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 Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Ven 9 Déc - 18:29

Oubli dans le post précédent:
 

Orfénouze, ville artisanale d'Opertale, 08h23.

La ville d'Orfénouze représentait le juste milieu entre le luxe ostentatoire de Cevief et la précarité désolante de Minapuze. Si la capitale était blanche et la cité minière noire, alors celle-ci était grise. D'un gris parfaitement nuancé et équilibré, comme si quelqu'un avait délibérément cherché à faire des trois agglomérations de l'île trois archétypes des différents milieux sociaux. En outre, c'était réussi. Chaque ville possédait sa propre architecture, sa propre atmosphère, sa propre population, et ces critères étaient tous immédiatement reconnaissables.
À Orfénouze, les formes des habitations n'étaient pas très recherchées mais pratiques. Quelques-unes étaient d'ailleurs assez excentriques, comme si l'esprit artistique dans lequel baignait visiblement la ville avait moulé certaines maisons. Les rues étaient propres et renfermaient un certain charme simple, les gens qui les traversaient semblaient mener une vie convenable. En somme, tout était placé sous le signe du satisfaisant. Je me mis à réfléchir à ma mission : d'après ce que m'avait dit Bernadette, l'association que son fils avait fondée était constituée de mineurs, c'est-à-dire d'habitants de Minapuze. C'était une chance pour moi. En effet, je supposai que ces ouvriers seraient facilement identifiables parmi les artisans d'Orfénouze.

Je commençai par me renseigner. Un mouvement de manifestation n'aurait-il pas secoué la ville ces derniers jours ? Et si oui, où avait-il lieu ? Plusieurs personnes m'informèrent que lesdits manifestants campaient devant le palais de justice, qui se trouvait au centre du bourg. Cevief avait sa mairie, Minapuze ses mines, je trouvai donc plutôt logique qu'Orfénouze possède également son lieu notable : apparemment, le palais de justice. Je m'y rendis de ce pas.
Le son des voix en colère parvint à mes oreilles avant que l'image du bâtiment n'atteigne mes yeux. Rien qu'à leurs intonations, je pouvais déjà affirmer que ces voix n'appartenaient pas à des gens d'Orfénouze. Autre ville, autre monde, semblait-il. Tandis que je débouchais sur une vaste place, le palais de justice s'érigea, fièrement dressé sur ses épaisses colonnes de marbre. La foule d'activistes était rassemblée au bas de ses marches, en un peloton plus ou moins organisé. Elle ne brandissait aucune pancarte, mais avait déplié une banderole dont je ne pouvais pas lire le contenu de mon point de vue. Environ une centaine de personnes était mobilisée, peut-être un peu plus.

- Liberté troquée, justice tronquée ! Liberté troquée, justice tronquée ! scandaient en chœur les voix.

Je me hissai sur la pointe des pieds en tentant d'apercevoir un haut-de-forme qui dépasserait au-dessus des têtes, en vain. Le groupe ne paraissait pas avoir de meneur, et répétait seulement en boucle sa jolie phrase. Surpris de me rendre compte que tous ne portaient pas des habits d'ouvriers, mais des vêtements moyens pour certains voire des atours de goût pour d'autres – certes rares – j'émis l'hypothèse que le fils de mes hôtes avait sans doute réussi à rallier à sa cause quelques membres des classes supérieures, ce qui constituait une réussite non négligeable. Je dus hausser la voix pour me faire entendre au milieu de ce vacarme.

- Où est Bertie ? demandai-je au premier individu dont je croisais le regard.
- À l'intérieur ! cria-t-il en retour. Il négocie avec le magistrat !
- Que négocie-t-il ?
- Ben ! Ce qu'il négocie depuis le début : la destitution du maire de Cevief, évidemment !

Je remerciai le bonhomme d'un signe de tête et reportai mon attention sur l'immense bâtiment. Ses parois immaculées semblaient repousser avec froideur les revendications que les manifestants lui jetaient. Au bout de quelques instants, les battants de l’imposante porte d’entrée s’écartèrent. Un homme chauve vêtu d’une robe se posta dans l’encadrement, et suivit scrupuleusement des yeux un autre individu coiffé d’un haut-de-forme qui franchissait le seuil. Le chauve scella à nouveau l’ouverture après avoir lancé un regard moqueur à celui qu’il avait chassé du bâtiment.
La foule de militants s’était tue. Elle se tenait maintenant dans un silence religieux, retenant presque son souffle. Le personnage au haut-de-forme descendit une à une les marches, sans se presser. Il portait une vieille redingote qui paraissait dater d’un autre temps. Ses pupilles bleues et vives, encadrées de lunettes rondes et d’une chevelure ondulée de couleur blonde, étaient focalisées sur le sol. Il paraissait en proie à une intense réflexion. Enfin parvenu au niveau du reste du groupe, il prit une grande inspiration.

- Mes amis ! clama-t-il d’une voix forte. Malgré le bon sens de nos arguments, le magistrat n’a pas daigné changer sa position. Une fois de plus, les négociations sont... un échec.

À ces mots, l’assemblée fut traversée de soupirs déçus. Plus aucun manifestant n’avait l’énergie de continuer à scander le slogan de l’association.

- Dans ce cas, intervint une femme, que faire à présent ?
- Je... je n’ai pas encore décidé... Il enfonça son couvre-chef sur son crâne, dans un geste de gêne.

Tandis que les voix se mêlaient dans un brouhaha hétérogène, j’allai directement à la rencontre du chef de file. Il ne me vit pas arriver, et sursauta lorsque je lui adressai la parole :

- Bertie, c’est bien ça ?
- Euh, oui ! s’empressa-t-il de répondre. Vous êtes nouveau, mon brave ?
- Je ne fais pas partie de l’association, déclarai-je tout de go. Ce sont vos parents qui m’envoient. Ou plutôt votre mère, Bernadette.

Il soupira, comme si ce problème venait s’ajouter à la pile qu’il supportait déjà sur ses épaules.

- Je lui ai fait comprendre maintes fois que je n’avais pas le temps de rentrer à la maison. Il y a ici des choses qui doivent être entreprises, et le peuple de l’île ne peut compter que sur moi.
- Comment comptez-vous faire tomber le maire ? questionnai-je après un court moment de silence.
- En lui collant un procès, fit-il. S’il est reconnu coupable, il sera automatiquement destitué, et l’on pourra nommer un autre maire qui privilégiera la population à ses propres intérêts. C’est le seul moyen pacifique de mettre un terme à cette tyrannie.
- Un procès pour quels motifs ?
- Corruption, esclavage, chantage, homicide… énuméra-t-il. Ce ne sont pas les motifs qui manquent !
- Homicide ? répétai-je, choqué.
- Le maire a très bien compris que nous représentions une menace pour lui, expliqua Bertie. Ces derniers mois, tandis que nos actions se faisaient de plus en plus pressantes, il a fait assassiner trois membres de mon association. À chaque fois en pleine nuit, sans laisser aucune trace ni aucune preuve. Mais évidemment, nous savons bien que c’est lui. Il faudrait être idiot pour en douter.

