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 De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Mer 4 Fév - 17:11

Après Opertale et un chapitre en solitaire plutôt singulier sur Sleepy Tree, Ulquiorra se retrouve transporté à East Blue. Là, le petit archipel de Gekko lui ouvre les bras.


L'archipel de Gekko était l'un des plus minuscules que j'avais jamais vu. En à peine plus d'une heure, j'avais déjà fait le tour de son île principale et j'étais déjà capable d'en donner mes impressions. Tout comme la seule ville qui s'y tenait, elle avait une surface relativement restreinte. À vrai dire, l'ensemble d'habitations qui composait Syrup était loin de comporter assez de maisons pour mériter ce terme de "ville". Il s'agissait d'un village, tout au plus. Ce dernier était traversé par une large route, autour de laquelle gravitaient les demeures. Il ne devait pas y en avoir plus d'une cinquantaine, en incluant les quelques établissements commerciaux et touristiques.
Mais malgré tout, l'endroit avait un certain charme. Le calme y régnait, ce qui n'était pas pour déplaire à ma nature posée et tranquille. De plus, les visages que l'on pouvait croiser au détour des chemins étaient tous teintés d'un pigment d'ataraxie, preuve de la paix qui y régnait en maîtresse. Cela me changeait des îles sur lesquelles j'avais auparavant accosté, et qui souffraient pour la plupart d'un climat plutôt tendu. Ici, je ne ressentais ni pression, ni danger. Je pouvais simplement profiter de mon après-midi sans m'occuper de rien.

Cette atmosphère de sérénité absolue eut tôt fait d'avoir raison de moi. Subjugué par la quiétude qui se dégageait des rues, je me laissai tomber sur une chaise de restaurant. Un couple, un homme et un petit garçon étaient en train d'y savourer un appétissant repas en plein air, et à quelques pas d'eux se trouvait un jeune frottant une table avec un torchon. Ses gestes étaient lents, presque flegmes. Je l'observai faire, sans aucune raison particulière ; et au bout de quelques instants, il passa à une autre table.
Détournant mon regard du serveur, je m'intéressai aux journaux qui avaient été disposés à ma place. Je les feuilletai rapidement, et m'arrêtai lorsque j'aperçus une photographie présentée sur quasiment l'intégralité de la page. Il s'agissait d'un avis de recherche, encadrant une femme rousse au regard mauvais qui tenait une cigarette entre ses dents. Les deux feuilles suivantes étaient consacrées à Yôko et Itachi. Je souris en voyant mes deux anciens compagnons fichés comme les criminels qu'ils étaient. Enfin, les deux derniers volets représentaient une adolescente à l'air démoniaque, ainsi qu'un type aux traits rudes et à la chevelure en pics. Ils étaient respectivement recherchés pour 4 millions et 5 millions de berrys, ce qui était assez impressionnant.

- Je me demande si je figurerai un jour sur l'un de ces avis... me pris-je à penser.

Là était le rêve de tout pirate, la consécration en tant que hors-la loi. Mais d'un autre côté, être recherché signifiait également moins de libertés, et une prudence de chaque instant qui pouvait s'avérer, à la longue, exténuante. Pour le moment, je me satisfaisait donc du statut criminel discret que j'incarnais. Car bien que j'avais failli être identifié pour mon rôle dans les événements de Korutiga, je demeurais encore un inconnu pour la Marine. Du moins, à ma connaissance.
Reposant les feuilles de journal, je suivis des yeux l'itinéraire de l'épaisse route depuis la côte jusqu'à la colline, qui surplombait le village. Au sommet de celle-ci était fièrement posée une immense villa qui, compte-tenu de sa taille et de son apparence, devait sûrement appartenir à quelqu'un de riche.

- Je devrais aller la voir de plus près, songeai-je, ainsi j'aurais définitivement achevé ma visite.

Je gardai cette idée dans ma tête, et décidai, avant toute chose, de commander à manger. Il était encore tôt pour le déjeuner, mais au vu du peu de monde faisant actuellement travailler les restaurateurs, je me dis qu'ils ne refuseraient certainement pas un client supplémentaire. De plus, à l'instar de la famille qui était déjà installée non loin de moi, je n'étais pas le seul à manger à cette heure précoce. Je levai donc le bras pour interpeller le serveur.

- Pirate ! Pirate !

Un sursaut fit frémir ma chaise. La voix qui avait soudainement hurlé m'était-elle destinée ? Mon attention se bloqua sur le groupe qui dégustait son repas, à quelques mètres de moi. Le petit garçon avait sauté de sa chaise, renversant son plat au passage.

- Pirate ! Pirate ! répéta-t-il d'une voix pleine d'une énergie enfantine.

Fort heureusement, il ne parlait pas de moi. Il était tourné vers l'océan, et paraissait fixer un point lointain sur l'étendue salée.

- Allons, arrête donc de jouer et reviens à table, ordonna l'homme, qui semblait être son père. Je vais devoir recommander un menu à cause de tes bêtises !
- Mais y a un bateau pirate là-bas, je le jure !

Je me levai et plissai les yeux pour tenter d'apercevoir ce dont quoi parlait l'enfant. Son père s'en rendit compte, et s'empressa de s'excuser :

- Veuillez pardonner mon fils, il fait souvent le pitre pour attirer l'attention... Donc ne vous souciez pas de cela et…
- Est-ce que vous avez une longue-vue ? le coupai-je.
- Pardon ?
- Une longue vue, vous en avez une ?

Il resta indécis pendant quelques secondes, puis pénétra dans l'enceinte du restaurant. Il en ressortit muni de l'objet que je lui avais demandé et me le tendis, sans plus comprendre le pourquoi de cette requête. Sans prendre la peine de lui expliquer, je saisis simplement l'instrument et en plaçai l'extrémité devant mon œil gauche.

- Vous n'avez pas besoin de prendre cette peine, monsieur, je vous répète qu'il aime faire des plaisanteries à tout bout de champ et…
- Vous devriez plutôt le féliciter, repris-je tout en continuant de scruter les eaux, votre fils a une fabuleuse vision. En effet, il y a bien un navire qui s'approche.
- Comment ?!

L'individu m'arracha la longue-vue des mains et s'occupa de vérifier de lui-même. Je le laissai faire tout dirigeant mon attention vers le garçon. Un détail me frappa alors. Son corps entier était parfaitement proportionné, sauf ses pieds. Ces derniers étaient exagérément longs ! Leur taille devait au moins équivaloir à celle de son tibia ; non, plus longs encore !

- Mon dieu... s'exclama l'homme, venant apparemment d'apercevoir le bateau. Cet emblème… c'est celui des Lunar Pirates, avec la pirate Luna Lumen à leur tête ...!

À la mention de ce nom, un déclic se produisit dans mon esprit. Je me jetai sur les avis de recherche de la Marine que j'avais parcourus tout à l'heure, et cherchai le quatrième feuillet dont j'avais pris connaissance. Le nom qui y figurait était celui que l'individu venait de prononcer. Je levai ensuite les yeux vers la photographie.

Avis de recherche de Luna:
 

Le sourire cruel, les yeux perfides, la jeune femme qui y était représentée avait l'air d'une véritable psychopathe ! Et sa main entourée d'effrayants éclairs laissait penser que ses pouvoirs étaient puissants et dévastateurs. Je fus alors pris de pitié pour les pauvres habitants de Syrup, qui s'épanouissaient dans le calme et la bonne humeur. Si une pirate telle que cette dénommée Luna débarquait sur l'île, leurs habitations allaient être mises à feu et à sang !

- Allez vite chercher les Hitsujishin ! Ils sont notre seule chance de nous en sortir !

Le petit garçon obéit et s'élança aussitôt. Mais ses longs pieds le firent trébucher et il s'étala au sol. Lorsqu'il se releva en gémissant, je posai une main sur son épaule et lui adressai un regard apaisant. Après quoi j'extirpai vivement l'étui de Murciélago de ma ceinture, et me dirigeai vers le littoral, mon sabre à la main.

- Que faites-vous ? questionna l'autre d'une voix paniquée. Il faut aller prévenir les Hitsujishin, la famille qui vit dans le manoir sur la colline ! Quelques-uns d'entre eux sont des combattants confirmés, ils sont les seuls qui peuvent nous protéger !
- Ne vous mêlez pas d'une bataille entre pirates, rétorquai-je sans le regarder.

Il fronça les sourcils, et ne tenta pas de m'arrêter cette fois. Je continuai donc de me diriger d'un pas décidé vers la plage, les pupilles fixées sur le point grossissant à l'horizon. Je pris une inspiration profonde, ne sachant pas réellement à quoi m'attendre. Mais peu importait l'ennemi sur lequel j'allais tomber, j'étais déterminé à ne pas le laisser semer le chaos.
Franchissant un passage en bas de la route, je remarquai que deux gros talus en bloquaient les côtés. Si les pirates voulaient rejoindre le village depuis la mer, ils allaient forcément devoir passer par là. Je me postai donc à cette position et me préparai à n'en plus bouger jusqu'à ce que les visiteurs indésirables ne montrent leur visage.


Dernière édition par Ulquiorra Schieffer le Mer 18 Fév - 17:31, édité 3 fois
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Luna Lumen
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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Jeu 5 Fév - 21:33

- "Tout le monde, rappel des précautions à prendre !" Hèle la capitaine du Moonscape, attirant l'attention de l'équipage.

- "Et ça recommence." Soupire Jack en posant ses mains sur les hanches.


Les Lunar Pirates viennent à peine d'entrer dans les eaux environnantes de Syrup, un village dont il est dit que la quiétude rend le lieu idéal pour prendre du repos. Cependant, cela ne veut pas dire que les pirates du Moonscape doivent se relâcher pour autant. Ils savent que le danger est présent même dans le village le plus paisible de tout East Blue. Après tout ils sont des pirates.


- "Pas d'embrouilles, pas de combats inutiles, on reste poli avec les habitants, si quelqu'un se fait reconnaître ou que des Marines ou des chasseurs de prime se pointent, on replie bagages immédiatement, compris ?

