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 Entretien avec un démon [Feat. Shizukanaru]

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Lokren Rakuen

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MessageSujet: Entretien avec un démon [Feat. Shizukanaru]   Mar 10 Fév - 16:01

Tac. Tac. Tac. Tac. Tac.

Le bout de son stylo percute le bois sombre et vernis de son bureau. Rapide. Régulier. Cela pourrait témoigner d'une certaine agitation si le reste de sa personne n'était pas aussi calme. Ses fines jambes sont croisées, son pouce gauche couvre la partie basse de son visage alors qu'elle passe lentement la peau de sa main sur ses lèvres entrouvertes, pensive. Son souffle tranquille et tiède s'étale sur son épiderme quand ses poumons expirent l'air mais c'est le seul mouvement qui prouve qu'elle est bien en vie.

Tac. Tac. Tac. Tac. Tac.

Son stylo ne ralentis pas, toujours aussi rythmé alors que ses yeux écarlates ne lâchent pas la silhouette en face. Les néons grésillent dans son dos tandis que la jeune femme rassemble un tas de feuilles apposées partout sur la surface plane, les lisses d'un geste monotone et place au-dessus de la pile un papier blanc, garni du sceau de la Marine. Ses rétines ne dérivent pas un seul instant de la personne qui se tient debout, de l'autre côté du bureau. La scientifique décroise les jambes, inverse leur position, repose son stylo, parallèle aux feuilles et se penche un peu plus en avant, faisant grincer sa chaise dactylo d'un gris délavé.

- Sergent Noakuma je présume ? Pas difficile à deviner, son physique n'est pas vraiment du genre à être très répandu. Il hoche la tête, silencieux alors qu'elle tend la main vers le siège près de lui en une invitation explicite. Assieds-toi. Ah non. Pas une invitation, plutôt un ordre. Il tique au tutoiement presque insultant mais ne relève pas et prend place sur le fauteuil après une paire de secondes de flottement. Et le temps passe. Une minute, deux. Peut-être trois. Puis il s'étend à cinq. Aucun des deux ne parle. Ils se regardent, attendant patiemment que l'autre prenne la parole le premier. Mais apparemment, même si elle avait entendu des commérages sur les récents dialogues, le jeune marine ne semblait pas être apte à aux bavardages. Pendant un instant, Lokren se demande quelle tête il fera si elle lui demandait de pousser la chansonnette. Mais bien vite, elle exclue cette idée de son esprit et attrape un dossier qu'elle ouvre sans même regarder. Elle ne note rien sur sa feuille de rapport et se contente de la glisser un peu plus loin d'elle.

- Les résultats de vos prises de sang sont... Plutôt surprenantes. Le faucon, tranquillement posé sur une étagère secoue son plumage et fais cliqueter ses griffes sur le meuble avant de reprendre une posture totalement immobile. Et je n'en attendais pas moins de vous, Noakuma-san, mais je ne saurais dire c'est une bonne nouvelle ou non. La scientifique repasse au vouvoiement comme si c'était normal, alternant entre politesse et défi pendant qu'un nouveau silence songeur s'installe. Les doigts de Lokren trouvent avec un naturel presque instinctif la petite boîte d'acier posée dans un coin de son bureau, juste à portée de main et attrape l'un des nombreux scalpels qui y figurent. Elle l'attrape, le fais tourner entre ses phalanges, préoccupée. Vous savez pourquoi on vous a désarmé avant d'entrer dans cette pièce, n'est-ce pas ? Nouveau hochement de tête de la part du jeune homme alors que, comme précédemment pour le stylo, la pointe de l'outil chirurgicale viens frapper contre le bois, marquant la surface de minuscule trous. Et tu sais aussi sûrement qu'il y a un garde armé jusqu'aux orteilles de l'autre coté de la porte qui écoute toute notre conversation.

Tac. Tac. Tac. Tac. Tac.

- Je sais.
- Bien, maintenant je vais t'expliquer les vraies raisons de tout ça. La scientifique lui fais un minuscule rictus vainqueur, fière de l'avoir fais parler, même si ce n'était que le minimum. Pour elle, c'est une petite réussite et elle espérait bien que leur entretien continu ainsi. C'est pour te pousser dans tes retranchements, Shizu-kun. Pour que tu te sente comme la souris face au faucon et que tu me lâche tout ce qu'ils veulent entendre. Nouveau rictus, cette fois plus moqueur et dégoûté qu'autre chose. Ils espèrent de moi que je te fasse cracher une info que je ne connais pas et de toi que tu montre ce que tu nous réserve vraiment pour qu'ils prennent des précautions plutôt... drastiques en ce qui te concerne. Le démon, enfermé dans son mutisme méditatif garde les lèvres closes, mais ce n'est pas étonnant pour Lokren qui parle bien assez pour eux-deux. Elle commence à plutôt bien s'habituer à ce style de conversation à sens unique. Tenter de deviner comment le jeune appréhende ses mots et lui répondre est un jeu qui lui plaît. Mais je me fout de ce que ces grattes-papier mono-neuronale demandent. Je sais faire mon métier, et ce n'est pas ces maniaques de la hiérarchie à la matière grise à l'état bulbaire qui ne savent même pas faire leur travaille correctement qu'ils me dicteront comment faire le miens.

