle observa longuement les deux pistolets que j'avais posés à terre. En ramassant un, elle dévoila une munition qui se trouvait dans sa poche et l'inséra facilement dans le chargeur. À chacun de ses mouvements, son expression prenait une teinte de plus en plus voilée et effrayée. Je pouvais presque voir le tumulte qui secouait son être tandis qu'elle comprenait. Tout à coup, son faciès se déforma violemment. Une peau en papier mâché, dont les surfaces grossirent et s'affaissèrent. Au-delà de la peur qui vrillait visiblement ses entrailles, je perçus une instabilité dans son aura.

- Putain mais qui tu es qui, bordel... ? bredouilla-t-elle d'une voix rauque. Elle s'éloigna d'un bond et se tint contre la poubelle, titubant. Je ne prêtai pas même une seconde d'attention à mon sabre qu'elle avait laissé choir. Si tu es pas d’ici, tu devrais pas avoir cette merde sur toi ! Et pourquoi j’ai l’impression de te connaître, hein ? Et puis c’est qui elle, réellement ? Pourquoi tu as ma photo sur toi ?

Autant de failles dans ma piètre tentative de cacher la vérité. Autant de questions qui me bouleversaient autant qu'elle. Dans la terreur absolue qui découlait de cette incompréhension, elle leva le canon de l'arme sur moi. Les mains tremblantes, mal assurées.

- Pourquoi est-ce qu’on a ce... ce... ce masque hein ? Qu’est-ce qui nous lie ? Pourquoi est-ce que tout est si...
- Si soudain, si invraisemblable ? Je comprends parfaitement ce que tu ressens... !

Je ne pouvais pas lui dire cela. L'extrême tension de la situation, le dérapage qui pouvait survenir à tout instant, appelaient à la plus grande prudence. Kago n'était pas en mesure de raisonner. Je le voyais à ses yeux, ses yeux désespérément à la recherche d'une branche à laquelle se raccrocher pour ne pas être emportés par le courant. Je devais faire quelque chose, devenir cette branche pour l'aider à sortir de cette crise et éviter qu'elle n'aille trop loin. Mais je devais trouver les mots parfaits pour cela. Et urgemment. Des bruits de course résonnaient de plus en plus fort dans la ruelle : probablement les soldats de l'armée locale qui en avaient après l'instillatrice de la révolte, celle-là même qui se trouvait en face de moi, menaçant de me ficher une balle dans la tête.

- Je peux tout t'expliquer... assurai-je, le souffle court. Je ressens la même chose que toi, la même incompréhension. Pose cette arme, et tout va bien se passer...

Mais c'était inutile, elle ne m'entendait pas. La folie qui la submergeait était peut-être plus grande encore que ce que j'imaginais. Le son des pas des soldats rebondissaient sur les murs, provenant de partout et nulle part à la fois. Derrière moi, la blonde craqua. Elle prit la décision la plus rationnelle : s'enfuir, retourner là d'où elle venait. Loin de ces dangers publics affublés de protubérances en os.
Kago arracha le tissu qui lui dissimulait le visage. Le masque tomba, l'autre masque apparut. Ses cheveux bleus épars voletaient en tout sens, dans un chaos similaire à celui qui régnait dans son esprit. Elle recula à nouveau d'un pas, comme pour s'éloigner le plus possible la menace que je représentais, et qu'elle s'apprêtait à éliminer. Face à ce visage épouvanté, face à cette âme brisée, je craignis l'irréparable. Je n'étais pas en mesure de contrôler les actes de Kago, ni de les calmer. Son attitude se rapprochait périlleusement du point de non retour. J'envisageai alors le pire. Que faire si elle venait à presser la détente ? Me jeter sur le côté ? La blonde n'avait pas disparu au bout de la rue, et elle se trouvait dans le même axe que moi par rapport à Kago. Je ne pouvais pas risquer qu'elle se fasse toucher à ma place. Lorgnant sur l'autre arme à feu qui reposait toujours au sol, je laissai à contrecœur se formuler en moi la seule possibilité. Tirer avant elle. Tuer avant elle.

- Pourquoi est-ce que tu as l’air de tout comprendre, hein ? Pourquoi est-ce que pour toi, tout a l’air si clair alors que je pige rien bordel ?! cria-t-elle comme un appel de détresse.