J’observai les manifestants qui discutaient toujours, indécis quant à la suite des opérations. Maintenant que je savais qu’ils mettaient consciemment leur vie en jeu pour les valeurs qu’ils défendaient, je les voyais d’un œil nouveau.

- Vos parents sont-ils au courant du danger qui vous guette ? repris-je.
- Certainement pas ! Ils s’inquiètent déjà bien assez comme ça !

Je ne répondis rien. Je n’étais pas spécialement d’humeur à me lancer dans un débat sur les relations familiales. Et d’ailleurs, je n’avais pas de point de vue précis à ce sujet.

- Je suppose que le magistrat est corrompu par le maire ?
- Eh bien, non ! C’est bien la seule bonne nouvelle de toute cette histoire ! ironisa-t-il. Le magistrat d’Orfénouze possède un réel sens de la justice. Seulement, il ne voit pas l’intérêt d’ouvrir un nouveau procès – après celui de l’année dernière qui n’a pas eu de suite – tant que nous n’avons aucune preuve de la culpabilité du maire.
- Il est donc assez idiot pour douter de sa culpabilité ? déclarai-je en esquissant un fin sourire.
- Tant qu’aucune preuve tangible n’est avancée, il doute de tout, rétorqua Bertie sans relever ma plaisanterie. C’est ce qui fait de lui un homme de droit exemplaire.

Je hochai la tête. Grâce aux explications du jeune homme, la situation était claire dans mon esprit. La clef de la victoire résidait en vérité dans le recueillement de preuves pour étayer l’argumentaire de l’association. Si celle-ci reposait sur des bases assez solides et assez concrètes, le magistrat accepterait de rouvrir le procès. Et alors, le maire ne pourrait se défendre face aux accusations.
À présent, il ne me restait plus qu'à transmettre le message dont j'étais le dépositaire. Ensuite, j'étais libre de rejoindre mon navire et de partir pour de nouvelles aventures. Mais j'avais l'intime sentiment que les péripéties d'Opertale n'étaient pas encore terminées. Au fond, je pouvais trouver mon compte dans le but que poursuivait l'association : une petite vengeance contre le maire qui avait voulu me manipuler pour servir ses sombres desseins n'était pas de refus.

- Mes amis ! tonna soudain Bertie pour attirer l'attention de ses concitoyens. Il n'y a malheureusement rien que nous puissions faire pour l'instant. Aussi, jusqu'à notre prochain rassemblement, vous êtes invités à rentrer tranquillement dans vos foyers.

Quelques protestations peu assurées réagirent à ces paroles. Mais la plupart des militants demeura muette, accablée par le poids de la déception dont Bertie était lui aussi la victime. La foule commençait à se disperser, quand je décidai d'intervenir.

- Attendez ! lançai-je puissamment.

Les hommes et les femmes interrompirent leurs mouvements, tournant vers moi des yeux étonnés. Je me penchai en avant et murmurai à l'oreille de Bertie :

- Est-il absolument nécessaire de résoudre cette affaire pacifiquement ?
- O-Oui, c'est l'une des valeurs fondamentales de l'association, souligna-t-il, ne jamais avoir recours à la violence.
- Je vois.

Cela compliquait légèrement les choses, sans les rendre irréalisables. Je me redressai et, sur un ton hardi, m'adressai à nouveau à l'assemblée qui attendait, les yeux rivés sur l'étrange personnage sorti de nulle part que j'étais.

- J'ai un plan.
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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Mer 14 Déc - 18:10

Cevief, ville portuaire d'Opertale, 18h54.

Faire déplacer une centaine de personnes d'Orfénouze à Cevief n'avait pas été une mince affaire. Nous avions dû mobiliser quatre carrioles pour trois allers-retours, en subissant la colère des autres passagers qui n'avaient pu obtenir de place. Les premiers arrivés s'étaient rendus au marché de la capitale, où ils avaient mis en commun leurs économies pour acheter quelques tomates. Avant de prendre la route, j'avais également demandé aux ouvriers qui possédaient des outils tranchants – tels que des faucilles ou des sécateurs – de les apporter. Ils avaient pris peur quant à l'usage qu'ils étaient censés en faire, mais je les avais rassurés en leur promettant qu'ils n'auraient à agresser personne avec. Enfin, pour parfaire les préparatifs de mon plan, j'étais allé récupérer un certain objet sur mon navire. Quand tout fut enfin prêt, il était aux alentours de 19 heures. Le crépuscule touchait à sa fin, comme le soleil déclinant touchait la ligne d'horizon. Le ciel était teinté d'un voile orangé, qui rappelait les flammes d'un champ de bataille. Je songeai à la révolte qui avait éclaté à Minapuze la veille, et me demandai si les combats se poursuivaient encore. Que ce soit le cas ou non, la structure gouvernementale de l'île était sur le point d'être renversée. Par nos soins.
Lorsque j'avais énoncé ma stratégie aux manifestants, les regards s'étaient tournés vers Bertie. En tant que chef, c'était à lui que revenait la décision de suivre ou pas mon idée. Après un instant de réflexion, il avait choisi de me faire confiance. L'action que je proposais n'était autre que sa seule chance au vu de la situation désespérée dans laquelle il se trouvait.

Une fois que nous fûmes tous rassemblés et équipés, nous lançâmes le début des opérations. Le groupe associatif, mené fièrement par Bertie, se posa devant la grande façade principale de la mairie, et commença à entonner son slogan. Pour ma part, je restai à l'écart, à l'abri de l'œil inquisiteur du maire qui m'avait repéré lors de ma visite de la ville. La fenêtre du troisième étage, où j'avais alors aperçu la silhouette m'épier, demeurait immobile. Cependant, j'avais l'intime conviction que le maire était en ce moment même en train d'espionner sournoisement les militants, réfléchissant à une manière de s'occuper de ce problème importun. Tandis que le château qui faisait office de mairie ne réagissait pas, Bertie donna le signal pour les jets de tomates. Lancées de mains agiles, ces dernières allèrent s'écraser contre la vitre du bureau municipal. Une salve, deux salves. La paroi de verre fut bientôt presque entièrement recouverte d'une pulpe rouge et dégoulinante. Profitant d'une pause dans l'attaque, un garde ouvrit prestement la fenêtre et se hâta de fermer les volets. Bien. La première étape était un succès.
Maintenant que la voie était dégagée, je sortis de ma cachette et rejoignis le groupe. Deux ouvriers, que j'avais précédemment sélectionnés parce qu'ils étaient munis de cisailles, s'avancèrent et se postèrent à mes côtés. Je croisai le regard de Bertie, qui m'adressa un clin d'œil complice.