Le démon hausse un sourcil alors que Lokren plante la lame de son scalpel dans le bois qui exhibe maintenant une plaie et se lève plutôt subitement sans que son visage ne témoigne néanmoins une quelconque colère. De la hargne, peut-être, de l'amusement sarcastique et acide aussi, mais sûrement pas de la rage. Elle n'est pas énervée. Elle s'en réjouit, railleuse, et se moque de ses supérieurs ouvertement alors que, comme elle l'avait souligné plus tôt, un soldat filtrait chacune de leurs paroles dans le but d'en faire un rapport détaillé. La scientifique contourne le bureau et passe près d'une étagère ou elle attrape un plateau d'acier. Les objets présents dessus roulent un peu, un cliquetis métallique résonne alors que la femme pose la planche face au jeune homme. Sans lui demander son avis, la brune enroule un garrot autour du bras du démon et attend quelques instants avant de prendre sa main, levant légèrement son bras pour le mettre dans une bonne position. Là, elle attrape une boule de coton, y verse consciencieusement un liquide transparent à la forte odeur piquante pour étaler le désinfectant sur le creux de son coude. Ils restent silencieux tandis que, accroupie devant le jeune homme, Lokren expire bruyamment et attrape une petite seringue qu'elle plante, experte, dans la veine du sergent.

La scientifique remplie les petites fioles, une à une, jusqu'à une bonne demie-douzaine avant de retirer l'aiguille, apposer un coton avec un sparadrap médical sur sa peau. La petite boule blanche se teinte légèrement de sang mais elle ne se gorge pas plus. La jeune brune fait tout son travaille d'une main, sa paume tenant toujours les doigts du jeune homme.

- Taille, poids et âge ? Demande Lokren alors qu'elle dépose sa première seringue dans une bassin présente sur le plateau et en sors une seconde de son emballage. Le flacon qu'elle attrape ensuite et presque plein d'un contenant fluide, légèrement bleuté. Il y a une étiquette présente sur le verre, marquée d'un mot médical à la prononciation impossible et écrit d'une main rapide. Pas d'autres inscriptions, pas de pictogrammes, rien d'autre. Écoute sergent-san, si tu veux dormir pendant trois jours d'affilés ou alors sentir toutes les merveilleuses choses que je ferait avec mon scalpel en trifouillant dans ton bras tu me le dis, ça ne me pose aucun problème. Dans le cas contraire, il va falloir que j'en sache un peu plus sur toi pour pouvoir gérer la bonne dose d’anesthésiant. Nouveau silence. Il grogne quelque chose que la jeune femme ne comprend pas et, après un soupir agacé et un regard noir, elle fait couler le produit dans la seringue et la plante dans son épaule. Des problèmes de santé ? Maladie génétique ? Anémie ? Asthme ? Dégénérescence mentale ? Sida ? Débilité ? Corps en décomposition ? Encore et toujours un mutisme borné qui lui répond.

- Détendez-vous, Noakuma-san, tout ce que je vais vous faire c'est vous ouvrir le bras et faire quelques prélèvements. L’anesthésie est locale donc vous ne sentirez rien mais on pourra discuter de tout ce qui nous chante, toi et moi. Lokren se redresse et serre un peu sa main contre la sienne. Si tu sens mes doigts c'est que le produit ne fait pas encore effet. Va t'installer là-bas, j'arrive. Du geste de tête, elle désigne la table en métal qui trône dans un coin de la pièce, près d'une fenêtre. Un sifflement retentit dans la pièce et, une poignée de seconde plus tard, l'oiseau déploie ses ailes, planes sur les quelques mètres qui le sépare du meuble et vient se percher sur la lampe de bureau tandis que la scientifique réunis son matériel médical. Bientôt, ses mains sont recouvertes d'une paire de gants en latex et son visage d'un masque blanc. La jeune femme approche un siège de sa table de travail et s'y assis, coulant un regard vers son patient. Viens t'assoir Shizu-chan, tu aura tout le temps de me parler de toi quand je t'observerais d'un peu plus près. Le scalpel qu'elle tiens dans sa main droite recommence son hymne contre la table d’examen, immuable, comme un mantra.

Tac. Tac. Tac. Tac. Tac.




Dernière édition par Lokren Rakuen le Ven 27 Fév - 14:03, édité 1 fois
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Shizukanaru Noakuma

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MessageSujet: Re: Entretien avec un démon [Feat. Shizukanaru]   Mar 17 Fév - 17:49

Je restais sur Dustone Road, avant de partir pour ma semaine en tant que sergent formateur avec mes aveugles, car on me signala qu'il était temps pour moi, au vu de mes récents progrès sociaux, de retourner faire un tour dans les laboratoires de la Marine. C'était à prévoir. Cela faisait bien longtemps que les scientifiques ne m'avaient pas décortiqué et analysé sous toutes les coutures. Alors là, que je me mette à parler un peu, c'était l'événement de l'année pour eux. Je ne comprendrai jamais mais je me pliais aux ordres.

