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 De la discussion jaillit la lumière. Ou, comment s'armer face à l'incompréhensible.

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Emerald.D.Winter

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MessageSujet: De la discussion jaillit la lumière. Ou, comment s'armer face à l'incompréhensible.    Mer 11 Nov - 23:01

Message préliminaire :

Bonsoir à toutes et à tous, voici donc le résultat de cette première manche de tournoi SSD. Vous le constaterez sans doute, ce récit s'égare à peu près aussi loin que son protagoniste, aussi, soyez indulgents à l'égard de cet OVNI littéraire.  
Merci également à Kanon d'avoir enrichit ma conversation de mots savants.
Enfin, merci à ma maman et à mon papa de m'avoir doté d'une imagination aussi farfelue.
Bonne lecture.





Le récit



Si mes données s’avéraient exactes, l’île sur laquelle je marchais depuis des mois maintenant pouvait potentiellement être la plus grosse affaire de ma carrière. Non pas qu’il m’eut fallu user des ruses les plus serviles pour extorquer la dite information, mais pas loin …

   Je disais donc, qu’après quelques joutes verbales menées de main de maître auprès d’un ivrogne à moitié simplet, je m’étais emparé de la localisation d’une île, qui, aux dernières nouvelles, abriterait quelques secrets bien gardés. Or qui se cache, sinon celui qui a beaucoup à perdre ?

   Aussi, m’élançais-je rapidement, mon grand manteau noir au vent, dans ce qui semblait être une simple et bête forêt. Je traversais donc un véritable champ de cimes, qui m’apparurent d’abord comme des chênes, toutefois, les glands paraissaient bien sombres. J’en pris aussitôt un en main, pour me rendre compte que ce n’était nullement un gland. Mais un bigorneau !

  Mais dans quel monde les bigorneaux poussent-ils aux branches des arbres ? Afin de m’assurer de la nature végétale du mollusque … ou l’inverse d’ailleurs … je décidais d’y goûter. C’était sucré. Ça avait un goût de fraise tagada. Je sentais que cette île n’allait pas me décevoir ! Je repris donc mon exploration dans le bois étrange. Bientôt ne tardèrent pas à se dessiner les reflets luminescents de quelques luminaires. Une civilisation devait être proche ! L’heure enfin pour moi de savoir si ce périple en vaudrait la peine.

  A mesure que je m’approchais des lampadaires, je sentis la lumière émise par ces derniers vaciller, comme habitée par une force propre. Elle semblait se muer à son aise, opérant quelques rotations du plus bel effet. Difficile à impressionner, je décidais d’inspecter la chose de plus près. Cette inconstance du faisceau se justifiait tout simplement par la présence de lucioles, une véritable farandole, qui évoluait à leur guise au sommet de la structure, sans même y être résignées par une prison de verre ou de plexiglass.

  Les deux pics à lucioles encadraient ce qui ressemblait à un chemin de brique. Aucuns doutes possibles, des êtres intelligents devaient se trouver au bout. Enfin nous allions pouvoir parler business. J’enjambais donc sobrement ce parterre tout droit sorti du magicien d’Oz, alors qu’autour de moi s’accumulaient les étrangetés, des bigornotiers, nous étions passés à une foultitude de conifères en tous genres, dont les pommes de pins émettaient quelques hululements surnaturels. Rien qui, malheureusement, ne puisse constituer un début de commerce. Qui voudrait d’une pomme de pin assourdissante ou d’un bigorneau sucré ? Pas moi, ça c’est sûr.

  Après quelques longues minutes de marche à contempler une nature possédée par toutes les bizarreries possibles et imaginables, j’entrevis ce qui ressemblait à un village, en plein cœur des bois, sans fortification aucune. Vous me direz, quand on galère autant à y accéder, pas besoin de s’embêter à se surprotéger. Plutôt malin.

   Alors que j’approchais de la tranquille bourgade, les murs des bâtisses commencèrent à devenir plus nets. L’une notamment surplombait toutes les autres, une conception aussi gargantuesque que loufoque, sorte de palais mélangeant tous les styles : un dôme persan côtoyait des arcades gothiques, des fontaines japonisantes irriguaient des jardins à la françaises… Le tout donnait à cet espace une intemporalité saisissante.

  Mais ce qui, plus encore, sût retenir mon attention, c’était … ces … gens ? Tantôt bleu saphir, tantôt doré, tantôt rouge rubis. Ils étincelaient. Littéralement. Comme si leur peau était recouverte de pierres précieuses ! Le jackpot était là, à portée de main ! Il s’agissait maintenant d’agir prudemment et méthodiquement, abalourdir tous ces autochtones, comme je savais si bien le faire. L’un d’eux s’aventura alors à ma rencontre, l’air visiblement peu effrayé.