- Comme d'habitude capitaine, nous ferons attention. Nous ne sommes plus des enfants.

- Il vaut mieux prévenir que guérir, ma chère Twily..." Raisonne Luna avant de porter son regard sur la plage de l'île et plus précisément sur un point entre deux grands talus.


Luna fronce les sourcils tandis que Mac' s'occupe de jeter l'ancre tandis que Shining Armor s'occupe de replier la grande voile principale. Sabo, remarquant l'inquiétude se lisant sur le visage de la jeune femme à la chevelure bleutée, suit son regard et hausse un sourcil en voyant un homme semblant les attendre à l'embouchure délimitant la plage du village.


- "Cap'taine, je sors les grillades et on pourra manger sur le sabl...cap'taine ? Quelque chose ne va pas ?"


Chacun se tourne vers Luna pendant que celle-ci pose une main sur sa rapière pendant contre sa hanche.


- "Jack, Shining, Twily, vous restez sur le Moonscape et ne débarquerez qu'à mon signal.

- Quoi ? Mais pourqu...

- Mac', Sabo, vous venez avec moi." Elle plante son regard sur l'ex-noble. "Tu as ton arme ?"


Le concerné montre le long tuyau en ferraille attaché au dos de sa veste avant de demander :


- "Tu crois qu'il va nous attaquer de front, seul contre nous tous ?

- Il a un sabre dégainé, et à moins que ce soit la manière des habitants de Syrup de nous accueillir, je ne pense pas qu'il est là pour nous dire "bonjour" mais plutôt pour nous affronter." Luna marque une pause alors qu'elle tourne avec l'aide de Mac' une manivelle présente sur le flanc droit du navire et permettant de déplier une large planche en bois s'écrasant contre le sable de la plage. "Mac', Sabo, je compte sur vous.

- Yep." Acquiesce le frère de Jack en enfilant une paire de gangs marrons en cuir.


Luna et les deux hommes la suivant descende du Moonscape, foulant le sable de la plage de Syrup. Jack, Sparkle et Shining les suit du regard, pas vraiment inquiets par cet inconnu bien courageux pour oser faire face à l"équipage des Lunar Pirates.
Même si ceux-ci ne se montrent que rarement agressifs, ils savent que le Gouvernement Mondial les fait passer pour des terreurs des océans.

L'héritière du trône de Cloudsdale s'approche tranquillement de l'individu qu'elle examine rapidement du regard. Jeune, visage pâle, habits blancs, masque étrange sur le crâne, cheveux noirs, tout porte à croire qu'il n'a pas la figure d'une personne qu'on a envie d'embêter. Cependant, plus la jeune femme s'approche de lui et plus elle peut distinguer un certain vide dans son regard émeraude. De plus, les deux traces bleues partant du bas de ses yeux jusqu'au bas de son visage font penser à deux fines larmes permanentes. Un bien triste personnage que Luna n'a étrangement pas vraiment envie de combattre.

Une fois à quelques mètres de l'individu qui n'a pas bougé d'un centimètre, Luna se racle la gorge et annonce d'une voix claire :


- " Bonjour monsieur, j'ignore honnêtement vos intentions mais le sabre que vous tenez à la main n'est pas dégainé simplement pour faire joli, je me trompe ?" En remarquant les sourcils de cet inconnu se froncer imperceptiblement, Luna pose sa main sur la garde de Nightmare Moon sans pour autant la sortir de son fourreau. "Nous ne sommes pas là pour chercher des ennuis, alors je vous prierai de bien vouloir rengainer votre arme, sans quoi je me verrais obliger de défendre mon équipage contre votre bellicisme apparent."


Derrière la capitaine du Moonscape, Sabo et Macintosh se tiennent prêts à défendre la future princesse de la nuit tout en attendant avec une certaine impatience la prochaine réaction de cet individu peu accueillant.

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Mar 10 Fév - 17:17

Six. Les membres du Moonscape, navire des Lunar Pirates, étaient au nombre de six. Cela représentait beaucoup pour moi seul, si bien que je commençais à regretter de m'être montré aussi direct. Prudents, seuls trois d'entre eux avaient posé le pied à terre, et leur capitaine en faisait partie. Il s'agissait d'une jeune femme aux longs cheveux de la couleur de la nuit, tout aussi sombres et profonds que ses pupilles. D'après sa posture et l'arme qu'elle tenait sur son flanc, elle semblait être une épéiste, tout comme moi. Ce détail seul suffit à atténuer mon agressivité. À mieux la regarder, elle ne ressemblait d'ailleurs pas réellement à l'image figurant sur son avis de recherche. En effet, son visage n'était ni démoniaque, ni perfide, ni mauvais dans quelque sens que ce soit.
Et la déclaration qu'elle émit à mon attention m'encouragea à croire que j'avais peut-être commis une erreur en la considérant comme une ennemie.

- Nous ne sommes pas là pour chercher des ennuis, alors je vous prierai de bien vouloir rengainer votre arme, sans quoi je me verrais obliger de défendre mon équipage contre votre bellicisme apparent.

Une simple mise en garde, tout à fait compréhensible compte tenu de la situation. Et joliment exprimée qui plus est, notamment pour la formulation ''bellicisme apparent''. Derrière elle, un jeune homme à la chevelure blonde ondulée et un grand Big-Mac avaient également adopté une posture vigilante. Quant aux trois membres restés sur le bateau, ils m'observaient d'un regard attentif, prêts à venir soutenir leur capitaine. Chacun d'eux avait l'air d'avoir un rôle bien précis dans l'équipe, se complétant de la meilleure façon possible. Autrement dit, ils m'apparaissaient comme un équipage épanoui, expérimenté et peu axé sur la violence gratuite.

- Pourquoi êtes-vous ici, dans ce cas ? demandai-je cependant, afin de rendre certain mon jugement.
- Une petite halte, rien de plus, affirma Luna sans me quitter des yeux. Pour tout dire, nous comptions préparer quelques grillades. Jack ?

L'interpellée, sur la proue du navire, leva alors vers le ciel des sachets de brochettes accompagnés d'appétissants steaks. Esquissant un grand sourire montrant ses dents, elle se mit à ricaner doucement, comme fière de cette délicieuse nourriture.
Poussant un silencieux soupir de soulagement, je rangeai alors Murciélago dans son étui et le replaçai contre ma hanche. De même, Luna se détendit et éloigna sa main de sa rapière. J'étais profondément soulagé de voir que je m'étais visiblement trompé sur leur compte, car cela m'épargnait une bataille perdue d'avance. Et je n'étais pas vraiment d'humeur à mener un combat à mort. Et oui que voulez-vous, même les guerriers ont envie de se la couler douce parfois ! Ayant fait complètement disparaître mon attitude menaçante, je m'approchai de la capitaine et tendis mon poignet en signe de salutation.

- Mes excuses pour vous avoir ainsi agressés. Je me nomme Ulquiorra, et je suis également un pirate.

À ces mots, Luna haussa un sourcil et répondit à ma poignée de main. L'atmosphère avait enfin relâché la tension qui l'électrisait, instaurant maintenant un climat de bonne humeur.

- Il y a un restaurant en plein air dans le village, lançai-je en indiquant le centre de l'île. Vous pouvez vous y installer pour déguster vos grillades, si vous le désirez.

Elle se retourna vers ses matelots pour les consulter. Ces derniers hochèrent la tête en signe d'approbation, et elle ordonna alors aux trois qui se trouvaient sur le bateau d'y rester, afin d'amarrer plus convenablement le navire et de le garder en cas d'ennuis. Nous montâmes donc tous les quatre – Luna, les dénommés Sabo et Macintosh, ainsi que moi – vers l'agglomération.
Nous n'étions pas encore arrivés à la hauteur du restaurant lorsque nous entendîmes un énorme fracas. Ce bruit fut immédiatement suivi d'un autre de la même nature, si bien que, craignant pour la sécurité des habitants, je me mis à hâter le pas. Parvenus aux premières maisonnées, nous nous rendîmes compte qu'un individu peu banal était en train d'enfoncer les portes des habitations. La qualification de ''peu banal'' était justifiée dans le sens où il était recouvert d'une laine décolorée, comme un mouton qu'on aurait trempé dans de la javel. Il possédait même de petites cornes qui accentuait cette image d'animal.

- Où sont-ils ?? criait-il furieusement. Inutile de les cacher, je les retrouverai bêêêêêêê !
- Mais enfin, calmez-vous... suppliait un citoyen. Pourquoi cacherions-nous des pirates ?

Aux côtés de l'homme-mouton s'en trouvait un autre. Celui-ci faisait presque le double de sa taille, et possédait une musculature impressionnante. Ses pieds et ses mains étaient des sabots, et sa laine, drue comme de l'acier, le poussait vraiment à ressembler à un dur à cuire. Pour compléter cette stature, de longues cornes de bélier s'enroulaient au-dessus de son crâne. Il ne bougeait pas pendant que son acolyte se déchaînait sur le seuil des maisons, faisant voler en éclat les pauvres portes de bois.
Soudain, dans l'entrebâillement d'une entrée, j'aperçus le petit garçon aux longs pieds se protéger tant bien que mal. La demeure où cette brute de chèvre tentait de s'introduire était la sienne, et il risquait d'être blessé par un débris perdu ! Je m'élançai alors à l'intérieur et saisis l'enfant dans mes bras pour l'empêcher d'être heurté par la porte, qui avait jailli hors de ses gonds. Il avait enfoui son visage dans ses mains, paralysé par la peur, et leva timidement le regard en voyant qu'il avait échappé à l'impact. À ma vue, il me reconnut et me remercia d'une voix encore sous le choc. Je le posai à terre et me redressai, observant l'intérieur de la maison. Juste à côté de moi se trouvait un lit où était allongée sur le dos une femme. Les draps qui la recouvraient ne souffraient d'aucun pli et un dispositif sanguin se trouvait auprès d'elle.

- C'est... c'est ma maman... expliqua le petit garçon tristement. Elle est malade et ça fait longtemps qu'elle ne s'est pas réveillée...

