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 Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !

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Fa Mulan

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MessageSujet: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Lun 29 Fév - 21:47

Ayant pris la décision de quitter Republic Island, Song a fait ses adieux aux nomades de l'air et se dirige à présent vers l'une des tribus de l'eau (La déficiente en quête de reconnaissance).


J'avais laissé Tenzin et le temple de l'air depuis quatre jours à peine, et déjà le chant de la mer emplissait mes oreilles. Les cabanes de pêcheurs de la tribu de l'eau apparaissaient à peine au détour du chemin, et dès lors les souvenirs de l'année vécue ici me revinrent. Je n'avais que sept ans la première fois que j'avais mis les pieds ici, suivant mon père qui m'entraînait vers l'espoir bien mince de voir se révéler en moi l'une des quatre maîtrises. Un léger soupir s'échappa de mes lèvres alors que je songeais à cet échec cuisant, mais je chassais bien vite ce sentiment. Malgré cette mauvaise fin, j'avais passé de bons moments dans ce village. J'avais été confiée aux soins d'une maîtresse de l'eau, guérisseuse de surcroît, qui avait en vain tenté de m'enseigner l'art de manipuler le précieux liquide. Loin de s'énerver, la vieille femme m'avait traitée avec tendresse et m'avait appris à confectionner quelques onguents, qui m'avaient d'ailleurs déjà été très utiles. Je grimaçais en remuant légèrement les épaules, à la fois quelque peu agacée et gênée de la douleur, qui certes atténuée, persistait toujours. Après toutes ces années, je commençais à me demander si elle disparaîtrait jamais, ou si j'étais condamnée à devoir la supporter tout au long de ma vie. Cessant mes moulinets, je levais un instant les yeux vers le ciel, observant les mouettes qui y tournoyaient, se laissant porter paisiblement ou plongeant d'un coup vers les eaux. Je me demandais si j'allais pouvoir revoir cette femme qui m'avait tant donné lorsque j'étais enfant. D'un autre côté, elle ne me reconnaîtrait certainement pas, et la voir m'ignorer me rendrait sûrement triste. Peut-être valait-il mieux au final que je reste sur mon souvenir.

Après une heure de marche, j'atteignis enfin le village. Comme dans mon souvenir, les cahutes de bois se dressaient, rassurantes de solidités, accueillantes avec leurs douces formes arrondies. Les habitants vaquaient à leurs occupations habituelles, qui portant du bois pour le feu, qui reprisant un filet de pêche, qui enseignant à une bandes d'enfants plus ou moins turbulents. Tous vêtus de différents tons de bleus, ils se retournèrent au passage de mes habits jaunes et orangés. Il est vrai que j'avais adopté la tenue des nomades de l'air depuis que je m'étais fait acceptée en tant que disciple, mais je ne pus que me rendre compte que cette tenue n'était pas la plus discrète pour traverser ce village. J'avais déjà remarqué qu'il était beaucoup plus facile de se faire accepter lorsque l'on ne sortait pas du lot et que l'on s'accordait avec les autres citoyens lambda. Copier pour s'intégrer. C'était une technique des plus basiques, mais qui pourtant fonctionnait sur la plupart des gens, et en particulier dans les groupes. J'avais en effet remarqué qu'en général, plus les personnes étaient nombreuses, moins elles réagissaient. Était-ce l'instinct de groupe qui poussait l'individu à ne pas tenter une action solitaire, qui l'entravait dans l'expression de ses opinions ? Tout cela était une intéressante question de psychologie, à laquelle je me promis de réfléchir davantage plus tard. Pour le moment, j'avais autre chose de prévu : trouver un navire pour prendre la mer.

J'avançais entre les habitations, sur ce qui s'apparentait davantage à un chemin qu'à une rue. Le sol de terre battue, qui laissait peu à peu place au sable, avait gardé son état naturel et c'était l'implantation des maisons qui avait peu à peu défini les lieux de passage. Cela donnait une apparence tranquille au village, apparence en partie démentie par les cris des enfants et des mouettes, les aboiements des chiens et les voix fortes des pêcheurs. Mon sac jeté sur une épaule, je m'approchais du port. En fait de port, les quelques barques qui n'étaient pas de sortie en mer étaient simplement échouées sur la plage, ce qui me permit de les étudier facilement. Je contemplais les coque de bois, me remémorant peu à peu les rudiments de navigation que ce peuple m'avait enseignés.