La pression montait toujours plus. Le climax était proche. Je ne tentai plus de la raisonner, c'était peine perdue. À présent, seule une question comptait : allait-elle passer à l'acte ou non ?

- Ne fais pas ça, Kago... Je t'en prie, ne fais pas ça... songeai-je, écrasé sous le poids du dilemme.

Malgré mes espérances, malgré mes prières, le trou englobé de ténèbres du canon restait braqué sur moi. Mes dents se serraient jusqu'à forcer sur mes gencives. Le jeune estropiée ne répondait plus de rien. Elle avait peur de moi, peur de ce que mon existence signifiait. C'était un réflexe de survie de m'éradiquer de la surface de cette planète.

- Non, non ! implorai-je intérieurement, tandis que, d'ores et déjà résigné, je saisissais le pistolet. Je suis désolé... !

Je me redressai et me préparai mentalement à faire feu avant d'amorcer le geste. Si possible, je voulais viser sa hanche, ou sa jambe, afin de la mettre seulement hors d'état de nuire. Mais dans la précipitation que la situation imposait, je savais que je ne pouvais pas être si précis. À tout le moins, je devais faire en sorte de ne pas la rater. Les soldats étaient maintenant à portée de vue et hurlaient pour ramener leurs confrères.
La détonation éclata avant que je finisse de me mettre en position. Le canon de l'arme que tenait Kago, sous l'effet du recul, était dirigé vers le haut. Alors, seules mes pensées prirent de vitesse la cartouche qui se précipitait vers ma poitrine. Était-ce donc la fin pour moi ? Ma mort avait-elle profité de ces quelques secondes où ma réaction avait tardé ? Contre toute attente, la balle ricocha sur le pistolet que je venais de ramasser, l'éjectant hors de ma poigne. Elle repartit en ligne droite et troua le sol derrière Kago. Cette dernière n'émit pas un son, mais s'écroula, touchée à sa jambe intacte.

Je demeurai interdit. Qui donc avait daigné me venir en aide, en cette situation désespérée ? Un Dieu bienveillant ? Une entité supérieure nommée la Chance ? Je ne cherchai pas à comprendre plus longtemps. Je fourrai le Pistol-c400 sous ma ceinture et m'élançai vers Kago – récupérant au passage mon katana. Elle était inconsciente, et ses cheveux étaient tachés d'un mince filet de sang frais qui s'écoulait. Elle avait dû se cogner la tête en chutant.

- Venez, venez ! Elle était là il y a un instant !

Je me dressai face aux soldats qui accouraient. Ils étaient trois, armés chacun d'une rapière. J'aurais pu les vaincre sans trop de difficultés, mais une meute hétérogène de militaires et de Marines les suivait au galop. Ce n'était pas le moment de perdre du temps en combats interminables. De plus, je ne tenais pas à me faire repérer par la Marine.
Tandis que les trois soldats venaient à peine de remarquer que quelqu'un leur barrait la route, je pointai mon index vers le ciel. Je commençai à concentrer mon énergie à son extrémité, préparant un Celo. Toutefois, je résorbai soudainement cette énergie à l'instant précis où elle allait s'échapper. Au lieu de s'agglomérer en une colonne compacte et dévastatrice, les particules s'éparpillèrent tout autour, et un flash de lumière embrasa la scène. Aveuglés, mes adversaires portèrent leurs mains à leurs yeux. Cela m'ouvrait une brèche pour emmener Kago à l'écart. Quand les soldats reprirent leurs esprits, il n'y avait plus trace ni de la rebelle ni du mystérieux personnage qui avait disparu avec elle.

La ruelle où je m'étais réfugié en hâte dégageait une forte odeur d'excréments. Un liquide brunâtre – probablement un mélange d'urine et de déjections – glissait entre les pavés. Elle était particulièrement étroite, et la hauteur des bâtiments qui la cloisonnaient ne devait laisser filtrer le soleil que quelques courtes minutes par jour. Les voix de nos poursuivants se faisaient encore entendre aux alentours, ce qui m'obligeait à rester caché ; mais il me fallait trouver un endroit plus sain pour ne pas que les blessures de Kago ne s'infectent. Là, une porte s'ouvrit en grinçant, et une femme coiffée d'une charlotte se pencha légèrement pour vider le contenu d'une bassine dans la rue. Je sautai sur l'occasion et me rapprochai d'elle. Comme je me doutais que ma dégaine et le corps en apparence inerte que je transportais n'allaient pas lui inspirer la plus grande confiance, je décidai de jouer la carte de la menace.

