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 Sand S.

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Sand S.

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MessageSujet: Sand S.   Jeu 14 Mar - 18:11

Nom : S.

Prénom : Sand

Âge : 19 ans

Groupe : Pirate

Description physique : Sand S. est une jeune fille d'1m75 à la silhouette mince et élancée, fine et athlétique. Elle possède de longs cheveux blancs en bataille descendant en cascade jusqu'à ses hanches qu'elle laisse flottants selon l'humeur de la brise. Sa frange démesurée ne permet de voir qu'une partie de son regard. Seul son œil droit curieusement pigmenté apparaît au milieu de ses mèches, contrastant incroyablement avec sa peau claire. La couleur de ses yeux varie selon ses émotions : lorsqu'elle est neutre, leur partie supérieure se teinte d'un rouge rubis étincelant alors que la faction inférieure reste de glace. Plus son ressenti est ardent, plus le flamboyant occupera de place. En revanche, si la froideur se fait sentir c'est l'inverse qui se produira. Ils sont surmontés de délicats sourcils noirs, seul le droit se laissant entrevoir tandis que l'autre reste sous ses cheveux. Ses lèvres fines serrent généralement une perle de son collier et la plupart du temps, s'étirent doucement pour former un imperceptible sourire. Quant à son nez, il est tout à fait ordinaire : fin et droit. Rien que de très banal. Hormis ses yeux, son seul signe distinctif se trouve sur sa joue droite : une discrète cicatrice tranchant sa pâleur et dissimulée en partie par quelques mèches.

Elle est vêtue d'une chemise blanche fripée à manches longues, comportant un nœud composé de deux boucles au bout desquelles se trouve une pierre rouge ovale encadrée d'or et dont découlent trois volants. Elle entoure son épaule et sa taille d'une large bande de cuir marron possédant un élégant étui surplombée par un manteau bleu marine dont elle n'attache jamais les boutons, le laissant entrouvert. Un lâche replis rouge orné d'une fine bande et d'un bouton d'or accompagné de deux volants pareils à ceux de sa chemise apparaissent à chaque bout des manches de sa veste. Elle porte une jupe très courte d'une teinte plus accentuée que celle de son manteau, qu'elle accorde avec une paire de gants lui arrivant aux poignets, surmontés de trois bagues, deux anneaux fins et un plus épais à la main gauche. Ses cuissardes assorties à sa chevelure sont ornées de petites croix en cordes teintées de noir. Elle accompagne ceci d'un collier comportant des perles crèmes et une dorée, d'une unique mais importante boucle à son oreille droite et d'un chapeau pour le moins original : de la même couleur que son pardessus, il est bordé d'une fine bandelette d'or, enroulé de perles d'ambre et du côté gauche, décoré d'un épais nœud noir et d'une rose écarlate. Le creux où se rejoignent les deux parties de la coiffe est scellé par une pierre identique à celle de sa chemise, mis à part sa couleur noisette, accroché par une épingle à nourrice cuivrée. De la droite de son couvre-chef partent une multitude de plumes, formant comme un bouquet qu'elle a posé sur son chapeau.

Elle possède également une arme : un Lunar, qu'elle a nommé Liberty. Il est constitué d'ébène et traversée par une ligne d'or au milieu du manche allant en rejoindre le bout de la même couleur. Le canon est lui aussi enrobé de cette teinte. Elle a gravé son nom et celui de son pistolet en entrelaçant les lettres sur le bois sombre. Il est toujours rangé dans l'étui caché par le côté gauche de son manteau. Elle y tient énormément et personne n'a le droit d'y toucher à part elle. C'est la seule et unique chose matérielle à laquelle elle tient hormis sa tenue. Si on tente de s'en emparer, elle n'hésitera à tout mettre en œuvre pour la récupérer, ce qu'elle arrivera à faire quoi qu'il lui en coûte.