- Hey, petit ! Qu'est-ce que tu traficotes avec mon bateau ?

Je me retournais vers l'homme qui m'avait interpellée, relevant la tête pour faire face à son immense carrure. Sourcils froncés, poings sur les hanches, il m'étudiait avec suspicion, s'interrogeant sur mes motivations. Sans tenir compte de son allure, je lui offris un honnête sourire.

- Je cherche à prendre la mer pour me rendre sur l'une des îles voisines., lui indiquais-je obligeamment. Votre navire à l'air solide, vous pourriez m'y emmener ?
- Tss., souffla l'homme, dans un geste mélangeant agacement et moquerie, avant de secouer la tête. Qu'est-ce que tu racontes, petit ? Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ceci est une barque. C'est pas fait pour la haute mer. La coque est solide, mais on chavirerait en un rien de temps à la moindre tempête, sans parler des pirates qui écument les flots et qui nous couleraient sans la moindre hésitation. Naan, y a pas moyen. Personne ici ne voudra te prendre à bord. Et puis d'abord, tu vas où comme ça ? Qu'est-ce qu'un nomade de l'air irait faire en mer ?
- Je souhaite voyager afin de devenir plus fort., répondis-je sans hésitation.

L'homme marqua un silence, puis éclata de rire. Je devais bien avouer que je me sentais quelque peu vexée de sa réaction, mais je n'en laissais rien paraître. Lorsqu'il réussit enfin à reprendre sa respiration et à se calmer, il essuya une petite larme puis abattit sa grosse main sur mon épaule. Je serrais les dents, refusant de montrer la moindre faiblesse alors que le pêcheur aurait pu me briser en deux à mains nues.

- Laisse tomber, petit., finit-il par déclarer. Retourne dans tes montagnes surveiller les oiseaux ; la mer, c'est pas pour toi.
- Comment pourriez-vous le savoir ?, l'interrogeais-je avec agacement.
- Est-ce que tu sais pourquoi notre île reçoit si peu de visiteurs ?, me demanda-t-il à son tour, avec de nouveau un air des plus sérieux.

Je pris un instant pour réfléchir, me tournant vers la mer pour l'observer. Les vagues étaient calmes aujourd'hui, s'échouant et refluant dans quelques brassements d'écume. Les mouettes continuaient leurs jeux dans les creux de la houle, leurs habituels cris perçant l'air. Les barques des pêcheurs étaient ballottées au gré du vent et des mouvements de leurs occupants, s'évertuant à remonter leurs filets tout en chassant les gourmands volatiles. Une journée comme les autres en soit. Et tout semblait normal à mes yeux.

- Laisse tomber., répéta l'homme en voyant que je ne lui fournissais pas de réponse.

Et sans me laisser le temps de répliquer, il se détourna, m'abandonnant seule sur la plage.

J'aurais pu lui courir après, le rattraper, lui redemander voire le supplier de m'emmener, au lieu de quoi je restais à contempler les flots, silencieuse. La mer était toujours telle que je l'avais connue, telle que je l'imaginais, telle que chacun la décrivait. Que pouvait-elle cacher de si spécial pour que les navires n'osent s'y aventurer ? Malheureusement, cela dépassait mes maigres connaissances maritimes. Mais puisqu'il me fallait une réponse, je n'avais qu'à aller interroger d'autres villageois. Eux qui vivaient depuis toujours sur les côtes et subsistaient de ses fruits devaient bien connaître pareil secret. Je me détournais de ma contemplation et me dirigeais vers les rues du village, arrêtant la première personne que je croisais.

