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 Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]

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Jewelry Bonney

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MessageSujet: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Lun 13 Oct - 11:42

Spoiler:
 

Le souffle haletant, les poumons en feu, un point de côté lancinant, les jambes qui ne portaient plus. Chaque bouffée d'air était un supplice. Elle courrait depuis une éternité lui semblait-il. Les brindilles au sol craquaient sous son pas brusque et précipité, les branchages lui fouettaient le visage, les ronces lacéraient sa peau à nu, mais cela n'avait pas d'importance, elle courrait. Car sa vie en dépendait. Elle voulait s'arrêter mais ne devait pas.

Toutefois, la jeune femme prit le temps de s'appuyer contre un arbre, écoutant attentivement les alentours, essayant de calmer sa propre respiration pour déceler les bruits de ses poursuivants. Ils se rapprochaient. Elle entendait les aboiements des chiens, le rire des hommes et les pas lourds de la troupe.

Elle se faisait chasser. Voilà des jours qu'elle n'avait pas mangé mais l'instinct de survie et l'adrénaline portaient ses jambes. Courir, toujours. Jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et trouve une alternative. Elle savait qu'elle ne pourrait pas les semer. C'étaient des chasseurs aguerris et étaient accompagnés de chiens. On sentait que ce n'était pas la première fois qu'ils traquaient quelqu'un comme ça. C'était le prix pour la liberté et son entreprise vengeresse.

Son pied nu se prit dans des racines et elle trébucha, écorchant son genou tout aussi découvert. Elle était démunie, à demi nue, courant dans une forêt qu'elle ne connaissait pas. Elle se releva et courut, tournant de temps en temps, serpentant entre les arbres. Elle aurait pu monter dans l'un d'entre eux mais elle se serait faite tirer dessus comme une perdrix, bloquée dans les hauteurs à partir du moment même où ils l'auraient vue. Car elle aurait été découverte, elle n'en doutait pas.

Donc la jeune femme courrait. Les larmes lui montaient aux yeux. Cette forêt paraissait inhabitée et sans fin. Le vent fit bruire les feuilles des arbres aux alentours, lui rappelant à quel point elle se sentait emprisonnée ici. Soudain, les aboiements des chiens se firent plus soutenus, elle les entendait beaucoup plus clairement que précédemment. Et elle comprit. Ils avaient lâchés les chiens.

Puisant dans ses ultimes forces, elle accéléra la cadence mais elle savait cet effort vain, elle endentait déjà les martèlements de leur pattes sur le sol. Le souffle court, la jeune femme se campa sur ses jambes le plus fermement que son état le permettait et chercha du regard un bâton, quelque chose pour se défendre. Elle trouva un bout de bois large mais pas très solide. Il devra faire l'affaire, les molosses arrivaient.

Le premier jaillit tout croc dehors, les babines retroussés, la bave écumante, ils n'avaient pas mangé depuis aussi longtemps qu'elle si ce n'était plus. Il lui sauta dessus directement et la jeune femme le frappa de toutes ses maigres forces en plein vol, tenant le morceau de bois comme s'il était une batte. Le chien couina et resta à terre quelques instants ce qui laissa à la jeune femme le temps de se mettre en garde contre ses autres assaillants. Quatre molosses sans compter celui qu'elle avait mis à terre. Elle gémit de désespoir, les nerfs craquaient. Ils couraient ardemment droit sur elle. Jamais elle ne pourra se débarrasser des cinq. Un premier fonça vers sa jambe pendant qu'un autre essayait de lui sauter à la gorge. Elle tenta de le repousser comme précédemment mais un morceau de son arme improvisée vola en éclat. Elle prit donc les deux extrémités et le coinça entre les dents du dogue. Le chien avait une force brute qui la dépassait largement, et elle tomba dans l'humus et les feuilles trempées, l'animal pesant sur son corps de tout son poids. Elle cédait un peu de terrain à chaque coup de gueule qu'il tentait.

Elle hurla de douleur et chuta, l'un des autres chiens venaient de lui mordre le mollet, elle sentait ses crocs fouiller dans sa chair. A l'odeur du sang, les trois autres se précipitèrent vers sa jambe blessée et les morsures redoublèrent, lacérant sa cuisse. Elle essayait de se débarrasser d'eux, donnant des coups de pieds aléatoirement mais la douleur l'envahissait, elle perdait pied. Elle sentait ses forces l'abandonner. Elle tenta un coup sur celui au dessus d'elle mais ce fut comme si elle n'avait pas frappé. Le bâton éclata dans la gueule du chien et la jeune femme vit sa dernière heure arriver.

Un sifflet strident la détrompa et les chiens repartirent d'où ils étaient venus. La jeune femme, gémissante de douleur, n'osa pas regarder l'état de sa jambe. Pourtant, elle fut fatalement attirée par les quantités de sang alarmante qui s'étalaient devant elle. Elle en eut la nausée et comprit pourquoi elle avait aussi mal. On lui voyait jusqu'à l'os. Tremblante, exténuée, la peur lui cisaillait le ventre. Elle allait mourir. C'était une certitude.

Les voix se rapprochaient, ils allaient l'avoir. Elle ne pouvait plus bouger, elle avait bien trop mal pour cela, alors elle attendit le plus dignement, le plus effrontément possible ses poursuivants. Ils ne tardèrent pas et furent très vite auprès d'elle dans une ambiance de bonne humeur écoeurante. Ils riaient entre eux, se frappaient dans le dos, se félicitant pour cette bonne chasse. L'un d'entre eux, son tortionnaire, celui qu'elle avait tenté de démolir, s'avança le fusil de chasse au poing, le cran d'arrêt en arrière, le doigt sur la détente.

– C'est ici que s'arrête ta carrière Jewelry Bonney.


La terreur visible dans ses yeux, elle voyait sa vie défiler. Elle ne voulait pas mourir maintenant, elle avait des camarades qui l'attendaient … Lili … Kannon … Elle ne pourra pas les rejoindre sur Yurikago. Le coup de feu retentit macabrement dans la forêt, et c'est en effet ici que se termina la courte vie de Jewelry Bonney.

Il s'agit du même RP, je l'ai simplement changé de localisation, désolée pour la boulette >_<:
 

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Dernière édition par Jewelry Bonney le Jeu 18 Déc - 17:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Lun 13 Oct - 16:17



4 jours plus tôt

Après de courts au revoir et une promesse de se retrouver dans trois jours sur Yurikago, Bonney avait pris la mer, le poing convulsivement crispé sur son chakram, profitant d'un bateau marchand qui allait au Royaume de Bliss pour abandonner son fidèle radeau qui en avait bien trop vu depuis Square Fall. Elle avait décidé de s'acheter un navire digne de ce nom après avoir effectué sa mission pour embarquer définitivement et ainsi accueillir les futurs membres de son équipage.

Pendant la traversée, la pirate avait eu le regard dans le vague, les nuages défilant au dessus de ses yeux qui semblaient vides. Son esprit était ailleurs, répétant inlassablement un mot : Milona.


17 ans plus tôt


Dans l'air salin de South Blue, un drapeau pirate curieux claquait au vent, ondulant librement et fièrement en haut du grand mat d'un imposant galion. Le Jolly Roger était festif, les bras ouverts invitant à boire un verre, une chope de bière dans l'un, un cocktail dans l'autre, à l'image de l'équipage qu'il représentait dont le nom était pourtant craint : le Jewelry's Family.

Le Jolly Roger du Jewelry's Family:
 

Sur le pont, des enfants courraient en riant joyeusement, se faufilant entre tonneaux et adultes qui s'activaient au travail. Hommes, femmes, enfants, adolescents, jeunes adultes, quarantenaire, retraités, l'équipage était hétérogène et, malgré des armes redoutables entreposées dans l'armurerie, un sentiment de paix, d'amour et de famille régnait sur le navire. Une petite fille de sept ans, ses cheveux roses voltigeant derrière elle, déboula à toute allure sur le pont, riant aux éclats alors que derrière elle, une petite fille de deux ans sa cadette faisait tous les efforts du monde pour la suivre, réajustant parfois ses cheveux d'un tendre bleu violet.

Milona:
 

– Bonney …, attends moi, pleurnicha celle-ci

– Bouh … la bébé, se moqua l'aînée.


La dénommée continua, riant de plus belle, jetant un regard en arrière sur l'enfant, percutant de ce fait la personne qui était devant elle. Bonney tomba sur les fesses, levant les yeux vers la personne qui la toisait de toute sa taille. Une grande femme, brune, un pantacourt de soie à fines chinoiseries assortie à la tunique ajustée au dessus du nombril, la regardait avec un regard sévère, deux énormes chakrams pendant à chaque côté de sa taille.

– Bonney ! Combien de fois t'ai-je dit d'être gentille avec ta cousine ! Elle est plus petite !

– On faisait que jouer, m'man, répondit l'effrontée en lui souriant.


Jewelry Meisa:
 

Le visage de sa mère se contracta et elle se baissa vers sa fille, les bras crispés comme si elle allait lui mettre une fessée pour sa réponse, au lieu de quoi, la sanguinaire pirate enlaça comme une folle sa progéniture, affichant clairement une expression d'amour béate et dégoulinante de guimauve. La petite pirate se débattait férocement, piaillant contre sa mère :

– Lâche-moi ! Je t'ai dit que j'en pouvais plus de tes câlins baba cool !

Sa mère ne l'écoutait pas, bien au contraire :

– Oh, ma Bonney d'amour, tu es trop chou, Kuroki ! Viens voir notre adorable petite fripouille.

– NON ! Papa, dégage !

Trop tard, son père lui tirait les joues, tout gâteux, une attitude contrastant avec son physique qui inspirait peur et méfiance sur le champ de bataille. Kuroki Jewelry était connu pour être implacable et sanguinaire avec une faux, son épouse, Meisa, n'étant pas en reste.


Jewelry Kuroki:
 

Autour d'elle, le reste de l'équipage de ses parents les regardait avec tendresse, certains faisant de même avec leur propres rejetons. Oui, le Jewelry's Family était un navire bien particulier, une grande famille constituée de familles.

– Une fois de plus, tu es ridiculement impuissante face à l'amour de tes parents, la fripouille.

– La ferme, Kamijo, jura Bonney en repoussant son père qui tentait de lui faire l'un de ses affreux bisous paternels alors que sa mère lui caressait les cheveux.

Kamijo, un espiègle garçon aux cheveux rouges, agaçant du haut de ses dix ans qu'il arborait fièrement, lui tira la langue et repartit joyeusement dans les cordages du navire alors que la petite fille aux cheveux violines levait la tête vers la vigie.

– P'pa il doit voir touuuuuuuuuut le monde entier là-haut ! Hein tata Meisa !

– Oui, Milona, on a vu tout le monde avant votre naissance, on a vu Grand Line …

Depuis la naissance de Bonney, le Jewelry's Family voguait en eaux plus calmes à travers les Blue. Il s'était fixé à Shinji, une île de South Blue qu'ils avaient saccagé pour en faire leur propriété exclusive. Aujourd'hui, les pirates avaient de nouveau pris la mer pour l'opposer de South Blue, sous les instances de Bonney qui voulait voguer.

– Bonney, va rejoindre ton frère et les autres enfants, regroupez vous dans les cabines,
ordonna soudainement sa mère en humant l'air, regardant le ciel qui s'assombrissait.

– Tout le monde à son poste, hurla Kuroki, on doit mettre le cap vers Baterilla si on ne veut pas se faire surprendre par la tempête !

Bonney regardait fascinée ses parents, alors que seulement quelques nuages obscurcissaient le ciel. Les deux hippies complètement gaga de leur fille s'étaient transformés en chef de file, non … mieux, en capitaine !

Milona obéit à sa tante et trouva refuge dans les cabines alors que Bonney chercha Kamijo du regard, déterminée à rester dans les voiles ou les cordages pour regarder ses parents diriger et l'équipage travailler comme un seul homme. Cela avait une grâce, un instant de beauté qui la fascinait. Les hommes tiraient sur les cordes, tendant les voiles, laissant du leste quand les deux capitaines l'ordonnaient dans une synchronisation parfaite liée à de longues années de mariage. Les femmes n'en faisaient pas moins, courant sur le pont ou sur les mats pour veiller aux cordages de sécurité, donner du soutien à leur compagnon, fils, cousin ou simplement ami. C'était une danse de coordination.

Bonney escalada souplement une échelle de corde, enroulant une sécurité autour de sa jambe, pour se mettre à califourchon sur un mât à deux mètres du pont.

– Jewelry Bonney ! Par les chakrams de ta mère ! Descends de là et va dans les cabines ! beugla son père d'un ton autoritaire alors que le vent se levait, couvrant partiellement sa voix.

La petite fille grimaça. Quand ses parents l'appelaient par son nom entier, c'était qu'ils étaient on ne peut plus sérieux. Elle se remit debout, en équilibre sur le mât, les bras écartés en balancier, pour rejoindre une poulie et se laisser glisser sur le pont. Pourtant déterminée à obéir, la future capitaine pirate se figea en voyant l'horizon. Le ciel était noir de nuages menaçants, le vent soufflait de plus en plus fort, des éclairs zébraient l'horizon, une fine pluie commençait à s'abattre sur le navire. LA tempête s'était installée en quelques minutes. Bonney ne demanda pas son reste et se laissa glisser le long d'un système de poulie et atterrit souplement sur le pont. Elle glissa quand une rude tape lui frappa l'arrière du crâne et se sentit soulevée, glissée sous un bras comme un sac à patate.

– Kamijo, repose moi, grogna-t-elle.

– Ordre du capitaine Meisa, contra-t-il ce qui cloua aussitôt le bec de l'enfant au fort caractère.

– Capitaines ! Le vent vient de bâbord, on va pas pouvoir …


– Je sais ! Pliez les voiles ! Elles ne doivent pas se déchirer. Soyez prêt à réagir quand nous vous dirons d'en déployer certaines. Kuroki …


– Je sais … On se détourne déjà de Baterilla. Il faut qu'on essaye d'accoster sur la moitié Est de Bliss au plus vite.

–Je déteste Bliss … Mais on a pas le choix, reconnut Meisa, ça devient dangereux pour notre famille.

–Libérez les voiles arrières ! On va rattraper le port du Royaume de Bliss !


Bonney repoussa durement Kamijo en lissant sa tunique, écoutant attentivement contre la porte pour essayer d'entendre les ordres que hurlaient ses parents. Elle vit vaguement son frère au fond avec des amis à lui, plus vieux qu'elle. Le bateau sembla rouler sur lui même et la gamine roula cul par dessus tête, s'écrasant généreusement sur sa cousine.

– Pardon, Milona, s'excusa-t-elle de bonne grâce.
– J'ai peur, Bonney, j'aime pas la tempête, souffla la petite fille en tremblant.

Comme souvent dans ces cas là, Bonney enlaça sa cousine, dissimulant les remous du navire par des bercements de droite à gauche, essayant de couvrir le grondement du tonnerre par sa voix qui chantait une comptine de pirates.

– Ne t'inquiète pas, on va accoster sain et sauf, et on pourra partir explorer l'île en douce comme d'habitude.

– Promis ?

– Toujours, pour une aventure.

De loin, Kamijo sourit en les observant. Bonney avait de la tendresse et de l'amour à revendre pour l'équipage, peu importe ce qu'elle en disait, peu importe combien elle frappait ses parents quand ils l'enlaçaient.

Bien des heures plus tard, la tempête s'était calmée mais Bonney sentait que le bateau était à l'arrêt depuis un moment. Pourquoi les adultes ne les avaient-ils pas fait sortir … ?  Au bout d'un certain temps, elle n'y tint plus et sortit discrètement, se déplaçant le plus silencieusement possible en faisant un détour pour ne pas être vue. Cela ne fut pas difficile quand elle découvrit à sa plus grande surprise que le pont était vide. Bonney eut un frisson glacé. Ils devaient être dans la salle de réunion, ce n'était jamais bon quand tout l'équipage s'y réunissait sans les prévenir. D'après son frère, la dernière fois, elle était trop jeune pour s'en souvenir, c'était quand un membre de l'équipage était mort, perdu en mer lors d'une tempête d'une rare violence.


Au dessus d'elle, le ciel était redevenu bleu et il faisait agréablement bon. Le soleil brillait et dévoilait une île assez jolie, des montagnes se découpant à l'horizon, un lac scintillant d'une eau claire avec, au loin, des gros bâtiments qui ressemblaient à des châteaux. Les yeux de Bonney brillèrent d'intérêt. Qui disait château, disait richesse et donc possibilité de vol. Oubliant aussitôt les soucis des adultes, Bonney retourna voir sa cousine.

– Milona ! On est sur une île trop jolie avec des châteaux !