-Holà voyageur ! Quel bon vent vous conduit dans notre prospère contrée ?
M’interjeta un homme à la peau scintillante comme du diamant.

-Bien le bonjour monsieur ! Je me prénomme Tatsuki. Tatsu comme le bruit de l’éternuement et ki comme l’énergie dans Dragon Ball. Enchanté !

-Bien le bonjour à vous monsieur le tanuki ! Je connais certains de votre espèce, peu sont souvent aussi grands !

-En effet, en effet ! Lui répondis-je avec tout l’enthousiasme mobilisable face à ce complet dialogue de sourd… Je suis docteur, envoyé par le gouvernement mondial. On m’a parlé d’une épidémie dramatique qui pourrait affecter votre peuple. Puis-je jeter un bref coup d’œil à votre épiderme ? Lui demandais-je alors en m’approchant de sa peau.

-Oh, ça ?! Vous voulez rire, ça s’en va tout seul quand on gratte un peu. Me répondit-il en effleurant son avant-bras. Suite à quoi une fine poudre précieuse se répandit sur le sol. Fin connaisseur, j’examinais cette poudre de perlimpinpin de plus près. Le constat était là, implacable. C’était du diamant, du vrai. Qui pour une raison parfaitement inconnue poussait à l’envie sur la peau de ces individus.

Je pris alors un air grave, mon plan se mettait petit à petit en place !

-Humm … c’est malheureusement plus grave que vous ne l’imaginez, repris-je d’une voix grave. L’infection est encore bénigne, mais si on ne considère pas au plus tôt un remède, vous pourriez bien finir dans un sale état.

-Vraiment ?! Vous êtes sûr de cela docteur ?! C’est une véritable catastrophe que vous m’annoncez. Je dois prévenir l’ensemble de nos concitoyens ! Vous pouvez attendre de mes nouvelles, là-bas, dans le xénodoque. Il me pointa alors du doigt une superbe habitation à quelques mètres de là.

  Décidément, leur crédulité allait vraiment m’arranger la vie, j’arpentais donc l’artère principale du faubourg, en direction de la saugrenue maisonnette. Sur mon chemin, je croisais encore une foule d’autres personnages intriguant, parfois vert émeraude, parfois blanc aigue-marine, parfois rosés comme l’agate. De plus, à mesure que je m’enfonçais dans la ville, j’observais çà et là  les incohérences architecturales du lieu, les charpentes alsaciennes succédaient aux briques plus nordiques, le chaume toisait la paille, et le béton narguait le bois. Rien ici ne semblait cohérent.  Pas même ces habitants, aux regards pantois, aux sourires faciles et aux gestes charmants. Ils avaient l’air si faciles à impressionner, si faciles à séduire, si faciles à contrôler … A vrai dire, je n’aimais pas que les choses soient trop simples.

  J’arrivais finalement en vue de la fameuse « xénodoque », sorte de bâtisse tout droite sortie de la Grèce antique soutenue par des piliers d’un blanc nacré, en haut desquels se dessinaient deux tourbillons de pierre typique. Je franchi alors le seuil, le sol était fait d’un marbre épais et lisse, un véritable plaisir pour mes pieds souffreteux. Je me dirigeais maintenant vers un guichet, lui aussi de marbre, et vers son registraire. Lui aussi de marbre, enfin, vous m’aurez compris, l’expression. Celui-ci était vert, plutôt topaze qu’émeraude cette fois-ci, j’avoue que je chipote un peu, mais j’aime la précision. Je lui adressai donc mon éternelle supplique.

-Bonjour, je me prénomme Teriyaki. Comme la délicieuse sauce d’enrobage pour poulet.

  Le registraire me toisa, l’air méfiant, il n’avait pas l’air aussi amicale que ses compatriotes, enfin un peu de challenge pour exprimer tout mon savoir-faire dans la négociation.

-τα πράγματά σας πέπλος (oui oui c'est bien écris péplum en grec ancien) όμορφ , me répondit-il seulement.  Pas de bol, j’avais pris latin au lycée, et vu la consonance de son charabia, il avait bien l’air d’être resté coincé au grec antique. Fort heureusement, un de ses collègues déboula de la réserve, scintillant comme l’argent.

-Veuillez pardonner mon ami, il ne sait que s’exprimer en grec ancien, il vous disait simplement que vous portiez une bien belle étoffe.