- Hey, vous ! grognai-je. Laissez-moi entrer chez vous, sinon je ferai une charlotte aux fraises de votre tête à charlotte !

Un mauvais jeu de mots plus qu'une menace ? Pourquoi donc dites-vous cela ?
La femme tourna le regard vers moi, surprise. Tendant l'oreille, elle me signifia qu'elle n'avait pas entendu ce que j'avais dit. Sans me laisser démonter, j'entrepris de me répéter.

- Laissez-moi entrer chez vous, sinon...
- Oh, mais votre amie est blessée ! s'exclama-t-elle en apercevant Kago. Entrez vite, il faut l'aliter et la prendre en charge !

Je toussotai, m'assurant de rester digne, et acquiesçai en la remerciant. Après tout, l'important était le résultat. Je franchis le seuil sous les yeux inquiets de la bonne femme, heureux d'avoir trouvé un foyer où Kago serait en sécurité. Et le battant en bois claqua derrière nous.

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Mar 29 Nov - 16:27

Il régnait dans l'humble demeure une atmosphère du passé. Les murs, le sol et le plafond étaient carrelés de vieilles pierres aux dimensions inégales, liées par un ciment qui s'effritait. Il n'y avait guère plus que deux pièces distinctes : la pièce de vie – qui regroupait salon, cuisine et chambre – et la salle de bain. Il n'y avait même pas de cabinets. Le bois des poutres était rongé par les termites. Une marmite et un poêle usés gisaient sur le comptoir de la cuisine, lequel était creusé en son milieu pour former un évier de fortune. Dans un coin était étalé un matelas qui, me semblait-il, constituait la couche la plus luxueuse du logis. J'y posai délicatement Kago. Dans son inconscience, elle esquissait une grimace de douleur qui laissait présager de la gravité de ses blessures.
Pour m'en rendre compte par moi-même, je commençai par écarter les mèches de cheveux enduites de sang coagulé qui collaient à l'arrière de son crâne. La plaie saignait toujours, aussi je m'emparai d'un lambeau de tissu pour m'en servir de compresse. Ensuite, je fis doucement pivoter sa jambe sur le côté, découvrant un trou écarlate entouré de chair consumée. Le flanc de son mollet avait été grignoté par la balle meurtrière.

- Mon dieu... ! réprima la femme en apercevant son état.

Interpellé par cette réaction, un homme que je n'avais jusqu'alors pas remarqué s'extirpa de l'ombre. Il osa un coup d'œil dans la direction de Kago, les lèvres retroussées dans une expression mêlant méfiance et indiscrétion. Il tenait dans son épaisse main une bouteille de vodka pleine aux trois quarts. Les poils de sa moustache s'agitèrent lorsqu'il discerna le visage de la rebelle.

- C-C't'elle ! L'modèle d'not' r'volution ! baragouina-t-il.

Tandis que je le priais de s'expliquer, il balbutia quelques mots inaudibles et but une gorgée de son breuvage spiritueux. Son regard ne se détachait pas de Kago, comme pris dans une toile d'araignée.

- Veuillez excuser mon mari, fit la femme. Il revient juste du centre-ville, où ont éclaté les affrontements. Il n'est pas encore tout à fait remis de...
- C't'elle ! reprit soudain le bonhomme. J'tais à la mine, comm'd'hab', et j'attendais mon tour d'présenter c'qu'j'avais trouvé à l'bonnet blanc. D'ailleurs j'avais ben l'chocottes, parc'qu'j'avais un peu qu'dalle. Et c't'fille, qu'personn' avait jamais vue et qui vaut sûr'ment ben plus qu'nous les ouvriers, a fait c'qu'on a tous t'jours rêvé d'faire : elle a foutu un'droite à ces tyrans !

Au fur et à mesure que sa voix caverneuse prononçait les mots, son regard prenait une teinte de plus en plus brillante. Au-delà de l'image de pôle commercial prospère que l'île désirait transmettre, il semblait que la vérité d'Opertale n'était donc pas si rose. Pour en arriver à un tel degré de désespérance et de pauvreté, les ouvriers étaient certainement outrageusement exploités.