- Bonjour, madame, excusez-moi de vous déranger. Est-ce que vous savez ce que la mer a de si spécial ?, l'interrogeais-je.
- Oh, beaucoup de choses, mon enfant., répondit la vieille femme d'une voix traînante, mais teintée d'amusement. La mer est notre principale source de nourriture ; les poissons, les crustacés, les coquillages et les algues sont la base de notre alimentation. Mais la mer est également une source de matière première. Les coquillages permettent la production de teinture et de bijoux, et certains nous fournissent également ces perles de nacre si précieuses. En s'évaporant, la mer laisse également derrière elle le sel qui nous permet de conserver les aliments et de rester en bonne santé.
- Je sais tout cela., la pressais-je quelque peu. Mais est-ce que...
- Patience, mon enfant., m'interrompit-elle sèchement. Je n'ai pas fini. La mer nous prodigue ses bienfaits depuis des temps immémoriaux, et tu devrais respecter tes aînés comme nous la respectons. Les moines ne t'ont donc pas appris la politesse là-haut ?

Je grimaçais, quelque peu gênée par la remontrance. Il est vrai que malgré les cinq ans que j'avais passés au sein des quatre temples de l'air je me montrais encore quelque peu impulsive. Un restant de mon éducation dans la nation du feu sans doute.

- Les jeunes n'ont plus aucun respect de nos jours. Mais est-ce qu'ils se demandent d'où leur vient leur vie si facile ?, maugréait la vieille femme. Nous avons travaillé dur pour en parvenir là. Ce n'est pas eux qui ont dû découvrir comment construire un navire ou quelles étaient les vertus médicales des plantes, ça non ! Nous les aidons, nous les nourrissons, les abritons, et voilà comment ils nous remercient ! Ils s'attendent à ce que tout leur soit livré sur un plateau ! Bah tiens, et puis quoi encore ? Un peu plus de discipline ne vous ferait pas de mal, alors ça non ! Mais non, tout le monde se croit tout permis ! On pense pouvoir tout...

Je m'inclinais légèrement devant la vieille femme et je partis en courant. Après tout, je me devais de respecter mes origines, n'est-ce pas ? Ignorant ses critiques, je me dépêchais de tourner derrière l'une des demeures pour lui échapper, sans pouvoir m'empêcher de sourire légèrement. Celui-ci s'effaça cependant après quelques pas alors que je ne pouvais m'empêcher de ressasser les paroles du pêcheur. Le fait que notre île soit peu visitée était-il vraiment un obstacle à mon départ ? Cela me semblait peu vraisemblable, et pourtant son air sérieux me poussait à croire que c'était un problème que j'allais devoir résoudre si je souhaitais vraiment quitter Republic Island.

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Fa Mulan

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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Mar 1 Mar - 21:09

Quelques instants plus tard, je cessai de courir alors que je me retrouvais dans une rue qui semblait être la voie marchande du village. Les cabanes ouvraient leurs devantures de bois sur la rue, proposant la pêche du jour, de petits pots de terre contenant des remèdes ou divers articles liés de près ou de loin à la mer. Je m'approchai avec envie des fioles qui me faisaient de l'œil, tentant de résister de mon mieux à leurs avances. Leurs jolies formes arrondies, leur grain si doux me donnaient envie de les caresser et de les posséder. Je savais tout le soulagement qu'elles pouvaient m'apporter et combien je pourrais compter sur elles dans les moments difficiles, mais malheureusement je n'avais que peu d'argent et je préférais le conserver pour acquérir les biens qui me seraient vraiment nécessaire pour mon voyage. Avec un léger soupir de résignation, je me détournais et m'apprêtais à repartir quand quelques parchemins entreposés sur une étagère attirèrent mon attention.

- Excusez-moi !, interpellai-je le vendeur, un vieil homme qui semblait à moitié endormi, les paupières mi-closes et se balançant dangereusement d'avant en arrière.

Il sursauta au son de ma voix et releva le visage d'un air un peu perdu, avant de m'apercevoir et de m'offrir un sourire.

- Auriez-vous une carte du monde ?, lui demandai-je.
- Oui, oui, d'accord., me répondit-il en hochant la tête.

J'attendis un moment mais il ne bougea pas, se contentant de sourire. Je me raclai la gorge avant de répéter ma demande. Le commerçant acquiesça de nouveau, puis se rapprocha de moi et sembla attendre que je parle.