- Continuez à vous égosiller, mes amis ! cria-t-il joyeusement. Nous devons pousser le maire à la limite de sa patience pour qu'il envoie ses hommes nous chasser !

Son injonction fut reçue par un chœur enthousiaste, et les clameurs reprirent de plus belle. Pendant ce temps, je contournai le bâtiment en compagnie de mon escorte.

- J'espère qui n'leur arrivera rien d'fâcheux... s'inquiéta l'un des deux bonhommes.
- Le maire a toujours fait en sorte de ne laisser aucune trace qui pourrait permettre de remonter jusqu'à lui en commanditant ses meurtres, c'est la preuve qu'il ne veut pas prendre le risque d'être démasqué, indiquai-je. En d'autres termes, il ne brutalisera personne devant autant de témoins et en pleine rue.

Il ne trouva rien à redire. Je supposai donc que je l'avais convaincu. Parvenus à la façade arrière du bâtiment, nous nous dirigeâmes vers une petite porte qui donnait vraisemblablement sur un local. J'appuyai sur la poignée, mais le verrou était enclenché. L'écart entre le cadre et la porte elle-même était trop étroit pour que l'un des deux gaillards puisse y glisser son outil et trancher le verrou. De même, malgré la finesse de ma lame, je n'étais pas certain d'en être capable.
Je n'avais guère d'autre choix que de recourir à un mi-Celo. Cette variante du Celo que j'avais créée à Korutiga s'avérait décidément bien utile. Visant l'espace surplombant le verrou, je libérai mon énergie avec une maîtrise minutieuse. Le cylindre de lumière qui s'érigea fut précis, contrôlé, et puissant. Il grignota la matière sans en laisser une miette, formant un trou parfaitement arrondi d'une vingtaine de centimètres de diamètre. Du vrai travail de professionnel. Les deux bonhommes qui m'accompagnaient écarquillèrent les yeux devant cette étrange magie. Sans prendre la peine de leur donner d'explication, je fourrai mon poignet dans la fente et tournai le verrou.

Nous pénétrâmes dans une petite pièce qui ressemblait au cagibi d'un concierge. Entre les quatre murs marrons était entassée une multitude d'outils de bricolage et de ménage, sans logique de rangement apparente. Par chance, les générateurs électriques – qui constituaient l'un des éléments stratégiques de mon plan – se trouvaient également là, sertis de fusibles et de câbles. L'atmosphère de la salle tranchait singulièrement avec l'excessive opulence que j'avais pu remarquer lors de ma première venue dans le bâtiment. Comme si ce petit placard était un pavillon à l'écart de la mairie.

- Vous savez ce que vous avez à faire, lançai-je aux deux gaillards plus sur le ton de la déclaration que sur celui de l'interrogation.
- On dézingue tous ces câbles ! répondit néanmoins l'un de manière très juste.
- En effet, confirmai-je. Vous me laissez trente minutes, puis vous les ''dézinguez''. Trente minutes, bien compris ?

Ils acquiescèrent en silence. C'était là que commençait ma mission en solo.
M'enfonçant plus avant dans les entrailles de la bâtisse, je me rendis compte avec une pointe de soulagement que c'était bien la même où j'avais été entraîné la veille. La beauté des locaux était la même, le goût pour le mobilier de cristal également. Je n'osais pas imaginer l'embrouillamini que pouvait provoquer une fusillade de Pistol-c400 en ce lieu. Avant de me rendre vers mon objectif principal, il me fallait trouver l'endroit où étaient disposées les tenues destinées à contrer la puissance des balles de cristal. Le garde qui m'avait été assigné pour me surveiller durant ma double mission avait commis l'imprudence de me révéler leur existence. J'entrepris tout d'abord de fouiller le premier étage. Mais les minutes eurent tôt fait de s'égrener, et je compris que j'avais peut-être été un peu trop optimiste en pensant arriver à mes fins en une demi-heure. D'autant que je devais parallèlement me dissimuler des gardes qui déambulaient dans les couloirs. Grâce au zèle de Bertie et de ses compagnons, plusieurs de ces sentinelles avaient convergé à l'entrée de la mairie, mais certaines vaquaient à des occupations tout autres.

Après n'avoir trouvé aucun emplacement susceptible de receler ce que je cherchais, j'accédai discrètement au premier étage. La moitié de mon temps imparti devait déjà être écoulé, si ce n'est plus. J'hésitai à immobiliser un garde et à le menacer afin d'obtenir des informations, mais j'aurais eu l'impression de bafouer l'honneur de Bertie. Autant que possible, je voulais me conformer à ses valeurs. Son combat, sa façon de combattre.
Tout à coup, une voix autoritaire retentit dans mon dos :

- Eh, vous ! Qui êtes-vous ?!

Je me retournai vivement, en cachant ma surprise. Le garde qui m'avait repéré s'avança vers moi, les sourcils froncés. Il s'arrêta à une distance de quelques mètres, et me dévisagea de la tête aux pieds.

- Je ne vous ai jamais vu ici, gronda-t-il sur un ton suspicieux.
- Je suis la nouvelle recrue ! affirmai-je sans vraiment mentir. Le patron m'a envoyé enquêter sur la révolte des civils, et je viens faire mon rapport.
- Le patron ? tiqua-t-il. Monsieur ordonne qu'on l'appelle ''boss''.
- Eh bien... entre nous, j'ai horreur des anglicismes, justifiai-je en faisant la moue.

Cette excuse ne parut pas l'atteindre. Il posait sur moi un regard de plus en plus soupçonneux.

- Comment avez-vous fait pour entrer, avec cette bande d'enragés entassée devant la porte ? demanda-t-il, cherchant à me coincer.
- Je me suis frayé un chemin. Ils sont pacifiques, ils n'ont pas véritablement essayé de me retenir.

Il soupira, et posa ses mains sur les hanches de son armure étincelante.

- Je vais vous accompagner jusqu'au bureau du boss, décida-t-il alors. Ainsi, nous verrons bien si vous dites la vérité.

Je voulus protester, mais aucun faux-fuyant crédible ne me vint immédiatement à l'esprit. Il ne fallait surtout pas que je me retrouve face au maire tout de suite, sans revêtir la tenue de protection ! Car s'il avait eu vent de la mort de l'escorte qu'il m'avait offerte – ce qui était probable – je risquais de me retrouver dans une position délicate. Le cadavre gardait un impact de balle de cristal distinct dans sa chair, et il n'était alors pas ardu de comprendre que c'était moi, seule autre personne présente sur les lieux à disposer de ce genre d'arme à feu, qui l'avais tué.