Je suivis un type en blouse blanche qui me conduit dans le bureau de la scientifique qui va s'occuper de moi pour cette fois. J'ouvrais d'avance ma veste alors que nous étions dans les couloirs, révélant mon torse musclé mais maigre d'adolescent. Que je me déshabille d'avance semble perturber l'homme qui me fait entrer dans la pièce non sans me jeter un regard interrogateur que j'ignore.

Planté au milieu de la pièce d'un blanc chirurgical et équipé de tout le matériel chirurgical avec lequel on me bidouillait souvent, j'observais celle qui serait donc mon médecin. Une brune, des yeux rouges et un air froid. Une scientifique comme les autres en soi. Une différence peut-être. Elle ne me dévisageait pas comme une pièce rare, un mystère à percer. Je ne lisais pas cette fascination presque folle qu'avait certains de ses collègues.

Stupidement, elle me demanda mon identité puis m'ordonna de m'asseoir. Elle le fit avec une familiarité qui démontra une fois de plus qu'elle ne me vénérait pas comme les autres scientifiques. J'enlevais ma veste et m'assit torse nu sur la chaise, déjà prêt pour les réjouissances. Pourtant, elle déblatéra des informations inutiles et me posa une nouvelle question. Pourquoi on m'avait désarmé ? Parce qu'on me craignait. C'était aussi simple que cela. Enfin, ils m'ont pris mes griffes d'acier, pas Angry. L'homme qui a tenté de me prendre mon précieux bracelet n'arrivera pas à parler avant quelques jours vu comment je lui ai écrasé la trachée avant qu'on ne m'immobilise. Nouvelle question stupide. Ne savait-elle donc pas que j'obéissais scrupuleusement ? Que je ne tuais jamais de Marine à moins qu'ils ne soient des renégats ? Il fallait qu'il communique un peu entre eux tout de même les scientifiques qui m'observaient, cela devenait lassant. Je la gratifiais tout de même d'une réponse, signe des progrès que j'avais fait avec mes aveugles.

— Je sais.


Elle recommença à parler, déblatérant ses objectifs plus lassants les uns que les autres. Pas besoin de me rappeler pourquoi je suis là, ça faisait 20 ans qu'on m'analysait pour comprendre d'où je venais, les possibilités qu'offraient ma race et surtout si on pouvait se servir de moi pour améliorer l'humain. Pourtant elle s'enflammait dans son discours, me répétant ce que j'avais tant de fois entendu. Je suis plutôt concentré sur l'oiseau en haut de la bibliothèque à vrai dire. L'animal me fixait d'une telle manière qu'il me semblait essayer de communiquer avec moi, ce qui me fait hausser un sourcil.

Je ne savais si la scientifique pensa que je réagissais à son discours, que je n'avais pas le moins du monde écouter, mais toujours était-il qu'elle se leva et me préleva du sang, ne prenant pas la peine de me demander mon avis. Je n'ai jamais eu voix au chapitre de toute façon.

Une fois de plus, elle m'inondait de questions dont je n'avais pas la réponse. Les scientifiques de Duty Island auraient pu la briefer tout de même. Taille ? Petit. Poids ? Dans la norme. Âge ? Grand mystère de la vie. Je la laissais jauger la dose de produit qu'elle voulait et écoutait distraitement ses autres questions. Aucune originalité. Des problèmes de santé ? Je suis immunisé contre toute maladie semblait-il. Maladie génétique ? Avoir des cornes comptait-il ? Anémie et asthme ? Sérieusement ? Je savais même pas ce que ça voulait dire. Débilité ? Moins qu'elle visiblement. Sa dernière question ne fit que confirmer mon propos. Avais-je vraiment l'air en train de pourrir sous ses yeux ?

Je soupirais alors qu'elle me caressait les doigts. Je les sentais mais pas de la manière habituelle, l'anesthésie faisait effet.

J'enlevais mon pantalon tout propre et le mit sur la chaise avec ma veste avant de m'installer en sous-vêtement sur la table qu'elle désignait. Généralement, les tests duraient plusieurs jours mais la structure me paraît bien petite, la jeune femme va sans doute s'amuser de mon corps une journée au maximum. Elle se tourna de nouveau vers moi, des gants blancs et un masque sur son visage.

J'orientais mon bras de manière à ce qu'elle ait l'intérieur face à elle, révélant une multitude de lignes blanches chirurgicales,preuve qu'elle n'était pas la première à essayer d'obtenir des réponses de mon corps. Avec la précision que requiert son métier, elle ouvrit mon bras dans une de mes anciennes cicatrices.

Son scalpel perçait ma peau avec facilité, traçant une fine ligne de sang. Elle saisit ensuite un écarteur et le place de part et d'autre des bords de la coupure, révélant quasiment tout mon bras. Muscles, tendons, nerfs, os et autres trucs dont j'ignorais les noms se révélaient sous mes yeux mais cela ne me faisait ni chaud ni froid. J'avais l'habitude. Cet environnement auquel je suis habitué était très précisément la raison de pour laquelle j'ouvrais et découpais – charcutais selon ma hiérarchie – mes ennemis. Je voulais voir s'ils étaient fait de la même chose que moi. Il était donc tout naturel que je les ouvre comme on m'ouvrait. Mais j'ai cru comprendre que ma logique n'était pas au goût de tout le monde.