Caractère : Sand est très charismatique. Elle a l'habileté des mots et de ce fait, est très persuasive : un don qu'elle cultive et qu'elle considère comme un avantage dans certaines situations. Elle donne le moins d'informations possibles sur elle et se montrera très antipathique si on lui pose des questions à ce sujet. D'un naturel calme, elle n'en reste pas moins très franche et peut même être parfois blessante, bien que cela ne semble pas la perturber. Elle ne se soucie guère de l'avis des autres et qu'importe ce qu'on puisse penser d'elle, tant que cette réputation ne l'empêche pas d'atteindre ses objectifs, elle s'en moque éperdument. Elle vit selon ses règles et sa morale, rien d'autre. Elle n'est pas cruelle pour autant : il lui arrive de secourir des personnes en difficulté quand elle trouve une situation intolérable. Pirate n'est pas synonyme de sans-gêne et elle met un point d'honneur à le démontrer. Bien qu'elle soit une hors-la-loi, elle est très respectueuse et ne se permettra jamais de se comporter comme chez elle n'importe où. Une de ses particularités est qu'elle n'accorde jamais sa confiance, encore moins aux hommes. Pour elle, ils ne sont que menteries et faux-semblants. Elle ne croit pas en eux, tout simplement.

Une autres de ses caractéristiques est qu'elle mange en quantités hors-normes : elle ne manquera jamais l'occasion de faire un bon repas, tout en restant élégante et polie à table bien sûr. Mais si jamais un aubergiste a le malheur de lui annoncer qu'il ne peut guère la servir et se révèle incapable de lui fournir une adresse pour se restaurer, elle deviendra extrêmement menaçante, voir dangereuse si cela s'avère nécessaire. C'est l'un des rares moments où elle pourra se montrer inconvenante. Elle ne plaisante pas avec ces choses-là. Hormis ce point, la seule familiarité qu'elle s'autorise, ce sont les jurons. Mais jamais d'insultes, juste des maugréades. Et étant une râleuse invétérée, il ne se passe pas une seule journée sans qu'elle pousse une exclamation manifestant son mécontentement.

Mais ce qui distingue grandement Sand, c'est sans aucun doute son apparence trompeuse. Au premier abord, seule parait la jeune demoiselle fragile. Jeune oui. Fragile certainement pas. S'il y a bien une chose qu'elle sait faire, c'est se battre. Et ce sans jamais abandonner ses principes. Une véritable combattante se révèle au grand jour lorsque l'injustice fait rage ou que l'on contrecarre ses plans. Personne n'a le droit de l'empêcher de poursuivre sa route et elle ne se fera pas prier pour le faire savoir à grands coups de poings si nécessaire. Néanmoins, elle ne se laissera submerger par cette folie assassine que si la situation atteint un stade critique et il faudra vraiment avoir dépassé les limites de l'inacceptable pour la mettre dans cet état.

Histoire : Sand n'est pas originaire de son lieu d'habitation actuel. Elle vient d'un autre monde nommé Saulmanor duquel elle s'est enfuie il y a de cela trois ans pour continuer à vivre la vie qu'elle désirait.