- Vous devriez plutôt aller aider nos collègues qui repoussent les enragés, arguai-je finalement. Si vous aviez le sens des priorités, cela vous paraîtrait évident.
- Enfin, je...
- Voici la preuve que le patron a placé sa confiance en moi, le coupai-je en dévoilant le Pistol-c400 que je portais.

Il le manipula et l'examina attentivement. Ma véhémence et cet élément de preuve l'avaient troublé. Je pouvais voir qu'il ne me croyait pas encore complètement, mais qu'il ne trouvait aucun argument à m'opposer.

- Ambrose ! héla une voix depuis le rez-de-chaussée. Qu'est-ce que tu traficotes ? Viens nous aider !

Le garde releva subitement la tête, sans répondre. Il était visiblement confronté à un dilemme duquel il ne parvenait pas à se dépêtrer. Je n'avais plus qu'à prendre la décision à sa place.

- Je ferai part de ta prudence au patron, Ambrose, déclarai-je en récupérant le revolver. Ce sera un bon point pour toi.

Et sur ce, je m'éloignai sans me retourner. Ambrose claqua sa langue, mais ne me suivit pas. Il répondit à l'appel de son camarade et se hâta de le rejoindre.
À présent, il ne restait certainement qu'une poignée de minutes avant que les deux ouvriers qui m'avaient accompagné jusqu'à mi-chemin ne plongent la demeure dans le noir. Je n'avais plus le temps de chercher à ma guise la bonne salle. Je fonçai directement au troisième étage – qui était également le dernier – en espérant trouver rapidement une idée. À quoi ressemblaient ces fameuses tenues blindées, au juste ? Depuis que je me posais cette question, les carapaces que portaient les gardes ne cessaient d'attirer mon regard. Quelle autre protection possible contre le cristal que des habits faits de cristal ?
Tandis que ces pensées traversaient mon esprit, mes réflexions se matérialisèrent en un homme de main du maire qui passait justement par là. Je me plaquai contre le mur, et il continua à marcher sans me voir, réajustant simplement son armure comme s'il venait juste de la revêtir. Saisissant l'occasion, je remontai ses pas en sens inverse, et parvint finalement devant une porte isolée. Le bureau du maire se trouvait en face, à l'autre bout du couloir. Je m'introduisis sans attendre dans la pièce, et esquissai un sourire de victoire en apercevant les différentes composantes de la panoplie de bataille rangées sur des étagères. Elles jouaient d'éclats qu'aucun autre matériau que le cristal ne pouvait réfléchir. Casques, gorgerins, brigandines, canons d'arrière-bras, cubitières, gantelets, jambières, bottes... Je sentais qu'enfiler tous ces éléments allait relever du puzzle. Je commençai donc par prélever un exemplaire de chaque, et calculai l'ordre dans lequel j'allais les enfiler.

C'est à cet instant précis que les lumières s'éteignirent.
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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Mar 17 Jan - 19:46

Décidément, les deux gaillards avaient bien choisi leur moment pour couper l'électricité ! L'obscurité soudaine avait précipité la mairie dans la confusion, et j'entendais des pas pressés tambouriner contre le sol. Je tâtonnai dans les ténèbres pour reconnaître les différentes pièces d'armure que j'avais extraites des étagères et, après les avoir toutes reconnues, les enfilai en hâte. La tâche, déjà ardue étant donné que je n'avais pas l'habitude de porter ce genre d'accoutrement, se révéla un véritable casse-tête dans le noir. J'entendais en parallèle quelques gardes qui venaient frapper à la porte du bureau du maire pour lui demander s'il allait bien, et pour recevoir ses directives. Si je n'arrivais pas à percevoir ses réponses, cela me prouvait au moins qu'il se trouvait bel et bien dans ses appartements.
Comme je ne faisais que m'empêtrer dans mes vêtements, et que les allées et venues dans le couloir se faisaient plus rares, je décidai d'entrouvrir légèrement la porte afin de jouir de la faible lumière que diffusaient les lampadaires extérieurs, et qui chatouillait les murs. Cela me permit de distinguer un minimum mes mouvements et je pus revêtir convenablement la tenue de protection. J'étais donc paré. Paré pour affronter celui avec qui tout avait commencé, dans le lieu même où tout avait commencé.

Je me dirigeai discrètement vers le bureau du maire. Il régnait à présent dans l'étage un silence pesant, seulement nuancé par les exclamations lointaines des manifestants. L'on aurait cru que le bâtiment avait été déserté. Faisant le vide dans mon esprit, je frappai trois coups contre le battant de bois. Trois coups nets, qui résonnèrent dans l'espace. Seul un néant encore plus profond me répondit. J'attendis que la porte s'ouvre, mais le temps s'étira et rien ne vint.

- Qui est là ? lança l'individu à l'intérieur. Il s'agissait bien de la voix de mon ''employeur''.

À partir de cet instant, la moindre de mes paroles et le moindre de mes actes devaient être mûrement réfléchis. Dans un premier temps, je devais faire en sorte de l'agacer, de le laisser croire qu'il se trouvait en position de supériorité. Mon objectif était de lui faire avouer ses crimes. À haute voix, distinctement. Il n'était pas idiot. Il était très certainement capable de reconnaître une personne par son timbre, autrement dit je ne pouvais le duper en falsifiant le mien. Néanmoins, me faire passer délibérément pour quelqu'un d'autre pouvait laisser entendre que je le sous-estimais. Il se vexerait alors, et je me rapprocherais de mon but.

- C'est Ambrose, affirmai-je en imitant vaguement la voix du garde. Il y a du nouveau, patron.

J'avais ajouté cette petite touche improvisée afin d'accentuer le côté grotesque de mon mensonge. Comme je m'y attendais, un petit ricanement sarcastique vint prouver qu'il n'était pas si crédule.

- Nouvelle recrue ! clama-t-il sur un ton acerbe. Que me vaut l'honneur de ta visite ?

Le train était sur les bons rails. Il fallait maintenant continuer à l'alimenter. Vu qu'il me paraissait improbable qu'il puisse ignorer ma trahison, je prétendis être toujours de son côté.

- Hem, j'ai accompli la mission que vous m'avez confiée, répondis-je en faisant de mon mieux pour paraître peiné. Kago est liquidée, et j'ai recueilli les informations.

Évidemment, cela n'était absolument pas crédible étant donné que je venais juste de mentir sur mon identité. Mais à nouveau, la crédibilité n'était pas le but recherché.
La porte s'ouvrit finalement, et la fine clarté du couloir découpa à l'intérieur une silhouette indistincte, cachée derrière le battant.

- Entre donc, nouvelle recrue, m'invita le maire d'un ton presque dépourvu d'irritation.