Je crus voir briller brièvement les yeux de la brune. Intérêt ou excitation de la profession ? Je ne savais pas. À côté d'elle, des tas d'instruments sont étalés sur une plaque et ne demandais qu'à être utilisé.

— Voyons voir de quoi tu es fait …

Elle en avait d'autres des comme ça ? Même moi je voyais clairement que j'étais fait de chair. Les scientifiques et leurs expressions … voilà pourquoi je décrochais de leurs discussions.  Si je ne sens rien, je l'entendais en revanche très clairement fouiller dans mon bras avec sa pince. Elle piqua quelque chose, sans doute un nerf, et mes doigts se plièrent touts seuls.

— Réponse totalement normale et humaine lors de la sollicitation des nerfs. Qu'as-tu donc d'exceptionnel, Shizu-chan ?

— Guérison accélérée, aucun processus de vieillissement, lien avec un dragon, aucun sentiment.

Je m'interrompis, réfléchissant s'il y avait autre chose.

— Les cornes
, ajoutais-je en les désignant de ma main libre.

—Je m'y intéresserai quand j'aurai fini là dedans. Tiens, tiens … ça, ce n'est pas un composant humain.

Je me penchais pour voir aussi l'intérieur de mon bras et vis un filament insaisissable, un violet presque transparent. Elle passa sa pince à l'intérieur et le bracelet d'Angry vibra autour de mon poignet.

— De l'énergie démoniaque … Il y avait cela avant ? Me demanda-t-elle.

Je fis signe que non de la tête et elle enchaina :

— Pourquoi serait-ce apparu soudainement … cela semble lié à ton bracelet … L'as-tu plus souvent utilisé ses derniers temps ?

Je réfléchissais sérieusement à la question. J'avais eu quasiment tout le temps avec moi Angry pendant Konomi, en revanche j'ai été longtemps à ne pas l'utiliser au vu de ma fatigue après et ma guérison sur Dustone la première fois. Mais … j'avais puisé dans mes réserves pour l'avoir aussi en permanence en mer pendant l'attaque du navire. Et je l'avais un peu utilisé aussi pour mes aveugles. C'était beaucoup plus important que lorsque je ne le faisais que pour les scientifiques de Duty Island.

— Je l'ai utilisé en moyenne dix fois plus.

Je la voyais sourire derrière son masque. Sa pince plongea de nouveau dans le filet d'énergie et elle remonta mais ma peau l'empêchait de continuer.

— Il semblerait que je doive t'ouvrir plus …


Là, je la vis. Cette lueur. Celle qui indiquait qu'elle pourrait être prête à me dépouiller de toute ma peau si ça pouvait l'aider à comprendre. Et je le voulais aussi. Comprendre ce que j'étais. Alors je la laisserai faire.
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Lokren Rakuen

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MessageSujet: Re: Entretien avec un démon [Feat. Shizukanaru]   Ven 27 Fév - 16:25

Décidément, cet entretien était de plus en plus intéressant, vraiment. « Aucun sentiment » ? Tiens donc. Tout le monde avait des sentiments. Plus ou moins. Et aussi étrange que pouvait être ce petit homme, Lokren savait qu’il avait des sentiments. La curiosité qu’elle pouvait parfois discerner dans ses pupilles en était la preuve. Mais elle ne releva pas là-dessus, gardant son sourire moqueur pour elle alors que son cerveau semblait tourner bien au-delà de ses capacités. Elle calcule, mesure, fait des hypothèses, dissocier ses idées et ses connaissances, en fait un amalgames et sonde le bon du mauvais, le réalisable et l’irréel. Dur de faire la différence pourtant. Raisonner convenablement et trouver une théorie concrète à quelque chose dont ont savait strictement rien était plutôt peu conventionnel et plutôt risqué. Mais c’est aussi ça, qui rendait la chose si amusante.

Et apparemment, elle était loin d’en avoir fini avec les surprises. Ce filament mauve inatteignable l’intriguait plus qu’elle n’aurait pu le juger nécessaire mais elle le sentait maintenant. Ce besoin ardent qui s’écoulait dans ses veines et palpitait jusqu’à ses tempes, résonnant dans son cerveau comme une drogue. Le besoin de savoir. C’était pire qu’un stupéfiant, parce que la toxine qui se trouvait là, juste devant ses yeux qui la galvanisait autant était aussi son remède contre cette envie pressante de l’écorcher tout entier pour savoir. Une dose était trop. Et mille pas assez.