Les yeux de la petite aux cheveux violines brillèrent d'intérêt aussi car c'était dans un château qu'on pouvait trouver un prince ou une princesse.

– On y va Bonney !

– Non, intervient Kamijo, on attend les ordres des capitaines. Tu ne pars pas à l'aventure sans qu'ils le sachent.

– Je désobéis si je veux d'abord, dit-elle en tirant la langue.

La gamine ouvrit un des hublots qu'elle savait attenant à l'ancre et s'y glissa, se tortillant quand ses épaules et ses hanches eurent du mal à passer. Milona, plus fluette, passa sans encombre à sa suite, sa cousine déjà en train de descendre les chaines avec précaution puis elle se laissa tomber dans l'eau de la mer en nageant avec aisance. Bonney avait toujours été une bonne nageuse. Poussée par le désir de suivre sa cousine, de ne pas se dégonfler et de voir un prince ou une princesse, Milona se laissa aussi tomber à la mer, réalisant un plat d'anthologie.

– Ça va ? Tu t'es pas fait trop mal ?

Milona secoua frénétiquement la tête et les deux filles partirent, complices, vers ces châteaux inconnus prometteurs.


Kuroki, la mine sombre, regardait son équipage, sa femme amoureusement posée contre lui pour essayer de le décontracter.

– Les dégâts de la tempête sont minimes. La coque est éraflée, certaines voiles ont craqué et on a perdu seulement un canon. Le problème majeur reste qu'on a atterri du mauvais côté de Bliss. Nous sommes chez les nobles.

L'équipage se crispa, murmurant autour d'eux. Meisa écarta les bras et fit un signe pour arrêter les inquiétudes qui commençaient à gonfler autour d'eux.

– Nous avons affronté bien pire que cela sur Grand Line. Aujourd'hui notre priorité bien sûr est les enfants. Aucun d'eux ne doit sortir du bateau, nous allons réparer au plus vite les voiles et le gouvernail qui a légèrement dévié pour partir aussi rapidement que possible cette île de malheur.

Alors que chacun hochait la tête, une joie retrouvée s'épanouissant sur leurs visages, Kamijo débarqua, ses cheveux rouges éparpillés dans tous les sens.

– Capitaines ! Bonney et Milona sont parties en exploration sur l'île, elles voulaient voir les châteaux.

Les deux capitaines et la sœur de Kuroki se décomposèrent et Meisa donna ses ordres : la moitié de l'équipage réparait le navire, l'autre partait à la poursuite des deux petites filles.

Toujours 17 ans plus tôt, quelques heures plus tard


Un cri, déchirant, à vous en briser le cœur, à s'en rompre les cordes vocales, un appel au secours de désespoir, franchit les lèvres de Bonney, le visage noyé sous les larmes et les sanglots :

– Milonaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Retour au présent (NDLR : tout au long du chapitre, j'appellerai présent la période avant le premier RP et après le flashback de 17 ans)

Bonney quitta ses souvenirs, les larmes aux yeux, les jointures blanchies par sa prise sur son chakram. Elle lui avait promis. C'était avec une volonté à toute épreuve, que Bonney descendit du navire, s'enfonçant dans la partie de l'île dominée par les pirates et brigands. Peu importe ce qui lui en coûtaient. Elle honorerait sa promesse.

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Dernière édition par Jewelry Bonney le Lun 29 Juin - 0:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Dim 26 Oct - 0:48

Présent

Avec amertume, Bonney se rendait compte que penser à ce passé la rendait mal. Terriblement triste, brisant son masque, la personne qu'elle voulait être, pour laisser apparaître la jeune femme aux lourds bagages émotionnels, souhaitant se racheter, réparer son erreur de jeunesse en honorant la promesse qu'elle avait faite à Milona et surtout à elle-même.

La situation n'était pas idyllique. Même si le médecin de Lagays Greem lui avait confirmé qu'elle avait le coude seulement fêlé et non pas cassé, Bonney bénéficiait d'un bras en moins pour se battre, elle ne serait pas au maximum de ses capacités. Mais elle devait le faire. Parce qu'elle avait dit à Milona un jour qu'elle serait son adjoint, son bras droit, qu'elles fendraient les océans en conquérantes. Seulement, le destin, avec l'aide involontaire de Bonney, en avait décidé autrement.

Agir à ce moment précis s'était imposé comme une évidence à Bonney. Elle avait rencontré Lili et Kannon, deux camarades improbables et éphémères en théorie, mais qui étaient devenus de vrais amis au terme de ces trois jours de folie. Il lui était apparu comme évident de faire un bout de chemin avec eux, même de les inviter à rejoindre son équipage. Or, cela était impossible sans Milona. La pirate s'était faite la main avec trois excursions sur des îles radicalement différentes – pouvait-on faire plus différent que Square Fall, Kiguéritou et Lagays Greem, elle se le demandait – se débrouillant par elle-même pour se frayer son chemin. Ce n'était que des entrainements pour l'un de ses véritables buts : Milona.

Le bras blessé raide et immobilisé contre elle grâce à une attelle, Bonney s'engagea dans les rues insalubres du non-lieu qu'était cette partie de Bliss. Ici, plus aucune loi régnait hormis celle du plus fort. Le respect était une notion inconnue qui se découvrait par les démonstrations de force, l'impétueuse pirate était déjà prête à en découdre, une tension l'habitant du simple fait d'être sur cette île maudite. Elle n'avait pas besoin de grand chose en soi. Seulement laisser trainer ses oreilles aux bons endroits pour en savoir plus sur la situation actuelle de l'île. Y avaient-ils encore eu des affrontements entre la partie Ouest bourgeoise et l'Est de la piraterie ? Qu'étaient devenus les habitants de ces fameux châteaux qu'elle et sa cousine avaient été visiter ? La Marine était-elle intervenue ces derniers temps ? Tant de questions nécessaires pour sa mission et son plan complètement insensé.

Bonney toussa et se frictionna la poitrine par dessus sa chemise. Cette île la rendait vraiment mal à l'aise. Elle inspira longuement et entra dans la première taverne qu'elle trouva. L'odeur y était si infecte que Bonney crut faire aussitôt demi-tour, elle se retint, constatant que c'était typiquement le genre d'endroit qu'il lui fallait : plein à craquer, écoeurant de testostérone, quelques femmes aux caractères bien trempés dans un coin et surtout, bruyante de conversations qui fusaient dans l'air. La pirate aux cheveux roses savaient qu'avec son bras endommagé, elle puait la victime à des kilomètres à la ronde pour ces brigands sans foi ni loi. Elle était sur ses gardes, le regard droit et assuré mais pas défiant. Se montrer trop orgueilleuse ou excessivement sûre d'elle ici serait une provocation.

La jeune femme s'assit sur un des tabourets attenant au bar et fit signe au tenancier, essayant de paraître le plus naturel possible alors qu'elle avait la nausée. Une envie de frapper quelqu'un jusqu'à entendre ses os craquer aussi. Pour se défouler et sortir sa violence sans pitié dont elle aurait besoin.  Bonney faillit commander un jus ou un verre de lait comme à son habitude, elle qui avait une sainte horreur de l'alcool,  mais se ravisa, entendant déjà les rires moqueurs et les confrontations qu'elle pourrait avoir.

– Du rhum, grogna-t-elle alors sachant pertinemment qu'elle en boirait seulement des toutes petites gorgées de temps à autre pour ne jamais finir le verre.
– Rentre chez toi, fillette. Ici, ce n'est pas un endroit pour une bonne fille respectable, lui rétorqua le tenancier en essuyant un de ses verres d'une propreté douteuse.

La main indemne de Bonney se crispa sur son chakram mais elle ne le brandit pas, le relâchant seulement pour frapper durement du poing sur la table, le visage menaçant.

– Je suis une pirate qui a soif, vieil imbécile, pas une gamine. Alors tu me sers, grinça-t-elle des dents, ses yeux violets plantés dans celui de l'homme.
– Tu es dans mon établissement, je n'ai pas d'ordre à recevoir d'une fille à peine pubère, insulta-t-il à escient en louchant sur le corps bien développé de la pirate.

Bonney, agacée mais consciente de ne pas pouvoir se battre contre lui sans avoir toute la taverne sur le dos, eut recours alors à une chose qu'elle détestait faire :

– Tu vois ça, siffla-t-elle menaçante en sortant une pièce usée et sans valeur de sa poche, c'est ton dernier avertissement.

Le tenancier blêmit en voyant le symbole gravé sur le métal et lui servit une chope de rhum dans la minute qui suivit :

– Je ne savais pas que les Jewelry étaient ici …

Bonney ne dit pas un mot de plus, hochant la tête en trempant à peine ses lèvres dans le liquide translucide, réprimant une grimace de dégout. Elle détestait profondément utiliser la renommée de ses parents et la crainte que leur équipage inspirait pour son profit personnel. Elle s'abimait de temps à autres dans la contemplation de son verre, concentrée qu'elle était à isoler et identifier les sujets de conversation.

– Les marines ont pris cher … paraît que les révolutionnaires ont massacré une base entière à cause d'une femme …
– Tansui s'est fait massacré, lui qui était si puissant  ! Il court de drôle de rumeurs sur les circonstances de sa mort. Parait qu'un démon a été invoqué par deux femmes humaines de la Marine pour le tuer. Un démon enfant avec des yeux rouges, des dents immenses et un rire dérangeant.
– Héhéhé, y a un sacré merdier sur Yurikago, des histoires de marteau ou je sais pas quoi, c'était pas super clair.
– Des enfants ont encore été emmenés aux châteaux de l'autre côté de Bliss. La Marine ne dit rien et laisse faire … même des adultes ont été pris ! Ce royaume est pourri jusqu'à la moelle. Plus personne n'est à l'abri. Il paraît même que …

Bonney se figea en entendant ce fragment de conversation qui était pile ce qu'elle recherchait. Malheureusement elle n'entendit pas la suite des rumeurs forts intéressantes que propageaient la femme. La pirate se retourna d'un bloc et identifia la table en question, se levant d'un pas souple pour poser calmement le plat de sa main sur le bois humide de boisson et demanda sèchement :

– Il paraît que quoi ? Qu'est-ce qui se passe dans ses putains de château ?!
– La conversation ne te regarde pas, c'est privé, râla la brigante anonyme en se levant pour tenter lamentablement de dominer Bonney, bien plus grande qu'elle.

Celle-ci perdit patience. Ça faisait des heures qu'elle attendait dans ce bar de merde, c'était la première à en parler alors elle aurait ces informations quitte à devoir s'enfuir en catimini d'ici. Sans perdre une seconde, la pirate aux cheveux roses la frappa au ventre de son genou et assena dans la foulée un coup de coude sur la nuque offerte par le souffle coupé. Son adversaire allait répliquer ainsi que ses camarades quand, dans un hurlement de douleur, Bonney se dégagea son bras blessé de son attelle pour saisir son chakram et l'apposer sur la nuque de sa potentielle victime.

– Dis moi ou je te tue, cracha-t-elle malgré la tête qui lui tournait sous la douleur.
– Ils sont plus nombreux, grogna sa victime en la foudroyant du regard, et du coup, ils emmènent quiconque leur plait un minimum ou ose les défier.

Perturbée par cette nouvelle, Bonney relâcha sa vigilance et ne vit pas une tierce personne lui saisir son coude fêlée. Bonney hurla de douleur et sans réfléchir, par pur réflexe, elle fit décrire un large arc de cercle à son chakram, faisant une belle estafilade en travers du visage de son adversaire. L'homme, qui ne lui semblait pas avoir vu à la table de la femme, la lâcha pour porter ses mains à la blessure. Bonney reprit son arme de son bras valide en se reculant prudemment, des tâches sombres obscurcissant sa vue. Elle se sentait comme une bête dont le piège se refermait lentement sur elle. Elle avait les informations qu'elle recherchait, c'était tout ce qui comptait à ses yeux.

La pirate aux cheveux roses donna un vigoureux coup de pied dans la table, la renversant sur ses assaillants avant de leur tourner le dos pour fuir. Elle n'eut pas fait deux pas qu'elle sentit une poigne ferme se refermer sur ses cheveux, un coup sec la faisant tomber en arrière. Paniquée, étourdie de douleur, Bonney rangea son chakram afin d'avoir sa main valide de libre, tâtonnant à la recherche de son agresseur. Lorsqu'elle y parvient, un violent choc à la mâchoire la rendit momentanément aveugle de douleur. Elle n'eut pas le temps de s'en remettre qu'un autre coup tomba, lui éclatant l'arcade sourcilière. A deux doigts de l'évanouissement, Bonney se laissa faire, attendant que les coups cessent de pleuvoir. Ce fut le tavernier qui intervint finalement, dispersant les agresseurs pour saisir à bras le corps Bonney et la jeter dehors de son établissement.

– Je t'avais dit que tu n'étais pas de taille fillette, glissa-t-il sournoisement avant de retourner dans son établissement.

Bonney resta un long moment affalée dans l'herbe fraîche, le ciel s'assombrissant tout comme son humeur déjà guère bonne. Laborieusement, elle s'immobilisa le bras du mieux qu'elle put, essuyant les traitresses perles salées qui commençaient à poindre au coin de ses yeux. Elle avait perdu le contrôle, c'était laissé aller à ses émotions et avait pris une rouste pour sa peine. Son arcade sourcilière et son menton la faisaient souffrir tout comme ses côtes. Elle allait avoir besoin de toutes ses forces pour son plan suicidaire … elle avait vraiment déconné.

Rageuse, Bonney frappa un mur à sa droite. Dès qu'il était question de Milona, elle perdait le contrôle. Néanmoins, elle avait ce qu'elle désirait : des informations qui étaient de bonnes augures pour son plan. Epoussetant ses vêtements, Bonney se mit maladroitement sur pied et regarda l'épaisse muraille à quelques kilomètres de là que le gouvernement de Bliss avait été érigée pour séparer les deux camps. La libre circulation était possible mais strictement contrôlée. La pirate ne s'en faisait néanmoins pas pour cela. Elle était seule, sans équipage, une voyageuse isolée que l'on ne prendrait pas pour un danger, encore moins avec les bleus qui ne tarderaient pas à apparaître sur son visage.

Fermement, elle se mit en route, sa volonté portant son corps rompu, se poussant dans ses retranchements. Elle n'avait pas tout à fait récupérer des folies exécutées à Lagays Greem. Néanmoins, au bout de 2h, elle franchit les murailles, les gardes la regardant d'abord avec méfiance du fait de son sale état avant de finalement céder. A quelques mètres de là, une fois rentrée dans l'autre Bliss, siégeaient majestueusement en face d'elle les fameux château de son enfance. Elle n'aurait jamais dû y mettre les pieds. La pirate d'habitude sans peur, déglutit nerveusement les souvenirs, le traumatisme revenant de plein fouet.


17 ans plus tôt

– Regarde Bonney, on arrive, lâcha un peu rêveusement Milona.

Les yeux de sa cousine brillaient déjà du sigle berrys alors que la petite aux cheveux violines avaient des histoires fantastiques de princes à cheval qui défilaient. Bonney, déjà grande pour son âge, se tenait droite et regardait les immenses châteaux devant eux. Ils en imposaient avec leurs murs interminables, leurs tours monstrueusement grandes, des meurtrières fines donnant des allures d'yeux plissés inquiétant qui vous observaient. Les nobles bâtisses ne semblaient pas abandonnées mais Bonney s'en moquait. Mieux même, cela lui donnerait une occasion de s'entrainer à dépouiller les gens.

– Allez, viens Milona, on doit trouver un moyen d'entrer discrètement.
– Mais y a une grosse porte juste là, protesta la plus jeune en indiquant l'entrée principale.
– On peut pas rentrer par l'entrée principale, petite tête. On est des pirates, asséna-t-elle en lui soupirant, l'air désespérée par la naïveté de sa cousine.

Un bruit fit sursauter Bonney qui tira Milona par la main et elle la poussa dans un buisson avant d'y sauter la tête la première aussi. A l'angle du premier château, un garde surgit, son armure brillant au soleil. Bonney se fit la réflexion qu'il devait cuire de l'intérieur avec sa coquille de métal si encombrante.

– Bonney, y a peut-être la Marine, chouina Milona, on ferait mieux de rentrer.
– Pas question ! S'ils sont là avec les gardes en plus, c'est que ça doit être super méga hyper intéressant ce qu'il y a à l'intérieur. Tu veux pas voir ça ? Allez Milona me laisse pas y aller seule on va s'amuser ! Regarde ! Y a un monsieur qui tire une grosse charrette avec de la paille, viens on va dedans pour rentrer par la grande porte comme tu voulais.