J'obéis et le laissai refermer soigneusement la porte derrière moi. La lumière disparut et les ténèbres régnèrent, les volets de la pièce étant toujours clos pour éviter la pluie de tomates. Je retrouvai la chaise sur laquelle le personnage m'avait prié de m'installer la première fois, et m'assis. Je voyais le maire derrière son bureau sans le distinguer véritablement. Avec lenteur et discrétion, je sortis le Pistol-c400 et, dans le noir, le plaçai dans l'axe dudit bureau. Le maire avait sans aucun doute effectué les mêmes gestes.

- Les ouvriers prévoyaient effectivement de vous renverser, mais la mort de leur cheffe a étouffé ce projet dans l'œuf, déclarai-je calmement.
- Pourtant, l'association se trouve en ce moment au pied de la mairie.
- Il s'agit d'un mouvement isolé. Seuls, ils ne peuvent rien.

Les trois répliques avaient fusé sans interruption. Exactement comme s'entrechoquent des lames bien affûtées.

- Qu'est-il arrivé au garde qui t'accompagnait ? reprit-il pour me coincer. Je n'ai plus de nouvelles de lui depuis plus de vingt-quatre heures.
- Il n'a pas survécu à l'affrontement avec Kago, malheureusement...
- C'est intriguant... Je l'imaginais arborer un rictus de malice. L'homme que j'ai envoyé ce matin sur les lieux m'a rapporté qu'il avait été tué par balle. Et à en juger par la plaie, par une balle de cristal...

Sa chaise lâcha un grincement tandis qu'il se réajustait. L'acrimonie qui émanait de lui était presque palpable. N'ayant aucun élément de réponse – même peu convainquant – à cet argument, je gardai le silence. L'heure était venue de faire tomber les masques. Le train était arrivé à destination.

- Mettons un terme à cette petite comédie, veux-tu ? grogna effectivement le maire. J'ai compris ton plan, nouvelle recrue. Tu t'es allié à ce Bertie pour me tuer. Les tomates lancées sur ma fenêtre devaient me pousser à fermer mes volets. Ainsi, lorsque le courant allait se couper, la pièce allait être plongée dans le noir complet, créant une ouverture pour me tirer dessus avec le Pistol-c400 que je t'ai confié. Eh oui, je sais que tu le pointes en ce moment même sur moi. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu. Pour une raison ou pour une autre, tu n'es pas parvenu à atteindre mon bureau avant l'extinction des lumières, et tu as perdu ta chance de me surprendre. Jouant le tout pour le tout, tu es quand même venu jusqu’ici, mais je suis au regret de t’informer que c’est un échec total pour toi. Parce qu'il y a quelque chose que tu ignores : je suis immunisé contre les balles de cristal.

Quelle prétentieuse grandiloquence ! Il ne faisait que revêtir la même armure que je portais moi-même. Ne pipant mot, je plissai les paupières. Je commençais à distinguer des amorces de formes indistinctes, et s’il en était ainsi pour moi, l’autre devait également s’habituer de plus en plus à l’obscurité. Afin qu’il n’aperçoive pas l’armure que j’avais endossée, je me levai et m’enfonçai un peu plus loin dans les ténèbres.

- Inutile de chercher à t’enfuir, nouvelle recrue. J’ai verrouillé la porte. Mes hommes rétabliront le courant d’une seconde à l’autre, et alors je m’appliquerai à te caler une balle entre les deux yeux.

Je m’immobilisai, les jambes légèrement fléchies, imitant l’animal apeuré. J’aurais pu relever les erreurs qu’il avait commises en se vantant d’avoir compris mon plan – je n’avais évidemment pas prévu de parvenir à son bureau avant la coupure de courant, sinon mon subterfuge aurait été immédiatement découvert – mais mieux valait lui laisser croire qu’il avait l’avantage. A la place, je passai à l’étape suivante.

- C’est donc de cette façon que vous avez piégé et tué les membres de l’association ? l’accusai-je.
- Piégé ? répéta-t-il en feignant la stupeur. C’est toi qui as voulu me piéger, pas l’inverse. De plus, je ne vois pas de quoi tu parles.

Je claquai silencieusement la langue. Avais-je été trop gourmand en tentant de le faire avouer si rapidement ? Il semblait que la position favorable dans laquelle il estimait se trouver avait chassé sa colère. Je devais à nouveau lui faire perdre son sang-froid afin d’obtenir de lui une maladresse probante.

- Je suppose que vous avez préféré envoyer vos hommes se salir les mains à votre place, en lâche homme que vous êtes ! assénai-je.
- Les paroles d'un homme mort ne m'atteignent pas, grinça-t-il.

Je commençais sérieusement à paniquer. Il avait raison en affirmant que la lumière allait revenir d'un instant à l'autre, et mon seul atout – attiser sa fureur – semblait ne plus fonctionner. Je devais impérativement trouver un autre angle d'attaque.

- Comment avez-vous fait... ?
- Pardon ? Je pouvais presque discerner ses pupilles briller dans la nuit.
- Comment avez-vous fait pour ne laisser aucune trace sur les lieux de vos crimes ?

Un silence mesuré s'installa. En désespoir de cause, j'avais choisi de jouer la carte de la vanité. La vanité qui le poussait à se complaire dans l'exercice de la fonction qui était la sienne, et qui ne pouvait sans doute pas résister à l'irrépressible satisfaction d'exposer tout son génie à autrui – du moins, je l'espérais.

- Vois-tu, nouvelle recrue, il existe diverses manières de tuer sans avoir à lever le petit doigt, déclara-t-il sur un ton qui n'était soudain plus le même. Exercer un chantage suffisamment fort pour pousser la cible au suicide, corrompre un intermédiaire, ou encore s'offrir les services d'un tueur à gages. Pour cela, rien de tel que d'utiliser les hommes que j'ai sous mes ordres. Ils me tiennent en respect, et n'ont aucune idée des conséquences de ce que je leur fais faire. S'ils savaient à quel point ils sont facilement manipulables...

Il se dévoilait enfin au grand jour. Doucement, presque en chuchotant pour ne pas risquer de briser cette opportunité, je rebondis sur ses derniers mots :

- Comme vous l'avez fait en me donnant cet ordre de mission ?
- En quelque sorte... admit-il. Bien que dans le cas de Kago, il s'agissait d'une véritable criminelle. Contrairement aux autres meurtres, je voulais donc faire en sorte que tout le monde ait bien la preuve que j'étais aux commandes de son ''arrestation'' étant donné que je ne risquais aucune peine pénale. Cela devait renforcer mon autorité en tant que maire, je suis donc très déçu de ta mutinerie, nouvelle recrue...

Ses aveux étaient à présent irrévocables. Il venait de confirmer clairement les assassinats qu'il avait perpétrés. Mais le temps n'était pas encore venu de crier victoire.