-Merci à lui pour ce compliment. Bon sang, mais était-il possible pour ces gens de s’exprimer sur des sujets ayant un minimum de sens. Sans ça comment déployer mes talents langagiers ?! Je repris calmement mes aises puis enchaina. Je suis visiteur de passage et on m’a recommandé votre établissement, sauriez-vous me renseigner ?

-Mais bien sûr, mais bien sûr ! Venez, suivez-moi, je vais vous conduire dans notre salle de jeux.

  Une salle de jeux ? Bordel, mais où est-ce qu’il allait encore me conduire ? Je suivais donc cet hurluberlu vers une large pièce où il me présenta à trois autres types, ils avaient tous l’air plus maboul les uns que les autres. J’allais devoir m’efforcer de leur fausser compagnie au plus vite.

-Voilà voilà monsieur, amusez-vous bien ! Il repartit en direction de la porte d’entrée, la claqua après sa sortie. Me laissant moi et ces clampins dans un silence gênant. Avant qu’un de ces tarés ne prennent finalement la parole. Je croisais intérieurement les doigts pour, qu’à défaut d’être proférée dans mon langage, la phrase soit à minima compréhensible.

-Eh, m’sieur avec l’air drôlement intelligent, (dit-il en me désignant ad nutum) pourriez m’aider s’vouplaît ? J’écris un poème et j’trouve pas de quoi rimer avec pelage.

  L’un des autres convives pris alors la parole :

-Et pourquoi pas quintellage.

   Sans que je sache vraiment pourquoi, je décidais d’intervenir.

-Mais enfin ce mot n’existe pas.  

- Si il existe d’abord ! C’est  juste du vocabulaire trop sophistiqué pour toi, c’est tout.

-Vous remettez en cause ma maîtrise des champs lexicaux complexes ?

Le troisième d’entre-deux sortit alors un dictionnaire édition 2078 de son fourre-tout, l’ouvrit à la page des « quin », et me pointa alors du doigt une ligne de la page 745.

Putain de merde … ce mot existait vraiment … Non-content de m’emporter, car telle n’était pas dans mes habitudes, je décidais de prendre en compte la nature, disons-le, très perchée de mes camarades, afin d’élaborer un plan d’évasion.

-Et si on jouait à cache-cache plutôt ? Ça vous dirait les amis ? Lançais-je avec tout l’enthousiasme et toute la fausse gaieté dont j’étais capable. Ils eurent l’air ravis de ma proposition et commencèrent à se cacher. Pendant ce temps, je m’éclipsais discrètement par l’une des fenêtres ouvertes et retrouvait enfin l’air libre.

  Je devais maintenant absolument retrouver mon premier interlocuteur pour mettre à exécution mon plan et m’emparer du plus possible de ces graines de peaux précieuses. Sans bien sûr, éveiller le moindre soupçon à mon encontre. Seulement, une fois sorti de ce satané xénodoque, je ne savais guère où me diriger. Lorsque le destin me fit finalement un clin d’œil.

-Hey ! Tanuki ! Viens avec moi, nous devons absolument parler de tes doutes au grand notaire. Le maître de cette merveilleuse citée.

  Un notaire, aux mains d’une ville entière, c’était une première. Mais peu importe à vrai dire, les dirigeants ont toujours été mes intermédiaires privilégiés. Lorsqu’il y a du pouvoir, il y a toujours place pour un peu de corruption. Nous nous dirigeâmes donc vers le fameux « palais » que j’avais entrevu quelques heures plus tôt. En définitive, de près, l’harmonie des styles n’était pas si immonde que ça. Il n’y avait aucun garde devant l’entrée principale, même pas une grille pour démarquer la demeure royale du reste de la populace. Voilà qui promettait malheureusement un dirigeant au grand cœur … J’allais devoir me donner à fond pour rendre tout ceci réalisable.

  Nous franchîmes quelques longs couloirs où se prélassaient des tableaux, là encore, si divergents, que l’Art lui-même semblait s’y perdre. Soudain mon accompagnateur, aux délicieux reflets diamantés s’immobilisa, puis pour la première fois depuis notre rencontre, son sourire s’éteignit.

-Tanuki-san, avant de rencontrer sa majesté le grand notaire Jacob, je vous demanderai de bien vouloir vous conformer aux exigences ancestrales de notre peuple. Derrière ces portes (il me montra du pouce celles dos à lui) vous attend l’épreuve de la témérité, vous devrez y tenir au moins dix minutes. C’est une sorte de test pour voir si ceux qui veulent rencontrer son altesse Jacob en ont réellement la motivation.