Elle était issue de la noblesse, milieu qu'elle détestait. On voulait la marier contre son gré. L'année de ses seize ans, elle avait fui et plongé dans un lac de sa terre natale afin de se cacher. Elle avait escompté remonter à la surface une fois ses assaillants partis et avait nagé le plus loin possible vers les abysses pour mieux se dissimuler. C'était sans compter un acharné qui avait eu l'idée d'aller vérifier si elle ne se trouvait pas ici. Et malheureusement pour elle, il avait eu raison. Ayant réalisé que sa seule chance était de nager plus vite que lui, elle s'était précipitée autant que sa tenue pouvait le lui permettre vers le fond. Mais elle n'en avait pas vu. Au lieu de cela, elle s'était trouvée nez à nez avec son reflet. Et ce qu'elle avait vu ne lui plaisait pas : une jeune demoiselle à l'apparence fragile, aux longs cheveux bleus nuit coiffés avec soin et aux yeux noisettes, couverte de maquillage et de richesses malgré elle. Elle avait tendu la main en voulant effacer cette image qu'elle détestait et s'était aperçue qu'elle pouvait traverser le miroir. Elle avait eu le choix entre une prison dorée promise ou une liberté probable. Elle n'avait pas hésité pas une seconde et était passé de l'autre côté de la glace. Pour se retrouver encore une fois sous l'eau. A la différence qu'en se retournant, elle ne s'était pas vue. La porte avait disparue. Elle avait donc décidé de regagner la surface, abandonnant sans regrets sa robe et toutes les autres futilités pour ne garder que son corset et ses collants noirs. Libérée d'un grand poids, elle avait rapidement pu passer sa tête hors de l'eau mais avait eu de grandes difficultés à se hisser sur la berge, l'obscurité ne lui ayant pas facilité la tâche. Quand elle avait réussi à se remettre sur pied, elle avait entreprit de chercher un village. Mais avant qu'elle puisse apercevoir la moindre silhouette, ses forces l'avaient abandonnée. Ses jambes n'avaient pas pu la porter. Résolue à mourir, elle s'était tournée vers le ciel et s'était dit qu'au moins, elle s'en irait sans avoir trahit ses convictions. Sur cette consolation, elle avait fermé les yeux, le sourire aux lèves.

Mais on ne lui laissa guère le loisir du sommeil éternel. Quand ses paupières se relevèrent, ce fut pour se rendre compte qu'elle se trouvait dans une petite maison. Et apercevoir un homme d'une vingtaine d'années assis dans une chaise en osier, un bol de soupe entre les mains. Elle se releva brusquement causant une frayeur à son hôte, ce qui lui fit lâcher son dîner. Ou plutôt son déjeuner à en croire le soleil qui traversait les fenêtres.

- Enfin réveillée ! Ce n'est pas trop tôt mademoiselle ! Trois jours que tu roupilles !

Se rendant subitement que mis à part les draps rien ne la couvrait, Sand tenta de se dissimuler le plus possible et jeta un regard assassin à l'homme. Celui-ci se contenta de ramasser les débris de sa vaisselle par terre et ne s'occupa pas des yeux meurtriers qui le fixaient. La jeune fille sortit du lit en emportant avec elle les tissus et la ferme intention de partir. Seulement, elle n'était pas encore en état de marcher et tomba avant d'avoir pu faire trois pas. Alarmé par ce bruit, son hôte se retourna et essaya de la porter.

- Vous, vous gardez vos mains dans vos poches !

- On se calme ! Je n'ai absolument rien regardé en plus !

- Permettez moi d'en douter.

- Enfin quasiment rien...


Une main vint s'abattre sur sa joue. Satisfaite d'elle-même, Sand continua son ascension vers la porte en s'aidant de ses coudes pour avancer, lorsqu'il lui barra la route.

- Poussez vous de là !|

- Hors de question. Tu as une fièvre du tonnerre, tu ne tiens même pas sur tes jambes et tu crois que je vais te laisser partir comme ça ?


Elle ne répondit pas.

- Alors maintenant tu restes tranquille, tu te reposes et on avisera ensuite.

Il la reconduisit jusqu'à son lit malgré ses cris et ses protestations et la somma d'y rester. Et pour plus de sécurité, il ferma la porte d'entrée à clé sous ses yeux, lui indiquant clairement qu'elle resterait ici tant qu'il ne la jugerait pas capable de se débrouiller seule. Elle eut beau maugréer, il refusa de la laisser s'en aller. Avant de retourner à ses occupations, il ajouta :

- Et au passage, moi c'est Ryne.

Et à contrecœur, elle lui permit de la soigner. Après tout, plus vite elle serait guérie, plus vite elle pourrait aller voir ailleurs. Seulement les jours passaient et elle avait de moins en moins envie de se montrer désagréable envers lui. Après tout, il n'avait rien demandé en échange de ses services. Il l'avait recueillie, logée, nourrie, alors qu'il aurait aussi bien pu la laisser mourir seule sur le chemin. Ca n'aurait rien changé pour lui. Cinq semaines s'étaient écoulées lorsqu'elle se décida à sortir de son lit et alla se poster devant la table où il lisait un traité de médecine. D'abord surpris par ce soudain élan de sociabilité, il laissa se dessiner un large sourire sur son visage et tira la chaise à côté de lui pour qu'elle puisse s'assoir. Ils restèrent dans le silence un long moment avant qu'il ne se décide à prendre la parole :

- Navré pour le pauvre pyjama que je t'ai donné, mais il n'y a que ça ici.