- En ce qui te concerne, poursuivait-il, je compte plaider la légitime défense. Il ne sera pas compliqué de démontrer que tu t'es allié à l'association de Bertie, ni que vous avez lancé un assaut prémédité à mon encontre. Ce sont les faits. Simplement, je transformerai légèrement la vérité en avançant que tu m'as sauvagement attaqué. Tu seras fiché à la même enseigne que Kago, et je serai alors lavé de toute responsabilité.
- Astucieux... soufflai-je, et quelque part, je le pensais vraiment.
- Je sais, acquiesça-t-il avec grande modestie.

Il n'eut pas besoin d'ajouter un mot de plus pour me dire que le spectacle s'arrêtait ici. Évidemment, après ce qu'il venait de me confier, il ne pouvait en aucun cas me laisser en vie. Après quelques instants d'un mutisme univoque, les néons clignotèrent enfin.

- Et pourtant, vous n'avez pas pensé à tout... exultai-je.

La luminosité soudaine emplit la pièce dans un flash aveuglant. Les paupières plissées, j'endurai cette douleur oculaire jusqu'à ce que l'environnement récupère ses couleurs. Le maire se trouvait en face de moi, l'air suffisant, son bras armé tendu vers moi comme j'avais le mien tendu vers lui. L'armure brillante recouvrait tout son corps, même son visage par-dessus lequel il avait rabattu la visière. Il n'avait pas appuyé sur la gâchette, ce qui signifiait qu'il s'était probablement rendu compte de ma supercherie ; mais il n'avait pas pour autant affiché de signe de surprise évident. Il faisait preuve d'une meilleure maîtrise de lui-même que je ne l'avais cru. Je continuai de le jauger tandis qu'il observait la tenue de protection que j'avais revêtue.

- Tu es au courant que tu as inversé les jambières et les brassards d'avant-bras ? lâcha-t-il en haussant un sourcil.

Je vérifiai la position des accessoires, et me rendis en effet compte que les pièces de métal qui entouraient mes jambes et mes avants-bras n'avaient pas la forme adéquate. Je toussotai, et chassai cette anicroche d'un geste de la main.

- En tout cas je vois que je t'ai sous-estimé, nouvelle recrue... concéda le maire en reprenant sa contenance. Mais n'espère pas quitter ce bâtiment en vie ! Hubert !! hurla-t-il à l'attention de quelqu'un qui m'était étranger, puis il reprit dans sa barbe : Je vais devoir réfléchir à une autre version des faits maintenant...

Me désintéressant de lui, je me dirigeai vers la fenêtre. Je l'ouvris et écartai dans le même temps les battants des volets. Au pied de la bâtisse étaient toujours rassemblés les infatigables militants, devant lesquels se dressaient maintenant une dizaine de gardes en armure. Tous levèrent les yeux vers moi, et j'échangeai un regard complice avec Bertie.

- N'y pense même pas ! ricana l'autre. Je te rappelle que nous sommes au troisième étage ! Si tu sautes, tu n'en sortiras pas indemne !

Le voilà qui commençait à s'égarer en absurdités... Était-il en train de prendre peur en comprenant qu'il avait perdu la mainmise sur la situation ?

- Allons, pensez-vous que je compte me servir de ma parole uniquement pour porter des accusations contre vous ? relevai-je tandis qu’il n’avait toujours pas baissé son arme. Je n’aurais sans doute aucune chance face à votre influence. En revanche, si vous passez vous-même aux aveux...

Je dévoilai alors de ma poche le Tone-Dial, celui-là même que j’avais obtenu de Griffang et dont je n’avais eu aucun remord à effacer le message précédent, qui était l’ultime composant de mon piège. Au moment où j’avais senti que je touchais le but, je l’avais activé et avais ainsi pu enregistrer l’intégralité des propos compromettants du maire. Bertie voulait une preuve de sa culpabilité ? C’était chose faite.
Je jetai le Tone-Dial par la fenêtre, sous le regard effaré du maire qui s’était figé en horreur. Bertie attrapa l’appareil et m’adressa un signe de triomphe, que je lui rendis. Puis, je me retournai vers le manipulateur manipulé. Il n’avait pas bougé d’un pouce, toujours paralysé comme un enfant devant une créature sortie de ses cauchemars. Je pouvais imaginer le désespoir qu’il pouvait ressentir, après avoir bâti son affaire et s’être battu pour cacher ses manœuvres malveillantes, mais ce n’était que justice. Aussi fier et vaniteux qu’il était, il devait accepter sa défaite.

- Faites-vous une raison, déclarai-je avec réserve mais sans empathie. La partie est terminée, vous allez maintenant payer pour vos crimes.

Il ne prit ni le temps de me répondre, ni même de me lancer un regard, et se précipita sur la porte. En l’ouvrant, il heurta un gros malabar qui n’était sûrement autre que le dénommé Hubert. Le maire trébucha mais ne stoppa pas sa course, et dévala les escaliers. Je m’efforçai de le suivre, bringuebalant bruyamment dans mon armure. Tous les gardes étaient vraisemblablement aux prises avec les manifestants, car la demeure semblait déserte. Ce vide s'immisça en ma conscience et me donna l'impression de marcher au bord d'une falaise. Comme si, alors que mon plan venait de réussir, le risque s'était fait plus menaçant.
Je stoppai mes pas dans l'entrebâillement de la porte d'entrée. Le maire pointait le canon de son revolver sur Bertie, qui levait les bras – tenant fermement le coquillage – sans lâcher des yeux l'objet qui pouvait à tout moment lui ôter la vie.

- Immobilisez-le ! cracha le maire, à bout de forces. Récupérez ce Tone-Dial !!

Aucun de ses hommes de main ne bougea. Ils parurent même ignorer l'ordre, préférant détourner la tête pour fixer un point immatériel du ciel. Le maire les regarda tour à tour, plus incrédule à chaque seconde. Il eut beau répéter sa directive, rien n'y fit.

- Laissez tomber, boss... avança Ambrose, ennuyé. Il nous a fait écouter l'enregistrement.

Les regards convergèrent sur le maire. Des regards durs, trahis, entourés de faisceaux flamboyants dus à la réflexion de la lumière des lampadaires sur le métal des panoplies de protection. Au milieu de ce cercle de feu, le maire déchu perdit à la fois ses ambitions et son espérance. Il se transforma en une coquille évidée de sa substance. À l'instant où quelques gardes commencèrent à s'approcher de lui pour le neutraliser, il colla son arme contre sa tempe. La détonation fut immédiate et la giclée d'hémoglobine éparse. Nul n'avait eu le temps d'échapper à la vision de ce spectacle. Alors que le cadavre se tordait et s'affaissait, quelques exclamations de dégoût s'élevèrent.
Pour ma part, je restai immuable, incapable de détacher les yeux de ce corps sans vie. Une aiguille enduite du poison de la responsabilité chatouillait mes entrailles. Le sang avait coulé. La violence avait éclaté. Je n'avais pas tenu ma promesse.
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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]   Lun 23 Jan - 15:05

Minapuze, ville minière d'Opertale, 23h10.