- AURIEZ-VOUS UNE CARTE DU MONDE ?, criai-je, faisant se retourner plusieurs passants.
- Oh, d'accord., répliqua-t-il calmement.

Il se retourna et s'éloigna à petits pas vers son étagère, qu'il examina avec minutie. Soufflant, je m'accoudai à la devanture et me mis à attendre, et attendre, et attendre... Le vieil homme effleura du doigt l'un des rouleaux, hésita, déplaça une fiole, puis revint sur sa décision et la remit en place. Il toucha de nouveau le parchemin, marqua un temps d'arrêt puis s'en désintéressa pour en observer un autre pendant quelques longues secondes. Avançant difficilement de quelques pas, il attrapa un autre document et batailla durement avec la cordelette qui le maintenait fermé. Quand enfin il gagna l'affrontement, je crus que j'étais sauvée, mais il manqua sa première tentative pour déplier le rouleau, et quand il y parvint au second essai il se rendit compte que ce n'était pas le bon. S'en suivit un long instant de doute pendant lequel il tenta en vain de renouer le lacet et je me pris la tête entre les mains, résistant à l'envie de sauter par-dessus la devanture pour aller lui prêter main forte. Mais il abandonna finalement la partie et reposa le parchemin, puis se déplaça de nouveau de quelques pas, avant de saisir un nouveau manuscrit. Avec un petit sourire victorieux, il me le rapporta et me le tendit. Prudente, je vérifiai qu'il s'agisse bien de ce que je désirais, puis je lui tendis les quelques pièces qu'il réclamait en échange. Étalant la carte sur un coin de la devanture, je pus enfin étudier la disposition des îles de North Blue, aux noms joliment calligraphiés. Après une courte observation, je fronçais cependant les sourcils et me retournais vers le commerçant.

- Où est Republic Island ?
- Oui, oui, d'accord., annonça-t-il.
- OU EST REPUBLIC ISLAND ?, tentai-je de nouveau.
- Oh, d'accord.

Il hocha la tête avec le sourire, et je baissais les bras. Il semblait que je n'obtiendrais rien d'autre en m'acharnant sur ce vieil homme qu'une extinction de voix, alors je repliai délicatement mon achat et le glissai dans mon vêtement. Le fait que mon île n'y soit pas indiquée posait quelques problèmes, mais d'un autre côté je pouvais tout de même me servir de cette carte pour voyager dans le reste du monde, et de plus si jamais je la perdais – ou qu'on me la volait – elle ne pourrait fournir la position de ma patrie à une âme malintentionnée. Puisqu'il en était ainsi, je n'aurais qu'à retenir la place de Republic Island, cela ne devait pas être bien compliqué. Désormais, il ne me restait plus qu'à acquérir cette information et trouver un navire pour me mener à l'île la plus proche. Ma prochaine direction était donc de nouveau le port.

*

Je passai plus d'une heure à interroger chaque homme et chaque femme partant en mer, mais je finis par me rendre à l'évidence : aucun n'était capable de situer notre île dans les mers. À vrai dire, la plupart ne semblait même jamais avoir vu de carte et se contentaient d'admirer le parchemin sans comprendre mes paroles. Mes demandes pour embarquer n'eurent pas plus de succès. Comme l'avait prédit le premier pêcheur à qui j'avais parlé ce matin, tous refusèrent catégoriquement de m'emmener, même si l'une des femmes me proposa de partir pour la journée l'aider à remonter ses filets. Au final, je ne me retrouvai pas plus avancée qu'au départ, et je commençais à désespérer un peu. J'avais apparemment sous-estimé la difficulté de se lancer dans l'inconnu, et je me retrouvais maintenant à errer dans le petit village de cette tribu de l'eau. Je parvins finalement aux abords de ce qui pouvait s'apparenter à la place du village, agacée et déjà fatiguée. Les enfants que j'avais vu précédemment semblaient avoir terminé leur leçon et jouaient à se courir après en hurlant, comme seuls les enfants savent le faire. Malgré moi, je restai un instant à les observer, quelque peu nostalgique de cette période que j'avais à peine connue. La pression que m'avaient imposée mes parents m'avait privée de cette liberté de rire et de vivre sans se soucier de rien, remplacés seulement par le sens du devoir et le travail. Cela associé à la position quelque peu isolée de la demeure des Fa ne m'avait donné que Shang pour ami et...