Séduite malgré elle par l'idée qui ressemblait à un jeu, Milona sortit la première, faisant un grand arc de cercle pour rejoindre discrètement la charrette à présent immobile, le paysan s'était arrêté pour parler avec quelqu'un sur le bas côté. Bonney, elle, regardait à droite à gauche, espérant, priant de tout cœur qu'un autre garde n'allait pas surgir d'elle ne savait trop où. Le cœur battant la chamade, son premier exploit de jeune pirate sur le point de se concrétiser dans son esprit enfantin, elle courut rejoindre Milona, se calfeutrant contre elle sous la paille, près du bord pour fuir au plus vite en cas de pépin.

Au bout de quelques dix minutes qui furent les plus longues de la courte existence des demoiselles, la charrette s'arrêta.

– Laisse-là ici, on déchargera demain, grommela le responsable.

N'en croyant pas sa chance inespérée, n'ayant pas réfléchi à comment sortir sans se faire prendre, Bonney attendit encore quelques minutes avant de descendre. Après quelques instants de réflexion, la petite pirate décida qu'il était logique de cacher ses trésors au sous-sol et donc qu'elles devaient descendre. Méfiante, croyant dans ses délires d'enfant imiter ses parents, Bonney se munit d'un bâton et commença son exploration dans les couloirs, courant à l'opposé quand elle entendait des bruits de pas. L'intérieur du château était élégant, jamais elle n'avait vu tant de richesse, pourtant, le navire de ses parents en débordaient. Des tableaux, des objets brillants dont elle ignorait l'utilité et la réelle valeur, des meubles au vernis luisant. Les deux enfants étaient impressionnées par tant faste.

Abasourdie, Bonney se prit les pieds dans un tapis et s'éclata la tête la première dans une armure qui s'éparpilla au sol dans un vacarme d'acier assourdissant. A moitié assommée, la petite fille aux cheveux roses reprenaient lentement ses esprits alors qu'une adolescente surgit devant elles, accompagnée d'un homme qui lui paraissait à peine plus vieux que son père. Milona, paniquée, courut rejoindre sa cousine et la tira pour la remettre debout.

– Vite, Bonney, on doit partir, ils vont appeler la Marine.

Alors que Bonney allait répondre, l'adolescente s'écria :

– Papa ! Elle est trop mignonne ! Je peux la prendre comme animal de compagnie ?
– Bien sûr mon ange, tu as tous les droits. Rappelle toi qu'ils ne sont que des insectes comparés à nous, les Tenryuubitô.

L'adolescente saisit Milona qui essaya de retourner auprès de Bonney, estomaquée.

– C'est ma cousine Milona ! Pas un animal de compagnie ! Laissez là tranquille ou je vous tue ! menaça-t-elle en brandissant le bâton.
– Elle est pas mignonne, elle. Je veux qu'elle parte, papa. Et toi, tu t'appelles ... Tira ! Oui ton nom est Tira désormais,dit elle en tenant le menton de Milona qui essaya de nier, se prenant une gifle pour cela.

Le Tenryuubitô souffla dans un sifflet et quelques secondes après, deux gardes saisirent Bonney pour la mettre dehors. Elle se débattait comme une bête sauvage, une fureur comme jamais elle n'en avait ressenti du haut de ses sept petites années l'envahissant, le regard brûlant, stimulé par la terreur qu'elle voyait dans les yeux de sa petite cousine, son appel à l'aide vibrant de cette enfant de cinq ans perdue.

– Je reviendrai Milona ! Je te le promet ! Tu es ma cousine, ma famille et les Jewelry n'abandonnent jamais leur famille ! Je reviendrai avec Papa et Maman, peu importe ce qui m'arrivera et si je suis punie. Je te ramènerai à la maison ! Et toi le monstre, je te tuerai !


Présent

Oui, Bonney avait fait de loin la plus grosse erreur de sa vie ce jour là. Il lui avait fallu dix-sept longues années pour venir honorer ses promesses. L'une de vie, l'autre de mort. Si cela se savait qu'elle allait tuer un Tenryuubitô … Et pour l'approcher de plus près, cet homme qui lui avait arraché une part de sa famille, elle avait un plan bien simple mais dangereux qui aurait des conséquences pour le restant de sa vie.

Ses pupilles violettes brûlant d'une volonté à toute épreuve, d'un désir vengeur était dur et sans peur. Elle tuait cette dernière, l'enfermant au plus profond d'elle même. Milona avait peur depuis 17 ans, Bonney, enfant coupable et rongée de remord, avait eu 17 ans pour se forger un nouveau caractère à toute épreuve pour ce qu'elle s'était juré de faire. Alors elle allait tuer ce dragon céleste et sauver Milona. Quitte à perdre le peu qu'elle avait acquis. Bonney cacha son chakram dans les fourrés au pied d'un arbre qu'elle marqua au préalable, refusant de perdre de nouveau celui-ci puis inspira pour se mettre en condition.

Un sourire frêle, fragile, le regard soudain perdu, le corps tremblotant, une douceur sortie de nulle part, Bonney se transforma psychologiquement parlant, s'investissant de toute son âme dans un rôle qu'elle avait travaillé et peaufiné des années durant : celui d'une femme que la faiblesse rendait mignonne.

Celui d'un futur instable.


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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Ven 31 Oct - 17:05

Pelotonnée, roulée en boule, la pirate dormait à même le sol au milieu de la luxueuse place. Le soleil brillait haut dans le ciel, signe qu'elle avait dormi au moins jusqu'à midi. Autour d'elle, les marchands et autres personnes, d'un bien différent niveau de vie que la basse extraction qu'elle affichait, s'amassaient, la regardant avec un dégout non dissimulé jusqu'à ce que elle ouvre la bouche :

– Qui êtes vous ? Où suis-je ? Pourquoi j'ai mal ? Grimaça-t-elle en se touchant le visage tuméfié, constatant l'invalidité de son bras gauche. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? gémit-elle, terrifiée.

– Personne ne va donc aider cette pauvre jeune femme amnésique ? S'offusqua une vieille dame, son panier de fruits et légumes pendant à son bras.

– C'est peut-être une ivrogne qui vit mal une nuit trop arrosée, opposa un homme barbu.

La jeune femme se tenait la tête, le regard perdu, marmonnant des choses incompréhensibles. Visiblement, elle était déroutée et semblait même incapable de se débrouiller par elle même. Maladroitement, elle se releva et réitéra sa question :

– Où suis-je ?

La vielle femme s'approcha d'elle et la soutint de peur qu'elle s'effondre.

– Vous êtes à Bliss ma chère enfant, le bon côté de Bliss. Quel est votre nom ?

Les honnêtes citoyens de Bliss se dispersèrent, retournant à leur vie calme et millimétrée, tandis que la chère enfant en question plissait son nez, les sourcils froncés, semblant en proie à une profonde réflexion :

– Je ne m'en souviens pas, constata-t-elle une nouvelle vague de panique l'envahissant alors que la vieille femme, ouvrant la porte de ce qui semblait être chez elle, la fit s'assoir sur une chaise et observa sa tête.

– Pas de panique, cela vous reviendra d'ici quelques jours, vous semblez avoir pris un méchant coup sur la cabosse. Pour ma part, je suis Mami Haruna, humble retraitée de Bliss.

– Enchantée, euh … Mami, souffla-t-elle avec indécision, ce qui fit rire la retraitée.

– Oui, mon nom de famille est assez dérangeant quand on est une vieille femme comme moi sans petits enfants qui plus est. Appelle moi donc Haruna, ce sera plus simple. Je vais t'appeler Saki. Je voulais appeler comme ça mon enfant que je n'ai jamais eu.

– C'est joli, approuva l'amnésique, j'aime bien. Ce sera Saki. Je peux faire quoique ce soit pour vous aider ? Je crois que j'ai interrompu vos courses …

Haruna rit et la rassura, arguant que s'occuper d'une jolie demoiselle en détresse était autrement plus important que ses courses. La vieille femme lui mit un épais pansement à l'arcade sourcilière et lui appliqua une pommade sur son visage constellé de bleus. La pirate aux cheveux roses se laissa faire, observant la maisonnée avec curiosité. C'était une demeure modeste pour quelqu'un habitant dans la bonne partie de Bliss. La jeune femme s'accouda à la fenêtre quand Haruna en eut fini avec ses soins rudimentaires, faisant attention à ne pas utiliser son bras blessé, fait dont elle ne se souvenait  pas non plus.

Pas très loin, des châteaux dominaient les petites maisonnettes de la place où elle avait été trouvée. Ils étaient beaux et lui donnaient envie de les visiter.

– Haruna, c'est quoi là bas ? Demanda-t-elle naïvement en les pointant du doigt.

La vieille devint d'un blanc craie immédiatement et tira la jeune femme à l'intérieur de la maison.

– Un endroit où tu ne dois jamais aller. Tant que tu n'iras pas, tout ira bien, la vie est plutôt agréable ici, si tu ne retrouves pas tes souvenirs et ne souhaite pas partir ailleurs, je peux t'accueillir en ma demeure. Qu'en penses-tu, Saki ?

La nouvellement nommée Saki semblait hésitante.

– Je ne sais pas, tout cela me paraît nouveau.

La retraitée la rassura, sortant un épluche légume pour peler une carotte :

– Ne t'inquiète pas, tu n'as pas à me donner de réponse tout de suite, je me doute bien que cela fait beaucoup à assimiler. J'ai bien peur de ne pas avoir de vêtements corrects à te passer. Tiens, prends donc cet argent pour aller t'acheter quelques tenues.

Gênée, Saki rougit et balbutia un maigre refus avant de se laisser pousser dehors par Haruna qui lui expliqua le chemin à prendre. Les berrys en mains, les yeux baissés et craintive, Saki avançait lentement dans la rue, un sourire fragile à chaque passant qu'elle croisait, les gratifiant d'une hochement de tête pour les saluer. Certains lui répondaient, d'autres l'ignoraient royalement, ce qui la réconfortait un peu. Elle ne voulait pas d'ennui.

La jeune amnésique entra dans le magasin indiquée par sa bienfaitrice et en sortit quasiment aussitôt, intimidée par le regard du vendeur, le nombre incalculable de vêtements qu'elle avait vu et cette odeur de luxe. Elle se sentait rougir et essayer de reprendre son souffle. Quelle timidité …

– Vite ! Tout le monde en rang ! Ils arrivent !

Saki, tremblotante au milieu du chemin, en proie à ses émotions, regardait avec incompréhension les habitants encore dehors se mettre en ligne contre les habitations, ceux chez eux fermer les volets et se cloitrer même. Pétrifiée, la jeune femme ne parvenait pas à bouger alors que des hommes et femmes qui paraissaient comme elle avançaient.

– Bouge toi de là, lui souffla hâtivement l'homme barbu qui l'avait soupçonnée d'ivresse.

Saki le regarda d'un air absent avant de se concentrer de nouveau vers les arrivants. Il y avait un détail qui les différenciaient des autres personnes à vrai dire. Ils portaient des genres de bulles, comme des scaphandres, autour de leurs têtes, papotant gaiement entre eux à cheval, ignorant les roturiers jusqu'à ce qu'ils arrivent à son niveau, les chevaux s'arrêtant spontanément pour ne pas la piétiner.

– Une roturière nous barre la route ? Ne sais-tu donc pas que tu dois laisser la place aux maîtres de toutes choses ici, les Tenryuubitos ? Demanda ironiquement un premier, tout rond de graisse.

La jeune femme secoua fébrilement la tête à la négative, les larmes au bord des yeux en sentant qu'elle avait fait quelque chose de mal sans le savoir. Il lui décocha un coup de pied à l'épaule, la faisant chuter dans un couinement pitoyable.

– Les Dragons célestes, pauvre sotte ! Relève toi !

– Je ne sais pas … je ne connais pas, glapit-elle terrifiée, les yeux baissées.

A ce moment là, Haruna sortit de la maison, paniquée, mais sans oser faire le moindre pas vers sa protégée.

– Mes Seigneurs, veuillez pardonner son ignorance, la pauvre enfant est amnésique du fait d'un mauvais coup sur la tête.

Un sourire torve et mauvais se dessina sur le visage d'un grand maigre au visage pâle :

– Une amnésique hein … ça me plait … je l'emmène, dit-il en lui empoignant les cheveux, faisant crier la jeune femme.

– Lâchez moi, s'il vous plait ! Haruna ! Aidez moi ! Je vous en supplie, quelqu'un ne les laissez pas m'emmener ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

La vieille femme baissa les yeux et se recula en s'inclinant, se soumettant au choix des nobles. Sa bonté avait des limites, elles venaient d'être atteinte. Personne ne dit rien, la laissant être emmenée alors qu'elle sanglotait, en demandant faiblement de l'aide, un nouveau coup la faisant arrêter de se débattre alors qu'elle était hissée sur la bête comme un vulgaire paquet. Elle était emmenée sans comprendre ce qui lui arrivait.


17 ans plus tôt

Paniquée, la petite Bonney avait d'abord essayé dans un premier temps de se faufiler de nouveau chez les Dragons Célestes, libérer Milona par ses propres moyens. Mais elle se faisait sans cesse repousser par les gardes. Si dans un premier temps, ils s'étaient contentés de la jeter dehors, ils se lassèrent bien vite du manège de la gamine et lui mirent des roustes à chaque nouvelle tentative infructueuse. Egratignée de partout, Bonney se résigna à retourner au navire de ses parents, prête à se faire disputer. Même plus si ça pouvait sauver sa cousine terrifiée. Elle courut donc à perdre haleine, faisant le chemin contraire, seule cette fois-ci, les larmes commençant à couler au fur et à mesure qu'elle avançait. Elle ne savait pas qui étaient ces Dragons Célestes mais ils avaient l'air de se prendre pour des gens importants. Rageusement, elle essuya ses larmes mais d'autres revinrent à l'assaut.

Elle se heurta à un torse robuste et tomba sur les fesses, terrifiée l'espace d'un instant, se demandant sur qui elle était tombée encore avant de reconnaître son père. Le soulagement fut tel que Bonney éclata en sanglots, braillant des mots incompréhensibles, pointant vaguement d'où elle venait, la morve au nez, le visage inondé de larme jusqu'à ce que son père la gifle.

– Reprends toi Bonney ! Raconte moi ce qu'il s'est passé.

Bonney, stupéfaite, se calma presque aussitôt, parvenant à parler plus clairement, réalisant que sa mère et Kamijo étaient aussi aux côtés de son père, qu'ils avaient tous les trois le visage austère et dur. Celui des batailles qu'elle l'appelait en riant avec sa cousine.

– Chuis désolée, renifla la gamine, on a été dans les châteaux et un sale monsieur a dit que vu qu'il était un Dragon Céleste, il gardait Milona, même qu'il l'appelait Tira maintenant ! Mais j'ai dit à Milona que j'allais vous chercher et qu'on allait la sauver ! Hein que c'est vrai ! Parce que les Jewelry abandonnent jamais leur famille !

Kamijo, furieux, bondit sur sa camarade, la secouant comme un prunier.

– Espèce de petite sotte ! Je t'avais dit de rester sur le bateau, d'attendre les ordres de tes parents ! Tu te rends compte de ce que tu as fait !

Ses yeux lançaient des éclairs à la pauvre petite qui ne comprenait pas la gravité de son acte, pleurant encore plus jusqu'à ce que son grand frère, Rin, n'intervienne, posant une main autoritaire sur le bras de Kamijo.

– Pose ma sœur à terre. Si on lui avait expliqué ce qu'étaient les Tenryuubitos, rien de tout ceci ne serait arrivé. C'est de la faute de la Famille. Pas la sienne.

Posé et chétif, Rin imposait le respect à sa façon malgré ses douze petites années. L'enfant se faisait d'ailleurs souvent moqué de lui par la manière cérémonielle dont il parlait, si peu en accord avec son âge.

– Mais … les capitaines n'y sont pour rien, balbutia Kamijo en les regardant, cherchant soutien et explications auprès de ses capitaines à qui il vouait un culte sans borne.

Il relâcha Bonney, s'excusant auprès d'elle en lui faisant un câlin. D'habitude fondamentalement contre ces démonstrations d'affection, la petite pirate se réfugia de bon cœur dans les bras de son ami, sanglotant en le serrant convulsivement. Rin aussi cherchait le regard de ses parents, sachant que la situation était au-delà de grave : dramatique.
Les deux capitaines parlaient à voix basse entre eux, mal à l'aise, blanc comme s'ils avaient vu la mort.

– Qu'est-ce qu'on va dire à ta sœur ? chuchota Meisa, Qu'est-ce qu'on va faire Kuroki ? C'est toute la famille qui est en péril si …

– Je sais pas. On doit rentrer dans un premier temps. Mettre Rin, Kamijo et Bonney à l'abri. Après on doit l'annoncer à Ruka oui. C'est inévitable.

