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 Le piège de la vipère

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Yôko Littner

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MessageSujet: Le piège de la vipère   Mer 8 Juil - 21:25

Désireuse de clouer le bec de Dahlia, qui avait été infecte avec elle, et de se faire une place parmi les révolutionnaires, Yôko avançait d'un pas vif et déterminé, son fusil lui battant la cuisse en rythme, son épaisse chevelure rouge volant au vent. La sniper inspira profondément, les yeux fermés, et les ouvrit en expirant :

–C'est parti pour exploser une tête ! s'écria-t-elle joyeusement en sautillant dans la ville, tout sourire, se préoccupant pas d'une éventuelle discrétion pour le moment.

Île tropicale, Te Ika-a-Maui avait une végétation luxuriante et exotique qui plaisait à la jeune femme. Son maillot de bain était parfaitement approprié, sa tenue légère ne faisait ainsi pas tâche dans le décor. Les bâtiments et habitations étaient un peu rustiques, en bois, majoritairement, créant une harmonie avec la nature. La sniper avait l'impression d'être dans une autre époque. Le port débouchait sur une grande place où une sorte de fête culturelle semblait avoir lieu, de la musique s'échappant du lieu où un attroupement s'était formé. Yôko se fraya un chemin en jouant des coudes et eut la surprise de voir des femmes danser au milieu de la place, entourées par des hommes tapant sur des tambours.

Vêtues de jupes traditionnelles en feuilles filées et de noix de coco sur la poitrine, elles bougeaient les hanches avec énergie, les bras gracieux et totalement synchronisés. Fascinée, Yôko observa, riant et applaudissant avec la population. L'ambiance était légère et festive, tous les visages qui entouraient la révolutionnaire semblaient à cet instant parfaitement heureux. Elle ne voyait pas, pour le moment, le peuple oppressé par les taxes et les impôts du roi.

L'ambiance tourna au vinaigre quand des claquements secs de talons se firent entendre. Aussitôt, la musique mourut, les villageois prirent leurs enfants, les musiciens trainèrent leurs instruments sur leur dos et tout le monde retourna dans son coin ou s'engouffra dans une petite ruelle, loin de l'artère principale encore riche de monde quelques instants auparavant.

Vêtue d'un uniforme sobre, blanc et léger, la garde royale, reconnaissable aux armoiries du royaume épinglées sur les épaulettes, marchait d'un pas calculé et rythmé. Yôko les regarda passer, serrant la sangle de son fusil contre sa poitrine, baissant instinctivement la tête lorsque l'un d'eux sembla la regarder. Force était de constater qu'ils imposaient le respect. Il y avait même quelque chose d'oppressant à les sentir ainsi passer, si près.

La sniper déglutit et attendit qu'ils partent. Elle devait reconnaître que ces individus n'étaient guère rassurants. Les yeux brillants d'une nouvelle étincelle, Yôko se secoua la tête.

—Allez, haut les cœurs ma fille, débarrasse-les de cette tyrannie.

Tout d'abord, la révolutionnaire devait trouver le lieu où sa cible était le plus souvent : son palais. Là dessus, elle ne se faisait pas vraiment de souci. Un palais, c'était sacrément immense tout de même. Au pire, elle pourrait même demander à quelqu'un. Le plus dur serait de trouver le point de vue idéal pour lui tirer dessus.

Le pas léger, toujours en sautillant, Yôko commença à déambuler dans les rues de Maori, capitale et port principal de Te Ika-a-Maui. Elle flânait telle une touriste, regardant les bâtiments comme si elle s'intéressait à l'architecture. Ce n'était pas faux en un sens. Elle observait voir s'il y avait des accès faciles au toit, des prises pour une fuite rapide et de la place pour s'allonger et calibrer un tir parfait.

L'île était assez touristique et très chère. Plus Yôko allait dans le centre ville, plus les prix grimpaient et atteignaient des sommes à faire tourner la tête. Pourtant des gens achetaient. Ils voyaient les merveilles à saisir, pas le visage renfermé du vendeur. Car avec les prix, l'accablement des habitants semblaient augmenter aussi. Songeuse, Yôko les observait en continuant de déambuler. Il y avait quelque chose qui la dérangeait mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

La ville était immense, construite d'une manière plus raffinée parfois mais toujours avec cet aspect nature qu'offraient les bâtiments somptueusement ouvragés dans le bois. Il serait facile de les décimer par un incendie. Quel étrange choix d'habitation.