- Si je comprends bien, vous lui êtes redevable ? demandai-je.
- Ben oui alors ! C't'elle qu'nous a donné l'force d'nous l'ver contre l'tyrans !
- Dans ce cas, donnez-moi votre bouteille.

Le bonhomme resta quelques instants stupéfait. Sous les yeux insistants de son épouse, il concéda finalement à me tendre l'objet, que j'attrapai immédiatement. Je versai quelques gouttes du liquide sur un bout de tissu plié, afin de l'en imbiber. Puis je tapotai légèrement ce substitut de coton sur les plaies ouvertes, de manière à les aseptiser. Je m'appliquai également à nettoyer les zones souillées de sang, tout en maintenant la compresse sur l'arrière du crâne de la rebelle. L'hémorragie était pratiquement résorbée.
Alors que j'effectuais ce travail, je proposai à l'homme de continuer son histoire. Il me décrivit comment Kago avait su les galvaniser, lui et les autres mineurs, par un discours tout aussi court que percutant ; et comment elle avait prouvé sa bienveillance en déversant le contenu de la bourse de l'un des officiers « bonnets blancs ». Il raconta aussi la hargne avec laquelle le combat s'était engagé. Malheureusement, malgré toute leur bonne volonté, les ouvriers avaient eu beaucoup de mal à rivaliser avec les armes perfectionnées des officiers.

- J'vu mon collègue Pedro s'faire descendre sous mes yeux... se lamenta-t-il. C'tait mon poto, Pedro... après ça, j'ai pris peur et j'm'suis enfui...

Un silence tomba sur la maisonnée, comme pour honorer le deuil de Pedro. La femme enlaça son mari pour lui montrer son soutien. Je me sentis légèrement de trop, et détournai les yeux pour les poser sur les paupières fermées de Kago.

- À quoi pensais-tu en provoquant tout cela... ? songeai-je, pensif.

Son expression était sereine à présent. Son souffle et son rytme cardiaque s'étaient régularisés, et elle semblait simplement plongée dans un profond sommeil. Exempt de la peur et de l'incompréhension qui l'avaient déformé, son visage était celui d'une jeune femme ordinaire, affublé d'une étrange mâchoire en os qui pouvait passer pour un simple accessoire excentrique. À nouveau, j'eus la dérangeante impression de connaître ces traits, comme si j'avais grandi à leurs côtés.

- C'est tout ce que je peux faire pour elle, déclarai-je en me levant. Pour qu'elle guérisse complètement, il faudra l'amener à l'hôpital.
- Il n'ouvrira que demain... répondit la femme, inquiète. Est-ce que tout ira bien pour elle d'ici là ?
- Oui.

Sans dire un mot de plus, je rassemblai mes quelques affaires et me dirigeai vers la porte de sortie. Mais la femme me retint par la manche.

- Vous ne pouvez pas partir maintenant ! protesta-t-elle. La nuit est tombée !

Je me rendis en effet compte de l'obscurité dans laquelle baignait le monde extérieur. Le cadran de l'horloge qui pendait au mur indiquait 19 heures 30. Je n'étais même pas sûr que les carrioles vers Cevief circulent encore. Poussé par l'insistance de la femme, je finis par accepter de rester pour la nuit.