— Il semblerait que je doive t'ouvrir plus… Oh oui. Bien plus. Malheureusement, entre son besoin et son devoir, il y avait une grande marge alors et se leva en soupirant, posa son scalpel sur la planche d’acier qui cliqueta, étalant les quelques gouttelettes sur la surface pendant que la scientifique s’éloignait de sa place. L’oiseau, perché sur sa lampe de bureau bomba les plumes sur son torse et secoua ses aigles ébouriffées avant de reprendre sa pose immobile, insensible aux gants de Lokren qui claquaient quand elle les retira. Inutile de te demander de ne pas bouger j’imagine. Elle ne prit pas la peine de se tourner vers lui, se penchant sur son meuble de bois et parcourant son dossier d’un coup d’œil vif. Et bien, je dois avouer que le fait qu’ils n’aient rien trouvé d’anormal sur vous jusque là, Noakuma-san, est ce qui est le plus dérangeant. Elle coula un regard inquisiteur vers lui, comme pour le questionner silencieusement.

Elle s’approcha de nouveau, attrapa une seconde paire de gant en latex dans une boîte de carton rectangulaire et l’enfila. Le talc adhéra à sa peau, collant la matière sur ses phalanges et moulant ses mains alors qu’elle reprenait place sur le tabouret, à quelques centimètres du corps du marine. Ses doigts trouvèrent naturellement un nouveau outil tranchant, plus petite et avec une lame plus fine mais toujours aussi acérée. Lokren approcha la lame de sa peau et appuya sur la fine membrane, la perçant au niveau de sa gorge, prenant bien soit d’éviter sa trachée et tout autre partie indispensable à sa survie. L’anesthésie devait être limitée dans cette zone, aussi, elle décala ses yeux vers son visage légèrement contracté et appréhenda sa réaction quelques secondes. Une fois certaine qu’il ne bougerait pas, la brune dégagea l’un des bords de la plaie, lui donnant une vision sur sa chaire.

- Ça a l’air de monter jusqu’au cerveau mais aucun moyen d’en être sûre. Son indexe tapota encore une fois sur le manche métallique de son outil alors que ses paupières se plissaient, pensive. Et on est pas encore près pour ce genre d’opération alors nous devrons nous contenter de ça. Habillement sa main attrapa un petit pansement qu’elle déposa sur l’ouverture après l’avoir stérilisée et finit le tout par une compresse posée sur sa gorge. S’il disait vrai à propos de sa régénération, après  une ou deux journées à peine il ne resterait qu’une fine cicatrice. D’ailleurs, elle était plutôt curieuse à propos de cette régénération. Ses échantillons pris de son sang pourront déjà –elle l’espérait- la mener sur une voie quand elle analyserait tout ça plus tard mais les expériences concrète était tout aussi satisfaisantes.

Et c’est pour cela que, d’un geste du poignet, la scientifique nettoya consciencieusement l’un des doigts du jeune homme et traça une entaille sur le bout de son majeur, appliquant le même traitement à son propre doigt. La douleur était piquante, faisait fourmilier sa phalange mais c’était loin d’être insupportable. Un petit coton pour arrêter le saignement mais pas plus. C’était la capacité du corps à se guérir sans aide extérieur qui l’intéressait.

Au fond de son esprit, alors qu’elle se murait dans un silence pensif et cette fois, l’aide du sergent à participer à ce calme était plutôt bénéfique. Lokren nettoya ses outil avec une lingette stérile, enlevant tranquillement le sang dessus, réorganisa sa planche de travaille et réfléchis longuement. Il y aurait eu beaucoup de chose à faire pour vérifier ses hypothèses mais malheureusement, elle n’avait pas plein droit sur le corps du jeune homme. Lui ouvrir le crâne et lui sortir le cœur de la poitrine pour voir la limite de cette énergie était une expérience qui promettait d’être grisante mais malheureusement, un peu trop mortelle pour eux deux. Ses yeux écarlates retournèrent à la plaie toujours ouverte sur son bras. Le filament violâtre continuait d’être là, juste sous ses yeux, comme une provocation. Le mystère et la réponse étaient justes là, sous ses yeux, et pourtant, elle n’arrivait pas à trouver quelle question elle devait se poser et encore moins quelle réponse elle devait trouver. Les idées d’expériences jaillissaient dans son esprit et tout autant de possibilité de comprendre. Mais d’abord fallait-il pouvoir l’attraper, ce filament si intriguant.

-Faites-moi plaisir et dites quelque chose de constructif, Noakuma-san. N’importe quoi qui pourrait nous être utile. Ou non, n’importe quoi tout court. Le son de ta voix me manque. Lokren lui lança un rire sarcastique et se pencha un peu plus, attrapant sa pince. L’acier froid se pressa contre sa paume alors qu’elle vint taquiner le fil coloré qui virait toujours un peu à son contact. Impossible à attraper, cela semblait plus à… De la poussière ? Ou en tout cas, des particules plutôt petites impossible à canaliser comme ça. Et puis, elle devait se dépêcher, bien qu’elle ait encaissée une grande marge pour un cas comme ça, l’anesthésie avait ses limites et bien que Lokren soit principalement scientifique et non médecin, elle devinait que lui laisser le bras ouvert sur ses veines à l’air n’était pas la meilleure idée possible. La pièce dans laquelle ils étaient restait un bureau, pas une salle opératoire, les microbes et autres parasites pourraient sans mal venir infecter son sang et ce n’est pas ce qu’elle cherchait.