- Ce n'est rien...


Il éclata d'un rire sonore. Sand sursauta et manqua de tomber de son siège.

- Dis moi, pourquoi tu ne me le demandes pas ?

- De... Demander quoi ?

- Quand est-ce-que tu pourras sortir. Ne me dis pas que ça ne t'as pas traversé l'esprit.

- ... Je peux, c'est vrai ?

- Je ne vois pas de raison de t'en empêcher. Tu tiens sur tes jambes, c'est l'essentiel. Et à vrai dire, je suis surpris que tu me demandes la permission.


Sand murmura un remerciement à peine audible et se rua vers la porte, ravie de pouvoir enfin sortir. Elle essaya de tourner la poignée mais elle résistait, le battant ne bougea pas d'un millimètre.

- Hé ! T'aurais pas oublié quelque chose par hasard ?

Il lui lança la clé. Elle l'attrapa au vol ,les yeux brillants d'excitation. Elle entreprit d'ouvrir la porte, devant s'y reprendre plusieurs fois. Et enfin, elle vit le soleil au dehors. Quand elle respira l'air pur, elle se sentit renaître. Le contact de l'herbe sous ses doigts, la brise fraîche soulevant ses cheveux, l'odeur de la mer... Tout était là. Et ce fut ainsi chaque jour désormais. Elle reprenait des forces au fur et à mesure que le temps passait, elle accompagnait Ryne faire ses courses. Il lui donnait même de l'argent pour aller s'acheter des affaires. Au village, tout le monde fut ravi de l'apparition d'une nouvelle tête. Les semaines passant, elle décida d'en apprendre un peu plus sur son lieu de vie. Elle apprit qu'elle se trouvait sur l'océan de North Blue, sur une île du nom de Lulgill Ryne, en hommage à l'ancêtre de son hôte, le médecin qui avait sauvé la vie de bon nombre de naufragés débarquant ici. Et Ryne perpétuait la tradition. Peu à peu, les échoués avaient peuplé cet endroit. Mais apparemment, tous venait d'îles alentours, aucun d'un autre monde. Après cette révélation, Sand se garda bien de révéler ses origines. On l'enfermerait à coup sûr. Quand on lui posait la question, elle se contentait de répondre qu'elle avait perdu la mémoire en arrivant ici et personne ne sembla vouloir la contredire. Elle s'installait tranquillement dans sa nouvelle vie et malgré les quelques rumeurs insinuants qu'elle ne partagerait pas que le repas de Ryne, elle était heureuse. Et très vite une année s'écoula.

Un jour, alors qu'elle rentrait du village après avoir fait quelques courses spéciales demandées par son hôte, Sand rentra chez eux et manqua de tomber à la renverse devant ce qu'elle découvrit. Des guirlandes multicolores étaient suspendues en désordre un peu partout et des confettis parsemaient le sol.

- Joyeux anniversaire demoiselle !

- Mais... Ce n'est pas mon anniversaire... Je...

- Je sais, mais c'est l'anniversaire du jour ou tu es arrivée alors on va fêter ça comme ta date de naissance ! Allez, donne moi ce panier que je nous fasse un repas digne d'un roi !