– Qu'est-ce que j'ai fait Kami ? J'ai fait une si grosse bêtise que ça ? Chuchota Bonney qui s'était calmée contre lui.

Le petit pirate aux cheveux rouges n'osa pas répondre alors Rin, avec toute la délicatesse qui le caractérisait, répondit :

– Ce sont des esclavagistes. Intouchable. Retourner chercher Milona, c'est déclarer la guerre au gouvernement mondial et avoir l'élite de la Marine sur le dos.

Frappée de plein fouet par l'horreur qu'elle avait déclenchée par son inconscience, Bonney ne dit pourtant rien, se resserrant contre son ami qui foudroya de nouveau Rin, celui-ci se prenant une claque sur la tête de la part de sa mère pour son manque de délicatesse.

Le retour jusqu'au navire se fit dans une ambiance morose et silencieuse. Kuroki souffla dans un sifflet, signal de rassemblement pour que les autres partis à la recherche des deux petites filles retournent au navire. Lorsqu'ils grimpèrent sur le pont, Ruka se précipita aussitôt auprès de son frère :

– Tu les as trouvées ? Où est mon bébé ?

– Ruka …, dit péniblement Kuroki en lui tenant les épaules, la serrant contre lui dans le même geste,  je suis tellement désolé … elles sont rentrées chez les Tenryuubitos et ils ont gardé Milona.

Bonney vit sa tante s'affaisser et le reste de l'équipage devenir soudainement gris. Elle se dissimula contre l'épaule de son ami, craintive que sa tante dans son chagrin ne s'en prenne à elle.

– Dites moi qu'on va aller la chercher … C'est votre nièce ! Ma petite fille ! On peut pas la laisser aux mains de ses barbares ! Dieu sait ce qu'ils vont lui faire ! Je peux pas la perdre elle, pas après avoir perdu son père. Kuroki, je t'en supplie, dis moi qu'on va aller attaquer en force leur château pour aller la chercher.

Il y eut un lourd et pesant silence, le reste de l'équipage était nerveux, se dandinant d'un pied sur l'autre, certains jetaient des regards éloquents vers la porte derrière laquelle les autres enfants jouaient gaiement, insouciants. Meisa, la bouche sèche, consulta son mari du regard, sachant pertinemment lui aussi à quoi il pensait.

– Ruka … on … il faut que l'équipage en décide tous ensemble. Il en va de notre sécurité à tous. On ne sait pas de combien est leur garde, on ignore si la Marine est présente en renfort, on risque d'avoir encore plus de capturés ou de morts … On risque de mettre toute la Famille en danger, dit-elle en montrant toutes les personnes présentes sur le pont. C'est pourquoi ils doivent décider en même temps que nous, en tant que père ou mère, s'ils sont prêts à prendre ce risque.

Bonney voyait le visage de sa tante devenir de plus en plus cireux et malade au fur et à mesure que sa mère parlait. Elle ne comprenait pas pourquoi. Il était évident qu'ils allaient retourner chercher Milona. Elle avait donné sa parole et puis leur équipage ne signifierait plus rien s'il n'allait pas chercher un membre de leur famille en péril.

Ruka renifla et se détacha de son frère, les yeux rougis par les larmes,  et se campa solidement sur ses deux pieds :

– Votons qu'on en finisse. Que je sache à quoi m'attendre.

Le couple de capitaines leva la main et proclama :

– Que tous sont qui sont pour aller chercher Milona lève la main.

Bonney leva la main et crut s'étouffer en voyant son frère rester les bras obstinément croisés. Elle pâlit encore plus en entendant les sanglots déchirants de sa tante qui comme elle, réalisait qu'une majorité du navire ne souhaitait pas aller chercher sa fille. Bonney, rongée par le remord et la colère, explosa, se détachant de la présence rassurante de Kamijo.

– Vous n'êtes que des lâches égoïstes ! Milona a peur ! Elle attend qu'on vienne la sauver, je lui ai promis ! Vous avez des enfants ! Tous chacun d'entre vous ! Vous seriez ben contents d'aller les récupérer alors pourquoi pas pour Milona !

– Parce qu'on a des enfants justement !  On ne veut pas prendre le risque que nos enfants rejoignent les rangs des esclaves comme Milona. Nous sommes vraiment navrés Ruka mais essaye de nous comprendre …

La pauvre femme, livide et désemparée, ne savait pas quoi dire. Aussi, elle agit, prenant ses armes et de la nourriture, sa volonté était claire : quand bien même elle devait y aller seule, sa fille serait secourue.

– Ruka, tu sais que je dois partir … C'est ma responsabilité de capitaine que de partir et mettre l'équipage en sécurité …

– Je sais Kuroki … et je ne t'en veux pas. J'en veux à ses monstres qui ont pris ma petite. Laisse moi juste de quoi naviguer, je vous rejoindrai dès que possible avec ma fille à Shinji.

La mort dans l'âme, Kuroki enlaça une dernière fois sa sœur, sa petite sœur qui l'avait toujours soutenu.

– Sois prudente tout de même … et reviens nous.

Bonney les regarda faire et, déterminée, empoigna un chakram mille fois trop grand pour elle, suivant sa tante. Elle passa déjà une jambe par dessus le bastingage pour sauter à l'eau et sauver sa cousine quand sa mère la rattrapa à la volée.

– Non, Bonney. On part.

Les mots firent de nouveau jaillir les larmes de la petite fille. Un cri, déchirant, à vous en briser le cœur, à s'en rompre les cordes vocales, un appel au secours de désespoir, franchit les lèvres de Bonney, le visage noyé sous les larmes et les sanglots :

– Milonaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Le navire, malgré ses problèmes matériels, remit les voiles vaille que vaille, pour amarrer de nouveau sur la paisible île de Shinji. Personne ne revit Ruka ou Milona.


Présent :

Enchainée de manière à avoir son bras blessé immobilisé contre elle, l'autre tendu à l'extrême puis lui faire une pression atroce dans les articulations, la chemise déchirée en dévoilant plus qu'elle n'en cachait, Saki se fit asperger d'eau une fois encore. Les yeux baissés, tremblotantes, l'amnésique aux cheveux roses implorait miséricorde et qu'on la relâche. Au lieu de quoi, son nouveau propriétaire et maître – comme il s'en était vanté – jouait du fouet autour d'elle. Il ne l'avait pas encore frappé, se contentant de faire claquer la mèche à côté d'elle, riant quand elle couinait de peur, essayant en vain de se mettre sur le côté lorsqu'elle pensait qu'il allait vraiment la frapper.

– Je vais te briser … Je vais broyer ton esprit et ton corps d'une telle manière que tu en recouvras la mémoire et alors le vrai travail n'en sera que plus plaisant. Ceci, dit-il en désignant le fouet, n'est que le début … Ce n'est qu'une infime part de tout ce que je peux te faire subir. Mais je vais commencer par te marquer comme ma propriété.

Il prit un tison avec un rond en son extrémité, le métal grésillant tant il était chauffé à blanc. Des petits triangles en dépassaient, quatre précisément, qui formaient comme l'empreinte d'une patte. Le noble dégagea son dos, la faisant se creuser et se débattre au possible, sentant l'horreur qui allait lui tomber dessus, gémissant d'appréhension.

Lorsqu'il apposa le fer chaud contre sa peau, Bonney hurla, incapable de tenir plus longtemps le rôle qu'elle jouait. Elle sentait son épiderme fondre et grésiller, une odeur de chair carbonisée, d'animal trop cuit, s'élevant de son dos, alors qu'elle hurlait à s'en déchirer les cordes vocales sa douleur. Elle tirait sur ses chaines pour se soustraire à la douleur insupportable, à la chaleur qui semblait vouloir transpercer son corps de part en part. Lorsqu'il retira l'objet, elle s'affaissa, se laissant pendre misérablement, la respiration difficile et sifflante. Elle avait l'impression que le fer était toujours dans son dos tant la marque lui faisait mal.

Le Dragon Céleste lui prit le menton d'une main ferme et assurée.

– Tu ploieras, Saki.

Pleine de hargne et de haine, Bonney le fusilla du regard.

– Je m'appelle Jewelry Bonney, bâtard puant, et jamais je ne ploierai face à toi. Tu paieras pour ça.

Si être capturée était son plan depuis le début, jamais Bonney n'avait imaginé se faire marquer si vite. Ni quelle descente en enfer elle allait vivre.

– Le jeu va être délectable alors, lâcha son nouveau maître avec un sourire rempli de sordides promesses.
Spoiler Bonney enfant:
 
Rin, son grand frère:
 


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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Sam 22 Nov - 20:13

ATTENTION CE RP EST VIOLENT ET PEUT HEURTER LA SENSIBILITÉ DES PLUS JEUNES ET ÂMES SENSIBLES.


Un bruit étrange d'un estomac criant famine résonna dans la cellule, pourtant, Bonney ne bougea pas. Elle avait faim. Elle n'avait pas mangé depuis son départ de Lagays Greem … Il y a deux jours. Mais elle ne bougeait pas parce que son dos lui faisait un mal de chien. Chaque mouvement tirait sur les bords de sa marque fraichement acquise, lui donnant l'impression que sa peau allait se déchirer d'un moment à l'autre. Pourtant, elle devait bouger. Pour attirer l'attention de son « maître » afin qu'il la sorte de là, qu'elle lui fausse compagnie, trouve Milona et fomente un plan pour s'échapper. Le tout en une journée et demi si elle voulait être à l'heure pour le rendez vous avec ses amis.

Mais pendue par son bras valide au plafond, des menottes en granit marin par sécurité, elle pouvait rien faire pour le moment, hormis attendre. C'était là toute la fragilité de son plan. La pirate ignorait tout de ce qu'il se passait à l'intérieur des châteaux, son plan reposait sur de la pure improvisation une fois à l'intérieur, et ça, c'était jamais bon. Surtout avec des ennemis aussi puissants que les Tenryuubitos.

Des bruits de pas se firent entendre et Bonney releva légèrement la tête en se rendant compte que c'était sa cellule qu'on ouvrait. Le noble qui lui ordonnait de l'appeler maître désormais était dans l'encadrement de la porte, la regardant avec un sourire complaisant. La pirate tenta de lui rendre le regard le plus mauvais qu'elle avait en réserve mais à défaut de détermination, elle manquait de force.

— Fragile et petite Bonney … Une Jewelry … une pirate donc … une dure à cuir ! Tes parents ont  une sacré réputation … peut-être pourrais-je me servir de toi comme d'un appât pour faire tomber leur tête … voilà un coup de filet qui intéresserait la Marine.

La menace redonna de l'énergie à Bonney, une fureur grondant en elle, pantin désarticulé qui pendait dans cette pièce :

— Ne sous-estime pas mes parents. Et ne parle plus jamais d'eux.


— Sinon quoi ? Tu n'es que mon esclave maintenant, ma chose. Je dois t'apprendre le respect …, susurra-t-il en tournant autour d'elle, observant son corps que l'état lamentable de ses vêtements dévoilait impudiquement.

— Sinon, je t'arrache la gorge, quand bien même je dois le faire avec mes propres mains, rétorqua-t-elle avec hargne avant de hurler de douleur, tout son corps se contractant en un arc de cercle, prison de souffrance.

L'homme rit, dans sa main une pince à épiler avec à son bout, un morceau de chair brûlé, racorni sur lui même.

— Ainsi donc tu croyais me résister. Mais tu vas hurler. Et tu apprendras l'obéissance.

Il réitéra son geste, saisissant à l'aide de la pince, l'un de bords de la peau supplicié, tirant dessus lentement pour en tirer la plus longue lamelle possible. Au début, Bonney serra les dents, sentant son épiderme se détacher d'elle comme un déchirement, les larmes coulaient toutes seules, réponse biologique à l'atrocité qu'elle subissait. Elle hurla de nouveau longuement lorsqu'il tira d'un coup sec, une brûlure insoutenable d'un autre genre mais horriblement lancinante pulsant dans son dos.

— Tu cèderas. Comme toutes les autres.

Il claqua de la langue et un homme entra dans la pièce et tira sur les chaines qui attachaient la malheureuse pirate au plafond, la faisant lourdement chuter au sol. Bonney gémit, ramassée en un tas informe sur le sol, essayant de reprendre contenance mais c'était peine perdue. Elle avait bien trop mal. Elle se laissa faire quand le domestique lui passa un cercle d'acier autour du cou, une épaisse chaine le reliant à une paire de menotte dont fut aussitôt dotée sur sa main droite. Puis il amena une planche où la jeune femme fut ligotée, opposant une toute la maigre résistance dont elle était capable. Elle fut giflée pour ça, la sonnant momentanément alors que son bourreau amenait un réservoir d'eau et le suspendait à la place qu'elle occupait il y a encore deux minutes.

— Je vais vous arracher la gorge, promit-elle macabrement dans un souffle faible.
— Il y a du progrès, nota le noble, tu as adopté le vouvoiement. Peut-être qu'à la fin de la journée j'en aurai fini avec toi. Penchez là la tête en bas, ordonna-t-il d'un ton suave.

Bonney sentit une peur qu'elle n'avait jamais expérimentée jusque là lui broyer les tripes. Elle avait vécu sur un bateau pirate, la torture, elle connaissait. Elle avait entendu les cris et, quand elle eut grandi, elle apprit. Elle savait parfaitement ce qu'elle allait subir. Elle essayait de contenir son angoisse et sa frayeur, les faire disparaître derrière une autre facette de sa personnalité mais ils étaient là, trop présent pour qu'elle puisse jouer. Son dos lui faisait mal contre la planche et ça allait empirer quand elle allait se débattre. Elle ne pouvait pas mourir. Elle le savait. Ils l'avaient bien positionnée pour que ça n'arrive pas.

La pirate essayait de se souvenir pourquoi elle faisait ça … elle devait leur céder … quand bien même cela écorchait sa fierté. Mais la peur lui nouait la gorge. Elle tremblait contre la planche. Savoir ce qu'elle allait subir la terrorisait encore plus et elle n'arrivait pas à lâcher prise, s'abandonner dans un nouveau rôle de soumise. Sa bulle de terreur éclata et se déversa en elle quand un linge humide fut apposée sur son visage et maintenu en place par des élastiques derrière ses oreilles. Bonney hurla, incapable de retenir sa peur cisaillante plus longtemps, secouant frénétiquement la tête dans tous les sens. Elle fermait les yeux avec force et entendit un bruit de robinet grinçant.

Son cœur sembla marquer l'arrêt un moment jusqu'à ce qu'elle sente l'eau couler sur son visage. Aussitôt, Bonney ferma la bouche et se répéta mentalement :

— Tu ne peux pas mourir, tu ne peux pas mourir …

Le nez et la bouche gênés par le linge, l'eau qui l'infiltrait et bouchait chaque pore … La pirate se sentait déjà suffoquer. Comme toutes les victimes de ce supplice, elle paniquait en sentant l'eau l'empêcher momentanément de respirer. Tout son corps lui hurlait qu'elle allait mourir noyée et asphyxiée alors que son cerveau et ses connaissances en torture savait très bien que ses poumons étant plus haut que sa bouche, elle ne pourrait pas mourir.

— Assure toi qu'il y ait toujours de l'eau sur elle. Je reviens dans deux heures pour la suite des réjouissances.

La malheureuse se débattait du mieux qu'elle pouvait, son corps s'arc-boutant sur la planche pour faire céder quelque chose ou au moins sortir sa tête du filet d'eau si angoissant et étouffant. Mais c'était un cercle vicieux terrible, l'eau qui obstruait es voies respiratoires étaient chassées par sa position penchée pour revenir inlassablement à l'assaut encore et encore. Chaque fois que Bonney tentait de reprendre son souffle, c'était pire, l'eau l'assaillait avec plus de force et elle se noyait jusqu'à ce que son corps l'évacue spontanément. A l'eau se mêlait ses larmes d'agonie, son corps se secouait de spasmes de douleur et de sanglots.

Son dos à vif lui faisait de plus en plus mal au fur et qu'elle le frappait contre la planche dans l'espoir vain d'échapper à cette torture. Elle avait peur de sentir à chaque fois l'eau sur son visage. Ce sentiment d'oppression … Elle étouffait pour respirer un peu et étouffer de nouveau. Elle avait l'impression de mourir, revivre et mourir inlassablement, cycliquement. Ce fut sans conteste les deux heures les plus insupportables et dures que Bonney ait jamais vécu.