-Shizu-chan, retire ton bracelet.Dit-elle d’un soudainement, ne bougeant pas de sa place d’un centimètre. Le jeune homme remua et la seconde d’après, la filament invisible se dispersait, s’évadant dans son bras et devenant pratiquement invisible. On dirait comme… Un champ magnétique ? Ou quelque chose dans le genre. Ses pupilles glissèrent sur le bracelet que le jeune homme avait posé sur ses genoux. L’énergie est attirée par le bracelet, mais elle est comme organisée. Elle ricana un peu et seul le « tac tac tac » répétitif que faisait son ongle sur la table d’opération témoignait de son impatience. Bien, remet-le. Encore une fois il s’exécuta et la scientifique regarda le filament se reformer sagement. D’un geste habile, elle attrapa une seringue et la plaça en suspension, la pointe d’acier dans cette matière étrange. Et d’une pression du pouce, elle leva le tube et aspira la matière à l’intérieur. Un sourire mutin pris place sur son visage alors que Lokren amenait l’objet à hauteur de son visage, regardant le contenant avec excitation. Je te tiens.

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Shizukanaru Noakuma

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MessageSujet: Re: Entretien avec un démon [Feat. Shizukanaru]   Jeu 12 Mar - 22:59

Je dus faire un effort monumental pour continuer à respirer normalement lorsqu'elle incisa ma gorge. La sensation était étrange, je sentais comme un froid qui passait dedans, des difficultés à respirer, encore plus à déglutir. Heureusement, cela ne dura pas longtemps et elle referma bien vite cette mince ouverture.

Mon bras ouvert comme un poulet qu'on allait farcir commençait à me gratter. Je n'étais pas inquiet, on m'avait opéré dans des endroits beaucoup moins stériles que cela, mais j'avais le sentiment que l'anesthésie commençait déjà à ne plus faire effet. Elle n'avait pas mis une dose assez forte. Je n'en disais rien cependant, la voyant fascinée et penchée avec détermination au dessus de ce nouveau filament.

-Faites-moi plaisir et dites quelque chose de constructif, Noakuma-san. N’importe quoi qui pourrait nous être utile. Ou non, n’importe quoi tout court. Le son de ta voix me manque.


Je l'ignorais totalement. Je n'avais rien à dire. Elle ne m'inspirait rien, comme les autres scientifiques. Elle n'était qu'une blouse blanche parmi tant d'autres. Une fanatique de plus pour m'aider à trouver le secret de mes origines. Pourquoi étais-je sur cette terre ? Etais-je le seul ? Comment suis-je né ? Pourquoi n'avais-je pas de famille à mes côtés ? Plein de questions auxquelles je n'avais pas de réponse mais que je comptais bien éclaircir. Après tout, j'avais l'éternité devant moi.

- Shizu-chan, retire ton bracelet.


Sa voix me sortit de mon questionnement et j'obtempérais. Pour sa plus grande surprise et joie, je crois, le filament d'énergie pur se dispersa. Je pouvais presque voir les mécanismes de son cerveau s'enclencher. Quoique ce soit, elle le voulait. Elle marmonna toute seule jusqu'à ce qu'elle me donne à nouveau un ordre. Docilement, je remis mon bracelet à mon poignet. Comme d'habitude, je ressentis cette sensation, ce fourmillement dans tout mon être quand je le remettais à sa place, ainsi que la possibilité de me mettre en colère.

Cette fois-ci, la scientifique Rakuen ne put retenir son excitation en voyant l'énergie violet chatoyant dans la seringue.

— Hmm, comment allons nous l'analyser … il risque de se perdre vu comment ce n'était pas possible de le saisir …


Elle me jeta un regard fiévreux et reprit :

— De toute façon, nous avons la source inépuisable, n'est-ce-pas Shizu-chan …

— Oui. Vous finirez vieille et flétrie et je resterai le même.

La scientifique s'étonna de ma réponse et finalement rit. Un rire froid qui semblait pas du tout naturel. Enfin, pour ce que j'y connaissais. Elle m'observait sous toutes les coutures, semblant chercher ce qu'elle pourrait faire sans trop m'abîmer.

Prestement, elle saisit mon bracelet et me l'enlève. Ma réaction fut immédiate. Je grondais en montrant les dents et lui bondis dessus. Mon bras encore sous anesthésie bougea spontanément pour cueillir la gorge de la jeune femme, la serrant alors que je la plaquais au mur. Sur mon torse nue, la lame du scalpel s'enfonçait légèrement comme une mise en garde.

— Personne ne touche à Angry,
vociférais-je.

Le garde à la porte entra mais Rakuen le renvoya.

—Ce n'est pas nécessaire, je gère la situation.

Avec hésitation, le Marine ressortit.

— Je suis unique. Vous êtes une pièce jetable
, articulais-je pour lui faire comprendre sa position.