Donner, c''était un bien grand mot. Il le lui arracha des mains et lui interdit formellement d'entrer dans la cuisine malgré ses protestations. Elle dut patienter trois heures avant de le voir sortir et aligner sur la table des plats tous plus appétissants les uns que les autres. Ils partagèrent un moment magnifique, sans doute le plus beau qu'elle avait connu depuis bien longtemps. Dans son monde, quand elle avait pris le risque d'accorder sa confiance, elle avait été trahie, et cela l'avait poussée à ne plus commettre la même erreur. Mais elle avait l'impression que cette fois, c'était différent. Au moment du dessert, elle vit Ryne ne s'était pas contenté de cuisiner. Il lui posa un étui en bois entouré d'un ruban sur les genoux. Sand écarquilla les yeux.

- Qu'est ce que tu attends ?

Osant à peine le toucher, elle défit le nœud et ouvrit le couvercle. Et elle se mit à pleurer. Ce que contenait cet étui, elle en avait rêvé. Elle l'avait tout de suite repéré dès la première fois qu'elle s'était rendue au village et avait mis de l'argent de côté pour pouvoir un jour se l'offrir cette merveille. Et voilà qu'on la lui présentait comme un cadeau. Un pistolet, un Lunar, fait de bois d'ébène et recouvert d'or au niveau du canon et au bout du manche, ces deux parties étant reliées par un mince fil de la même couleur. Elle se jeta au cou de Ryne et laissa ses larmes couler. Il la serra dans ses bras en riant. Quand elle se redressa, elle balbutia :

- Mais... Mais je n'ai rien moi...

- Si. Tu es là et c'est déjà un magnifique présent.


Ce fut le mot de trop. Elle s'effondra littéralement et lui continua de rire en essayant de la calmer. C'est en sanglotant toujours de bonheur qu'elle l'aida à débarrasser la table, à faire la vaisselle et qu'elle partit se coucher. Sans se douter que ce serait la dernière fois qu'elle pleurerait de joie en entendant son rire.

Le lendemain matin, ils commencèrent à ranger la maison, en se lançant les restes de confettis à la figure. Ils continuèrent l'après-midi, après avoir fini les restes de la veille et en s'étant aplatis mutuellement la tête dans leurs parts de gâteau respectives. Après avoir nettoyé la maison de fond en comble pour de bon, ils s'assirent lorsqu'on toqua à la porte.

- Pas moyen d'être tranquille ici. Allez repose toi, j'y vais.

Reconnaissante, elle s'affaissa dans le fauteuil et ferma les yeux en vue d'une petite sieste.

- Venez le coucher par ici, il n'y a qu'une seule chambre comme je vis seul.

A ces mots, Sand se leva prudemment du siège et alla discrètement prendre Liberty, son cadeau baptisé la veille, sur sa table de chevet. Quelque chose n'allait pas, il avait voulu l'alerter. Mais il était hors de question qu'elle le laisse seul sans savoir de quoi il en retournait. Elle vérifia que son pistolet était chargé et se dirigea vers la pièce que Ryne avait désignée aux inconnus et entrouvrit doucement la porte. Et ce qu'elle vit l'horrifia. Deux hommes armés menaçaient son hôte assis à côté du lit de leurs fusils alors qu'un troisième blessé au ventre était allongé. Tous des marines. Le plus grand des deux valides prit la parole :

- Vois tu l'ami, on aurait bien aimé ne pas agir ainsi mais l'ennui c'est qu'on était pas sûrs que tu acceptes de ne pas être payé.

Rapidement, Sand apparut dans le cadre de la porte et pointa son arme sur les assaillants.

- Les deux idiots vous posez vos joujoux par terre tout de suite.


Les deux en question se retournèrent et furent quelque peu surpris par cette apparition soudaine. Cependant, ils jouèrent la sécurité en tentant de la calmer.

- Donne moi ça, tu vas te faire mal.

- Je ne bougerais pas à votre place. Je ne pense pas qu'un deuxième blessé joue en votre faveur.


Avec dépit, ils posèrent leurs fusils.

- Maintenant vous prenez votre copain et vous déguerpissez d'ici en vitesse.

Avant qu'elle puisse réagir, l'homme sur le lit poignarda Ryne à l'estomac. Elle blêmit. Elle l'avait cru incapable d'esquisser le moindre geste. Son hôte poussa un râle et cracha du sang. Elle braqua son arme sur le blessé.