Aussi quand le Dragon céleste revint et lui ôta le linge trempé, la redressant par la même occasion, Bonney inspira profondément, le souffle saccadé, erratique, les larmes continuant de couler, elle toussa, crachant de l'eau, salive, morve et eau se mêlant. Elle faisait de son mieux pour ne pas vomir. Ne pas satisfaire le noble par cette ultime humiliation.

Toutefois, elle ne dit rien, se contentant de le dévisager furieusement du regard. Dans son état, elle ne pouvait rien faire de plus. Elle ne savait même pas si elle aurait la force de s'enfuir si on la libérait de ses chaines.

— Bien. Je vois que ces deux heures ont été bénéfiques. Plus d'insultes, plus de menaces, la bouche résolument close. Il n'y a que ce regard encore gênant. Mais nous avons encore la journée devant nous et qui sait même … peut-être la nuit ! Je sais que les Jewelry sont coutumiers des techniques de torture. Tu sais ce qui t'attends. Et je compte sur cela pour te briser dans la journée. Tu vas plier. Moins rapidement que les autres femmes qu'on enlève, je te l'accorde, c'est tout à ton honneur mais plus rapidement que n'importe quel pirate endurci.

Bonney pinça les lèvres mais ne dit rien. C'était faire preuve d'intelligence que de s'écraser momentanément mais pour elle, c'était aussi et avant tout lui céder. Néanmoins, elle serra les mâchoires et ne répondit, continuant simplement de le fusiller du regard.

— J'aime ça. Ce regard que je vais rendre vide et soumis. On passe à la suite.

Il prit des cordes et en fixa deux aux chevilles de Bonney qui tenta de se dérober mais il lui immobilisa la jambe de sa main gantée et ferme. Cela l'aurait fait presque ricaner en d'autres circonstances : pas de contact avec l'espèce inférieure hein. L'horreur l'engloutit de nouveau quand l'assistant lui fit tendre son bras blessé. La jeune femme se mordit à sang les lèvres mais ne cria pas sa douleur. Quand il lui attacha les poignets et que les deux hommes tirèrent sur les cordes, les fixant à des colonnes à chaque angle de la pièce, Bonney eut peur de comprendre.

Il y avait plein de tortures qui débutaient ainsi. Qu'elle soit écartelée ne la rassurait guère, elle avait super mal au bras mais elle savait au moins qu'elle n'allait pas être écartelée pour de vrai vu qu'ils avaient fixé les cordes. Elle comprit quand ils détachèrent la planche dans son dos et se saisirent d'une deuxième, le noble et l'assistant ainsi munis d'une chacun.

Petite ambiance glauque:
 

Le supplice des planches.

— Non ! Cria-t-elle spontanément, Non, non, non, non ! Arrêtez ! Je vous obéirai !

De toutes les tortures qu'elle avait vu sur le navire de ses parents, celui-ci était le pire parmi ceux qui ne tuaient pas leur victime.

— Que j'aime cette douce supplique désespérée.


Et il abattit sa planche. Non pas sur Bonney mais sur la corde qui attachait sa jambe droite. L'impact fit gondoler dans tous les sens le corps de la jeune femme, les vibrations la parcourant de manière désagréable. Elle serrait les dents, s'évitant de hurler. Plus d'un prisonnier s'était tranché la langue comme ça. La première salve n'eut pas le temps de se finir que l'assistant frappa la corde de son bras blessé. Cette fois-ci, Bonney ne put rien contenir et hurla. Les vibrations semblaient lui vriller l'os et décupler la douleur qui se propageait dans son corps.  

Les coups se succédaient sur les cordes, Bonney ne maitrisait plus rien, son corps s'agitait dans tous les sens en rythme à chaque coup de planches. Elle avait mal, atrocement mal. Les deux tortionnaires frappaient à l'opposé généralement et en même temps pour que son corps se convulse dans deux sens contraires. Fatalement, la pirate ne put se retenir plus longtemps et vomit. Son corps n'était plus que douleur, elle ne savait pas depuis combien de temps ils frappaient. Elle en avait perdu le fil, bien trop occupée à serrer les dents, essayer de se contracter pour minimiser la douleur mais rien n'y faisait.

C'était intolérable. Elle cracha même du sang, jurant. Merde, les micro-hémorragies que provoquaient cette technique commençait à se faire sentir. Ils la détachèrent et la trainèrent dans la cellule qu'elle avait quitté le matin même. Un bref coup d'oeil vers une fenêtre lui indiqua que la journée s'était écoulée. Elle avait passé la journée à se faire torturer pour ployer, courber l'échine face à un homme qui exigeait qu'elle l'appelle maître.

Sa première réponse à ce constat : Plutôt crever ! Mais si elle ne le faisait pas … elle ne retrouverait jamais Milona, elle ne s'évaderait jamais avec elle, elle ne vivrait jamais son rêve, elle ne parcourrait jamais les océans avec des camarades fraîchement trouvés. Alors elle devait céder. Peu importe combien ça lui coûtait, il en allait de sa survie.

Jetée comme un vulgaire sac de chiffes, Bonney s'écrasa durement contre le sol, un gémissement de douleur s'échappant de ses lèvres serrées. Elle ne chercha pas à se relever. Cela faisait trop mal. Elle se laissa gésir à terre, ses cheveux couvrants son visage. Sa cellule empestait. Petite, rugueuse et de pierres faite, Bonney songea que ce serait un miracle si sa brûlure au dos ne s'infectait pas ou tout simplement qu'elle ne meure pas de froid dans la nuit.

Pelotonnée sur elle-même, Bonney essayait de se construire une nouvelle personnalité pour fuir loin de tout ça. La comédie avait toujours été sa bouée de secours, sa porte de sortie à tous ses problèmes. Si quelque chose lui arrivait, elle y était comme imperméable car ce n'était pas elle mais une autre elle, fausse et fabriquée, qui le subissait. Elle voulait que toute cette douleur soit à une autre. Que sa fierté mise à mal lui revienne, immaculée.

Alors que Bonney commençait à glisser dans le sommeil, la fatigue prenant le pas sur la douleur, elle entendit un bruit métallique. Elle tressaillit, surprise, puis se redressa quand une ombre plana sur elle, comprenant que ce bruit était celui de sa cage qu'on ouvrait.  Instinctivement, elle essaya de se reculer mais elle était déjà contre le mur.

Saisie d'une main à la gorge, Bonney fut une nouvelle fois envahie par l'horreur en sentant une autre la toucher, la dévêtant complètement. Frappée contre le mur alors qu'elle se débattait, le regard de Bonney se voila, à demi consciente, mais n'ayant plus la force de continuer à se battre, l'impétueuse pirate se soumit, perdant cette étincelle dans son regard.

En une journée, elle avait tout perdu. Sa fierté de pirate, sa fierté de femme.

Le Tenryuubito:
 

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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Sam 13 Déc - 4:23

Au lendemain de la nuit la plus horrible de sa courte vie, Bonney ne se leva pas. Elle n'en avait ni la volonté, ni l'envie et encore moins le courage. A quoi bon ? Tout son corps lui faisait mal, séquelle de la journée d'hier. Chaque mouvement lui rappelait ce qu'elle avait subi. Chaque mouvement lui intimait d'être sage. La chose qu'il souhaitait. La pirate combattante était éteinte, enfouie sous les décombres de sa douleur et sa fierté brisée. Dans le noir, elle ne savait pas depuis combien de temps elle était éveillée. Mais la jeune femme restait allongée, les yeux ouverts, vides.

Elle ne voulait plus se battre pour ne plus rien subir. A bord du Jewelry's Family, elle s'était souvent moquée des torturés qui cédaient trop facilement, assurant elle-même pouvoir tenir des semaines sans lâcher un mot. Bonney se rendait compte là à quel point elle avait été une enfant naïve et présomptueuse.

C'est au bout d'au moins trois heures qu'elle releva la tête et réalisa que la grille de sa cellule était ouverte. Crispée, la pirate se frotta les yeux, abasourdie. Ça ne pouvait pas être vrai. Il s'engagea une sorte de combat en Bonney qui observait cette porte avec défi. C'était un piège. Cela ne pouvait être qu'un piège. Mais aussi une possibilité de fouiller les lieux, trouver Milona et s'enfuir, quitter cet enfer pour toujours.

La jeune femme fit mine de se lever, les yeux plantés sur la porte ouverte. Que faire ? Quels étaient les risques ? Elle s'assit finalement, pesant le pour et le contre sans la quitter du regard. Cela pouvait être un piège avec quelqu'un l'attendant au premier tournant, une intention simpliste pour la tester et la torturer, l'humilier encore un peu plus. Si c'était vraiment le cas, cela serait organisé. Très peu de possibilités de fuir, s'échapper ou résister. Résister ? Dans son état ? Quelle idée ! Mais si elle ne tentait pas sa chance, qui savait quand une telle opportunité se présenterait de nouveau à elle … Et puis c'était une question d'honneur, de fierté, de retrouver qui elle était. Jewelry Bonney, fière et farouche pirate en devenir, s'enfuirait à la première occasion pour retrouver sa liberté.

Mais Jewelry Bonney mit ses genoux contre sa poitrine, jetant un regard faiblement courroucé à cette porte qui lui disait de sortir, et ne bougea pas d'un pouce. Hors de question de tenter quoique ce soit qui la plongerait dans de nouvelles douleurs. Elle resta des heures durant à fixer cette porte ouverte. Au début, chaque minute qui passait lui était insupportable, elle pensait perdre une occasion en or, accentuant le risque, le doute l'envahissant à chaque fois. Les heures passant, cette sensation ne la quittait pas.

Tout son corps était crispé, tendant vers la sortie, mais elle n'arrivait pas à faire un pas. Bonney n'arrivait pas à trouver la volonté pour essayer une quelconque tentative d'évasion. Puis, le doute la quitta et elle s'allongea de nouveau sur la pierre froide, se morfondant sur elle-même. Elle criait au monde qu'elle était forte, différente, indestructible et la voilà qui n'osait pas franchir un seuil symbolique qui l'appelait. Minable. Elle était minable. Pathétique. Indigne de sa famille.

Elle s'endormit dans ce profond état d'abattement, tremblante, incertaine, désespérée.

Le réveil ne fut pas des plus agréables. Bonney piailla alors qu'un seau d'eau froide se déversait sur elle dans de quantités telles qu'elle le trouva sans fin. Elle se recroquevilla sur elle-même, se frottant les bras par réflexe, lui arrachant un gémissement de douleur. Son coude … Elle n'eut pas le temps de songer à autre chose que des bottes qu'elle reconnaissait à présent firent leur apparition dans son champ de vision.

— Tu n'as pas cédé à l'appel de la liberté, je suis assez déçu, je pensais pouvoir m'amuser encore un peu avec toi. Je t'ai cassée bien trop vite visiblement, petite fille.

La mâchoire de la jeune femme se contracta une fraction de seconde mais elle ne dit rien, les yeux baissés, la tête penchée, résistant à l'envie de se reculer encore plus au fond de sa cellule, de pousser sur la roche comme si elle essayait de disparaître dedans.

— Lève-toi et suis-moi. Tu as le droit à une petite récompense pour ce premier acte de soumission.

Bonney recula cette fois-ci, se collant contre le fond de sa cellule, et la peur traversa brièvement ses yeux alors que le noble borgne s'approcha d'elle vivement, lui saisissant à pleine main les cheveux pour la remettre debout et lui gifla le visage de sa main libre.

— J'ordonne, tu obéis, asséna-t-il froidement en la poussant devant lui.

A contre cœur, la pirate se laissa faire, le noble la dépassant bien vite, faisant un signe de tête pour lui intimer de le suivre. Bonney regardait craintivement autour d'elle. Comme lorsqu'elle était petite, le château était toujours aussi beau et richement garni mais l'or lui semblait bien fade aujourd'hui, bien peu précieux par rapport à ce qu'elle avait perdu. Il y avait tant de choses qu'elle aurait volé avant mais cela lui semblait être une autre vie. Pas une seule fois elle n'essaya de fausser compagnie à son tortionnaire alors qu'il la guidait dans les couloirs inconnus sans s'assurer qu'elle le suivait.

Une fois de plus, c'était la même question qui revint à Bonney : à quoi bon ? Elle ne connaissait pas les lieux, il y avait deux gardes derrière elle au cas où, elle se ferait attraper dans la minute, faible qu'elle était, un bras blessé, le dos en charpie. Et surtout, il y avait les tortures. Celles qu'elle avait subies n'étaient pas les pires. Dures psychologiquement oui, mais physiquement, il y avait bien pire, les hommes – et les pirates elles devaient l'avouer – s'était assuré d'imaginer des horreurs saignantes.

La pirate heurta le Dragon Céleste, arrêté face à une porte, et se crispa, tous ses instincts entrant en contradiction. La survie lui disait de s'excuser comme le noble le souhaitait, l'orgueil tendait à la faire taire par défi et une étincelle de rage soufflait l'idée de le saisir à la gorge et en finir. Au lieu de ça, elle se recula prudemment, son regard violet était celui d'un animal blessé et au qui-vive. Par réflexe, elle avait planté ses talons le plus fermement possible dans le tapis moelleux qui serpentait le couloir.

— Faites la entrer, dit-il d'un ton claquant qui ne présageait rien de bon.

Bonney serra les dents, luttant de tout son être pour ne pas montrer la peur qui l'empoignait de nouveau, tandis que l'un des deux gardes lui saisit vicieusement le coude, s'assurant ainsi sa capitulation immédiate dans un cri de douleur.

— Tu as peur. C'est bien, tu seras plus docile. J'espère que tu as mémorisé le chemin, ici c'est le quartier où on vous lave les esclaves. Contrairement à Mariejoie, nous n'avons pas l'espace pour vous laisser pourrir en grand nombre dans les fins fonds du château et de toute façon, j'aime que mes esclaves soient propres. On voit plus clairement leur souffrance et leur corps qui cède un peu plus.

La pièce était bien plus pauvre que le couloir que la jeune femme venait de quitter même si elle n'avoisinait pas la misère des cachots. Les deux soldats la soulevèrent comme si elle était une brindille, la faisant basculer dans un baquet d'eau chaude. Bonney serra les dents en gémissant, la chaleur de l'eau irritant encore plus sa brûlure.

— Quand tu auras l'autorisation de venir ici, cela ne devra que te prendre quatre minutes et demi pour ta toilette complète.  Aujourd'hui, on va faire plus rapide, j'ai encore une foule de chose à te montrer.

Il fit un signe de tête et un homme en blanc, ayant vaguement l'air d'un médecin, s'approcha d'elle pour la récurer au plus vite avant d'apposer grossièrement un cataplasme sur sa marque d'esclave, la faisant une fois de plus hurler.

— Je ne me lasse jamais de ce son,
commenta le borgne noble comme s'il s'agissait d'une mélodie.

Un nouveau signe et Bonney fut extirpée tout aussi rapidement de l'eau crasseuse, ses cheveux essorés rapidement sans ménagement, alors qu'on lui tendait une chemise rêche et un pantalon de toile grossière.

— Ta seule et unique tenue.Tant pis pour toi s'il lui arrive quoique ce soit. Habille toi. On repart.


La pirate, paniquée par tant de rapidité, d'empressement et d'informations qu'elle n'arrivait à assimiler, se vêtit aussi rapidement qu'elle le put, sans lâcher une seule expression de douleur, maigre consolation.

La journée fut longue ponctuée de phrases insultantes, méprisantes, rabaissantes et de coups à la moindre erreur ou même juste pour continuer de détruire son caractère. Dans ce château que ses yeux d'enfant voyait immense, Bonney ne croisa pas tant de Tenryubito qu'elle s'y attendait, il y avait majoritairement des esclaves et les gardes chargés d'assurer la protection des nobles. Bonney s'était même demandé si les esclaves n'étaient pas plus nombreux que les gardes eux-même mais un regard trop appuyé sur une garnison lui avait valu un nouveau revers à la pommette, aussi avait-elle baissé les yeux.

Ils marchèrent encore longuement et Bonney songea qu'elle n'avait absolument rien retenu de tout ce qu'il lui avait dit de mémoriser. Elle était bien incapable de retourner ne serait ce que là où elle avait été lavée. Le Dragon lui jeta un coup d'oeil et la pirate baissa la tête ce qui le fit partir dans un petit rire moqueur. La jeune femme en rougit de honte mais ne dit rien. La peur la paralysait, l'étranglait.

Il y eut un petit sifflement et les gardes revinrent, lui saisissant les bras pour la menotter. Une chaine cliqueta au sol et s'enroula autour de son cou, l'étouffant à moitié. Par réflexe et instinct de survie, elle porta ses mains jointes à l'entrave mais le noble tira, la faisant chuter, pour la rappeler à l'ordre.