C'était la vérité. Sauf que je n'avais pas le droit de tuer des Marines. Mais cela, elle l'ignorait. Si mon bras ne me faisait pas mal, tendre ainsi mes muscles dénudés ne lui fit pas du bien. Du sang coulait massivement alors que le réseau de vaisseau sanguin s'agitait sous nos yeux. Je fixais ceux rouge de la scientifique. Elle ne semblait pas avoir peur. Non. Elle aimait que je la menace ainsi, c'était claire. On se défiait et jaugeait du regard. Qui allait prendre l'ascendant sur l'autre … c'était la question. Elle jouait un jeu dangereux : tester mes limites.

Ce fut mon corps qui les donna. Je commençais à avoir mal et la tête qui tournait. Rakuen enleva son scalpel et remit Angry en place.

— Intéressant …

Elle gribouilla un truc sur son calepin et me fit signe de m'asseoir pour me recoudre. Je m'exécutais, l'observant enfoncer l'aiguille dans ma peau. Cela faisait mal mais je serrais les mâchoires et encaissais.

— Je ne peux pas prélever un échantillon de ton bracelet je suppose Shizu-chan ? Ça me serait pourtant précieux pour savoir le lien avec cette énergie. Ne veux-tu pas savoir autant que moi …

Je lui rendais un intense regard d'animosité. Elle pouvait toujours jouer là dessus, jamais je ne cèderai Angry pour des expériences. C'était hors limite. Une fois les points de suture proprement réalisés, elle me banda le bras.

— Tant pis. Je vais devoir me contenter du reste alors.


Je n'eus pas le temps de demander ce qu'était le reste qu'elle mit sa main dans ma touffe de cheveux couleur neige pour me forcer à baisser la tête. Un bruit d'ustensile métallique que l'on bougeait sur une matière du même type me fit tiquer. Elle allait encore me faire quelque chose. Ce fut aux sons que je compris.

Un bruit de va et vient régulier et de frottements qui ne trompait pas. Elle me limait mes cornes pour en prélever un échantillon. Je notais qu'elle ne s'était pas souciée de savoir si elles étaient sensibles.

— Ton corps a bien d'autres secrets que je veux percer, Shizu-chan.
— Je ne souhaite que cela.

Les yeux de Rakuen brillèrent d'une excitation toute scientifique.

— Mais d'abord …

Elle me laissa relever la tête et je la vis mettre les fragments poussiéreux de mes cornes dans un flacon avec ravissement. Puis elle se saisit d'une nouvelle lame propre. Ou était-ce la même qu'elle avait lavé précédemment ?

— Les patrons ont insisté sur ce point de détail, Sergent-kun.

Dans la poche de sa blouse, elle sort un petit dispositif qui clignote d'une faible lumière verte.

— Avec ce qu'ils te réservent, avec les projets qu'ils ont pour toi, tu vas te faire des ennemis, des captures sont à envisager. Mais ils ne veulent pas te perdre alors je vais te mettre ceci dans la nuque à la naissance de ton épaisse chevelure qui le masquera bien.

Des plans ? Je me souvins de Dustone Road et des propos du Colonel Freecs ainsi que de fragments de conversations surprises inconsciemment à droite à gauche. Le bras armé de la Marine, la future bête enragée représentatrice de la Justice qui s'abat, la future terreur des pirates. Les aveugles étaient un test, cette femme était un échelon vers ma future formation pour répandre le sang et la crainte chez les rebelles.

Docilement, je relevais mes longs cheveux et offrais ma nuque. Pour moi les choses étaient simples, plus je devenais dangereux et important, plus je voyagerai et trouverai la raison de mon existence. S'il fallait être traqué comme un animal par ses maîtres pour cela, je m'en moquais éperdument.

— Faite.
Spoiler:
 

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Shizukanaru Noakuma

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MessageSujet: Re: Entretien avec un démon [Feat. Shizukanaru]   Jeu 5 Jan - 23:00

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J'avais la tête qui tourne, l'esprit moins vif et une sensation de sommeil imminent. Quand bien même je vivais mieux les anesthésies qu'un homme normal, il semblerait que plusieurs dans la même journée à des endroits différents soient trop même pour moi. La nausée s'ajouta à toutes les autres sensations. Alors que je la sentais insérer le dispositif sous mes cheveux, je me concentrais pour ne pas vomir le maigre repas que j'avais eu sur les dalles impeccables du laboratoire. Quand elle eut fini, je sentis le piquant d'une aiguille qui traverse ma peau. Je grimaçais sous la douleur et patientais jusqu'au coup final.

— Tu es sûr que tu ne peux pas rester un peu plus longtemps, Noakuma-san?
Susurra-t-elle en me caressant les cheveux.

Je la dévisageais et me dégageais avec autant de fermeté que me le permettait mon tournis. Elle s'attendait à ce que je ronronne comme les petits félidés ou quoi ? Je montrais les dents et m'éloignais d'elle, ramassant ma veste, l'enfilant précautionneusement pour ne pas me faire mal et ouvrais la porte.

— Au plaisir de ne plus vous revoir, sifflais-je.