Je secouai la tête, refusant de me remémorer le passé. Ce qui était fait était fait, je ne pouvais plus rien y changer.

- C'est toi le chat !, me hurla soudain l'un des gosses en me tapant sur le bras.

Je baissai le regard vers lui et il partit à toute jambe, visiblement ravi de son action. Je restai un instant figée, me rendant rapidement compte que toutes les petites frimousses étaient tournées vers moi, chacun m'appelant à grand renfort de gestes des bras et de rires. Je m'élançai. Les petits chenapans tout de bleu vêtus s'écartèrent en criant avec amusement, se faufilant entre les cabanes. Je courus à leur suite, leur laissant tout d'abord prendre un peu d'avance avant d'accélérer pour les rattraper. Mais loin de se laisser faire, les enfants s'éparpillèrent, changeant de trajectoire de façon imprévisible. L'un d'eux me frôla, se baissant pour passer sous mon bras, puis se retourna pour me tirer la langue. Ah oui, c'était comme ça ? Eh bien il allait le regretter, parce qu'il venait de se désigner comme cible ! Je le pris en chasse, le poursuivant entre les habitations, mais le gredin connaissait mieux les lieux que moi et se dissimulait rapidement sous les porches, d'où il s'extirpait peu avant mon arrivée pour mieux m'échapper. Alors que j'avisais peu à peu le schéma dans ses déplacements, un sourire assuré commença à orner mes lèvres. Après tout, je ne pouvais pas perdre contre un enfant, n'est-ce pas ? Toute à ma traque, je contournai un amoncellement de caisses de poissons et manquai d'en renverser une dans ma précipitation.

- Ça ne va pas ?! Dégagez de là, vauriens ! Allez jouer ailleurs !

Je me tendis, soudain honteuse, me rendant compte que je m'étais laissée emporter. Je continuai de courir jusqu'à être hors de vue du pêcheur furieux puis ralentis. Pendant un instant, j'avais complètement perdu mon objectif de vue, et ce alors que je venais à peine de partir ! Voyant que je cessais de jouer avec eux, les enfants se rapprochèrent, quelque peu déçus.

- Désolé, je ne peux pas continuer., leur annonçai-je. Je dois prendre la mer.
- Tu vas quitter l'île ?, gémit une petite avec tristesse. Ça veut dire qu'on ne te reverra plus ?
- Mais si, je reviendrai.
- Mais ce n'est pas possible de revenir une fois que l'on est parti !, cria un autre jeune.

Je me tournai vers lui, peu convaincue, mais plusieurs autres enfants acquiescèrent.

- Ce n'est pas complètement impossible, corrigea l'un d'eux, mais presque. C'est pour ça que mon papa ne veut pas que je parte seul à la pêche.
- Non, ça c'est parce que la dernière fois tu as failli couler en heurtant les récifs !, se moqua un autre.
- C'est pas vrai d'abord ! Et puis les récifs, il y en a vachement partout ! Et puis...
- Pourquoi serait-ce impossible ?, les interrompis-je.

Tous les regards se tournèrent vers moi avec incrédulité.

- Tu ne le sais pas ?, me demanda la fillette avec de grands yeux éberlués. Mais... c'est parce que l'île ne sera plus là quand tu reviendras.

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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Lun 7 Mar - 21:16

Une île qui se déplaçait ? C'était tout bonnement impossible ! Cependant... Cela expliquerait l'impossibilité de revenir que prévoyaient ces enfants. Cela expliquerait pourquoi Republic Island n'était pas cartographiée sur ma mappemonde. Cela expliquerait pourquoi aucun des pêcheurs n'était capable de situer l'île. Cela expliquerait qu'ils ne veuillent pas s'en éloigner.