— Nous allons à l'endroit le plus important … Quelques mesures sont nécessaires. J'ai hâte de t'y envoyer je dois dire.

Sa voix suave dégoulinait du plaisir sadique qu'il avait à dire ça. Quoiqu'il y ait en bas des escaliers qu'ils venaient d'atteindre, Bonney en avait déjà une crainte folle. Au fur et à mesure qu'ils descendaient les marches, du brouhaha se faisait entendre. Non … Plutôt comme une clameur. Ils arrivèrent face à une porte et Bonney identifia les bruits comme étant des cris accompagnés d'applaudissement.

Une arène. Il venait de l'amener dans les tribunes d'une arène souterraine. Ils prirent place, le noble tirant régulièrement sur la chaine pour l'intimer à suivre le mouvement, puis il appuya brutalement sur sa tête pour la forcer à s'assoir :

— Observe et apprends. Dans quelques jours, tu vas jouer ta vie là dedans. Tu en préfèreras ma compagnie.

La jeune femme se mordit la joue pour éviter de répliquer et observa attentivement ce qui se jouait sous ses yeux. Il y avait une jeune fille d'une petite dizaine d'année, campée sur ses jambes maigrelettes, diverses coupures visibles, un couteau à la main. Elle défiait du regard un homme, la trentaine bien passée, dans un état tout aussi peu reluisant, l'air émacié, les traits tirés, une masse au poing.

Bonney craignait le pire dans ce combat. Un seul coup de cette massue et dieu seul savait ce qu'il adviendrait de la gamine. Elle n'avait aucune chance, pouvant seulement compter sur sa vitesse d'enfant légère pour éviter les coups et fatiguer l'adversaire. Et encore, il avait plus d'allonge et donc la fatiguerait aussi en la forçant à faire des gestes plus larges pour éviter.

Il y eut un son strident et ils s'élancèrent, la foule acclamant les deux participants. Ils n'étaient ni pour l'un, ni pour l'autre, comprit-elle avec effroi en les écoutant attentivement. Ils étaient pour le sang et la violence. La petite fille faisait tourner nerveusement son couteau entre ses doigts habiles, témoignant d'une grande pratique inquiétante pour son âge. L'homme restait sur ses positions aussi, l'observant, les muscles tendues se dessinant sur son corps sec indiquant qu'il était prêt à réagir.

Finalement, la gamine bondit dans un cri de rage, visant aussitôt la gorge. Elle était ici pour tuer et comptait bien le faire pour sa survie. L'homme l'évita facilement, levant son immense masse au dessus d'elle, gigantesque ombre nombre prédatrice. Elle piailla, se ramassant précipitamment pour éviter le coup qui ne vint pas. L'esclave hésitait.

La gamine, elle, n'hésita pas. Elle raffermit sa prise sur son couteau et le plongea dans la cuisse de son opposant, prit appui sur celle-ci pour planter de nouveau sa lame dans le creux de la gorge cette fois-ci. Deux veines mortelles. L'homme s'effondra effectivement dans la minute, son sang coulant à gros bouillons des blessures, les yeux déjà vitreux de la mort qui venait de lui tomber dessus.

— Sa première fois ici, lui, commenta le noble borgne. Les adultes se font souvent avoir, nos esclaves enfants sont généralement les meilleurs combattants. Parce qu'ils n'hésitent pas à faire le nécessaire pour survivre alors que les adultes peuvent avoir des remords à tuer un enfant. C'est ce qu'il y a de plus drôle dans ces arènes. Leurs batailles entre survie et bonne conscience. Ah ! Le vrai spectacle commence !

Au milieu de l'arène, alors que la petite fille était trainée hors de la scène, une toile géante était dépliée, suspendue à un rondin, formant un grand écran. Des escarméras projetèrent une image qui fut floue quelques secondes puis on y vit distinctement une jeune femme faire son apparition sur l'écran. Maquillée à outrance, Bonney était incapable d'estimer son âge mais elle pouvait tout de suite affirmer qu'elle avait des problèmes psychologiques. Qui n'en aurait pas en étant ici …

Vêtue telle une poupée, la jeune femme avait une robe à plume rose au décolleté suggestif et une jupe d'une petitesse scabreuse. Ses jambes étaient protégées par de grandes cuissardes en cuir d'où des ailes sortaient des talons, motif repris sur les bracelets qui ceignaient ses poignets. Des couettes dans ses cheveux achevaient de donner un air enfantin à cette femme dont le visage pourtant inspirait la folie et quelque chose de profondément malsain au contraire de la candeur que sa tenue était censé inspirer.

Elle éclata de rire, un rire qui fit frissonner Bonney, horriblement dérangeant qu'il était.

—Saaaaaaaaluuuuuut, cher public, encore une bonne journée pour parader dans l'arène de Mariejoie, s'extasia-t-elle en faisant un tour de stade. Vais-je survivre un combat de plus ? Ou vais-je mourir ? Demanda-t-elle en faisant glisser son pouce sur sa gorge, tirant la langue pour accompagner son geste.

Un public, qui était avec elle à Mariejoie, hurla et celui de Bliss lui fit écho, acclamant cette folle qui semblait s'éclater à risquer sa vie. Une jeune femme blonde fit son apparition sur l'écran de manière plus soft. Elle ressemblait davantage à une combattante avec son pantalon bouffant, des protections plus évidentes et deux sabres croisés dans son dos. Bonney comprit que les arènes de Mariejoie étaient d'un tout autre niveau. Elle ne s'imaginait pas à quel point et le découvrit avec horreur au lancement des hostilités.

La folle à plume tendit la main et quelqu'un dans la fosse lui jeta un énorme cercle d'acier qui faisait presque sa taille. L'arme glaça Bonney qui serra les poings et se focalisa sur cette femme qui venait de prendre un intérêt tout particulier. Ce chakram géant était celui de sa tante Ruka, disparue à la recherche de Milona il y a 17 ans.

La jeune femme blonde, Matsu, d'après ce que scandait le public, s'avança, faisant déjà des bonds dans les airs, formant des enchainements martiaux que ne connaissaient pas Bonney et ne prenait pas la peine d'analyser. La femme au chakram avait toute son attention. Celle-ci se moqua allègrement de son adversaire et fit tournoyer le cercle d'acier autour de son poignet, faisant mine de le jeter sur son adversaire pour le rattraper à la dernière minute et décrire un arc de cercle ascendant. Matsu fut touchée en plein vol et la déséquilibrée en profita pour lui assener deux coups de pied et la rabattre au sol d'un coup de chakram vrillée.

La maîtrise avec laquelle la femme maniait l'arme inquiétait Bonney. Jamais sa tante Ruka ne se serait séparée de son arme. C'était un héritage familial qui se passait de fille en fille chez les Jewelry. Toutes les femmes Jewelry maniaient le chakram, peu importait sa forme.

La guerrière blonde avait fait chuter la jeune femme pendant les réflexions de Bonney mais ce court avantage lui couta un nouveau coup de chakram qui la fit reculer d'un pas. La combattante ne se découragea pas, malgré les provocations de son adversaire qui riait au dessus d'elle, et elle attaqua de nouveau sortant cette fois-ci l'un de ses sabres. Avec une rapidité hallucinante, elle enchaina les coups, coupant le sifflet à la folle, alternant entre attaque martiale et coups de sabre. Bonney grimaça au dernier qu'elle plaça.

Il était facilement contrable avec un chakram de cette taille. En effet, l'adversaire coinça la lame dans le cercle et repoussa Matsu du pied, la plaquant à terre en lui sautant dessus. La femme au chakram fit tournoyer celui-ci à grande vitesse autour de son bras et l'abattit par saccade sur son adversaire. Un rire fou agitait la jeune femme et son expression affichée en gros plan ne laissait aucun doute sur l'extase et le plaisir qu'elle prenait à faire ceci. Elle tira la langue, passant une fois de plus son pouce sur sa gorge et abattit par grands cercles puissants son chakram sur la pauvre Matsu dont le sang commençait à gicler de partout, ses cris se faisant entendre. Emportée dans une vague de folie, la femme aux plumes se cambra en riant, une énergie se dégageant d'elle pour enrober son arme et elle l'abattit une nouvelle fois, coupant net en deux son adversaire.

Bonney se leva brusquement. Ce mouvement … impossible … c'était l'attaque de sa tante ! Le noble tira sur la chaine, la rabattant sur lui.

— Tu as l'air bien intéressée … C'est notre meilleure gladiatrice. Une folle furieuse. Elle a pris son arme sur le cadavre de sa première victime. Une jeune femme pleurant sans cesse et inconnue.

Bonney sentit les larmes lui monter aux yeux mais les retint. Il ne devait pas savoir. Ne pas lui donner une arme supplémentaire pour la torturer.

— J'ai encore gagné, susurra la jeune femme face à l'escarméra, posant fièrement dans son arme malgré ses blessures. C'était Tira, votre gladiatrice préférée.

Puis elle se pencha, soufflant un baiser au plus près de la caméra pour que son visage prenne tout l'écran.

Bonney n'entendait plus que ça en boucle dans sa tête.


Tira


— Qu'est-ce qu'ils t'ont fait …, souffla-t-elle doucement, hébétée.

Il y eut comme un déclic. Toutes ses peurs s'envolèrent, sa volonté farouche resurgit, presque intacte, de nouveau capable d'endosser un rôle, mettre de côté la souffrance et la misère psychologique qui l'avait atteinte. Parce qu'elle avait de nouveau un but.


Milona


Milona était vivante. Quelque part enfouie sous la terrible Tira.

Milona devenue Tira:
 

Le combat de Tira de 1 minute 12 à 1 minute 53:
 

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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Jeu 18 Déc - 17:44

Après ce sordide spectacle, Bonney fut ramenée à sa cellule pour la nuit. Cette fois-ci, elle ne chercha pas le sommeil mais ferma les yeux pour se concentrer et réfléchir. Milona était bien vivante. À Mariejoie. Transformée en une folle ivre de combat et prenant tout ceci pour un freak show. Parfaitement adaptée à son environnement pour y survivre et tirer son épingle du jeu. Au point d'en tuer sa propre mère selon le dragon.

Jamais Bonney ne croirait ce mensonge. Il était possible que quelqu'un avant elle ait tué tante Ruka et que Milona ait récupéré l'arme après par vengeance. Cela changeait tout. Bonney n'avait rien à faire ici. Pire. Elle était venue et s'était constituée esclave pour rien. Non. Pas pour rien. Elle savait maintenant que sa cousine était bien vivante comme elle l'espérait depuis toutes ces années et surtout sa localisation actuelle.

Venir ici à Bliss tenait déjà du suicide. Aller à Mariejoie pour libérer une esclave vedette était tout bonnement irréalisable. C'était plus une guerre contre le gouvernement qu'elle provoquerait mais une provocation insensée, un affront qui mènerait à son annihilation et celui de son hypothétique équipage.

Elle serait confrontée au même choix que ses parents des années auparavant. Un choix qu'elle avait contesté. Bonney en avait voulu à ses parents pendant quelques petites années, sa tristesse et sa colère ravivées à chaque anniversaire, la date fatidique de son enlèvement en devenait un. L'espoir disparaissait aussi à chaque jour qui s'écoulait. La pirate se souvenait qu'elle avait passé des heures à la vigie, attendant le retour de sa tante tous les jours. Kamijo avait toujours été là, silencieux mais présent. Son éternel soutien.

Il lui manquait. Elle avait souvent pensé à lui depuis le début de son voyage mais là, elle ressentait vraiment le besoin de l'avoir contre elle pour être sûre d'une chose : « Tout ira bien ». La pirate l'entendait presque lui dire à cet instant et ça lui mit du baume au cœur.


Elle releva la tête et ouvrit les yeux. Assez de nostalgie ! L'heure était au plan d'évasion. Bonney se mit debout et fit des mouvements pour tester ses douleurs. Son bras gauche était toujours inutilisable forcément et l'utilisation de son bras droit tirait sur son dos et donc sa brûlure. Mais c'était supportable. Elle le devait de toute façon. L'impétueuse jeune femme tenait sur ses jambes plus par volonté que par réelle raison physique. Elle avait super faim, le ventre vide depuis sa capture il y  a deux jours.

Si la journée de demain se déroulait de la même façon qu'aujourd'hui, elle ne savait pas quand ou comment elle pourrait s'enfuir au vue de l'étroite surveillance qu'elle avait sur le dos. Mais ici, dans sa cellule, c'était infaisable aussi. Quoique … si la serrure était mauvaise.

Bonney se tourna pour aller observer la fameuse serrure et se figea en constatant que cette satanée porte était de nouveau ouverte. Elle s'en approcha, hésitante, croyant rêver. Mais une main sur la porte métallique, elle la fit facilement pivoter sur ses gonds, ahurie. Oui, on avait bel et bien ouvert sa cellule une nouvelle fois.

La pirate n'hésita pas et ne se tortura pas le cerveau comme la nuit précédente, elle sortit aussitôt. Après un coup d'oeil à gauche puis à droite, elle se décida à prendre à droite. La gauche était la direction qu'avait choisi le Dragon pour lui faire visiter le château et elle n'y avait vu aucun indice qu'une éventuelle sortie était par là.

Bonney trotta dans le couloir, des cages comme la sienne défilant dans son champ de vision, insérées dans la roche, toutes occupées. Elle les ignora du mieux qu'elle pouvait. En s'évadant seule, elle avait plus de chances de ne pas se faire remarquer qu'en créant une cohue qui amènerait des forces armées nombreuses. Cela lui faisait mal de ne rien faire, de penser égoïstement à elle mais sa survie passait avant tout. Avant la compassion et ce geste qui aurait été purement humain.

Elle déboucha finalement sur un escalier et le gravit précipitamment, ses pieds nus claquant faiblement contre la roche froide. Au sommet, il n'y avait même pas de porte. Bonney ne s'interrogea pas sur l'étrangeté de la chose et saisit simplement sa chance, débouchant dans un des couloirs somptueusement meublés d'une aile dont elle ignorait l'emplacement. Etait-elle dans le côté Sud ? Côté Est ? Le sud donnait sur une falaise écharpée qui mouillait dans une mer souvent déchainée. Il fallait qu'elle trouve une fenêtre pour s'orienter grâce à l'extérieur.

Désorientée, Bonney regarda les murs et constata avec effarement … qu'ils étaient dépourvus de fenêtre. Qu'est-ce que c'était que ce château sans fenêtre ! La pirate ne s'attarda pas plus longtemps sur ce phénomène et avança aléatoirement, faisant le moins de bruit possible. Tout se ressemblait. Des meubles de décoration, des tableaux, des bibelots brillants de beauté, de lourds rideaux inutiles, tout ceci défilait sous les yeux de Bonney qui marchait toujours à un rythme rapide, pressée, persuadée que chaque minute comptait.

Elle avait l'impression de tourner en rond tant tout se ressemblait. La jeune femme essayait des portes toutes fermées et cherchait avec volonté un nouvel escalier. Peut-être était-elle encore dans un niveau souterrain, ce qui expliquerait l'absence de fenêtre.

Son souhait fut exaucé au bout de quelques mètres, éclairant son visage d'espoir. Elle pouvait le faire. Elle pouvait s'échapper. Elle savait que les gardes allaient venir d'un moment à l'autre, c'était prévu pour tuer sa tentative. Sinon la porte de sa cellule n'aurait jamais été ouverte. Mais la jeune femme s'en moquait. Elle se débarrasserait d'eux, les sèmerait ou essayerait de les vaincre à mains nues s'il le fallait mais plus jamais elle ne se laisserait faire.

Un nouvel étage franchit et un nouveau sourire, bien maigre et tendu, prit place sur le visage de la pirate. Un peu de la lumière lunaire filtrait par la fenêtre qui lui faisait face. Elle s'y précipita, manquant de chuter, renversant avec maladresse un vase qui se brisa distinctement, le bruit de porcelaine s'éclatant au sol résonnant dans le couloir vide. Bonney se figea, écoutant avec attention. Elle entendait un bruit de fond. Etait-ce son imagination qui lui jouait des tours, persuadée qu'elle était qu'on viendrait la chercher ? Ou y avait-il réellement quelqu'un en approche ?

Le cœur au bord des lèvres, Bonney colla le nez contre la fenêtre, regardant avidement le paysage. Sud. Pas de doute à y voir les vagues écumantes se briser contre la roche. D'un revers de bras, Bonney chassa les éléments décoratifs qui étaient sur le petit meuble sous la fenêtre, des fracas se faisant entendre. Elle n'était plus à ça près. Elle savait être découverte. Ce bourdonnement ne cessait de se rapprocher pour ressembler de plus en plus à des bruits de pas. Oppressant. Comme un compte à rebours de la fatalité qui allait lui tomber dessus.