De tous les scientifiques que j'avais connu, celle-ci était celle qui m'inspirait le moins confiance. Et c'était peu dire étant donné que je ne fais confiance à personne. Je claquais la porte alors qu'elle riait  aux éclats et manquais de percuter un homme, d'assez grande taille, en uniforme, qui m'observait avec une certaine moue, et peut-être même oserais-je dire une certaine nonchalance si j'étais un peu plus expert en sentiment.

Je marmonnais des sons incompréhensibles, pouvant passer pour des excuses, et m'écartais de lui, le contournant afin de poursuivre mon chemin.

— Sergent Noakuma. Un instant.

Je m'arrêtais, stupéfait, qu'on en ait encore après moi. Je ne pouvais pas avoir fait une erreur simplement en le contournant. Si ? C'était dans le règlement ? Je ne savais pas … je ne l'ai pas lu. C'était d'un barbant comme livre … Je me retournais à contrecœur et vis qu'il avait une barrette de plus que moi à son épaule.

— Je ne vois pas vos barrettes, fit-il avec un haussement de sourcil.

Je soupirais et lui montrais la discrète ceinture à l'effigie de la mouette, avec sur le côté de la boucle, les barrettes correspondants. Efficace et simple, idéal pour les missions en semi-civil.

— La moindre des choses serait de te présenter. C'est très impoli d'aborder les gens ainsi.

Il sourit, légèrement, dévoilant quelques dents pointus comme un requin. Ce détail réveilla quelque chose dans ma mémoire. Je l'observais avec plus d'attention et m'attardais sur son visage. Les yeux rouges, des cheveux de la même couleur mais tirant parfois sur un violet dense, les sourcils froncés, le corps fin et élancé, tout cela m'évoquait quelqu'un, et sans l'anesthésie, j'aurai trouvé.

— Sergent-chef Jewelry Rin,
se présenta-t-il en me tendant la main.
— Le requin ! M'exclamais-je un peu trop vivement.
— Lui-même. Je vois que vous avez entendu parler de moi.
— Tu haïs les pirates. Une fois que tu as la piste de l'un d'entre eux, tu ne lâches rien. Ce qui fait ta force mais aussi que tu stagnes un peu en grade. La chasse n'est pas souvent fructueuse.

Je m'étonnais moi-même de cette si longue phrase et d'en savoir autant sur lui. M'avait-on donné plus que des anesthésiants dans ces injections ?

— Hé bien, on peut dire que vous mâchez pas vos mots, sergent Noakuma, c'est un peu blessant de rappeler les erreurs à l'un de ses supérieurs.

Hmmm … maintenant qu'il le disait, c'était pas totalement faux.

— Qu'est-ce que tu me veux ? Dis-je en haussant les épaules.

Après tout, c'était dit, je ne pouvais pas y faire grand chose.

— Vous n'êtes pas sans savoir que vous allez former un escadron d'aveugles ? Je hochais la tête, l'encourageant à poursuivre. Je serai votre supérieur sur cette mission, chargé de vous encadrer, conseiller mais aussi vous noter afin d'évaluer si oui ou non vous êtes digne d'être sergent-chef. Si cela s'avère être le cas … nous ferons équipe.

Je restais un moment la bouche ouverte, scié par la nouvelle. Je m'attendais pas à avoir un partenariat autre qu'avec Minamitsu ou Kyulin, pensant que les scientifiques espéraient secrètement qu'un jour je ne développe des sentiments pour l'une d'elles mais en plus ne pratique le coït avec elle, répandant mes gênes et des petits démons dans le monde. Je soupirais bruyamment à l'absurdité de ce plan, oubliant que cela pouvait être mal interprété.

— Je vous sais peu expressif, mais j'avoue que je m'attendais à un peu mieux. Il se trouve que j'ai demandé personnellement à être mis avec vous. Vos faits d'armes sur Konomi aux côtés de Murasa m'ont impressionné. Ainsi je voudrai qu'à nous deux nous grimpions les échelons de la Marine et mettions fin à la tyrannie pirate sur les mers !

— Tu sous-entends par là arrêter ta sœur qui vient brutalement de devenir ennemi numéro un des blues ?
— Notamment, grinça-t-il des dents, laissant dévoiler que le sujet était … sensible.
— J'accepte à quelques conditions. J'ai le droit de faire des recherches personnelles sur mes origines. Et tu arrêtes de me vouvoyer. Qu'on me prenne pour un gamin ne me dérange pas outre mesure.
— Tu es toujours aussi cinglant et direct ?
— J'apprends. Je suis pas très causant généralement.
— Parfait. Alors c'est décidé, nous partons pour l'escadron aveugle et ensuite commencera notre collaboration !

Et c'est sans tarder qu'il me traina vers le port. Je calmais aussitôt ses ardeurs, rappelant que je devais prendre mes armes et mes maigres possessions. Mais il m'expédia, arguant qu'il avait déjà tout empaqueté. Je soupirais. Quel était donc ce nouveau camarade bien trop content d'être avec moi ?
Rin, frère donc de Bonney, qui suivra dorénavant, Shizu:
 

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