En effet, les longs pieds qui dépassaient du lit ne laissaient aucun doute quant au lien de parenté entre le garçon et cette femme. Je le regardai avec compassion. Avoir un être cher plongé dans un coma indéterminé, je connaissais cela. On ne pouvait qu'attendre, refoulant un horrible sentiment d'impuissance, et espérer que la personne ouvre un jour les yeux.

- Bigfoot, mon fils ! s'écria le père en déboulant dans la pièce, paniqué. Tu n'as rien ??
- Bigfoot... répétai-je en mon esprit. Que voilà un nom approprié, bien que presque parodique...
- Non papa, le monsieur m'a sauvé !
- Merci infiniment ! fit-il en se tournant vers moi. Je suis allé chercher deux membres des Hitsujishin, mais l'un d'eux s'est emporté en entendant parler de pirates et s'est mis à enfoncer les portes de toutes les maisons sur son passage, en pensant que les hors-la-loi s'y trouvaient !

Je soupirai et lui lançai un regard accusateur. Je lui avais pourtant dit de ne pas s'en mêler, mais il n'avait pas pu s'empêcher d'aggraver les choses. Au moins, à présent, les choses semblaient s'être calmées à l'extérieur. Sans dire mot, je sortis de la maison. Luna avait immobilisé le fauteur de troubles décoloré en le menaçant de son arme. Quant à Sabo et Macintosh, ils avaient bloqué la voie au mouton musclé, qui avait vraisemblablement voulu venir en aide à son associé lorsque la capitaine l'avait visé. En me voyant apparaître dans l'embouchure de la porte, le premier des deux s'affaira alors à prendre les devants.

- Chers inconnus, j'ai l'impression que nous avons commencé du mauvais pied bêêêêêêê ! déclara-t-il en constatant les regards mauvais que moi et Luna lui étions en train de lui adresser. Apaisons donc les esprits en nous présentant : je suis Gintoku Hitsujishin, et mon collègue s'appelle Kintoku Hitsujishin. Nous sommes les frères jumeaux cadets de la famille bêêêêêêêê !

Simultanément aux paroles de son frère, le mouton bodybuildé s'inclina légèrement. Les deux possédaient une anatomie tellement différente qu'il était délicat de croire qu'ils étaient réellement jumeaux. Ils attendaient certainement que nous introduisions nos noms à notre tour, mais nous n'en fîmes rien, car nous n'avions pas à nous plier aux désirs d'un soi-disant protecteur qui détruisaient des maisons sans raison. De plus, ne nous ayant jamais vu, il avait sûrement compris que nous étions les pirates qu'il recherchait.

- Vous êtes des pirates anonymes ? reprit-il en validant mon hypothèse. Peu importe, sachez que les voyous ne sont pas les bienvenus à Syrup. Il s'agit d'un village indépendant qui a à cœur de le rester, c'est compris bêêêêêêêêê ?

Le fait qu'il ait employé le terme ''indépendant'' au lieu de ''tranquille'' ou ''paisible'' – ce qui aurait pourtant été plus approprié – me surprit. Mais je laissai immédiatement passer ce détail pour mettre les choses au clair.

- Nous n'avons rien des voyous que vous pensez que nous sommes, rétorquai-je. Nous ne voulons que nous relaxer un petit moment dans le calme de cette île et, contrairement à d'autres, nous n'allons pas y semer la panique.

La pointe d'ironie que j'avais placée dans mon discours ne sembla pas lui plaire. Il me dévisagea d'un air agacé, et recommença de plus belle :

- Les promesses d'un pirate ne valent rien ! Cette fois, c'est à moi que son ton méprisant ne plaisait pas. Pour être certain de votre sincérité, je vais vous demander de me laisser vous toucher bêêêêêê !
- Nous... toucher ...? Comment ça ?
- Gintoku-san a le pouvoir de sonder l'âme des gens qu'il touche, expliqua le père de Bigfoot en rejoignant le groupe. C'est une manière sûre de savoir ce que les gens pensent vraiment, et ainsi de deviner s'ils ont des mauvaises intentions ou pas.
- Exactement bêêêêêêêêê ! Alors, vous ne devriez avoir aucun problème avec ça si ce que vous dites est vrai, non ?

Je gardai le silence pendant quelques instants. Tout comme moi, Luna semblait réfléchir à la proposition, pendant que ses deux matelots attendaient sa décision. Finalement, la capitaine pirate rangea son arme. Elle avait raison, tout moyen de prouver que nous ne mentions pas était bon à prendre, aussi j'acceptai de jouer le jeu. Macintosh et Sabo, suivant la volonté de leur capitaine, firent de même, bien que le blond ne manqua pas de proférer quelques menaces de prévention. Après quoi le dénommé Gintoku se posta face à eux, un sourire satisfait aux lèvres. Il posa sa main sur le torse de Sabo d'abord, puis sur celui du Big-Mac. En l'approchant de la poitrine de Luna, il remarqua soudain le regard foudroyant de la jeune femme, et préféra la poser sur son épaule.
Enfin, il se tourna vers moi. Le contact dura quelques secondes, durant lesquelles je ne ressentis rien de particulier. Je n'avais pu m'empêcher de craindre une quelconque tromperie, mais cette absence de malaise me rassura.

- Très bien, rien à signaler bêêêêêêêê ! conclut-il.

Au final, les choses avaient été tendues, mais le dialogue avait réussi à les calmer. J'allais pouvoir profiter de mon après-midi sans aléas.

Du moins, c'est ce que je croyais...


Dernière édition par Ulquiorra Schieffer le Ven 13 Fév - 13:25, édité 1 fois
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Luna Lumen
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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Mar 10 Fév - 19:23

D'abord extrêmement méfiants envers ces hommes-moutons, les trois Lunar Pirates ont finalement bien voulu céder aux "avances" du dénommé Gintoku. Une fois que celui-ci a touché les pirates présents, il fait quelques pas en arrière et s'éloigne avec son "garde du corps" d'après Luna, non sans jeter aux nouveaux venus de Syrup un regard malicieux.
Pour la capitaine du Moonscape, il vaut mieux ne pas recroiser ces étranges individus dont, dans un coin de sa pensée, elle pressent un fond dans leur manière de faire assez mauvais.


- "Luna !" Cède Sabo en criant à moitié, faisant se tourner vers lui les têtes des pirates, de Bigfoot et de son père. "Ces gars-là, je ne les sens pas du tout. Ils n'auraient jamais dû nous toucher pour soi-disant savoir nos intentions. Franchement, nous n'aurions pas dû les laisser faire !

- Sabo, c'est pour le bien de nous tous." Explique simplement Luna en croisant les bras. "Si nous avions refusé, ils nous auraient probablement attaqué.

- Votre nakama n'a pas tort." Intervient Ulquiorra alors que son regard reste fixé sur le dos de Gintoku et son collègue partant vers le manoir à l'autre bout du village. "Sans vouloir contrer vos arguments pourtant justes, ces deux hommes ne m'inspirent pas confiance.

- A moi non-plus."


Tous les regards se posent sur le petit garçon jusque-là resté silencieux. Celui-ci, voyant toute l'attention portée sur lui, se cache à moitié derrière son père mais continue :


- "Même si tout le village les apprécie pour leur protection, ils sont assez agressifs dès qu'un étranger foule le sol de Syrup.

- Bigfoot ! Excusez-le, il a toujours été très franc dans ses pensées et...

- Monsieur, laissez-le continuer." Luna se baisse à la hauteur de Bigfoot, plus petit qu'elle, et lui adresse un doux sourire. "Bigfoot, c'est ça ? Ça te dirait de m'en dire plus sur ces hommes ?"


Le gamin esquisse un grand sourire tandis que son père, ayant encore moyennement confiance aux Lunar Pirates, se contente de soupirer.


- "Capitaine." Appelle Macintosh de sa voix naturellement forte et grave. "Que fait-on pour les dégâts causés par les Hitsujishin ?"


L'héritière du trône de Cloudsdale regagne son masque d'impassibilité, celui qui fait sa renommée auprès du Gouvernement Mondial. Elle parcourt rapidement de ses pupilles céruléennes les nombreuses habitations de Syrup dont il ne reste quasiment plus rien des portes d'entrée, puis elle rend son verdict après quelques secondes de silence.


- "Nous sommes en partie responsables, bien qu'inconsciemment, de ce qu'il s'est passé. La seule chose que nous pouvons faire est de rembourser les dégâts.

- Mais Luna ! Ce n'est pas pas à nous de réparer les pots cassés, mais eux !"


Secouant la tête comme pour prouver qu'on ne peut lui faire changer d'avis, Luna s'approche du père de Bigfoot et glisse entre ses mains une liasse de billets qu'elle sort de la poche de sa longue veste blanche. Ce dernier la dévisage un instant avant de redonner l'argent à sa propriétaire.


- "C'est bien aimable à vous, mais je ne peux accepter cela." Esquissant un sourire en coin pour la première fois devant Luna, l'homme continue. "Ce genre de choses arrive plus souvent qu'on ne le croit, mais nous y sommes habitués. Au moins nous n'avons pas à craindre d'une quelconque attaque, avec les Hitsujishin nous sommes protégés."


Silencieuse et intérieurement choquée par l'aveuglement de cet homme face aux actes de ces hommes-moutons, la jeune femme concerte ses compagnons et Ulquiorra d'un simple regard.
Décidément, quelque chose ne tourne vraiment pas rond sur cette île, et les premiers à faire tâche dans ce paysage d'apparence calme, ce sont les Hitsujishin. Bien décidés à en savoir plus sur eux, Luna se dirige à pas lourds vers la grande demeure au fond du village, celle de la famille des hommes-moutons. N'attendant ni Mac, Sabo, Ulquiorra ou même Bigfoot, la capitaine des Lunar Pirates est bien décidée à éclaircir ses doutes quant à ces hommes en tout point étranges.

Si Sabo s'est montré particulièrement sur ses gardes avec eux, ce n'est certainement pas à cause de leur simple apparence originale.