Mon regard et mes pensées se perdaient au fond de la couleur ambrée du feu qui crépitait. Les lumières dansantes, les sons irréguliers de bûche consumée, le parfum du charbon, étaient autant de sollicitations sensorielles qui occultaient le reste du monde. Cet âtre était le même que celui qui m'avait réchauffé la veille. Pourtant, il me paraissait cette fois transparent, fade.

- Oh, mon fils ! geignit Bernadette. Pourquoi t'es-tu senti obligé de résoudre tout cela par toi-même ? Tu aurais pu être blessé, voire pire !
- Tout va bien, m'man. C'est fini maintenant.

Mes oreilles percevaient le dialogue comme une scène en arrière-plan, dissimulée derrière le voile de la distance. Avec ce recul, je pouvais presque prédire l'intervention de Bernard.

- Y a des fois où les hommes doivent s'dresser d'vant l'danger pour rester des hommes, énonça-t-il solennellement comme s'il citait un livre saint.

Après le suicide soudain du maire, il avait été extrêmement délicat de renvoyer chacun chez soi. La séparation s'était fait dans un silence déplaisant, lourd de mal-être. Nul n'avait exprimé le moindre signe de réjouissance, comme si le maire avait remporté la victoire en acceptant sa défaite. Les gardes, fidèles à leur rôle, avaient appelé les autorités locales qui avaient transporté le corps à l'intérieur de leur camionnette. Puis, ils étaient partis en direction de la morgue, où le cadavre allait être rangé dans un tiroir dans l'attente de procédures. Ce n'était pas le grand luxe, mais le mort ne se plaindrait pas.
Nous n'avions pas attendu l'arrivée de la police pour nous en aller. C'était le travail des gardes de la recevoir. De façon plutôt étonnante, la détonation n'avait alerté aucun habitant. Ainsi, lorsque Bertie et moi étions montés dans la dernière carriole à destination de Minapuze, le décès du maire était encore un secret. Le conducteur avait dû nous trouver bien peu bavards, mais rien de plus. De mon côté, je m'étais interrogé sur le malaise qui me nouait l'estomac. Pourquoi ressentais-je cette culpabilité, alors que je n'avais pas assassiné cet homme de mes propres mains ? Et puis, même si c'était le cas, ce n'était pas la première fois que j'éliminais la vermine. En vérité, c'est surtout par rapport à Bertie que je me sentais mal. Par rapport à la condition qu'il avait posée, et que je n'avais pas réussi à respecter. Comme si les émotions négatives qu'il pouvait éprouver se répercutaient en moi. Quel genre de mécanisme de transmission était-il donc à l'œuvre pour permettre un tel résultat ?

Quand nous étions parvenus chez les parents du jeune blond, ces derniers nous avaient accueillis à bras ouverts. Ils m'informèrent que Kago avait été emmenée à l'hôpital, où elle avait été prise en charge. L'un des médecins avait reconnu l'instigatrice de la révolte populaire, mais avait fait preuve d'une conscience professionnelle remarquable en lui prodiguant les mêmes soins qu'à tout autre patient. Puis, Bertie avait pris le relais de la conversation. Bernard et Bernadette avaient écouté attentivement l'histoire de leur fils qui leur avait tout raconté, dans les moindres détails. Sans doute avait-il besoin de se confier. Ils s'étaient unis dans une étreinte purement familiale telle que je n'en avais jamais connue. Après cela, Bertie m'avait à nouveau adressé la parole. Apparemment, il ne me blâmait pas pour ce qu'il s'était passé.

- Dès demain, nous apporterons le Tone-Dial au palais de justice, m'informa-t-il en rechaussant son haut-de-forme qu'il avait ôté. Les gardes auront sûrement annoncé la nouvelle de la mort du maire, et l'enregistrement nous permettra de lui retirer ses droits posthumes.
- Ses droits posthumes ?
- Certains passages de son testament, et principalement l'individu qui devait lui hériter, précisa-t-il. Ses crimes lui feront perdre le bien-fondé de sa position, et donc sa capacité à désigner son successeur. Il faudra organiser une élection pour élire un tout nouveau maire.

Je hochai la tête, sans chercher à creuser plus loin. Il semblait connaître son affaire en matière de politique.

- Tu iras seul, rectifiai-je simplement. Et je te demande aussi de ne pas mentionner mon implication.
- Comment ? Mais pourquoi ??
- Je suis un pirate. Ce n'est pas bon pour ton image.

Il plissa légèrement les yeux, affichant une expression difficilement déchiffrable. En fait, j'avais également l'impression de ne pas mériter les honneurs de la destitution du maire. L'avoir laissé mourir et empocher malgré tout le pactole de la gloire me paraissait malhonnête. Mais il n'en allait pas de même pour Bertie. Il avait un peuple à protéger.

- Pour mon image ? Comment ça ?
- C'est à toi de devenir le prochain maire, fis-je sans laisser de place à la protestation. Tous les habitants de Minapuze et d'Orfénouze voteront pour toi, et supplanteront ceux de Cevief qui pourraient faire la fine bouche face au roturier que tu es.

Il baissa la tête, laissant son regard se perdre dans le vague.

- Oui, je suppose...
- C'est bien ce que tu désirais, non ? insistai-je.

Il ne répondit pas. Au fond, je comprenais ses doutes. L'histoire s'était résolue de manière trop soudaine, trop brutale. Mais maintenant que la chose s'était produite, autant en tirer profit pour avancer.

- De plus, je ne tiens pas à ce que la Marine me repère, ajoutai-je. Alors je le répète : ne parlez de moi à personne, s'il-vous-plaît.

Cette réplique s'adressait aussi bien à Bertie qu'à ses parents. Les trois acquiescèrent d'un hochement de tête. Le jeune homme au haut-de-forme m'assura même qu'il demanderait aux membres de l'association de ne rien dire à mon sujet.

- Toutefois, commença Bernadette en se détournant pour aller fouiller dans un tiroir, si nous ne pouvons pas vous rendre la pareille en racontant le service que vous nous avez rendu, laissez-nous vous remercier d'une autre façon...
- Je ne mérite pas de remerciements... soupirai-je. J'ai laissé mourir un homme...
- Je ne parle pas de cela.

J'attendis qu'elle trouve ce qu'elle était en train de chercher pour connaître la fin de sa phrase. Elle se retourna finalement vers moi, un sourire de gratitude aux lèvres et une boussole couleur or dans la paume de la main.