C'était impossible. D'un autre côté, j'avais passé la majeure partie de mon enfance au sein de la nation du feu, la faction située le plus au centre de l'île, et j'avais été tellement préoccupée par ce que mes parents pensaient de moi que je ne m'étais jamais interrogée sur la nature de Republic Island. Puis quand j'avais été parmi les nomades de l'air, je n'avais pensé qu'au monde extérieur, au-delà de ma propre contrée. Qui étais-je donc pour critiquer une telle théorie ? D'après ce que j'en savais, l'île pouvait très bien flotter et être ballottée par les courants ou être tirée par un énorme banc de poissons.

Mon rire moqueur s'estompa alors que je réalisais peu à peu qu'il pouvait s'agir de la vérité. Et les visages de tous ces enfants suffisaient à me convaincre qu'il ne s'agissait ni d'un mensonge ni d'une plaisanterie.

*

Pendant les trois jours qui suivirent, j'essayai d'obtenir plus d'informations et de convaincre quelqu'un de m'emmener, mais tout cela fut vain. Tout ce que j'appris fut que si un jour quelqu'un avait su comment une île qui se déplaçait pouvait exister, cela avait été oublié depuis longtemps. C'était aujourd'hui un phénomène entré dans les choses courantes de la vie, sur lesquelles personnes ne s'interroge jamais, comme pourquoi la terre est en bas et le ciel en haut. C'était comme ça, et c'était tout. Je n'étais pas satisfaite.

Ce matin-là, après de derniers au revoir, je quittai la cabane de la famille qui m'avait gentiment accueillie. Dehors, la brume de mer avait envahi le village, recouvrant tout de son voile opaque. Les sons étaient étouffés, donnant aux quelques habitants des allures de fantômes. Mon sac jeté sur l'épaule, je vérifiai une dernière fois mon équipement. La carte du monde que j'avais acquise la veille était rangée soigneusement dans mon vêtement, à l'abri, espérai-je, des possibles intempéries. J'avais enroulé autour de ma taille une corde fine et solide, tressée à partir des cheveux que je m'étais coupés l'année de mes dix ans. Le crochet que j'avais fixé à l'une des extrémités battait légèrement contre ma hanche à chacun de mes pas, rassurant de solidité. À ma ceinture pendaient également quelques flacons remplis d'huile, à portée de main si je devais avoir recours à ma ''maîtrise du feu'', elle-même précieusement rangée dans l'une de mes poches. Puisque tout semblait en place, il me restait à aller tenter ma chance dans l'une des autres tribus de l'eau. Je m'apprêtai à partir, lorsqu'un cri retentit.

- Navire en vue ! Il y a un navire dans la baie !

Mon sang ne fit qu'un tour et je partis en courant vers la plage. Alors que je me précipitais, je distinguai vaguement les enfants curieux qui s'approchaient des portes et des fenêtres, aussitôt retenus par les plus âgés. Les adultes avançaient comme moi vers la mer, la mine sombre, et je reconnus parmi eux le pêcheur du premier jour.

- Que se passe-t-il ?, l'interrogeai-je.
- Qu'est-ce que tu fous ici, petit ? Va t'abriter !
- Je suis assez grand pour aider !, protestai-je. Ou pour me battre.

L'homme me jeta un coup d'œil mais ne rajouta rien et nous continuâmes à courir côte à côte. Arrivés sur la plage, il se précipita vers sa barque alors que je scrutai la brume. Seul le souffle des villageois se faisait entendre, accompagnant les vaguelettes silencieuses qui venaient lécher nos pieds. Les mouettes habituellement si bruyantes semblaient absentes de ce paysage, donnant la sensation d'être suspendu hors du temps. Puis je perçus la forme plus sombre, plus dense, immobile à quelques centaines de mètres de là.

- Bon, tu montes ou tu t'enracines ?, me chuchota le pêcheur.