  Qu’est-ce que c’était encore que cette histoire. Tant qu’il ne s’agissait pas d’épreuve trop physique, je devais en principe être hors de danger. Je pénétrais donc à travers les portes battantes désignées plus tôt, la pièce baignait dans une obscurité totale. Lorsque tout à coup, un projecteur se mit en marche, une voix lancinante et robotique enchaîna alors sur :

-Bienvenue voyageur pour ce test de motivation à rencontrer sa divine altesse Jacob. Prenez place sur le siège désigné par la consigne lumineuse.

 En effet, quelques loupiotes rouges vacillantes semblaient me désigner une chaise en bois d’un inconfort à peine imaginable. Le dossier était trop en arrière, il en sortait des clous rouillés, et, comble de l’horreur, le sol n’étant pas plat, cette foutue chaise valdinguait en diagonale.  

-Nous espérons que vous êtes désormais très mal installé. Maintenant, regardez attentivement les slides suivants portant sur la propriété civile extrait du cours de droit civil de L2, éditions Dalloz.

  Les secondes qui suivirent furent d’un ennui quasi mortel, le diaporama, accompagné de l’insupportable voix robotique s’évertua ainsi à m’expliquer pendant 10 longues et interminables minutes les conditions d’accès à la propriété en droit français, allant de la différentiation entre les biens meubles corporels et les biens immeubles. J’appris ainsi notamment le somptueux mécanisme de la prescription inquisitive, aussi surnommé « action d’usucapion » et plus précisément sa fonction probatoire.

  Je ressortis de ce supplice pédagogique entier et revint donc vers mon ami à l’épiderme scintillant, visiblement époustouflé par ma performance.

-Ça alors, peu de gens tiennent dix minutes face à la prescription acquisitive, ça pour sûr vous êtes sacrément bon m’sieur Tanuki !
  Je pris le compliment avec un sourire, même si, à vrai dire, j’avais vécu assez de situations chiantes pour savoir comment les gérer. Il m’emmena donc vers les appartements de monseigneur Jacob, me laissa seul face à sa porte démentielle, puis m’invita à entrer et à soumettre mes terribles nouvelles à son suzerain.

  Jacob se tenait donc là, à son bureau, croulant sous une avalanche de documents juridiques visiblement complexes, à l’instar de ses compatriotes, sa peau irradiait, d’un rouge très pâle et brillant. Ce n’était pas du rubis, du diamant rouge peut-être ?! Bref, il avait cet air vieux et sage avec ces lunettes en demi-lune et paraissait d’une certaine humilité. Enfin … il paraissait.

-Bienvenue à vous chez voyageur dans la Jacobinière, mon humble demeure.

   Humble, c’était lui qui le disait. Et puis la jacobinière quoi, le niveau de l’égo de ce type atteignait vraiment des sommets.  

-Je suis Jacob XXXVIII, fils de Jacob XXXVII et petit-fils de Jacob XXXVI, je dirige ce modeste et paisible royaume. Vous avez passé le test du cours de droit hyper chiant avec brio, et avez donc gagné le droit de vous entretenir avec mon illustre personne.

  Les types qui parlent d’eux à la troisième personne. Là encore une de mes spécialités.

-Ô grand Jacob, je suis Kentucky. Comprenez celui avec la même orthographe que l’illustre inventeur du KFC et je viens vers vous chargé de tristes nouvelles. En effet, je suis médecin pour le gouvernement mondial et je crois malheureusement pour vous et votre peuple que vos peaux scintillantes ne soient en réalité le signe d’une terrible maladie, fort heureusement, si je parviens à récupérer assez d’échantillons sur l’ensemble de vos concitoyens, je pourrais certainement élaborer un vaccin. Et ainsi sauver votre peuple d’un chaos imminent.

  Le grand Jacob me dévisagea avec anxiété, puis s’exclama finalement :

-Bonté divine, c’est le ciel qui vous envoi, je vous en prie monsieur Kentucky, procédez comme bon vous semble ! Jamais je n’aurai cru mon peuple aussi proche d’une telle apocalypse … Tenez, commencez-donc par moi, me dit-il.

  Il se leva alors, puis, une étrange musique se mit soudain à résonner dans le cabinet du grand notaire, alors que ce grand malade commençait à se déshabiller !


la musique ~:
 


  Non content d’observer ce vieux tas croulant dans son plus simple appareil, je pris la fuite purement et simplement. L’enjeu n’en valait pas la chandelle et je me savais largement en mesure d’exploiter d’autres filons pour tendre à la richesse. De plus, quelques échantillons pratiqués çà et là suffiraient largement.

  Je sortis donc avec toute la dignité possible du cabinet du pervers monarque où l’homme diamant m’attendait avec excitation.

-Alors, alors ?! Vous allez pouvoir soigner notre nation, pitié grand Tanuki ?