- C'est pour vous remercier de nous avoir ramené notre fils, ponctua-t-elle.

J'observai l'objet de navigateur qu'elle déposa dans ma main. Il brillait de mille feux et affichait un cadran exempt de tache. L'outil était indéniablement beau. Trop beau.

- Vous m'avez dit qu'elle appartenait à votre père, que c'était votre bien le plus précieux... contestai-je dans une tentative de refuser le cadeau.
- Y vous servira ben pus qu'à nous ! s'exclama Bernard en passant sa grosse patte autour des épaules de sa femme. Faites dont pas vot' difficile !
- Encore merci pour tout, renchérit Bertie.

Je les regardai tour à tour, ne voyant dans leurs pupilles qu'un éclat de reconnaissance naïve. À cet instant, je me sentis seul, égaré à l'extrémité d'une lagune que la marée haute aurait transformée en une minuscule île. Là-bas, leur univers. Ici, le mien.

***

Le lendemain, je pris à nouveau la route à la première heure. La marche, le trajet en carriole, puis encore la marche, tout se fit dans le silence le plus complet. Et ce, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Je ne pensais à rien, ayant intégré comme seul objectif de rejoindre mon navire et de poursuivre mon périple en mer. Les réflexions compliquées n'avaient pas leur place au sein de cette simplicité thérapeutique.
Le chemin que j'avais emprunté pour rejoindre mon navire m'amena inconsciemment à passer devant la mairie. Au pied de la bâtisse qui constituait maintenant le lieu d'une tragédie, était dessinée au scotch une silhouette absurde. Le corps n'était plus là, mais sa trace demeurait. À ses côtés, Ambrose fumait une cigarette comme s'il fût en compagnie d'un ami de longue date. Je fis attention à ne pas lui adresser de regard mais cela ne suffit pas.

- Hey, toi... m'interpella-t-il avec autant de vivacité dans la voix qu'un paresseux accroché à sa branche. Tu poses un lapin à tes potes de l'association ?

Je stoppai mes pas à contrecœur, et me tournai vers lui.

- Je n'ai jamais tissé de relation amicale avec ces personnes, répondis-je posément.
- Je vois. Il tira sur son mégot avec force. Ça tombe bien que tu passes par là, je voulais te dire une chose.

Il attendit que je réagisse. J'attendis qu'il poursuive.

- La nouvelle a fait le tour de la ville, reprit-il en brisant l'attente. Beaucoup de gens ne comprennent pas ce qu'il s'est passé. Avec les autres gars, on va faire le tour des habitations pour expliquer que feu le maire n'était pas tout blanc. Comme ça, ils accepteront plus facilement de faire confiance à Bertie.

Je ne pus m'empêcher de remarquer que sa manière de parler n'avait plus rien à voir avec le moment où il m'avait interrogé. Son élocution et son lexique paraissaient bien plus décontractés, voire apathiques.

- Merci, dis-je simplement en m'apprêtant à tourner les talons.
- Mais tu sais, ça va pas être facile pour le p'tit, m'interrompit-il. Feu le maire n'était certes pas un individu des plus éthiques, mais il faut comprendre une chose : c'est grâce à l'exploitation des ouvriers que cette île a pu prospérer autant. Si on augmente leurs conditions de vie, on augmente également les coûts de production, et donc on réduit les profits.
- J'ignorais que tu t'y connaissais en économie, Ambrose.
- C'est juste du bon sens. Si le p'tit veut améliorer le statut de la classe ouvrière, il faudra forcément faire des sacrifices ailleurs. La même injustice ne va-t-elle pas se reproduire, sous une autre forme ?

Réflexions compliquées, le retour. Comme une malédiction qui accepte de vous laisser tranquille quelques instants pour mieux vous surprendre ensuite.

- Au moins, Bertie n'assassinera pas de sang-froid des honnêtes citoyens.
- Comment peux-tu en être sûr ? lança-t-il. Comment peux-tu savoir qu'il ne prendra pas la grosse tête ?

Je n'avais aucun argument valable à lui opposer. En effet, je ne connaissais ce jeune homme que depuis une journée. En effet, je n'avais moi-même aucune idée des dilemmes qui pouvaient se poser à quelqu'un qui avait à s'occuper d'une île entière.

- J'ai simplement fait ce qui me semblait juste, déclarai-je pour clore la conversation.

Et je continuai ma route sans me retourner. Ambrose ne chercha pas à me retenir. Je n'avais en outre pas besoin de lui pour être conscient de ma propre hypocrisie. Ce qui me semblait juste, c'était donc de tuer des gens ? Mais après tout, il s'agissait là d'un sacrifice, justement. Oui, un sacrifice nécessaire. Tandis que je marchais mécaniquement, je sortis la boussole que Bernadette m'avait offerte en guise de remerciement. Son étui doré et son verre étincelant étaient toujours aussi magnifiques.

***

Les jours qui suivirent, je pus enfin décider de ma direction. Sans destination particulière, je me fixai le but de suivre un cap nord-ouest. Les jours s'enchaînèrent, longs et répétitifs, comme autant de victoires et de défaites simultanées du soleil et de la lune. Sous la rage lente de cette bataille sempiternelle, je m'appliquai à m'entraîner. Technique à l'épée, agilité des déplacements, maîtrise du Celo, je pratiquai méticuleusement chaque point. Car je le savais, ce n'était pas en ayant effacé le message de Kuroboe que j'avais également effacé sa menace. Un jour ou l'autre, j'allais devoir l'affronter.
Un matin, tandis que la journée s'annonçait identique à toutes les précédentes, je remarquai un attroupement de nuages inhabituel. Un peu du genre de ceux auxquels Bernadette – quand elle m'avait parlé de navigation – m'avait mis en garde. La tempête ne tarda pas à éclater. Malgré toute ma bonne volonté, je ne parvins pas à garder le contrôle du bateau. Un éclair troua la voile, une vague immergea le pont. L'embarcation était secouée en tous sens, simple fétu de paille à la surface d'une mer déchaînée. Dans la panique et la précipitation, je finis par perdre l'équilibre et me cogner le crâne contre le mât. Accident stupide qui me précipita dans l'inconscience. En me réveillant, j'allais me rendre compte que j'avais eu la chance d'échouer sur une plage... Une plage au bout de laquelle un arbre majestueux se dressait...


Ulquiorra a laissé son empreinte sur le royaume du cristal, tel une ombre insaisissable désireuse de conserver son anonymat. La transition entre Opertale et Sleepy Tree est achevée !
Découvrez la suite des aventures d'Ulquiorra : Un instant atemporel dans un monde en quatre dimensions

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Un conflit et trois âmes courageuses au royaume du cristal [Ino+Kago+Ulqui]
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