Sans un mot, comme s'il fallait plus que tout éviter de troubler le silence, je jetai mon sac à l'intérieur et l'aidai à mettre l'embarcation à l'eau. Quand les vagues atteignirent mes genoux, je me hissai à bord, puis sur un signe de l'homme saisis la pagaie et commençai à nous rapprocher du navire. Le pêcheur me guidait à voix basse, nous obligeant à maints détours pour éviter les récifs. Je faisais de mon mieux pour créer le moins de remous possible, fendant délicatement l'eau avec ma rame, et nous glissions sans bruit. Peu à peu, la silhouette grossissait, et nous pénétrâmes bientôt dans son ombre.

- Rapproche-toi de la coque., me souffla le pêcheur.

Je m'exécutai et la barque frôla bientôt l'immense navire. Dans un état presque second, je posai ma paume sur les planches qui grinçaient au rythme des vagues, immobilisant notre embarcation. Des voix indistinctes parvenaient du pont, à presque une demi-douzaine de mètres au-dessus de nos têtes. La barque se balança soudain et je me retournai vers le pêcheur, qui s'était levé et agitait doucement les bras.

- Que faites-vous ?, demandai-je à voix basse.
- Nous gardons le contrôle sur la brume., répondit l'homme sur le même ton. Pour que l'île reste hors de vue tant que nous ne savons pas qui sont ces étrangers.
- Je suis volontaire. Laissez-moi aller leur parler.
- Ce sont peut-être des pirates.
- Ce n'en sont peut-être pas., répliquai-je dans un sourire.

Je n'attendis pas la permission et me levai, avant de détacher la corde enroulée autour de ma taille. Je fis tourner un instant dans les airs le massif crochet qui en ornait l'une des extrémités puis le lançai vers le bord de la silhouette du navire, là où j'imaginais que se trouvait le garde-fou. Je manquai mon premier essai, mais au second mon grappin trouva une prise. J'en testai la solidité en donnant quelques secousses à la fine corde, puis commençai à grimper. Les pieds appuyés contre la coque du bateau, je m'élevai rapidement vers le pont. Parvenue en haut, j'agrippai d'une main le bastingage et dans un dernier effort me hissai par dessus.

L'un des hommes qui parcouraient le pont se figea, bouche bée devant mon apparition subite, puis se mit à hurler des propos incompréhensibles. Les mouvements ralentirent, et bientôt je fus encerclée par une demi-douzaine d'entre eux, à l'air inquiet et furieux.

- Qui êtes-vous ?!, hurla l'un des individus, un petit être ramassé aux yeux brillants.
- Êtes-vous des pirates ?, interrogeai-je d'un air faussement craintif.

Quelques matelots échangèrent des coups d'œil, et un certain doute sembla s'emparer d'eux. Je réprimai un sourire devant leur attitude. Bien sûr, je n'attendais pas vraiment de réponse à ma question. L'allure de ces hommes, leur peur, montraient qu'ils craignaient que je leur veuille du mal. Avec la brume qui dissimulait l'océan et leur navire échoué, ils devaient craindre d'être une cible facile pour des pirates. Mais en leur posant moi-même cette question avant qu'ils ne la formulent, je rejetais d'emblée de leur esprit le fait de pouvoir en être une, et je paraissais apeurée par eux, donc en conséquence, inoffensive.

- Êtes-vous des pirates ?, répétai-je.
- Non ! Bien sûr que non ! Mais vous, qu'est-ce que vous faites là ?!, s'énerva un autre gaillard.

Je fus obligée de relever le visage pour apercevoir sa tête, perchée presque quarante centimètres plus haut. Certes, je n'étais pas très grande, mais même par rapport aux autres il ressemblait à un géant, et sa silhouette musclée n'était pas extrêmement rassurante compte tenu de l'expression qui ornait son visage.

- J'étais dans ma barque, pour la pêche., expliquai-je, détournant à peine la vérité. Et puis j'ai vu cette grosse ombre dans la brume ! Alors je suis venu voir...

Les hommes échangèrent quelques murmures, cherchant visiblement à savoir si j'étais honnête ou si je tentais de les mener en bateau. Ils étaient méfiants, et il semblait qu'il n'allait pas être si facile de gagner leur confiance.

- Oh ? Nous avons un visiteur ?, s'exclama soudain une voix haut perchée.