-Bien entendu mon cher, lui dis-je en sortant un réceptacle de mon grand manteau, donne-moi simplement une bonne quantité de  la poudre sur tes mains, ça devrait faire l’affaire.

  Il s’exécuta alors, cette seule prise pouvait à elle seule valoir plusieurs dizaines de millions de Berry, aussi, je décidais de m’en contenter et de partir au plus vite de cette île de dingo.

-Cela devrait suffire à mes recherches, je vais désormais vous quitter l’ami. Bien sûr, je reviendrais dès que le remède sera au point, soyez-en sûr ! Lui adressais-je, un sourire faux plaqué sur les lèvres.

-Génial ! Seulement … avant de repartir, monsieur Tanuki, vous allez devoir vous resoumettre au grand test, afin de marquer votre esprit à tout jamais de votre merveilleuse rencontre avec notre vénéré suzerain.

-C’est une blague j’espère ?


-Du tout. Et si vous ne vous y conformez pas, alors vous serez transformé en pomme de pin chantante et hululerait dans la forêt pour le restant de vos jours.

  Oh punaise … la menace avait l’air sérieuse, aussi, je n’eus guère le choix que de retourner dans cette maudite salle, sur cette maudite chaise branlante, rêche et épineuse pour y contempler un nouvel exposé. Cette fois-ci le projecteur usa de son atout majeur et me gratifia de 10 minutes sur le droit moyenâgeux et plus particulièrement sur les feudistes, intermédiaires juridiques de l’époque. Le tout avec un timbre de voix et une monotonie à vous ennuyer même le plus drogué des junkies.

  A l’issue de cette interminable cession, je rejoignais finalement la sortie de la ville, mon petit sac rempli de poudre scintillante en poche. Mon éternel guide sur les talons. Après quelques adieux déchirants, ce dernier me proposa :

-Eh Tanuki, quand tu reviendras, il faudra absolument que tu passes visiter la fontaine aux bigoudis, le temple des jouets kinders surprises et le formidable musée de Zootaxie ! Il te reste tellement de merveilleuses choses à voir et à vivre avec nous ! J’ai hâte de te revoir… tu vas me manquer.

  Je feignis la tristesse et adressa une chaleureuse accolade à mon guide (sans oublier, bien sûr une petite gratte à la nuque au passage). A mesure qu’il s’éloignait, je sentis un profond poids me quitter, une certaine délivrance s’empara de moi, celle que je ressens toujours après avoir mené ma mission à bien.

  Enfin cette épopée dramatique pouvait s’achever, enfin je pouvais quitter cette cité perdue où la logique semble absente, où un notaire loufoque, égocentrique et bercé dans la luxure règne en maître sur une plèbe d’immense tarés. Mes affaires ici étaient terminées, il était désormais temps de quitter cette île et de récolter le fruit de mes efforts. Je remontais donc le long chemin de brique jusqu’à la forêt, seulement, à mesure que je marchais, je sentais ma vision se troubler, mes forces s’amoindrirent  … jusqu’à tout ne finisse par basculer en une sorte de marre noirâtre dans mon esprit.

  Je repris conscience presque aussitôt, j’étais au pied d’un arbre. A côté de moi, jonchait la coquille vide d’un bigorneau. Non loin de tout cela ce qui ressemblait à un bucheron m’adressa, hilare :

-Encore un qu’a consommé un d’ces foutus bigorneau hallucinogènes. M’sieur, j’crois qu’y a qu’une seule chose à faire pour vous maintenant c’est de rentrer chez vous et de plus jamais mettre les pieds sur cette terre de malheur.





Au même moment, dans une taverne de North Blue.

-Et donc, messieurs, comme je vous le disais il n’y a absolument rien à faire sur cette île. C’était finalement le pire fiasco de ma carrière.

   Des huées se firent entendre dans l’assemblée.

-Alors y avait pas de poussière de diamant et tous ces trucs bizarres étaient en fait le fruit d’une hallucination ? C’est nul votre histoire en fait.

-Je ne vous le fais pas dire !

Tous buvaient mes paroles et riaient de mon malheur. Seulement … qui en ce bas monde sait déceler le vrai du faux. Toi cher lecteur ?
   
Te pense-tu assez malin pour connaître le dénouement de cette aventure, commences-tu à douter de sa véracité, à douter même de son existence.  Ou crois-tu, au plus profond de toi que j’ai manipulé tous ces sots pour garder cette île comme une véritable mine d’or, en changeant quelques détails à mon récit. Tu doutes cher lecteur, je le sens, mais ne t’en fais pas.

Après tout.

Je ne t’ai même pas donné mon vrai nom.
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