Yôko continua sa visite, cherchant le fameux palais. Elle tournait au hasard dans les rues. Peu de monde. Cela faciliterait sa fuite. Encore que, tout dépendait du moment qu'elle choisirait pour cela. Elle n'avait pas encore pu récupérer des lunettes à vision nocturne donc il lui faudrait faire cela en plein jour. Mais d'abord … un détail qui avait son importance : repérer qui était le roi. Dahlia ne lui avait donné absolument aucune indication hormis le fait qu'elle devait le tuer. Pas de description physique, pas de nom, nada, le néant. Un autre test. Pour s'assurer qu'elle ne ferait pas sauter la tête du mauvais mec.

C'est pour cela que Yôko prévoyait plusieurs journées de repérage. L'emploi du temps, les lieux qu'il fréquentait le plus et donc qui était  ce roi. Une ombre immense la surplomba et Yôko sortit de ses pensées logistiques.

Elle avait devant elle de loin le bâtiment le plus imposant de la ville. Il était fait de bois blanc, finement sculpté sur chaque colonne. Une large muraille encadrait les jardins qui entourait le palais et empêchait les inopportuns d'entrer. Si Yôko ne pouvait pas voir, elle entendait parfaitement bien l'eau des fontaines qui cascadait, le vent qui faisait bruire une végétation épaisse. La révolutionnaire se recula de quelques pas et vit un dôme poindre par dessus la muraille. Elle recula de nouveau et vit se révéler petit à petit le palais royal, son immense terrasse, ses colonnes encore plus riches que celle de la muraille, ses gardes a l'air si aimable, son manque de sécurité pour une attaque à longue distance …

Yôko tourna le dos au palais et mit sa main en visière, cherchant des bâtiments dans un rayon d'un kilomètre. Avec sa lunette en zoom 4, le fait que l'île avait un climat sec et sans vent, le tir serait largement réalisable. De plus, à un kilomètre, cela lui donnait laisser une marge de manœuvre confortable avant que quelqu'un n'identifie la source de son tir.

Elle rit et croisa les bras derrière sa tête. Elle savait à présent où passer les jours suivants. Ah, les jours de planque, le camping sauvage en hauteur, les changements de point de vue sans cesse, l'observation de la cible … enfin, elle refaisait son travail ! Enfin, la sniper reprenait la chasse et ses habitudes.

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MessageSujet: Re: Le piège de la vipère   Mer 15 Juil - 14:23

Allongée sur la plateforme d’un belvédère, Yôko faisait la moue. L’angle de vue était pas mal mais pas encore suffisant à son goût. La sniper passa la main sur la lunette de son fusil et ajusta le parallaxe, alignant ainsi sa vision à celle de la visée dont elle tourna aussi la mollette. Elle se releva en grognant, remettant les réglages comme auparavant. Ça n’allait pas. Même en ajustant les paramètres, elle ne voyait pas assez l’intérieur du palais. Même si les jardins ainsi que la terrasse lui étaient dégagés, l’intérieur du palais était bien trop important pour qu’elle garde cet endroit comme point de tir.

Yôko remit son maillot de bain en place et passa son fusil dans son dos. Comme si de rien n’était, elle entra de nouveau dans le belvédère et descendit les escaliers, faisant mine d’observer les peintures qui en ornaient les murs. Hier déjà, elle avait passé la journée à crapahuter dans toute la ville pour faire une liste des plus hauts bâtiments de la ville. Si elle s’était séparée de son fusil pour cette première phase de repérage, aujourd’hui c’était impossible. Certes ce n’était pas discret mais il lui était indispensable pour les réglages et réaliser son tir parfait. Comme toujours.