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Sam 14 Fév - 11:58

J'avais décidément sous-estimé cette Luna. Non pas au niveau de la puissance de combat, que je n'avais pas encore eu l'occasion de voir à l’œuvre mais que son aura laissait supposer, mais au niveau de sa morale. Elle avait en effet proposé de rembourser les dégâts causés par les autoproclamés protecteurs du village, bien que, comme l'avait très justement fait remarquer son confrère, elle n'en avait nulle obligation. Dans un geste tout aussi courtois, le père de Bigfoot avait refusé l'argent, mais son sens de l'équité avait déjà été démontré. Au moment où elle tourna les talons vers la villa des hommes-moutons, animée d'une lueur déterminée dans le regard, je sus que je pouvais lui laisser prendre les choses en main. Suivie de près par Sabo et Macintosh, elle se dirigea ainsi vers la colline.

Pour ma part, j'entraînai le père du garçon aux longs pieds à l'intérieur de sa maison, dans l'idée d'avoir une discussion avec lui. Il me laissa entrer mais une discrète inquiétude perla néanmoins dans ses yeux. Son fils, après avoir hésité à choisir son camp, finit par nous y rejoindre.

- Avez-vous conscience que ces individus vous exploitent ? lançai-je de but en blanc, peu habitué à amener les choses en douceur.

Sans broncher, il s'assit sur le lit où sa femme était étendue. Il avait l'air de s'être attendu à une déclaration de ce type, et cherchait ses mots pour y répondre. Bigfoot vint s'installer à ses côtés, lui tournant cependant le dos pour observer le sommeil constant de sa mère.

- Je sais qu'ils sont plutôt égocentriques et imprévisibles, concéda-t-il, bien que ces mots m'apparurent comme d'immenses euphémismes, mais ils sont les garants de notre paix. Cette harmonie est essentielle aux habitants de Syrup, car dans un aussi petit village, le moindre différend peut mener à des conséquences désastreuses. Les Hitsujishin, malgré leur attitude parfois peu accommodante, sont tout aussi attachés à cette tranquillité que nous. Il est arrivé, dans le temps, qu'ils s'occupent de quelqu'un qui voulait semer la discorde parmi les villageois.
- Les garants de la paix ?? Ils ne font rien d'autre qu'utiliser la peur pour vous amadouer ! Simultanément à cette exclamation, Bigfoot tressaillit imperceptiblement. Et que voulez-vous dire au juste, par ''s'occuper de quelqu'un qui  voulait semer la discorde'' ?
- Rien de grave, enfin ! Ils l'ont simplement averti... verbalement...

Il avait marqué un silence avant de terminer sa phrase. Il était clair qu'il ne me disait pas toute la vérité. Selon toute vraisemblance, les Hitsujishin étaient responsables d'actes peu glorieux, qu'est-ce donc qui l'empêchait de rejeter la faute sur cette famille? Était-il possible qu'ils l'aient menacé, lui aussi ? Ou s'était-il lâchement laissé berner par quelques billets, dont les hommes-moutons, d'après leur réputation, semblaient regorger ? Il avait certes refusé l'argent de Luna, et n'avait pas l'air spécialement attiré par la richesse, mais en était-il de même quand de plus grandes sommes étaient mises sur le tapis ?
Toujours sans prêter attention à notre dialogue – du moins en apparence – Bigfoot se mit à jouer avec le bout de ses pieds. Il n'avait même pas besoin de tendre le bras pour les atteindre, et s'amusait à les tirer vers lui jusqu'à ce qu'ils touchent son ventre. Au bout d'un moment, il sortit une petite fleur à l'apparence lamentable. Sa tige s'était écrasée dans sa poche, mais l'entrain avec lequel il la reniflait semblait démontrer qu'elle avait gardé sa senteur. Pendant ce temps, j'entrepris de soutirer d'autres informations à son père sans m'emporter.

- Bon, je voudrais que vous me disiez précisément qui compose la famille des Hitsujishin.
- Eh bien, à part les frères cadets que vous avez déjà rencontrés, débuta-t-il, il y a Shinichi-san et Zannichi-san, les frères jumeaux aînés. Si les cadets représentent la force brute et l'intelligence, eux sont la gentillesse et la cruauté. Contrairement à Kintoku-san et Gintoku-san, ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau ; ce qui fait que lorsque l'on croise l'un d'eux, mieux vaut toujours demander son nom avant de faire quoi que ce soit. En effet s'il s'agit de Zannichi-san, prudence est alors de mise, car il est très susceptible ! Le père, Seiji-san, est un homme honorable prêt à tous les sacrifices pour ceux qu'il aime. Mais il se fait marcher dessus par son épouse, Tsukina-san, qui est très autoritaire et qui est au passage la chef de famille.
- La femme est une louve pour l'homme, commentai-je en me rappelant cette phrase que j'avais lue quelque part. Enfin, j'en avais peut-être involontairement modifié quelques mots... Est-ce tout ?
- Je crois... ah j'oubliais : la cadette, Ayaka-chan, est une petite fille discrète qui ne sort jamais de la demeure. Nous savons juste qu'elle y vit, mais personne ne l'a jamais aperçue. Et puis, la famille possède également quelques servants.
- Si je me base sur ce que vous dites, une dizaine de personnes devrait donc se trouver dans leur villa ?
- En comptant les servants, oui.

Je hochai la tête. Je commençai à avoir une vision plus nette de la structure des Hitsujishin à présent.

- Heureusement, ils ne doivent pas être plus de six ou sept à savoir se battre. Si le reste de l'équipage des Lunar nous rejoint, nous éviterons donc l'infériorité numérique.

Contrairement à ce que ces pensées pouvaient laisser entendre, je n'était pas en train de planifier une attaque. Après tout, même si les hommes-moutons étaient louches, je n'avais pas la preuve qu'ils avaient commis de graves méfaits. Je ne faisais que me renseigner dans l'éventualité où la bataille s'avérerait inéluctable. Et il ne restait plus qu'un détail à éclaircir avant de le décider.

- Une dernière chose me turlupine... avançai-je. Le pouvoir de ce Gintoku est-il vraiment de sonder l'âme des gens ...?

L'homme fut pris de court. Il me regarda, l'air interdit, avant de détourner les yeux. Il n'en fallait pas plus pour que je comprenne que nous avions été menés en bateau.

- Vous avez donc menti ! grondai-je en me levant, faisant sursauter Bigfoot. À présent écoutez-moi bien. Vous allez immédiatement me dire le véritable pouvoir de cette chèvre dégénérée, car j'ai beau être patient, je n'en reste pas moins un pirate !

Je posai ma main sur la garde de Murciélago, un signe de menace qui me valut une réaction dans la seconde.

- J'ai compris, j'ai compris ! s'exclama-t-il. Je vais tout vous dire, mais j'aimerais juste que...

Ses yeux se dirigèrent vers son fils, qui s'était retourné. Il m'observait fixement, m'adressant un regard d'incompréhension qui me gêna. Comme me le demandait implicitement son paternel, je lui priai poliment de sortir. Il ne dit rien et, posant sa fleur sur la table de chevet à proximité de la tête de sa mère, marcha vers la porte. Lorsqu'il la franchit, je me sentis désolé pour lui, car il n'était qu'un enfant qui n'avait rien fait pour se retrouver dans une telle situation.

- Merci, je préfère qu'il n'entende pas ce qui va suivre.

Le ton qu'il prit ne me rassura pas. Ce que lui et les hommes-moutons nous avaient caché était-il grave à ce point ? Dans le pire des cas, il se pouvait même que nous soyons déjà condamnés. Venant répondre à mes craintes par des craintes encore plus grandes, le citoyen de Syrup prit une profonde inspiration et ouvrit la bouche pour parler.

***

Quelques minutes plus tard, je sortis en trombe de l'habitation. Bigfoot, qui était censé se trouver non loin de la porte, avait disparu. Il était vraisemblable qu'il se soit dirigé vers la villa des Hitsujishin, et cela n'était pas une bonne nouvelle. D'après ce qui venait de m'être révélé sur la véritable faculté de Gintoku, ainsi que sur la vraie signification du fait qu'il nous avait touchés, j'avais des raisons de croire que le danger était grand. C'est pourquoi je m'élançai à mon tour en direction de la colline, me hâtant plus que jamais.

- Luna ! criai-je silencieusement. Surtout, surtout, ne le laisse pas t'effleurer une seconde fois ...!

Mais ma conversation avait bien duré plus d'un quart d'heure. Il était peut-être déjà trop tard...

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Luna Lumen
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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Lun 23 Fév - 19:23

- "Luna, Luna !"


Mais la capitaine du Moonscape n'en fait qu'à sa tête. Rien ne peut l'arrêter à présent.
Elle qui est née et a grandi dans un palais céleste, entourée d'un peuple aimant et solidaire, elle ne peut comprendre ce que les habitants de cette île subissent. Cependant, même si elle ignore tout cela, elle ne peut s'empêcher d'imaginer la véritable dictature qui doit régner sur Syrup.

Car oui, pour elle les Hitsujishin n'ont fait qu'instaurer une véritable dictature. Cela peut paraître extrême, mais tout coïncide selon elle. Le fait qu'ils "protègent" les habitants n'est qu'une façade, car des personnes en protégeant d'autres ne détruiraient pas leurs habitations et ne mettraient pas le village sans dessus-dessous pour une intrusion pacifique sur cette île.


- "Capitaine, répondez-nous !" Appelle Mac' en rattrapant l'héritière du trône de Cloudsdale.

- "Je ne vous ai pas obligé de me suivre, les Hitsujishin j'en fais mon affaire.

- Et te laisser te jeter toute seule dans la gueule du loup ? Désolé mais j'ai promis à Shining Armor de te protéger." Déclare Sabo dont les mots font ralentir le pas précipité de Luna.


Cette dernière tourne la tête en la direction de l'ex-noble, un rictus se formant sur ses lèvres.


- "C'était sur Dawn ça, je n'ai pas à être protégée, je sais me battre par mes propres moyens.

- La dernière fois tu as failli être exécutée, je ne veux pas que la même chose se reproduise deux fois, surtout en l'espace de quelques jours.