- Espèce d'ordure !

Le grand fondit sur elle pour l'assommer mais avant qu'il n'ait pu l'effleurer, elle se retourna et hurla :

- On ne me touche pas !

Elle tira une seule balle. Une unique balle qui vint l'atteindre au cœur. Il s'effondra. Une goutte de sueur perla sur son front. Elle avait tué un homme. Mais elle n'avait pas le choix. C'était Ryne et elle ou bien ces marines dépourvus de morale. L'incertitude n'avait pas sa place dans la question. Le dernier valide se rua sur elle, son fusil à la main avec la volonté de lui asséner un coup de crosse au visage.

- Sale petite peste !

Elle bascula sa tête en arrière au dernier moment, s'en sortant avec une coupure profonde sur la joue. Ce n'était rien comparé à ce qui aurait pu se produire et l'heure n'était guère aux jérémiades. Elle dut plonger sur le sol pour esquiver une nouvelle attaque, ne pouvant éviter un coup à l'épaule. Sa tête vint heurter le sol. Elle poussa un cri de douleur. Mais elle devait réagir maintenant. Maintenant ou ils ne s'en sortiraient pas. Elle se retourna. Visa. Et Liberty donna le coup final. De la fumée s'échappait du canon. Elle n'arrivait pas à y croire. Deux vies. Elle avait ôté deux vies en à peine quelques minutes. Un gémissement la ramena à la réalité. Elle courut jusqu'à Ryne sans lâcher son arme, lui passa un bras autour de la taille, mit le sien autour de son cou, et l'allongea doucement sur le sol. Il essaya de balbutier quelques mots mais les caillots de sang l'en empêchaient.

- C'est fini ma jolie !

Une douleur violente foudroya son épaule. La même que celle qui avait subie une attaque quelques secondes auparavant. Elle sentit la plaie s'élargir, un liquide chaud en sortir. Elle l'avait sous-estimé. Le blessé, malgré son apparente faiblesse, était plus en forme que ce qu'elle avait cru. Elle prit une inspiration, compressa sa blessure d'une main et roula sur le sol pour parer un nouveau coup en étouffant un cri de douleur. Elle se releva aussitôt et dirigea son arme vers le marine. Le coup partit. La douleur lui vrilla l'épaule. Mais elle n'avait pas le temps de s'occuper d'elle. Elle rampa jusqu'à Ryne et lui saisit la main.

- La... La clé...

- Chuuuut, économise tes forces. Je vais aller chercher de l'aide au village, tu vas rester avec nous.

- Ne dis pas de bêtises. Tu ne peux même pas tenir sur tes jambes petite fille.


Il riait. Comme à son habitude.

- Bien sur que si, regarde je...

- Non tu restes là. Ne vas pas te rendre en plus mauvais état que tu ne l'es déjà. Et puis, serait-ce trop te demander que de faire parti de ma dernière minute ?


C'est à cet instant qu'elle réalisa. Qu'elle comprit son impuissance. Elle ne pouvait plus rien faire, à part le regarder partir lentement. La plaie n'avait pas été compressée à temps, il avait perdu trop de sang.

- Donc cette clé... Elle n'ouvre pas seulement la porte d'entrée. Elle ouvre aussi mon armoire qui contient un coffre. J'aimerais que tu en inspecte le contenu quand je serai parti. Et puis, pourrais-je savoir le nom de la combattante aux si grandes ambitions ?

- Mes... Mes ambitions ?

- Il se trouve que parfois, tu parles dans ton sommeil. J'ai accidentellement entendu parler d'une quête de l'histoire et d'un voyage autour du monde. Vouloir te retenir ici, c'est comme vouloir retenir un lion en cage. Un jour, tu finiras par la briser.

- Oui... Mais... Mais...

- Mais ce qui te retenait ici c'était ta gratitude. Maintenant prends le large, explore et apprends.

- Sand S.

- Pardon ?