La révolutionnaire sortit un papier de l’un de ses triangles de maillot et, décapuchonnant d’un coup de dent son stylo, raya le belvédère de sa liste. Bien, elle devait se rendre à l’église maintenant. La jeune femme avait longuement hésité à l’introduire dans ses choix. Tuer un homme depuis la maison de dieu, c’était quand même sacrément culotté. Mais après tout, si c’était de là qu’elle pouvait le mieux tirer, c’est que c’était une approbation du grand barbu là-haut finalement.

Yôko alla donc à l’église. Toute la difficulté de la chose était de parvenir jusqu’aux gargouilles qu’elle avait repéré sur la façade nord sans se faire remarquer. Une rouquine avec un fusil gros calibre dans le dos, ça ne passait pas inaperçu. Une rouquine qui escaladait un lieu de culte, ça faisait carrément tâche. La jeune femme se gratta la tête, observant le bâtiment. La réponse ne lui venait pas jusqu’à ce qu’elle voit une forme sombre se détacher du mur et carrément en sortir. Victime d’une hallucination ou pas, Yôko fonça immédiatement à la rencontre de la forme qui, au fur et à mesure de sa progression, s’avérait être un prêtre. Elle le laissa s’éloigner et avisa la façade dont il venait de sortir : une porte pour le personnel.

Tapotant des mains de joie, sautillant comme si ses pieds étaient sur ressort, Yôko donna un coup de crosse dans la malheureuse serrure qui se disloqua, lui laissant la place libre. Un coup d’œil à droite, à coup d’œil à gauche, la pétillante jeune femme entra dans le bâtiment frais et sacré. Ses yeux mirent quelques secondes à s’adapter à l’obscurité. Juste assez rapidement pour voir l’escalier en colimaçon sur sa droite. Elle s’y engouffra non sans s’extasier devant l’architecture. Prodigieux. Ils avaient récupéré les roches volcaniques de leur île pour construire ce bâtiment noir et plein de noblesse, pas austère pour autant.

Gravissant rapidement les marches, Yôko fut surprise de voir se retrouver nez à nez avec … des cloches. Estimant qu’elle avait assez montée, la sniper regarda autour d’elle. C’était encore mieux que sur les gargouilles. Ici, elle pouvait prendre position sur tous les versants, mais surtout, dissimulée ainsi dans le beffroi, la voir ou repérer serait extrêmement difficile.

—Tu as vu l’agitation au palais ?

Yôko crut que son cœur allait sortir de sa poitrine en entendant des voix aussi proches d’elle. Figée au milieu de la pièce, elle cherchait d’où cela provenait et ne mit pas longtemps à trouver l’origine de la voix. Sous ses pieds. En dessous le beffroi devait se trouver une pièce de vie. Parfait. Cela lui donnerait en plus des informations sur la vie et peut-être même sur le roi.

Ses réflexions lui firent louper la réponse de l’interlocuteur et elle attendit patiemment qu’il n’y ait plus un bruit. Au bout de quelques minutes, certaine d’être de nouveau seule, Yôko prépara son territoire de tir. Elle retira sa veste kaki ornée de flammes et la déploya au sol, protégeant ainsi son corps des meurtrissures que pourrait causer le sol. Puis elle passa son fusil par dessus son dos et s’allongea sur sa veste, dépliant le trépied. La jeune femme faisait les gestes par automatisme. Ça faisait des heures qu’elle répétait ces actions et des années qu’elle s’y entrainait. Elle aurait pu les faire dans le noir le plus total. La crosse lestée vint se poser contre son épaule alors qu’elle collait son œil à la lunette. Elle pouvait discerner une chambre, une salle de bain, une salle immense, le riche balcon et une large zone du jardin. De loin la meilleure vue qu’elle ait eu depuis ses recherches.

Elle recommença le fastidieux travail de réglage de la lunette, ajustant la visée, la parallaxe, l’illumination, l’élévation et surtout la netteté. C’était maintenant que commençait le plus long et fastidieux travail d’un sniper. L’attente. La mise en place de la cible, ajuster son tir, être capable de déterminer quel serait le meilleur moment pour tirer. Et tuer.