- Je n'étais pas au summum de mes capacités, mais maintenant c'est différent. J'ai navigué pendant dix ans sur les mers, je sais comment me défendre toute seule tout de même !

- Tu as beau rechigner, mais tu ne pourras pas te débarrasser de moi aussi facilement après tout le mal que tu as eu pour me faire intégrer les Lunar Pirates..."


Cette fois, la jeune femme se stoppe totalement, portant toute son attention sur son camarade. Macintosh se contente de soupirer tout en souriant tandis que Sabo porte une main derrière son crâne tout en révélant un sourire éclatant.

Malheureusement pour les Lunar Pirates, leur moment ma foi attendrissant ne peut durer plus longtemps. Car surgissant derrière Luna, levant un sabot fendu en l'air, se tient le garde du corps du Gintoku : Kintoku.
Avant que Macintosh ou Sabo ne puissent réagir, Luna fait vivement volte-face, dégainant Nightmare Moon de son fourreau et stoppe le sabot de l'homme-mouton à quelques centimètres de son visage.


- "Que comptez-vous faire, Lunar Pirates ?" Demande le dur à cuire d'une voix rauque.

- "C'est plutôt à nous de vous retourner la question, monsieur. Nous vous avons dit que nous ne cherchions pas d'ennuis, alors pourquoi nous attaquer aussi lâchement par derrière ?" Interroge à son tour Luna, ses paroles aussi acerbes qu'une vipère attaquant sa proie.

- "Il n'y a pas besoin d'être loyal envers des pirates de votre espèce. Mon frère a peut-être perçu votre neutralité mais moi je me fais pas avoir. Il n'y a que deux types de pirates dans ce monde : Ceux qui pillent et tuent, et ceux qui tuent puis pillent.

- Ça revient strictement au même." Remarque Luna qui en profite pour exercer une pression sur le bras tenant son arme, repoussant alors Kintoku de quelques mètres. "Et ce que vous dites est partiellement faux. Certes, la plupart des pirates ne pensent qu'au sang et à l'argent, mais il y en a une poignée qui respectent la règle première de la vie d'un pirate qui est la liberté."


Soudainement, l'homme-mouton se met à rire grassement, comme s'il venait d'entendre une mauvaise blague. Luna reste sur ses gardes, les doigts serrés sur la garde de sa rapière. Elle fait un vague signe de la main à ses compagnons, leur faisant savoir de ne pas interférer dans ce qui s'apparente au début d'un combat à la fois verbale et physique.


- "Dhahaha ! La liberté ? Ce n'est qu'une illusion tout ça ! Vous ne serez jamais libres tant que vous ne serez pas morts. Le monde entier vous poursuit, vous traque nuit et jour et en ne vous laissant aucun moment de répit. Vous n'êtes que des proies dans ce bas-monde. Les proies ne sont pas libres, seuls les prédateurs peuvent prétendre acquérir la liberté.

- Foutaises, je n'y crois pas un traître mot !"


La voix de Luna se fait plus forte alors que Kintoku revient à la charge, cette fois-ci en fonçant tête baissée (dans le sens propre du terme) sur la capitaine du Moonscape. Celle-ci bloque une nouvelle fois l'attaque de son opposant avec la fine lame de Nightmare Moon dont le choc provoque une nuée d'étincelles.


- "Vous n'avez pas répondue à ma question, Lunar Pirates. Que comptez-vous faire ?

- Je vais être franche avec vous, je n'accepte en aucun cas vos méthodes et je compte bien y mettre un terme.

- Nos méthodes ?" Répète l'homme-mouton en se reculant tout en gardant un sourire sarcastique collé au visage. "De quelles méthodes parlez-vous ?

- Ne faites pas l'ignorant !" Cède Luna en hurlant un bon coup, sa voix provoquant comme un écho dans l'atmosphère.


La patience de la future princesse de Cloudsdale atteint ses limites. D'habitude elle garde son calme peu importe les circonstances, mais cette fois l'homme-mouton l'a poussé dans ses derniers retranchements.
Depuis toute petite, sa mère lui a enseigné qu'il fallait toujours chérir son peuple, faire en sorte que celui-ci vive heureux sans éprouver la moindre frayeur envers ceux régnant sur le royaume. Du point de vue de Luna, les Hitsujishin se sont auto-proclamés maîtres de Syrup et, afin d'obliger les habitants à plier l'échine sous leur joug, instaurent la peur et font croire qu'ils protègent l'île.

C'est alors que tout s'assemble, tout devient aussi clair que de l'eau de roche. Les pupilles de Luna s'écarquillent alors qu'elle élève sa lame et l'abat violemment sur Kintoku qui esquive tout juste le coup.


- "Des pirates ! J'aurais dû m'en douter !

- Perspicace, à présent je n'ai aucune raison de me retenir...

- Des pirates ?" Répète une voix enfantine.


Tout le monde porte son attention sur Bigfoot venant d'arriver sur les lieux. Ses jambes se font flageolantes alors que ses lèvres tremblent. Mince, les Lunar Pirates n'ont pas senti sa présence. La situation, bien que déjà assez envenimée, ne s'arrange en aucun cas lorsque Kintoku, agacé qu'un gamin du village sache à présent la vérité, parvient à percer la défense de Luna en l'envoyant valser d'un coup de corne.

Celle-ci se réceptionne miraculeusement sur ses pieds, le regard dur. Elle ne laissera pas cette montagne de muscles s'en prendre à l'enfant ni à aucun villageois tant qu'elle sera là.


- "Il semble que le gamin sache à présent nos véritables intentions...et si on lui disait également qui tu es réellement ?" Questionne Kintoku, faisant se figer Luna.

- "Comment tu...

- De toute façon, quoi que vous fassiez, votre destin a déjà été scellé depuis que vous vous êtes lancée dans la piraterie, abandonnant alors tout un royaume pour vos désirs personnels, n'est-ce pas, princesse Lunae Lumen ?"

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Ven 27 Fév - 16:31

Le manoir planté au sommet de la colline se rapprochait à mesure de ma course effrénée. Je craignais que Luna, Sabo et Macintosh n'y soient déjà entrés, car ils n'y étaient définitivement pas en sécurité. En plus de la famille mi-animale mi-humaine qui y vivait et qui ne semblait pas commode, ils n'étaient pas au courant du véritable pouvoir de l'infâme Gintoku. Un instant d'inattention, ou un geste en apparence amical pouvait lui suffire pour les toucher à nouveau. Et si cela arrivait...
À cette pensée peu rassurante, j'accélérai le pas. Jusqu'à ce que je me rende compte que, finalement, aucun Lunar n'avait pénétré à l'intérieur de la villa. En effet, ils étaient tous trois rassemblés à une dizaine de mètres de la maison, bloqués par Kintoku qui avait visiblement abandonné la compagnie de son frère.

- De toute façon... C'était lui qui parlait, d'une voix que j'arrivais à entendre malgré la distance qui nous séparait encore. Quoi que vous fassiez, votre destin a déjà été scellé depuis que vous vous êtes lancée dans la piraterie, abandonnant alors tout un royaume pour vos désirs personnels, n'est-ce pas, princesse Lunae Lumen ?

Je ne savais pas de quoi ils étaient en train de discuter, mais un léger soulagement m'arracha un soupir. Ils n'avaient pas recroisé Gintoku, et le fait que je les retrouve avant lui allait me permettre de les prévenir du danger. En m'avançant de plus près, je m'aperçus que Bigfoot se trouvait là, lui aussi. Mais son visage était blême et son corps tremblant, comme s'il venait de voir un fantôme.

- Des pirates... des pirates... répétait-il avec effroi. Depuis le début, des pirates...

Son regard était dirigé vers le mouton bodybuildé, j'en déduisis alors qu'il parlait de lui. Contre toute attente, les Hitsujishin étaient donc une famille de pirates ? À mieux y réfléchir, cela paraissait logique. Leur attitude, leur vanité, leurs compétences au combat, tout correspondait pour faire d'eux des flibustiers ; mais certainement pas des pirates épris de liberté comme Luna ou moi, non, eux étaient des forbans de la pire espèce.

- Voilà donc votre complice improvisé, princesse ! lança Kintoku de façon grinçante. Prévoyez-vous d'attaquer la demeure de ma famille ?

Il s'agissait de la seconde fois qu'il s'adressait à Luna sous la dénomination de « princesse ». Ce terme ne manqua pas de me titiller mais je décidai d'en passer outre.

- Tiens donc, je ne savais pas que tu pouvais parler, rétorquai-je avec défiance. Est-ce parce que c'est ton sournois de frère qui est le chef que tu ne sors pas un mot en sa présence ?
- Cette réplique ne m'étonne pas, les simples d'esprit ont tendance à croire qu'on ne peut avoir à la fois des muscles et un cerveau ! Mais tu es mal placé pour jouer le malin... Il déplia vivement son bras pour pointer un doigt sur Luna. As-tu seulement idée de qui est cette demoiselle avec qui tu sembles t'être allié ??

L'intéressée, la tête baissée, ne décolla pas son regard du sol. Ses sourcils étaient froncés dans une expression trahissant une étrange culpabilité. Tout comme elle, ses deux marins gardaient le silence, m'observant et attendant ma réponse avec un certain intérêt.

- Oui, je sais très bien qui elle est, affirmai-je finalement. Elle est une capitaine pirate, qui navigue sur les mers comme les oiseaux planent dans le ciel et qui prend soin de son équipage. Rien de plus.

À ces mots, Luna releva légèrement la tête en me regardant de ses yeux étoilés. Un sourire se dessina également sur les visages de Sabo et du Big-Mac, alors que Kintoku opta pour un rictus de dégoût et de mépris.
Au milieu de cette scène, le petit Bigfoot ne parvenait pas à se remettre de son choc. La sueur s'accumulait sur son front pendant que ses jambes, toujours flageolantes, faisaient frétiller ses longs pieds. Puis il avala sa salive et, sans crier gare, détala soudain vers le manoir. J'effectuai un mouvement dans sa direction, dans l'idée de le suivre pour lui éviter les ennuis, mais me figeai. J'avais failli oublier un détail important.