Elle fit un effort considérable pour retenir ses larmes. Depuis combien de temps n'avait-elle pas pleuré à cause du chagrin ? Depuis des mois, et même des années. Quatre ans très exactement. Elle parvint à articuler :

- Mon nom est Sand S.

- Et bien Sand, si tu restes ici toute ta vie je te retrouverais au paradis pour te coller une raclée.


Il ferma les yeux. Puis tout devint flou. On l'arracha à lui, on la souleva pour l'allonger. Et le noir remplaça la brume. Quand elle se réveilla, elle se trouvait dans son lit, l'épaule bandé et un pansement sur la joue. Le médecin du village, collègue de Ryne, était à son chevet.

- Vous avez fait un sacré somme mademoiselle ! Restez encore allongée, il ne faut pas vous brusquer. Vous savez, vous avez eu de la chance que les villageois aient entendu les coups de feu et...

Elle se leva brusquement, interrompant son bavardage et ignorant ses protestations, et se dirigea vers la chambre. Il n'était plus là. Rien n'avait bougé mis à part lui. Elle resta figée sur l'encadrement de la porte. On la pria de s'assoir, elle n'en fit rien. Les dernières paroles de son sauveur résonnait dans sa tête. Tremblante, elle saisit la clé et ouvrit l'armoire. Le coffre était là. Elle le leva avec précaution et le déposa sur le lit. Quand elle souleva le couvercle, une lumière irradia toute la pièce et l'éblouit. Alerté par cette lueur, le médecin accourut une fois le calme revenu et poussa un cri de surprise quand Sand le regarda. Il sortit aussitôt pour revenir quelques secondes plus tard, un miroir à la main. Intriguée, elle le prit et ce qu'elle y vit lui fit lâcher la glace. La couleur de ses yeux avait changée : une partie restait de glace tandis que l'autre flamboyait. Voulant connaitre la cause de ce changement, elle inspecta le contenu du coffre et y trouva une pierre cristalline accompagnée d'une lettre soigneusement pliée. Une lettre écrite de la main de Ryne qui lui était destinée.

- Si tu lis ceci je suis probablement mort, n'ai-je pas raison demoiselle ?

Tu as sans doute remarqué que tes yeux n'ont plus la même teinte qu'avant, ils ont dû devenir rubis et blanc. Cela est dû à la pierre d'empathie qui t'a illuminée. Elle vient de mon propre monde, tu n'es pas la seule à surgir de nulle part tu sais ? Mais ne nous éparpillons pas, je disais donc, cette pierre t'a donné une forme de don dirons-nous : tu pourras percevoir plus nettement les émotions des gens qui t'entourent, même si tu étais déjà très douée pour les deviner, je te l'accorde. La contre-partie, c'est que tes sentiments apparaîtront plus facilement aussi : plus ton ressenti sera ardent, plus le rouge occupera de place dans ton œil. Dans le cas contraire, c'est l'inverse qui se produira. Mais cela se contrôle, tu apprendras. Je sais que tu n'as rien demandé, mais je préfère savoir que c'est toi qui pourra utiliser cette force plutôt que le premier voyou venu. Tu peux jeter la pierre, elle ne te sera plus d'aucune utilité à présent. Voilà en ce qui concerne le matériel.

Parlons de moi maintenant. Je ne me nomme pas Ryne, mais Sharne. Je viens d'un autre monde, comme je te l'ai déjà dit ci-dessus. Là-bas, j'étais au service du roi en tant qu'assassin. On me donnait des contrats, je les exécutait, on me payait, je ne posais pas de questions. J'ai tué énormément d'hommes. Lors d'une de mes missions j'ai été contraint de fuir et j'ai traversé une sorte de miroir, puis je me suis retrouvé sur la plage de l'île. Le véritable descendant des Ryne a voulu me secourir mais j'étais persuadé qu'il allait m'attaquer. Je l'ai donc assommé, bien trop fort à mon grand regret. A cette époque les Ryne vivaient de l'autre côté de l'île et étant donné qu'il était le seul survivant de sa famille et que personne ne le voyait jamais, j'ai usurpé son identité. Je me suis installé dans la maison où tu te trouves actuellement, prétextant devoir être plus proche de la rive pour accueillir les naufragés. J'ai énormément travaillé pour approfondir mes connaissances médicales et ainsi pouvoir être crédible en tant que descendant des Ryne. Les années ont passées puis tu es arrivée : avec un sacré caractère de cochon mais aussi une impressionnante quantité de gentillesse. Tu me faisais rire et penser que je n'étais peut-être pas si ignoble finalement. Alors je voudrais te dire merci. Merci de m'avoir rendu heureux tout ce temps.