Bonney ouvrit la fenêtre d'un mouvement assuré malgré son bras tremblant et monta sur le petit meuble avant de se figer en entendant un ordre claquer sèchement dans l'air :

— Halte, esclave !

L'appellation plongea Bonney dans une colère froide. Mais pas assez irrationnelle pour ne pas remarquer que sous la fenêtre, pas de quoi se poser, juste le vide qui se plongeait directement, une centaine de mètres plus bas, dans la mer furieuse qui s'éclatait contre les récifs pointus et mortels.

Précipitamment, Bonney saisit l'une des tentures et tira dessus violemment pour être sûre qu'elle supporterait son poids. Les gardes réitérèrent l'ordre, les fusils en joue cette fois-ci.

— Vous allez pas tirer. Parce que vous avez bien trop peur des conséquences qui vont vous retomber dessus si vous me touchez,
siffla Bonney en enroulant le tissu autour de son bras indemne.

— Sauf si je leur en donne l'ordre.

La voix surgit comme d'outre tombe et glaça le sang de Bonney. Le Dragon Céleste qui l'avait marquée. Le Borgne.

— Les corps mutilés ne me dérangent pas. Je savais que tu allais pas résister à cette porte ouverte cette fois-ci. Quelque chose t'as fait réagir dans l'arène. Cela t'as rendu cette étincelle sauvage et farouche que tu avais à ton arrivée. Tu ne vas pas sauter. Tu veux vivre et il n'y a que la mort en bas. La tenture ne sera pas assez longue et tu as un bras blessé qui ne te permet pas d'escalader. Si tu sautes, ton corps se brisera contre les récifs.


— Si je saute, je suis libre, répliqua-t-elle d'une voix froide en se mettant debout sur le pas de la fenêtre.

— Tu bluffes ! asséna le borgne avec un sourire joueur. Tu bluffes pour qu'on parte.

— Vous pouvez rester si ça vous chante. Je vais sauter.

La pirate lui lança un regard de défi et le dragon comprit qu'elle allait le faire. Il ordonna aux soldats de tirer mais trop tard, Bonney, comédienne dans l'âme, savourant l'effet dramatique, se laissa tomber en arrière.

Sa chute fut à la fois courte et interminable. Elle lui rappela celle de Lagays Greem. Décidément, elle était vouée à tomber. La pirate se raidit, prête au choc quand la tenture, effectivement trop courte, stopperait nette sa chute. L'attente ne fut pas bien longue et un éclair de douleur parcourut son épaule droite.

Suspendue dans le vide, le vent maritime glacial lui fouettait le visage et glaçait ses pieds nus. Les yeux fermés, Bonney n'osait pas regardé la distance qu'elle allait devoir sauter. Et pourtant, elle le devait. Après une inspiration pour prendre son courage à demain, la jeune femme regarda et jura. Au moins 90 mètres. En soi, ce n'était pas si énorme que ça. Mais les récifs … Elle aurait une chance de tous les diables si elle parvenait à les éviter miraculeusement. Mais la chance n'était pas vraiment avec elle ces derniers temps.

— Elle est encore là ! Remontez moi ces satanés rideaux mille fois trop longs !

Le visage contracté par la colère, Bonney voyait dans l'unique œil du noble que si elle se faisait rattraper, sa journée de torture qu'elle avait subie ne serait qu'un doux rêve par rapport à ce qu'il envisageait comme punition.

Alors qu'elle remontait faiblement, la pirate comédienne désenroulait l'épais tissu d'au bout de son bras jusqu'à le tenir seulement fermement en main.

— Tu vas connaître mille souffrances, promit le Tenryubito.

— Je vais vivre. Ou mourir. Mais ce n'est pas toi qui en décidera, connard.

Et elle lâcha la tenture.

En paix, un sourire ravi aux lèvres en voyant le visage de son tortionnaire se tordre de rage, Bonney ferma les yeux et laissa son corps chuter, balloté par l'air marin, attendant le moment fatidique. Elle ne savait pas ce qu'il y avait en dessous d'elle et ne souhaitait pas le savoir. Tout reposait sur la chance.

Le Tenryubito voyait le corps gracile de sa nouvelle esclave tomber sans fin, tourbillonnant dans le vent, et hurla ses ordres.

— Qu'elle soit morte ou vive, je veux qu'on la retrouve ! Faites réveiller quelques uns de mes esclaves ! Nous partons en chasse !

Il jeta un coup d’œil rageur à la tenture du délit et la pointa du doigt.

— Et décrochez moi toutes les tentures et tous les rideaux du château ! Je ne veux plus jamais qu'une telle chose arrive !







La fin arriva.


Bonney crut que son corps allait exploser quand elle heurta l'eau glacée de South Blue. Sa tête percuta l'un des récifs, la dotant d'une large plaie au front, mais hormis cela, elle avait eu une chance insensée et était aussi indemne que possible. Précipitée de gauche à droite, la pirate essayait tant que bien de nager et garder la tête hors de l'eau, utilisant même son bras au coude fêlé malgré la douleur insupportable. Entre souffrir le martyre et mourir, son choix était fait.

Mais le courant était trop fort et elle n'arrivait à rien. Elle se heurtait à des rochers, repartait en sens inverse et se rapprochait toujours plus du château qu'elle venait de fuir à son plus grand dam. Une vague la submergea et Bonney battit frénétiquement des jambes, une terreur la prenant soudainement. De l'eau … trop d'eau sur sa tête, son visage …

L'eau qui s'infiltrait et repartait … l'impression de suffoquer … mourir noyée … respirer et de nouveau étouffer …

Pourtant excellente nageuse, Bonney se débattit dans l'azur enragée de manière désordonnée, essayant de chasser quelque chose qui n'était pas là : un bourreau. Sa panique se calma légèrement quand elle fut dans un creux dont elle profita pour passer frénétiquement une main sur son visage et chasser les sensations et les souvenirs qui l'envahissaient et risquaient de la tuer plus que la mer tumultueuse.

Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il lui semblait qu'elle était entourée d'eau à n'en plus finir … Elle devait garder la tête au sec … et tout irait bien … Une nouvelle vague la projeta sous l'eau et Bonney hurla, ne provoquant qu'un jaillissement de bulles. Ce n'était que la mer … celle qu'elle avait parcouru toute une vie sur le bateau de ses parents, ce bon vieux South Blue … Elle ne mourrait pas dans la mer qui l'avait vu naitre. Impossible. Ce serait une haute trahison.
Rompue, épuisée, à court d'oxygène, Bonney cessa de se débattre et ne donnait que des faibles coups des jambes pour tenter de remonter. Les lois de la physique firent le reste et son corps remonta.

Quelques vagues et roulés boulés suffirent pour que Bonney s'échoue, faible et toussotante, sur la plage au pied du bosquet qui couvrait l'Est du château dont elle venait de sauter. Le chemin direct pour l'entrée.

La respiration saccadée et sifflante, Bonney tenta de se relever mais ses membres tremblants la lâchèrent, la faisant grogner de douleur lorsqu'elle s'effondra sur son bras blessé. Elle devait bouger. C'est ici qu'il la chercherait en premier.

Des aboiements frénétiques et enragés firent claquer l'adrénaline dans son système et, miraculeusement, Bonney se releva. Ils allaient la chasser. La traquer jusqu'à la ramener ou la tuer pour l'affront qu'elle venait de lui faire.

Avec une énergie tirée du désespoir, Bonney s'enfonça dans la forêt et courut comme si sa vie en dépendait.

Parce que c'était le cas.


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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Mer 31 Déc - 3:06

Lorsque le noble avait vu Bonney sur le bord de cette fenêtre, il avait savouré sa victoire. Elle était sortie de sa cage, il allait prendre un malin plaisir à lui rappeler sa nouvelle condition. Une esclave, un objet, guère plus importante que du mobilier s'il le décidait. Et là, sa chose était acculée, à sa merci. Et elle refusait de le reconnaître ! Ce jeu l'amusait. Il était ravi qu'une étincelle soit revenue après les arènes. Il avait le sentiment qu'il pourrait entretenir ce cycle chez la jeune femme par ce moyen. La briser pour qu'elle retrouve sa fougue dans les arènes. Et recommencer.

C'était un art délicat. Il fallait qu'il découvre les motivations de la jeune femme pour être certain qu'elle ne se laisserait pas tuer dans les combats. C'était moche ça. Du bon argent gaspillé. Ainsi que du temps avec une bonne dose de déception. Il n'y avait plus le frisson du jeu sanglant. Généralement, le maître de ce type d'esclave se faisait moquer voire huer pour ce genre d'erreur.

L'expression sérieuse, glaciale et déterminée de son esclave le fit sourire. Cette gamine était une joueuse tout comme lui, une comédienne. Il n'y avait qu'à voir comment elle avait changé du tout au tout après qu'il lui ait apposé sa marque. Ce n'était qu'un masque cette assurance.

— Tu bluffes ! asséna le borgne avec un sourire joueur. Tu bluffes pour qu'on parte.

Le dragon perdit de sa superbe en la voyant faire l'ultime pas qui la séparait du vide. Elle venait de le ridiculiser. Devant ses gardes. Dans sa demeure.

Elle venait de signer son arrêt de mort. Cela se confirma définitivement quand elle lâcha la tenture. Cette misérable pirate !  Elle allait souffrir. Il lui donnerait l'espoir grâce à sa misérable évasion puis l'anéantissement par la traque, l'humiliation d'une mort de bête acculée et l'indécence d'un cadavre pourrissant dans la nature, dévoré par les bêtes. Il fit un signe, arrêtant le soldat à qui il venait de donner des ordres.

— Non. Surveillez les esclaves de l'aile où elle était gardée, je ne voudrai pas que cela leur donne des idées. Et réveillez plutôt mes amis Tenryuubitos. De ma part. Cela fait longtemps qu'on a pas dirigé ensemble une bonne chasse.

Le borgne alla rapidement dans l'aile Est du château, celle où était la sortie menant sur la plage et où étaient les chiens en cas d'évasion justement. Un fait rarissime. Quoique là … Il ne supporterait pas d'être l'objet des ragots. Pas lui. Il avait bien fait de les convier à cette chasse.

Le noble saisit l'un des fusils accrochés dans le chenil et frappa avec la crosse le long des barreaux de chaque cage, réveillant les molosses affamés à escient. Il arrivait parfois que leur faim soit si grande qu'ils n'obéissaient plus quand ils les rappelaient. L'homme sadique sélectionna les chiens les plus rapides mais aussi les plus violents, se fiant à leurs réactions et masse pour le déterminer.

Le temps qu'il enroule les laisses autour de ses mains, il fut rejoint par deux nobles à l'air ensommeillé. Les gardes étaient là aussi mais il les renvoya sèchement.

— Nous n'avons pas besoin de vous ! Elle est seule, affamée, blessée et nous sommes trois, des dieux parmi les humains et armés. Enlevez moi ces satanées rideaux plutôt !


Il fit renifler la cellule de la pirate aux cinq chiens et en donna à ses collègues qui rirent de bon cœur à la perspective de ce sport qu'ils pratiquaient souvent, relâchant souvent des esclaves juste pour le plaisir. Mais c'était tellement plus drôle quand c'était une évasion et qu'il pensait s'échapper réellement.

Avides, les animaux tirèrent férocement sur leurs laisses. Sans surprise, ils guidèrent leurs maîtres en premier lieu à la plage. Des traces de pas légèrement enfoncées dans le sable, irrégulière et trainantes indiquèrent l'état de la jeune femme.

— Elle est vivante … Mal en point, à moitié morte, mais bien vivante. Elle est à moi, messieurs.


Ses compagnons de ce sordide jeu acquiescèrent. Ce n'était pas poli de voler l'exécution d'un autre, jamais ils ne se seraient permis une telle chose.

Les chiens tirèrent encore plus fortement les laisses, trainant presque leurs maîtres derrière eux. Ils s'enfoncèrent dans un bosquet, presque une forêt à vrai dire. Qu'elle en sorte ou non, cela ne changerait rien, ils étaient des dieux, des maîtres en ce bas monde, cette île un de leurs fiefs. Au loin, il apercevait une forme en mouvement, du rose. Comme sa chevelure.

— La voilà ! Ricana-t-il

Les deux autres nobles qui l'accompagnaient rirent aussi. C'était sa nouvelle esclave ! Celle pourtant si docile aux arènes, comment avait-il pu perdre le contrôle en si peu de temps  … Les remarques agacèrent le borgne qui détourna l'attention en relâchant ses molosses. Il aurait aimé faire trainer les choses, profiter et la voir se débattre avec chaque chien un à un mais les deux acolytes libérèrent aussi ceux qu'il leur avait confié.

Ils avancèrent à grandes enjambées, piétinant tout ce qui était sur leur passage, alors que l'esclave trébuchait et regardait parfois derrière elle. En entendant les chiens si proches, elle s'arrêta. La voir se battre ou tout du moins tenter fut divertissant. Il devait le reconnaître, la pirate avait de la ressource, une volonté farouche qui la portait malgré son extrême faiblesse.

Les trois hommes s'approchèrent bien vite et en constatant une flaque de sang assez conséquente, le borgne souffla dans un sifflet et les chiens rameutèrent, la gueule barbouillée de sang. Il nota même la présence d'un morceau de peau ou que savait-il encore entre les crocs.

Les nobles arrivèrent en riant, se félicitant mutuellement d'avoir réussi à la rattraper, qualifiant même de « bonne chasse » cette pratique qu'ils exerçaient comme un sport. Elle avait le mollet sacrément endommagé. Cette chose blanche et brillante qu'il apercevait … cela pourrait-il être son os … ? Il savourait de l'avoir à ses pieds ainsi, dans un piètre état. Lamentable même.

Et pourtant, elle lui exprimait toute sa haine dans ses yeux violets. Ce qu'il y voyait était dangereux. Cette femme allait être une menace. Un jour ou l'autre. Elle s'en prendrait à lui, c'était certain. Mais à la manière dont elle regardait ses confrères Tenryuubito, il ne doutait pas qu'elle essayerait de les renverser tous. Un par un s'il le fallait. Elle était une épée de Damoclès pour leur divinité s'il la laissait vivre. Plus question de la garder pour s'amuser. Il devait l'exécuter.

Avec une lenteur calculée et cérémonielle, il arma le fusil et le pointa sur la jeune femme. Un spasme de douleur agita sa jambe déchiquetée et le visage de la pirate se décomposa, affichant une douleur insoutenable et une terreur sans borne. La conviction qu'elle allait mourir se lisait dans ses yeux.

– C'est ici que s'arrête ta carrière Jewelry Bonney.


PAN !



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Le souffle court, le cœur battant la chamade, il courrait comme un dératé vers l'immense château des Tenryuubito. Il l'avait ratée. S'il lui arrivait quoique ce soit, il s'en voudrait pour le restant de ses jours. Il ne le supporterait pas.

Il arriva enfin devant l'imposante demeure et la contourna pour se plaquer contre l'un des murs, s'approchant des gardes lentement et silencieusement. Il les tuerait tous les deux pour s'infiltrer dans le château. Alors qu'il s'apprêtait à commettre son funeste forfait, l'un des deux gardes parla :

— Une esclave s'est enfuie apparemment. Une allumée. Elle a sauté du haut d'une fenêtre en insultant un des Dragons !
— T'es sûr ?!
—Vrai de vrai ! Le gros Gérard était auprès d'eux quand ça c'est passé. Une grande nana avec des cheveux roses, il venait tout juste de l'emmener. Alors ils la chassent.
— Ah ouais … j'ai pas eu le temps de …


L'ombre n'écouta pas plus. Il se déroba et retourna d'où il venait : la forêt. Quel imbécile. Il avait entendu des chiens mais avait fait un large détour pour pas se faire repérer. Comment pouvait il avoir loupé celle qu'il recherchait ?! Sans chercher à être discret à présent, il courrait de nouveau comme un fou sous le couvert des arbres. Pitié, faites qu'il arrive à temps.

Il entendait des bruits étouffés de rires, des chiens … Il n'était pas loin. Il pivota à gauche, observa à droite et son cœur se figea quand il vit, à quelques mètres devant lui, une ombre féminine faisant face à un fusil, l'ombre noire et menaçante d'un homme le tenant solidement.

Il y avait trop de distance. Jamais il n'arriverait à tuer l'homme avant qu'il ne tire. Passant son arme devant lui, la tenant presque à bout de bras pour profiter de son allonge, il hurla de terreur et de rage quand la détonation retentit, sa voix couverte par ce bruit.

La lame de sa faux s'abattit sensiblement au même moment sur le canon de l'arme mais trop tard, Bonney s'effondrait sous ses yeux.