- Lunar Pirates, surtout ne laissez pas l'autre Gintoku vous approcher encore une fois.
- Je sais, acquiesça Luna.

Je restai immobile pendant quelques instants à la suite de cette réponse instantanée. Était-il possible qu'elle ait compris le manège de l'homme-mouton décoloré ? Sans aller jusqu'à deviner sa vraie faculté, son sixième sens lui avait peut-être soufflé que cet individu n'avait pas été honnête. Je souris à mon tour. En effet, je ne savais pas qui elle était réellement ni ce qu'elle avait traversé. Mais quelle importance ? Si son instinct était capable de déceler la tromperie, le mien pouvait bien être à même de reconnaître une bonne personne quand il en voyait une. Luna l'était indubitablement, et je n'avais besoin de rien d'autre pour lui faire confiance.
Je me lançai alors à la poursuite de Bigfoot, laissant à Luna et à ses hommes la tâche de s'occuper du mouton musclé, qui ne tenta en outre pas de me retenir. Je dus courir jusqu'au grillage recouvert de plantes qui encerclait la maison pour le rattraper. Nous nous retrouvâmes sur la façade droite de la demeure, ce qui signifiait qu'en suivant le mur vers la droite, et en tournant à l'angle, nous pouvions parvenir devant la porte d'entrée. Mais il fallait pour cela franchir la clôture ainsi que la cour intérieure. Le petit garçon, essoufflé de son sprint, ne fit même pas attention à moi et commença à farfouiller dans la haie.

- Écoute, débutai-je, tu ferais mieux de rentrer chez toi. Ce n'est pas prudent pour un enfant comme toi de traîner ici.

Il m'ignora et continua son affaire en faisant dépasser sa lèvre inférieure, comme s'il boudait.

- Allez, ton père doit s'inquiéter. Rentre à la maison, veux-tu ?
- Non !! explosa-t-il en faisant volte-face. T'es qu'un pirate comme tous les autres, pourquoi je devrais t'écouter d'abord ?!

Je le sommai silencieusement d'être plus discret. Deux gardes étaient en effet positionnés devant le portail, en face de l'entrée. Ils nous tournaient le dos mais mieux valait éviter qu'ils nous repèrent.

- Les pirates ne sont pas tous les mêmes, répondis-je en m'efforçant le plus possible d'adopter une voix réconfortante. Certains sont certes violents et cruels, mais ce n'est pas mon cas, crois-moi.
- Ah bon ? Alors pourquoi t'as menacé mon papa tout à l'heure ?
- Euh... je... Cette question, pourtant légitime venant d'un enfant, me prit de court. Je n'avais pas le choix, ma vie était peut-être en péril...
- Donc tu serais prêt à tuer des gentils pour te protéger ? Tu vois bien que t'es juste un pirate comme les autres !!

Je fis la grimace en l'entendant crier ainsi. Heureusement, les gardes ne semblèrent pas réagir. En reportant mon attention sur le garçon, je vis qu'il tripatouillait à nouveau les plantes qui foisonnaient à la base du grillage. Que faire contre la logique implacable dont il faisait preuve ? J'avais l'impression d'être dans une situation infiniment plus délicate que lorsque j'avais fait face à Kintoku, dont l'impressionnante carrure était pourtant source de bien plus d'appréhension...

- D'accord, je suis peut-être un dangereux pirate, soupirai-je. Mais tu viens d'apprendre que les Hitsujishin le sont aussi, n'est-ce pas ? Si tu t'infiltres chez eux et qu'ils t'attrapent, qui sait ce qu'il va advenir de toi !
- Je sais tout ça, mais justement... Il sembla trouver un creux dans la haie. C'est pour ça que je dois aller sauver Ayaka !

Il ne me laissa pas le temps de rebondir sur ces paroles et se faufila alors dans le trou qu'il venait de dévoiler. Au même moment, un des gardes à côté du portail se retourna vers moi. Pour ne pas qu'il m'aperçoive, je me jetai à terre. Puis je me mis à avancer vers le trou. Étant à peine assez grand pour qu'un enfant y passe, il était évidemment trop étroit pour mon gabarit. Mais il me suffit d'en taillader prudemment les bords pour l'agrandir, et ainsi me permettre de m'y glisser. Me trouvant à présent à l'intérieur de l'enceinte, je me plaquai contre le mur et commençai à me déplacer en toute discrétion.

- Il n'a pas découvert ce trou par hasard... serait-il déjà venu ici ? De plus, il a mentionné Ayaka, la cadette de la famille que personne n'est censé avoir jamais rencontré... Dans tous les cas, je ne peux pas le laisser seul. Je dois le retrouver.

Je stoppai mes réflexions en arrivant à l'angle de ce mur et de celui où se présentait la porte d'entrée. Ladite porte était ouverte, et deux individus à l'apparence strictement identique, qui venaient de franchir le portail et le petit chemin qui y menait, se tenaient devant. Il s'agissait probablement des frères jumeaux aînés, Shinichi et Zannichi. Contrairement à ceux que j'avais déjà eu le déplaisir de croiser, eux ressemblaient plus à des humains qu'à des bêtes. Ils avaient simplement des cheveux courts et très bouclés, ainsi que de la laine sur les bras et les jambes. Les traits de leurs visages, très carrés, laissaient présager une certaine endurance au combat.
Sans suspecter qu'un inconnu était en train de les épier, les deux jumeaux pénétrèrent à l'intérieur et claquèrent la porte derrière eux. Je m'approchai alors à pas de loups, tendis l'oreille et retins ma respiration durant une dizaine de secondes. Aucun son de verrou. Le battant n'était donc pas fermé à clef, une aubaine pour moi. Non pas qu'un tel problème m'aurait empêché d'entrer, mais le faire sans bruit aurait été compliqué. Après avoir attendu quelques instants supplémentaires pour laisser le temps aux jumeaux de s'éloigner, je poussai la porte et en franchis le seuil.

Le hall où je m'introduisis était une grande salle aux allures de château. Des tapisseries recouvraient aussi bien les murs que le sol, transmettant une atmosphère d'aisance et de luxe. En y ajoutant l'imposant lustre qui pendait du plafond, la réputation des Hitsujishin en tant que famille de nobles n'étaient pas volée. Il y avait tout de même un certain côté humoristique à ce que les gens les plus fortunés de l'île soient des chèvres. Me déplaçant sans bruit sur le plancher de velours, je me dirigeai au hasard vers la gauche. Dès la sortie du hall, je constatai que la décoration se faisait relativement plus modeste. Même si la beauté de l'endroit était toujours au rendez-vous, l'étalage des richesses se faisait moins ressentir.
Je finis par arriver à l'entrée d'une salle d'où une odeur appétissante provenait. Jetant un coup d’œil discret à travers la porte, qui était entrouverte, je m'aperçus qu'il s'agissait de la cuisine. La disposition de la salle était assez particulière, parce qu'elle était construite tout en longueur, avec une multitude d'appareils sur les deux flancs. Au fond, je pouvais discerner une marmite posée sur une plaque, d'où émanait l'effluve qui avait séduit mon nez. Soudain, des bruits de pas saccadés résonnèrent derrière moi. Je sursautai et, pris de panique, me jetai à l'intérieur de la pièce. Je me hâtai de refermer la porte mais, dans la précipitation, la claquai violemment. Le son résonna dans la cuisine et prit une tonalité métallique.

- Quel idiot ! pestai-je en soupirant de dépit. Avec ça, il est impossible qu'il ne m'ait pas entendu ...!

En effet, la porte ne tarda pas à s'ouvrir. Dans son entrebâillement apparut l'un des individus que j'avais vu rentrer quelques minutes auparavant, le visage emprunt d'une curiosité qui allait me valoir cher. Il poussa la porte jusqu'à ce qu'elle se retrouve bloquée par le mur, et me considéra en silence.

- C'est l'un des deux frères jumeaux aînés, ceux qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau ! Si je me souviens bien, celui qui s'appelle Shinichi est censé être gentil ; et celui qui se nomme Zannichi tend vers la cruauté... Si par chance je suis tombé sur le premier, il y a peut-être possibilité que je lui fasse entendre raison !

Toujours sans dire mot, il s'avança lentement, la main tendue. Dans l'expectative, je préférai me reculer prudemment. Au bout de trois pas, il s'empara alors d'une fourchette et d'un couteau à l'esthétique particulièrement menaçante.

- Euh... vous comptez goûter la cuisine, n'est-ce pas ? tentai-je.
- Oui, répondit-il d'une voix pincée.

Soulagé, j'abandonnai ma posture défensive. S'il ne comptait pas m'attaquer, j'allais sûrement pouvoir m'en sortir en toute diplomatie.

- Un Arrancar aussi mince et pâle qu'une asperge, reprit-il alors, les pupilles rougies d'une démence soudaine. Je me demande quel goût ça a...

Je restai figé durant quelques instants à l'entente de ces propos. Puis mes sourcils se froncèrent, et ma main glissa vers la garde de Murciélago. J'aurais dû me douter que je n'allais pas avoir la chance de m'en tirer sans me battre. Le dénommé Zannichi était donc le premier adversaire qui venait perturber le séjour tranquille que j'avais espéré...
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Luna Lumen
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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Sam 28 Fév - 19:42

Dès que Bigfoot et Ulquiorra disparaissent de la vue de Luna, celle-ci reporte son attention sur son ennemi. Sans crier gare, elle lui bondit dessus, la lame de Nightmare Moon pointée vers la gorge de Kintoku. Ce dernier, voyant le coup venir, attrape d'une main la lame de la rapière, maintenant alors la capitaine du Moonscape suspendue dans les airs.


- "Capitaine !" Hèle Big Mac en serrant les poings.


Le canonnier des Lunar Pirates, bien décidé à défendre sa capitaine, court à toute vitesse sur Kintoku et, d'une force supérieure à celle d'un simple mortel, envoie un coup de poing directement dans le menton de l'homme-mouton. Celui-ci, lâchant au passage Nightmare Moon, décolle dans les airs sous la force du coup qu'il vient de se prendre puis retombe comme une masse au sol.