Continue ta route, je sais que tu as une énergie incroyable, tu arriveras à réaliser tes rêves.

Au revoir demoiselle.


Elle n'en croyait pas ses yeux. Il lui avait menti lui aussi, comme les autres. Il lui avait caché la vérité tout ce temps. Dire qu'elle avait fait confiance à un assassin. A un tueur sans merci qui l'avait trahie. Le papier se froissa sous ses doigts crispés. Elle se leva et partit allumer la cheminée, toujours la lettre à la main. Elle regarda longuement les flammes avant de tendre la bras, et de laisser les mots brûler. Rien ne serait plus comme avant.

A partir de ce jour, elle se refusa à demander de l'aide à qui que ce soit. Elle abandonna la maison et partit s'installer avec Liberty au village, dans un appartement qu'elle loua avec ses économies. Elle n'accepta aucune proposition d'hébergement, résolue à se débrouiller seule. Elle travailla à l'armurerie pour gagner de quoi vivre et partir d'ici, s'acheta ses propres affaires, vécut en totale autonomie. Elle ne se rendit pas à l'enterrement de Ryne. Ou Sharne, peu importait. Elle vint sur sa tombe quelques jours plus tard, pour y déposer une bourse contenant le prix auquel il avait acheté son arme. Elle ne voulait rien devoir à personne. Encore moins à lui. Elle changea entièrement d'apparence : le bleu nuit de ses cheveux laissa place à un blanc éclatant, elle apprit à contrôler ses yeux pour leur donner la couleur qu'elle voulait, ses vêtements indiquaient clairement le choix de la piraterie. Pendant trois longues années, elle s'entraîna au combat, au tir et au maniement de Liberty. Elle grava son nom et le sien en entrelaçant les lettres sur le manche. Elle l'avait tant désirée cette arme, elle ne voulait plus s'en séparer. Et elle au moins, ne la décevrait pas.

Le jour de ses dix-neuf ans, elle prit la navette de l'île, avec une bourse contenant ses économies, son arme, et la ferme intention de devenir pirate. Pour découvrir le monde, elle aurait pu entrer dans la marine. Mais malgré les révélations de Ryne, elle trouvait toujours aussi atroce les agissements des soldats qui l'avaient tué. Elle avait énormément de mal à recevoir des ordres, supporter des ordures de la pire espèce en plus, c'était hors de question. C'était pour cela qu'elle avait choisit la piraterie : la liberté, l'autonomie. Tout ce dont elle rêvait. Elle ne regarda pas en arrière quand la navette partit. Seul comptait ce qui se profilait à l'horizon désormais.

Technique : Temperamental sphere = La balle tirée peut changer de direction jusqu'à deux fois.
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Rob Lucci

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MessageSujet: Re: Sand S.   Jeu 14 Mar - 19:09

J'ai toujours été surpris par cette lettre de Ryne, enfin Sharne plutôt x) On ne s'y attend pas du tous ^^ Sinon histoire très bien écrite et personnage, disons, "Sandesque" \o/

Fiche bien évidemment acceptée de mon côté Wink
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Itachi Uchiwa

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MessageSujet: Re: Sand S.   Jeu 14 Mar - 21:34

Toujours aussi agréable à lire. Rien a redire !
On se rejoindra bientôt sur Lagays Greem ! =D

Accepté sans aucun soucis pour moi ^^
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MessageSujet: Re: Sand S.   

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Sand S.
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