Allongée, en position, prête à faire feu. Il était parfois possible d’attendre pendant des heures. Pour l’entraîner, Ganmen l’avait fait rester une journée entière en campement. Même en cas de problème, cela n’arrivait jamais en temps réel. Pourtant, il l’avait contrainte à rester sous peine de l’enchainer une semaine dans cette position si elle bougeait. Aujourd’hui elle était contente d’avoir eu un entrainement si difficile.

Les premières heures furent faciles. Au bout de la cinquième, Yôko changea son fusil d’épaule et recalibra ses réglages. De toute façon, le soleil avait changé de position, elle devait modifier l’illumination de la visée.

—J’ai trouvé ce qu’il se passait au palais !


La jeune femme se figea, les doigts immobiles sur la molette.

—Apparemment, le roi reçoit une invitée de marque, certains prétendent qu’elle serait même là pour une possibilité de mariage. Il y a une grande réception en son honneur et la fête sera somptueuse. Et comme à son habitude, le roi nous en fait profiter hein. Tout se passera sur sa grande terrasse, histoire qu’on entende bien à quel point il s’amuse.
—Il suffit frère Tuck ! Ce n’est pas à nous de juger les péchés de notre souverain. Allez réciter vos prières et ne recommencez pas à déblatérer ainsi.

Le fameux frère Tuck ne dit plus un mot et les deux prêtres firent claquer la porte, signal que Yôko était de nouveau seule. Tout se goupillait bien.

La jeune femme orienta sa lunette sur la terrasse et reprit sa longue attente. Il ne lui fallut qu’une poignée de minutes pour voir arriver les serviteurs. Ils s’affairaient comme des fourmis, s’agitant en tout sens pour mettre les tables. L’un des serviteurs, celui qui dirigeait l’opération probablement, était mieux habillé que les autres et les toisait avec un drôle d’air. Petit à petit, les tables se remplirent de mets plus alléchants les uns que les autres, faisant gargouiller le ventre de la jeune femme qui n’avait pas mangé depuis le petit matin.

Puis, des décorations furent posées. L’ambiance était assez chaleureuse et tropicale à l’image de l’île. Des fleurs, des fruits, des instruments de musique locaux étaient disposés partout alors que les premiers invités arrivaient.

Yôko se concentra plus que jamais. Le moment décisif venait. Elle ajusta une fois de plus les réglages de sa lunette. Elle espérait que le roi arriverait vite, il commençait à faire sombre.

Soudain, à travers le brouhaha des invités qu’imaginait Yôko, les musiciens se mirent en position et jouèrent. La sniper contre braqua son arme vers l’entrée de la terrasse et calma sa respiration. Le tuer dès son entrée. Propre, net et efficace.

Comme à chaque fois, son cœur tambourinait et elle le sentait partout. Dans ses tempes, au bout de ses doigts sur la gâchette, dans son ventre, dans sa gorge.

La porte s’ouvrait.

Yôko retint sa respiration, le doigt raide sur la détente.

Puis le couple entra et ce fut la douche froide.

Yôko relâcha tout et reprit sa respiration haletante, son doigt s’ôtant immédiatement de la gâchette. Elle secoua la tête, essayant de s’éclaircir les idées. Elle ne pouvait pas avoir vu … elle devait se tromper.

Mais ses yeux ne la trompaient jamais.

La révolutionnaire remit la sécurité, bloquant toute possibilité de tir et observa par sa lunette.

Sur la terrasse, paré somptueusement, paradait le roi. Il était magnifique dans ses toges cérémonielles, ses bijoux en or massif brillant autour de son cou, ses cheveux longs et violets richement parés. Mais ce n’était rien à côté de la femme qui l’accompagnait.

Yôko déglutit et se recula précipitamment.

Elle sortit de nouveau sa liste des points de tir et la tourna, révélant l’avis de recherche qu’elle avait chapardé à Korutiga. Celui de la flamboyante assassin de la Révolution qui avait toute son admiration.

Pas de doute possible.

Pourquoi Bloody Viper était aux bras de l’homme qu’elle devait assassiner ?

Mais surtout … pourquoi avait-elle ce désagréable sentiment que la jeune femme l’avait vu de si loin ? Que son regard l’avait transpercé … Que son sourire à ce moment là avait été moqueur et susurrait « Je te vois » …
À mon partenaire:
 

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