Sabo, resté en arrière, ne peut croire ce qu'il vient de voir. Est-ce que Macintosh venait de mettre hors d'état de nuire l'un des membres de la famille des Hitsujishin d'un simple coup de poing alors que Luna semblait avoir du mal ne serais-ce que de le toucher ?
De toute évidence, le frère de Jack a pris l'ennemi par surprise, ce qui n'a pas laissé le temps à ce dernier de réagir.


- "Ce n'est pas fini." Prévient Luna, toujours en serrant son arme entre ses doigts. "Je tiens à l'achever de mes mains."


L'ex-noble se fige à l'entente des mots de la jeune femme. L'achever ?
Alors que Luna s'approche à pas lents et calculés du corps de Kintoku, ce dernier a du mal à se relever. Ce n'est qu'en s'approchant que l'on peut voir, par delà la marque du poing de Mac', la mâchoire de l'homme-mouton prendre un angle des plus inquiétants, complètement déboîtée.


- "Pi...pitié..."Articule difficilement le grand gaillard en poussant entre deux souffles des gémissements de douleur.

- "Je n'ai aucune pitié pour ceux de votre espèce.

- Non je...je n'ai fait qu'o...obéir...

- Rien à faire." Tranche froidement Luna, arrivée devant Kintoku.


Sans scrupules, elle pose le pied sur le poitrail de l'homme et, empoignant sa rapière à deux mains, elle l'élève au-dessus de sa tête comme un pieux que l'on s'apprêterait à abattre.


- "Nous restons des pirates." Murmure Macintosh, retourné auprès de Sabo qui assiste, impuissant, à la mise à mort de l'ennemi.

- "Mais nous ne sommes pas obligés de le tuer..."


A ce moment-là, Luna plante sans vergogne la lame de Nightmare Moon dans le cœur de Kintoku qui ne trouve pas la force de hurler. Elle se baisse doucement vers son oreille et, d'un souffle, lui susurre alors qu'il se sent partir vers l'Au-Delà :


- "Bon voyage, pourriture."


Puis elle tourne son arme encore plantée dans le torse de l'homme-mouton. Ce n'est que lorsqu'elle est sûre que celui-ci vient de rendre son dernier souffle qu'elle retire Nightmare Moon et la range dans son étui, non sans jeter un dernier regard glaçant sur le cadavre de Kintoku.

L'héritière du trône de Cloudsdale revient auprès de ses compagnons, aucune expression sur son visage. Sabo, encore choqué par la froideur dont fait preuve la jeune femme, secoue la tête en se répétant qu'il est un pirate qu'il ne peut à présent plus ignorer ce qui l'attend désormais.


- "S'il n'était pas aussi impliqué dans toute cette histoire, je lui aurais probablement laissé la vie sauve."


L'ancien noble de Goa se tourne vers sa camarade alors que celle-ci se dirige d'un pas assuré vers la demeure des Hitsujishin.


- "Mais son cœur était déjà pourri jusqu'à la moelle, je n'ai fais que lui rendre service en lui épargnant de commettre d'autres atrocités."


C'est sur ces mots aussi froids que la glace que le petit groupe remonte la colline, arrivant enfin devant les grandes portes du manoir, portes tenues par deux gardes. Sabo, jusque-là resté en retrait, dépasse Luna et Macintosh s'étant stoppés. La capitaine du Moonscape pose une main sur l'épaule du blond, à peu près sûre des desseins de son ami.


- "Si tu comptes les obliger à nous laisser passer, tu rêves un peu.

- Qui a dit que je comptais les obliger "pacifiquement" ?"


Luna esquisse un sourire en coin tandis qu'elle regarde Sabo s'éloigner, une main sur sa barre de ferraille. Elle se penche vers Mac' et, d'un ton amusé, lui glisse à l'oreille :


- "Tu me rappelleras qu'il faudra lui trouver une vraie arme.

- Yep."

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Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Ven 13 Mar - 19:55

Le frère aîné qui me faisait face avait les poings fermement serrés sur les ustensiles de cuisine, qu'il brandissait férocement. Les yeux emplis d'une fureur univoque, il paraissait décidé à en découdre, et ce de la manière la plus prompte et brutale possible. Tout en décortiquant sa silhouette afin d'être en mesure de réagir au moindre de ses mouvements, j'étudiai rapidement la disposition de la pièce.
À quelques pas derrière moi, la marmite sifflait encore. Les murs étaient pour la plupart recouverts de cuillères de tailles diverses, ainsi que de placards où étaient probablement rangés toutes sortes d'ingrédients et de condiments. Et comme je m'en étais déjà rendu compte, la cuisine s'étalait dans sa longueur bien plus que dans sa largeur.
Cela était le point le plus important, car il posait une contrainte particulière au combat. L'espace n'étant pas assez conséquent pour permettre à deux individus de se croiser, la personne qui se trouvait bloquée au fond de la salle était inévitablement désavantagée. Et dans le cas présent, cette personne était moi. Ma préoccupation première était donc de faire en sorte d'échanger de place avec mon adversaire, afin de pouvoir prendre le dessus.

- Viande... de la viande... murmurait-il en bavant presque, et en tournant ses globes oculaires comme un dégénéré.

Alors qu'il effectua un pas lent vers moi, je sentis que la tension se mettait à monter. L'instant était venu pour lui de passer à l'attaque.

- La viande... on commence par la piquer !! s'égosilla-t-il en s'élançant, la fourchette pointée droit vers mon torse.

Je répliquai aussitôt en appuyant sur la garde de mon katana, usant d'un effet levier pour présenter sa lame. Avec une précision à toute épreuve, je la fis passer entre deux pics de la fourchette, jusqu'à ce qu'elle aille buter contre le métal derrière. Contrairement à ce dont je m'attendais, l'ustensile ne vola pas en éclats malgré le tranchant de Murciélago. Le matériau qui le composait ne devait sûrement pas être du simple fer.
Toujours était-il que j'avais stoppé son assaut, et que nous nous trouvions tous deux arme contre arme, jouant de notre force physique pour ne pas céder face à celle de l'autre. C'est là que Zannichi annonça sa deuxième tentative.

- Puis on la... découpe !!

Il lança son autre bras, fendant l'air de son gros couteau qu'il tenait tout comme un sabre. Il effectua ainsi une sorte d'attaque circulaire, destinée à m'entailler horizontalement de mon épaule gauche à mon épaule droite. Ne pouvant parer le danger avec mon katana, qui se trouvait toujours coincé entre les pics de l'énorme fourchette, la seule option restante fut l'esquive. Je reculai alors pour me placer hors de portée du couteau. Mais la pression exercée par Zannichi sur la fourchette m'entraîna plus en arrière encore, jusqu'à ce que j'aille buter contre le comptoir du fond de la salle. Le choc fit plier mon dos et ouvrir quelques tiroirs. Dans une grimace de douleur, je me laissai plus encore déborder par mon adversaire, dont l'expression était plus sadique que jamais.
J'avais beau tenir Murciélago à deux mains, je ne parvenais pas à repousser cette pauvre fourchette, qu'il tenait pourtant à une seule main. Je ne savais pas d'où lui venait une telle puissance brute, mais cela me semblait improbable pour un humain. Était-il possible que le fait qu'il soit croisé entre l'humain et le mouton lui alloue une force supérieure ?
Quelle qu'en soit la raison, ce n'était pas le bon moment pour se poser la question. Acculé contre le comptoir, et le mouton psychopathe accentuant toujours sa pression sur ma lame, je me trouvais dans une position délicate. Bientôt, les muscles de mes bras allaient lâcher, et sa fourchette allait venir se planter dans ma chair. Avec la puissance dont il faisait preuve, cela ne m'aurait pas étonné qu'elle soit capable de perforer également mes organes et même mes os.
Je devais me dégager. Au plus vite.

Je me couchai alors complètement sur le comptoir, juste à côté des plaques chauffantes où bouillait la casserole. Là, je levai mes jambes et poussai du plat des pieds sur l'estomac de Zannichi, pour le faire reculer. Cela fonctionna et je réussis à l'éloigner d'un mètre ou deux, ce qui était suffisant pour me libérer de la fourchette qui me menaçait. Mais, sa hargne grandissant de manière exponentielle, il ne se laissa pas faire et réagit aussitôt.
De sa main gauche, qui tenait la fourchette, il bloqua la lame de mon sabre en tournant légèrement l'ustensile ; si bien que je fus contraint de la lâcher pour éviter l'écartèlement à mon propre bras. M'ayant ainsi subtilisé mon arme, il la lança en arrière d'une violence telle qu'elle alla se planter dans le plafond. Il saisit ensuite mes pieds, et leva son autre main, qui brandissait le couteau, et s'apprêta à trancher mes mollets. J'agis alors sans réfléchir pour sauver mes jambes.
Je saisis la marmite qui se trouvait à proximité de ma tête, et la lançai sur lui. Le couvercle s'ouvrit, libérant plusieurs litres d'eau bouillante qui se déversèrent sur lui. Il sursauta soudainement, esquissant un mouvement de recul immédiat. Lâchant enfin mes pieds, il tortilla dans tous les sens et gémit sous le joug de la souffrance. Son corps fumant laissait présumer les dégâts qu'il était en train de subir. Pour ma part, je pris appui sur le comptoir et m'élança à la fois vers l'avant et vers le haut. Je saisis au vol Murciélago, qui pendait au plafond, et asséna un coup à Zannichi avant même de retomber. Je voulus m'assurer de l'achever tant que sa douleur l'obnubilait, et visai donc son épaule. L’entaillage l'ouvrit au trapèze, jusqu'au niveau du nombril, et parsema ainsi presque la totalité du haut de son corps. Après quoi il chuta, sans plus ressentir de douleur, sans plus rien ressentir du tout.