Le dîner se composa d'une soupe de légumes où trempaient des miches de pain. Nous mangeâmes à même le sol, avec pour seuls couverts un bol de céramique et une cuillère. Puisque le froid s'installait, l'homme avait jeté des bûches dans l'âtre et le feu qui crépitait diffusait une chaleur agréable. Sous l'aspect miteux que donnait à première vue l'habitat, se révélait finalement une convivialité chaleureuse, que je percevais sans réellement parvenir à me considérer comme une partie. Pour moi qui n'avais connu de ma famille que mon petit frère, la notion de foyer ne pouvait qu'être floue.
Au cours du repas, j'appris enfin le nom de mes hôtes : Bernard et Bernadette. En réponse à la curiosité de cette dernière, nous fûmes amenés à parler de moi. Bien qu'ils aient plus l'air de craindre les autorités de leur île que les flibustiers des mers, je me gardai par prudence de révéler directement ma position de pirate. Toutefois, ils la devinèrent peut-être quand je leur confiai que je voyageais sur les flots de North Blue. Ils s'interrogèrent sur ma possible intention de rejoindre Grand Line, ce à quoi je répondis que cela ne faisait pas partie – pour le moment, en tout cas – de mes plans. En outre, en raison de mes piètres compétences en navigation, je n'étais même pas capable de m'orienter convenablement. À cette mention, Bernadette s'exclama d'une voix enjouée que son père était un navigateur, en qu'elle-même s'y connaissait donc un peu. Sur le fondement que je ne pouvais continuer mon périple en mer sans quelque initiation, elle se mit à déblatérer tout ce qu'elle savait sur la navigation : de comment se repérer grâce à la position des étoiles jusqu'à la possibilité de prédire une tempête de par les mouvements des nuages, en passant par la gestion des voiles en fonction de la force du vent. Je fis de mon mieux pour graver toutes ces précieuses informations au fond de ma mémoire. Certaines manipulations étant impossibles à réaliser seul, je songeai qu'à terme, il allait peut-être me falloir un équipage.

- Et évidemment, l'outil de base de tout navigateur n'est autre que la boussole ! affirma-t-elle sur un ton fier. Naturellement, vous en possédez une ?
- Eh bien, pas vraiment... avouai-je.
- Comment ?! fit-elle en agrandissant les yeux comme une enfant. Donnez-moi une seconde... !

Elle se leva et alla farfouiller dans l'unique meuble de la demeure. Au milieu d'une multitude de cartes maritimes, elle finit par trouver une magnifique boussole qui brillait de mille feux, comme si son armature était faite d'or. Elle la posa délicatement dans sa paume, enroulant sa chaîne tout autour de l'objet.

- Il s'agit d'un souvenir de mon père, raconta-t-elle avec une pointe d'émotion dans la voix. Cette boussole est probablement le bien le plus précieux que nous possédons.

Je gardai un silence solennel. Le métal scintillant n'était qu'une imitation de la couleur de l'or, et le cadran était rayé. Néanmoins, l'on voyait que l'objet était régulièrement nettoyé. Bien que je sache déjà comment l'on se servait d'une boussole, Bernadette m'expliqua en détail son fonctionnement. Elle paraissait à la fois si passionnée et si nostalgique que je ne la stoppai pas. Lorsqu'elle eut terminé, elle ne rangea pas l'outil à l'endroit exact où elle l'avait trouvé, mais se contenta de le reposer sur le meuble, par-dessus les autres affaires.

- Votre famille vit-elle à Opertale ? demandai-je, suivant le chemin qu'elle avait ouvert.
- Seulement notre fils... répondit-elle.

La nuit était noire à présent. Le feu qui dansait dans la cheminée diffusait une lumière chaude.

- Il s'appelle Bertie, reprit-elle. Il a fondé une association qui manifeste contre le despotisme du maire de Cevief, qui profite de nos pauvres conditions de vie pour nous exploiter et faire florir son commerce du cristal.
- Il est parti d'rien du tout, ajouta Bernard, et maint'nant plus d'la moitié des citoyens l'soutiennent ! L'est not' plus grande fierté !
- C'est vrai, mais il est sans arrêt en déplacement sur l'île et n'a quasiment jamais le temps de nous rendre visite... déplora Bernadette. Et lors des rares occasions où nous le voyons, il est toujours très fatigué...

Elle baissa la tête. Les ombres qui valsaient sur son visage creusaient ses rides et la vieillissaient de plusieurs années.

- Je suis inquiète pour lui... murmura-t-elle comme un secret.

Son regard peiné fixait le sol. Ce fut cette fois au tour de son mari de la prendre dans ses bras. Malgré leurs différences apparentes, ils semblaient former un couple soudé. Afin de ne pas remuer le couteau dans la plaie, je me redressai et déclarai :

- Allons dormir, il est bientôt minuit.

Bernard acquiesça, mais son épouse ne bougea pas. Elle se mordait la lèvre inférieure, comme en proie à un dilemme. Soudain, elle releva la tête vers moi. Ses pupilles avaient troqué leur tristesse contre une détermination sauvage.

- Je vous en prie ! supplia-t-elle. Retrouvez notre fils et dites-lui de rentrer à la maison dès que possible !