— Assassin ! Tu vas payer !


Hors de lui, l'homme réaffirma sa prise sur son arme et exerça un demi tour fatal. Sa lame parfaitement affutée passa en travers du corps de l'homme borgne, le tireur qui avait fauché trop tôt la vie de la pirate, désolidarisant son torse de ses jambes. Il cracha un peu de sang et lâcha le fusil avant que son corps ne se disloque en deux.

Une jambe fléchie, l'autre en extension, sa faux en travers de son visage sombre et furieux, l'homme faisait peur à voir. Il s'élança pour régler leur sort aux deux chiens que le cadavre avait laissé s'échapper. Il ne lui fallut pas plus de deux mouvements pour les tuer froidement. Les deux nobles restant, bien que armés et accompagnés des trois molosses restant, fuirent aussi vite qu'ils le purent en trainant les animaux derrière eux.

Les traits du jeune homme s'affaissèrent aussitôt, dévastés. Il lâcha son arme et tomba à genoux près du corps de la jeune femme aux cheveux roses. Sa vue se troublait. Et il comprit au goût salé qui envahissait sa bouche qu'il pleurait.

Il saisit le cadavre de son amie et s'accrocha frénétiquement à lui, son propre corps secoué par le chagrin et ses sanglots de plus en plus terribles. Il était entre hurlements et spasmes, déchiré par cette perte. Il était arrivé trop tard. Il l'avait vu mourir sous ses yeux.

Il devait partir. Prendre la dépouille de la jeune femme avec lui était une évidence. Elle le ralentirait mais ne pouvait pas se résoudre à l'abandonner ici. Encore mois l'y enterré.

— Bonney … Bo... n … Ney …, bredouillait-il le visage dans ses cheveux, incapable de bouger.

Des bruits de gorges étranglés sortaient de son torse, submergé par le chagrin, il commençait même à étreindre le cadavre avec trop de force, la secouant parfois par la colère de cette injustice.

Ses paupières frémirent et il fut éclaboussé de sang. Dans ses bras, au pire de sa forme, Bonney sortait de l'inconscience, crachant du sang, son corps agonisant lâchant prise. Ses lèvres bougèrent et murmurèrent qu'une chose :

— Ka … mi … jo …  
Kamijo et sa faux:
 

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MessageSujet: Re: Une promesse à tenir, quitte à en mourir [Solo]   Mar 3 Fév - 3:21

— Fuis …, haleta-t-elle, son visage se tordant de douleur. Mal … vais mourir …

— Je t'abandonne pas ! Tu ne vas pas mourir ! Je vais te sauver, on a plein de projets ensemble, souviens toi !

Kamijo lui hurlait presque dessus dans sa fervente volonté. Il inspecta le corps de la jeune femme, essayant de trouver le point d'entrer de la balle. Elle était si sale, si ensanglantée qu'il ne parvenait pas à trouver. À court de patience, il déchira le peu de vêtement qu'il restait sur la jeune femme et palpa tout son torse mais rien. C'est en observant ses jambes qu'il vit les plombs dans la terre. Il avait réussi à dévier assez le coup pour qu'elle ne soit pas touchée. Enfin un peu de chance dans ce malheur.

Le pirate récupéra les lambeaux de tissu et fit un garrot au niveau de l'atroce blessure que Bonney avait au mollet. Il déchira le bas de sa propre cape, d'une propreté plus respectable que les affaires de son amie, et banda sa jambe plus pour couvrir la plaie et retenir le sang que par réelle conviction de soigner. Kamijo rangea sa faux dans son dos et se pencha sur Bonney pour la soulever.

— Je vais te porter. Ça va te faire mal, j'en suis désolé, mais j'ai pas le choix. Je vais t'emmener voir un médecin au moins.

— Non … partir … Yurikago … Lili … Kannon …

Bonney commençait à tourner de l'oeil et son dos appuyé contre le bras de Kamijo lui faisait un mal de chien. Kamijo lui tapota une joue, affolé.

— Non, non, tu restes consciente Bonney !

Il avait peur qu'elle ne se réveille plus jamais si elle s'évanouissait de nouveau. Une peur atroce qui lui cisaillait les entrailles mais qu'il ignorait au mieux grâce à l'adrénaline et l'urgence de la situation. Il la serra contre lui et commença à presser le pas. Il devait sortir de cette satanée forêt.

— J'ai volé une corvette avant de venir ici. Je vais t'y installer, kidnapper un médecin et on fera voile vers Yurikago comme tu le désires, Capitaine.

— Chakram … caché … tronc creux …


— Je sais, je sais, je l'ai trouvé. Je savais que tu m'attendrais pas. Je suis venu ici cinq jours après qu'on t'aie déposé sur Kiguéritou et je t'ai attendu. Et quand je l'ai trouvé, c'est comme ça que j'ai su que tu ne m'avais véritablement pas attendu contrairement à ce qu'on s'était promis ! Tu es complètement folle d'avoir fait ça ! Merde, quoi, on avait prévu un plan depuis 5 ans ! Et toi, sur un coup de tête, tu fonces dans le tas sans ton binôme !

— Pardon …

Une nouvelle gerbe de sang s'échappa de la bouche de la jeune femme agonisante faisant aussitôt arrêter de râler Kamijo. Il jeta un coup d'oeil par dessus son épaule. C'était mauvais, il avait tué un gars, sans nul doute un dragon, dans sa rage de voir Bonney s'effondrer mais cela allait lui rameuter plein d'ennuis. La garde notamment. Et plus tard, le Gouvernement Mondial. Un Dragon assassiné, jamais ils ne laisseront passer ce crime quand ça se saura. Et seul le nom de Bonney devait être rattaché à cet homme. Elle allait être poursuivie pour un meurtre qu'elle n'a pas commis. Sauf si elle avait eu l'intelligence de dissimuler son nom. Mais connaissant sa tête brulée de camarade, il émettait des doutes.

Kamijo eut des sueurs froides en constatant, bien loin derrière eux, l'apparition de points jaunes lumineux. Des torches. Les recherches étaient lancées. Son signalement ne sera pas trop dur. Il fallait qu'il presse le pas, le temps leur était compté plus que jamais. Il ne courrait pas bien en la tenant comme ça. Il devait la mettre sur son dos … mais il lui ferait encore plus mal en la tenant aux cuisses, près de son mollet déchiqueté.

— Je suis désolé, Bonney, mais je dois bouger plus rapidement.

Le pirate aux cheveux rouges la fit passer derrière lui et se pencha en avant pour s'assurer qu'elle ne tombe pas. Les bras ballants de Bonney pendaient de par et d'autre de son cou ce qui l'inquiétait, tout comme ses récurrents gémissements de douleur. Elle n'avait même pas la force de se cramponner à lui.

Kamijo reprit sa course. Il était entre la marche rapide et la course, essayant de provoquer le moins de secousses possibles pour soulager sa camarade. Mais il l'entendait râler de douleur régulièrement. Derrière lui, au loin, il entendait des voix. Le pirate ne pouvait pas dire précisément ce qu'ils disaient mais nul doute que ça concernait la fuite de Bonney. La forêt lui paraissait sans fin. Et pourtant, il arriva au bout, non sans trébucher parfois, s'excusant mille fois auprès de la pirate agonisante. Il lui parlait en permanence, espérant la tenir éveillée. Il arriva au village qui siégeait au pied des châteaux.

Bonney, la vue vacillante, reconnut les lieux et redressa faiblement la tête.

— Tu sais où est le médecin ?
— Mami … Elle va t'aider … là bas.

La respiration de la pirate était difficile et sifflante, elle avait pointé du doigt une maison, sa main retombant aussitôt comme si cela avait été un effort incommensurable. Kamijo n'osait imaginer ce qu'elle avait subi. Il alla directement à la maison désignée et frappa frénétiquement à la porte. La vieille femme mit les minutes les plus interminables de la vie du pirate à venir lui ouvrir.

— Mon dieu, s'horrifia-t-elle en voyant la jeune femme et sa jambe au bandage sanglant. Qu'est-ce que vous avez fait ?! Je vais avoir des ennuis par votre faute …
—Elle va mourir par votre faute si vous ne la soignez pas, grinça Kamijo, froidement.

Il bouscula Mami pour allonger Bonney sur la table à manger. Celle-ci s'arc bouta en gémissant de douleur et roula faiblement sur le côté. Kamijo défit la cape et aperçut avec horreur pour la première fois la marque.

— Merde, merde, les enfoirés, ils l'ont marquée.

— Je vais chercher notre médecin, souffla Mami, mais par pitié, partez aussitôt après. Je ne veux pas d'ennui.

Kamijo approuva, le poing serré. Même si ça l'écoeurait, il ne pouvait pas en vouloir à la vieille femme. Elle risquait gros si jamais on apprenait qu'elle avait abrité les deux fuyards. Il s'assit à côté de Bonney et caressa son front crasseux et en sueur, écartant ses mèches roses de son visage.

— Je vais te sauver … J'ai promis à tes parents de veiller sur toi. Tu peux pas mourir alors que je viens de te retrouver après deux mois d'attente.

— J'ai froid …, gémit-elle les yeux semi clos.

Kamijo se leva et fouilla dans les meubles de la vieille femme. Rien n'était à la taille de Bonney mais il prit quand même des vêtements et une couverture pour la recouvrir dans l'immédiat.

— Milona … elle a tué tante Ruka …

— Chut, tu m'expliqueras plus tard, tu n'es pas en état.

Kamijo pensait déjà au chemin qu'ils devraient faire ensemble pour rejoindre Yurikago. Traverser Reverse Mountain pour aller à North Blue. Heureusement, Bliss tout comme Yurikago n'étaient pas loin de cette fichue montagne de l'extrême et ils pourraient donc attendre l'île et des soins plus adéquates rapidement. Deux jours de voyage à tout casser. S'ils ne se fracassaient pas contre les parois de la montagne. Comment allait-il manipuler la corvette, seul, pour les mener à bons ports ? Si ce n'était pas les blessures de Bonney qui la tuaient ce serait son mauvais pilotage, assurément.

Lorsque la vieille femme revint, il se tendit de nouveau. Un médecin a l'air ensommeillé et ne comprenant pas ce qui se passait l'accompagnait.

— C'est mon amie, elle a besoin de soin d'urgence.

Il révéla sa jambe, tranchant les bandages faits à la va vite.

— Doux seigneur, souffla le médecin en ouvrant aussitôt son énorme valise de soin.

Visiblement, Mami l'avait prévenu que c'était un cas nécessitant énormément de soin. Il se mit aussitôt au travail. Kamijo prit un torchon et le mit entre les dents de Bonney, la bâillonnant en s'excusant. Elle allait hurler c'était certain et il ne pouvait pas risquer de se faire repérer. Le bandage fit un bruit de succion écoeurant quand il fut enlevé par le médecin et le sang se répandit aussitôt sur la table. Il observait avec sérieux l'immense plaie, armé d'une pince, il enlevait toutes les saletés qui pourraient contaminer la blessure puis se redressa.

— On croirait qu'elle a été mangé … c'est atroce.
— C'est ça. Des chiens affamés qui ont été lâchés sur elle.
— Tenez là.

Le médecin désigna une bouteille d'alcool médicinal et Kamijo immobilisa Bonney à l'aide de Mami, permettant au médecin de verser le désinfectant sur la plaie. La pirate se débattit instantanément. La douleur semblait être encore plus vive et elle hurla, sa voix étouffée par le bâillon.

— C'est bientôt fini, souffla Kamijo pour la rassurer.
— J'en ai pour des heures, rectifia le médecin.

Les mouvements de Bonney la dénudèrent de nouveau et l'homme pâlit en voyant se dévoiler la marque des dragons célestes.

— C'est une esclave ?! Qu'est-ce que vous me faites faire ?

Il s'éloigna aussitôt de Bonney et commença à ranger son matériel. Kamijo vit rouge et prit sa faux dans son dos, l'abattant aux pieds du médecin.

— Vous n'allez nul part.

Le jeune homme n'avait pas l'air spécialement aimable du fait de son inquiétude pour Bonney, à présent, il était glacial, le visage menaçant, le regard montrant toute sa détermination.

— Finissez le plus important. Après, vous porterez mon amie. Je vous conduirai à notre bateau.

— Vous ne pouvez pas me tuer. Vous avez besoin de moi, souffla le médecin, pâle mais encore logique.
— Peut-être, mais elle, j'en ai absolument rien à faire.

Kamijo venait de coller sa lame courbe contre la gorge de Mami, surprise et livide. La vieille dame avait un teint de cire et implorait silencieusement des yeux le médecin.

— Mami n'a rien à voir dans tout ça ! Laissez nous partir et fuyez !

— Mon amie a besoin de soin. Faites le nécessaire. Faites stopper l'hémorragie et on part. Avec vous. Et Mami.
— C'est … c'est … C'est un kidnapping pur et simple, s'exclama le médecin.
— Avec prise d'otage en prime. Je vous laisserai libre à Yurikago si vous m'obéissez.
— Yurikago ? S'étrangla le médecin, Ce repère de voyous à l'opposé du globe !

Kamijo fit pression sur la gorge de Mami, faisant couler le sang et gémir de peur la pauvre femme.

— Je m'occupe de votre amie, capitula le médecin.

Il ouvrit de nouveau sa valise et sortit une quantité impressionnante de gaze. Il marmonnait dans sa barbe – qu'il portait pour le coup – et s'occupait au mieux de la jambe de Bonney. Celle-ci gémissait et frissonnait, au plus faible. Elle avait le corps moite de sueurs froides, le teint cadavérique. Au final, le médecin fit un bandage plus sain et ferme pour porter la jeune femme sur son dos.

— Cela tiendrait du miracle qu'elle passe la nuit.

— La ferme, gronda Kamijo, tu avances et la soigneras, je t'en demande pas plus !

La curieuse troupe sortit de la maison, pressée, essayant d'être discrète malgré le fait que le pirate menaçait de sa lame gigantesque la vieille femme. Kamijo sifflait ses ordres au médecin, lui rappelant sans cesse qu'il jouait la vie d'une innocente sur son obéissance. Ils sortirent de la ville sans aucun problème. Kamijo crut que son cœur allait démissionner quand il entendit au loin les voix des soldats en ville, quelques minutes après qu'ils l'aient quitté.

— Ne songe même pas à hurler ou appeler à l'aide. Sinon, je l'égorge sans remords, gronda le pirate en voyant le médecin ralentir. Va au port.

Il ne leur fallut qu'une courte marche à travers plaine contre le mur qui séparait le noble Bliss de celui pirate pour arriver au port. Le pirate le guida avec empressement, les faisant monter à bord de la fameuse corvette qu'il avait volée. Navire de guerre à la base destinée au marchandage avec une vingtaine de canon, c'était parfait pour l'usage dont ils souhaitaient en faire, du moins, selon les rêves qu'il avait eu avec Bonney avant son départ.

— Mettez la dans la cabine du capitaine , ordonna-t-il au médecin. Vous … désolé.

Kamijo l'attacha au mat principal le temps d'installer Bonney. Il s'assura que le médecin l'installait correctement dans le lit et recommençait ses soins puis retourna sur le pont. De là, il remonta l'ancre avec l'aide de Mami, fraichement libérée. Il avait laissé les voiles dehors exprès pour ne pas perdre de temps à les déplier. Au terme d'une longue demi-heure angoissante qu'il occupa à surveiller, la noble ville s'éveiller peu à peu pour rechercher les fuyards, la corvette était enfin au large des côtes, suffisamment pour ne plus l'inquiéter et ne laisser aucune solution de fuite à ses deux otages.

— Je suis désolé que vous soyez pris dans tout ça mais sans vous, je ne peux pas sauver mon amie et encore moins manoeuvrer ce navire. Votre survie dépend maintenant de votre aide.
— Je n'ai plus le choix comme vous l'avez souligné. Je vous aiderai.

Kamijo hocha la tête et partit rejoindre Bonney, demandant au médecin de les laisser seuls une petite minute. La pirate dormait, assommée par des tranquilisants et anti-douleur que lui avaient injectés le médecin. Avec tendresse, son ami d'enfance lui caressa le front.

— Tu dois vivre, Capitaine. Tu ne peux pas me laisser, pas quand le Jewelry's Comedy prend enfin la mer. Vis, Bonney. Que ta renommée puisse traverser les océans.

Il lui serra la main, crispé, apeuré à l'idée de perdre son amie la plus précieuse, puis il sortit de la cabine, ordonnant au médecin de reprendre au mieux son office.

Sur le pont, il inspira, boussole et carte en main. Toute la survie de Bonney se jouait sur cette traversée.

La suite se trouve ici:
 

_________________
Ma renommée traversera les océans !



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