Tournant le dos au cadavre qui ne devait pas être beau à voir, je massai mes chevilles. Elles avaient également reçu de l'eau bouillante, et en étaient rougies. Heureusement, la blessure n'était pas grave et elle allait disparaître dans quelques dizaines de minutes. La marmite qui m'avait sauvé la vie était miraculeusement tombée dans le bon sens, et sans perdre son contenu. Jetant un œil à l'intérieur, je m'aperçus que ce qui y mijotait avant que je ne la balance ressemblait étrangement à du gigot d'agneau. Au vu de la famille qui habitait cette demeure, je devais certainement me tromper. Peut-être s'agissait-il plutôt d'un civet de lapin ou de sanglier. Mais l'idée que des hommes-moutons aient l'audace de cuisiner du mouton amusa mon sens de l'humour noir. Je me baissai, et souris d'une façon ironique en saisissant la chair.

- Tu m'as pris pour de la viande... ? fis-je comme en m'adressant à mon ennemi vaincu. Observe qui est en train de manger qui !

Et j'enfournai la nourriture dans ma bouche. Mâchant goulûment, la viande ne demanda pas beaucoup d'effort avant d'être entièrement avalée. Il semblait que j'en avais stoppé la cuisson juste au bon moment. Satisfait de mon geste, je me dirigeai vers la sortie, me préparant à chercher à nouveau la trace de Bigfoot. Mais un son stoppa mes pas. J'entendais un grognement, rauque, lointain. Au moment où je tournai la tête, ce grognement se transforma soudain en hurlement.
Et Zannichi, le corps décomposé à cause de l'eau qui l'avait rongé et le buste séparé en deux par le coup de grâce que je lui avais asséné, se releva. Il me regarda, les yeux pleins de haine, et reprenant peu à peu sa respiration. Je fus tellement abasourdi par cette scène improbable, que j'en oubliai de me mettre sur mes gardes. Fort heureusement, le revenant lâcha quelques mots avant d'agir.

- Je suis un humain... je suis un mouton... quoi d'autre penses-tu que je puisse être... ? Il sourit dans un rictus atroce. Je vais te le dire : une goule !

Je fronçai les sourcils, et laissa ma bouche béante. Une goule ? L'une de ces créatures généralement exempte de capacité à réfléchir, et dont les particularités étaient une force physique impressionnante et une résistance inhumaine ? Ma foi, les trois points correspondaient, mais cela me paraissait trop soudain pour être vrai !

- Ben alors ? ricana-t-il d'une voix cassée. C'est si inattendu que ça ?

Je me tourne alors vers la caméra qui me suit partout depuis que j'ai quitté mon île natale. La caméra à travers laquelle vous, les spectateurs, assistez en temps réel à mes aventures. Parce que vous et moi, actuellement, nous nous trouvons dans la même position n'est-ce pas ? Il faut dire que ce rebondissement est assez inattendu, comme le dit si bien mon antagoniste Zannichi ! Et en parlant de lui, il n'y a qu'une chose que vous et moi pouvons répondre suite à sa question, n'est-ce pas ?

- Inattendu ? Bordel, je ne te le fais pas dire !
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Luna Lumen
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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   Sam 14 Mar - 23:41

Entrer dans le manoir des Hitsujishin a été un véritable jeu d'enfants pour les Lunar Pirates. Même si leur entrée n'est pas des plus discrètes, elle a le mérite d'être efficace. Laisser Sabo s'occuper des deux gardes est l'une des meilleures décisions que Luna ait prise en cette journée déjà bien remplie. La capitaine, après que l'ex-noble ait mis sans trop de difficultés hors d'état de nuire les deux gardes du manoir, rejoint ce dernier venant d'ouvrir les portes du bâtiment, suivie de près par son canonnier.


- "Belle demeure." Commente l'héritière du trône de Cloudsdale. "Bien que cette richesse ne soit pas ma tasse de thé. A partir d'ici, Macintosh, tu sais ce qu'il te reste à faire."


Le concerné hoche la tête, les sourcils froncés, tandis que Sabo alterne son regard entre l'homme et la jeune femme, l'air confus. Luna sort d'une poche intérieure de sa blouse blanche un bébé escargophone qu'elle donne à son ami aux cheveux roux, puis elle lui fait dos et commence à marcher dans l'immense hall du manoir. Aussitôt, Sabo l'arrête en l'attrapant par l'épaule.


- "Tu comptes t'occuper de cet homme seule ?

- Oui." Répond spontanément Luna, une mine des plus sérieuses peinte sur le visage. "Je tiens à m'occuper de lui personnellement et cette fois, je veux que personne n'interfère entre lui et moi.

- C'est de la folie, s'il te touche une seconde fois, tu...

- Je sais."


La future princesse de Cloudsdale ferme brièvement les yeux avant de les planter dans ceux de son camarade. Un sourire empli de douceur aux lèvres, elle pose une main sur le chapeau du blond puis elle l'abaisse devant les yeux de ce dernier.


- "Ne t'inquiète pas pour moi, j'ai confiance en mes capacités et aux vôtres. Je te promets de ne pas mourir, sinon Shining t'en fera baver !"


Sur ces mots suivis d'un rire léger, Luna s'éloigne de ses compagnons, décidant d'emprunter un grand escalier menant à l'étage supérieur.
Derrière-elle, restés dans le hall, Macintosh pose son regard sur Sabo qui remet son couvre-chef en place non sans fixer la capitaine du Moonscape disparaître derrière une porte après qu'elle ait monté les escaliers.


- "Tu as jeté ton dévolu sur la mauvaise personne." Fait savoir le canonnier alors que l'ancien noble de Goa porte toute son attention sur lui, un sourcil haussé.

- "Que veux-tu dire ?

- N'ignores pas tes sentiments, Sabo-san. Il est flagrant que tu éprouves quelque chose de plus poussé que l'amitié à l'égard de notre capitaine. Mais Shining Armor ne te laissera pas faire.

- Qu'est-ce que vous avez avec Shining Armor ? Il est le petit ami de Luna ou quoi ?" Commence à s'énerver Sabo alors que Macintosh cligne des yeux avant d'étouffer un rire.

- "Ce genre de choses n'arrivera jamais, ils sont comme un frère et une sœur l'un pour l'autre."


Un silence prend place dans le hall alors que des sons lointains de combat parvient aux oreilles des deux pirates du Moonscape. Mais ces derniers ne semblent pas s'en formaliser, se contentant de continuer leur conversation :


- "Capitaine Luna et Shining Armor sont avant tout des amis d'enfance, bien que le rôle de ce dernier a toujours été de protéger la princesse du royaume d'où ils viennent. Il a toujours repoussé les nombreux prétendants ayant voulu ne serait-ce que flirter avec notre capitaine.

- Pourquoi fait-il cela alors ? C'est pour respecter les traditions de leur pays ou quelque chose du même genre ?

- Normalement je ne devrais pas t'en parler," Avoue Macintosh alors qu'il commence à marcher vers une porte, suivi de près par Sabo. " mais Shining ne veut pas que notre capitaine vive une déception amoureuse, il estime qu'elle n'a pas à souffrir pour quelqu'un qui n'en vaut pas la peine."


Pendant que les pas des deux hommes les mène enfin à cette porte dont les yeux de Mac' se sont fixés depuis de longues secondes, Sabo déclare tout en posant la main sur la poignée :


- "Je n'ai jamais aimé d'autres personnes que mon petit frère, et je ne me suis jamais entiché à quiconque depuis ce jour où Luna et Sparkle sont arrivées au Grey Terminal. Si c'est vraiment de l'amour que je ressens pour Luna, alors je ferais tout pour la combler, que Shining soit d'accord ou non. Après tout, je suis un pirate maintenant, et m'emparer du bien des autres fait désormais partie de mon quotidien."


Du côté de Luna, celle-ci parcourt un long couloir où elle ne croise pas âme qui vive. Pour elle, cela est tout sauf normal, de même qu'elle est persuadée que les Hitsujishin sont au courant de leur infiltration dans le manoir. A son avis, ils doivent sûrement attendre le moment opportun pour se montrer, sinon elle ne verrait pas pourquoi ces hommes-moutons la laisserait se déplacer à sa guise dans leur propre maison.
Au fond du couloir l'attend une porte plus travaillée et ouvragée que les autres, une porte faite dans un bois spécial dont l'on peut reconnaître l'origine au toucher. Luna effleure du bout des doigts le bois de la porte et l'identifie rapidement comme étant un bois de chêne, le tout recouvert d'une fine pellicule doré, du véritable or.


- "Le chêne et l'or sont le symbole de la puissance d'un souverain, ce doit être la porte menant à la chambre ou au bureau du chef de maison." Pense la capitaine du Moonscape en fronçant davantage les sourcils. "Peut-être que je pourrai faire entendre raison à la personne qui dirige cette famille...à moi qu'elle soit tout aussi timbrée que les deux autres."


Prudemment, la jeune femme pose sa main sur la poignée de la porte et l'entrouvre lentement, mais une voix provenant de l'autre côté manque de la faire sursauter :


- "Entre donc mon enfant, ne sois pas timide."


Au timbre clair de la voix, Luna en déduit qu'il s'agit d'une voix de femme. Cette fois sans la moindre hésitation, elle pénètre dans la pièce. Elle avait bien raison : Il s'agit d'une chambre de toute beauté où chaque objet brille d'une richesse sans pareille.
Soudain, la capitaine du Moonscape sent quelque chose lui frôler la jambe. Elle baisse son regard et tombe nez à nez avec un petit mouton au corps noir et à la laine blanche et soyeuse.


- "Sheepy, voyons que sont donc ces mauvaises manières ?"


Aussitôt l'animal recule de la femme-pirate et retourne auprès de la personne l'ayant réprimandé. Les yeux de Luna se pose alors sur une femme à moitié brebis dont la beauté à la fois douce et sauvage la laisse pantoise quelques secondes.


La femme au mouton:
 


- "Excusez-le mademoiselle, mais il semblerait que votre présence en ses lieux l'intrigue. Mais je ne me suis pas présentée, je m'appelle Tsukina et je suis la maîtresse de ses lieux. Vous devez être Lunae Lumen, je me trompe ?"

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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   

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De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]
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