Je fus pris de court. Non pas que cette faveur m'incommodât, mais ce revirement d'attitude m'avait surpris. Bernard, gêné par la hardiesse de sa femme, eut l'air de vouloir lui faire entendre raison. « C'jeune homme est certain'ment très occupé... » disait-il. Mais elle n'en fit rien. Ses yeux empreints d'opiniâtreté, d'angoisse et d'espoir ne cillaient pas. J'observai son immobilité durant quelques instants, jaugeant la profondeur de son accablement.

- C'est d'accord, répondis-je finalement.

Avais-je vraiment le choix ? Ma conscience ne pouvait se soustraire à la sincérité d'une telle supplication.

- Merci infiniment ! s'exclama-t-elle, et son visage se teinta d'une joie non dissimulée. Aux dernières nouvelles, il menait une manifestation à Orfénouze, donc il vous faudra vous rendre là-bas. Vous le reconnaîtrez facilement, étant donné qu'il est le chef de l'association. De plus, il porte un haut-de-forme distingué, qui appartenait aussi à mon père.

Je hochai la tête d'un air mal assuré devant le débit de paroles qui avait soudain explosé. Apparemment, il était vraiment important pour elle que ce message soit transmis à son fils. En un sens, il s'agissait d'une responsabilité assez lourde.

- Bien, allons dormir maintenant, ordonna-t-elle.

J'acquiesçai à nouveau, comme un enfant qui obéit à sa mère. Bernadette me désigna un autre matelas étalé à même le sol, qui allait être ma couche. Quant à elle et à son mari, ils se serrèrent sur l'étroit fauteuil qui faisait face à la cheminée.

***

Lorsque les premières lueurs du jour m'éveillèrent, la maisonnée dormait encore. Dans l'âtre, le feu s'était éteint de lui-même après avoir fini de grignoter les bûches. L'aube était à peine levée, mais j'étais déjà frais et dispos. C'eût été une pure perte de temps de retarder mon départ, aussi je m'apprêtais directement à partir. Seule la question de Kago me turlupinait. Mes hôtes allaient probablement l'amener à l'hôpital dans la journée, et elle y resterait jusqu'à sa guérison, avant de reprendre le sentier de sa propre vie. En d'autres termes, je n'allais pas la revoir. Cela était sûrement mieux ainsi : je risquais de n'être pour elle qu'une source d'angoisse, ce qui pouvait être aussi dangereux pour moi que pour elle – elle avait tout de même tenté de me tuer. De plus, cela m'arrangeait de ne pas avoir à me plier au protocole en vigueur lors des adieux. Si je m'y étais conformé plus ou moins naturellement avec Itachi et Yôko, je ne pouvais pas faire preuve de la même simplicité avec Kago. Je le sentais. Avec Kago, ce serait forcément compliqué.
Malgré tout, j'avais également le sentiment que disparaître sans laisser de trace aurait été malhonnête. Tout d'abord, je tenais à lui laisser l'un des deux Pistol-c400 que j'avais avec moi, afin qu'elle puisse se défendre en cas de besoin. Il m'en restait toujours un, alors cela ne représentait pas un sacrifice conséquent. Ensuite, cela se compliqua. J'étais celui qui avait bouleversé sa vision du monde, celui qui avait jeté le voile du doute sur ces certitudes et qui l'avait précipitée dans un torrent d'incompréhension. À défaut d'éclaircir complètement les choses, il me revenait donc de lui apporter quelques éléments de réponse. Par le biais d'une lettre, par exemple ?

L'air matinal, à l'extérieur, était encore mordant. Loin d'en être incommodé, je me dirigeais vers la gare où la carriole numéro 4 m'avait déposé la veille. Après Cevief et Minapuze, il me restait à découvrir la troisième agglomération d'Opertale : Orfénouze.
Au terme de plusieurs minutes de réflexion, je n'avais pas trouvé quoi raconter à Kago. Je n'avais su ni par où commencer, ni comment calmer ses peurs. C'était encore trop demander pour quelqu'un comme moi, qui venais d'effectuer mes premiers pas dans l'univers des humains. Ainsi, je m'étais contenté de lui donner la possibilité de comprendre, si telle était sa volonté :

« Hueco Mundo – North Blue.
L'île où vivent les Arrancars. »



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