Un individu vêtu d'un long manteau orné de fanfreluches fendit la foule, s'approcha de moi et m'examina d'un air critique.

- Hum... Hum... Je vois..., marmonna-t-il avant de soudain prendre une expression enjouée. Bienvenue à bord de La Bonne Fortune ! Je suis le capitaine, Henk Valaskomir ! Alors, jeune homme, vous êtes à la recherche de la perle rare, de la merveille des merveilles ? Vous trouverez forcément ce que vous cherchez à bord de La Bonne Fortune ! Objets d'art, animaux exotiques, spécialités culinaires en provenance de l'autre bout de North Blue, et, je vous le conseille, des habits à la dernière mode de Lagays Greem ! Parce qu'avec tout le respect que je vous dois, votre style est d'une ringardise blessante.

Je restai coite, surprise par cette tirade. L'homme haussa un sourcil, qu'il agita avec emphase, attendant visiblement ma réponse.

- En fait... Je voudrais juste savoir ce que vous faites là., indiquai-je avec circonspection.
- Du commerce bien sûr !, s'exclama-t-il. Voyez, même au beau milieu de l'océan, les clients viennent à moi, attirés par la qualité de mes produits !
- A vrai dire, nous nous sommes échoués, capitaine., annonça l'un des matelots d'une voix tendue.
- Léger problème technique., balaya Henk d'un revers de la main. Que diriez-vous plutôt de venir avec moi dans la cale, cher invité ? Il faut ab-so-lu-ment vous trouver de quoi vous vêtir correctement !

Il passa un bras autour de mes épaules et commença à m'entraîner vers l'une des écoutilles, à travers laquelle j'aperçus des marches s'enfonçant dans l'obscurité. Je ne pus retenir un léger sourire. Je ne savais pas ce que cet homme avait contre la tenue des disciples de l'air, mais il semblait d'emblée m'accorder sa confiance. Et si je parvenais à entrer dans ses bonnes grâces, peut-être accepterait-il de me prendre à bord ? Nous parvenions à peine au sommet de l'escalier, lorsqu'un homme fit irruption des profondeurs.

- Capitaine !, paniqua-t-il. Nous prenons l'eau !

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ebi akuma

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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Jeu 10 Mar - 5:23

Sur le Loup des mers, l’enthousiasme provoqué par la trouvaille de la carte au trésor ne fit pas long feu. Personne ne pouvait identifier l’île marquée d’une croix. Drago mentionna le nom d’un ami à l’Université de Sunny Grace, un professeur d’histoire des plus érudits. Il proposa de lui montrer la carte lors d’un éventuel déplacement sur l’île. 
 
À cette période de l’année, les conditions climatiques se montraient propices à la maintenance des navires. Une brise légère s’installait pour plusieurs semaines et bougeait à peine les voiles. Le navire dérivait lentement au gré du courant sous l’œil de la vigie. Forts de nos gains récents,  l’équipage pouvait se permettre de respirer un brin et profiter du temps doux.  Nous n’avions pas prévu de braquage dans l’immédiat mais les hommes ne chômaient pas pour autant. À part fourbir leurs armes, les matelots devaient briquer le pont régulièrement, maintenir les voiles en bon état, ranger les cordages, respecter leur tour de garde. Je tenais particulièrement à tenir la cale propre. Par temps froid elle servait de dortoir pour les hommes. À cette fin j’avais chargé le charpentier de construire des caissons destinés à servir de lits pour chaque homme, séparés par une cloison de planches. Le boiteux prit l’initiative d’y ajouter des tablettes, des espaces de rangement. Je croyais aux bienfaits de maintenir un minimum d’hygiène, surtout dans un endroit restreint. La promiscuité minait le moral et influait sur l’humeur des matelots. Des criminels pour la plupart, ils avaient besoin d’espace, de ne pas se sentir étouffés.
 
Le navire dériva dans la frange ténue d’une masse de brume. Bien qu’anormale pour le milieu du jour et le temps de l’année, personne ne s’en soucia pour autant. La mer détenait ses secrets et ses caprices. Je laissai les hommes à leur travaux et entrai dans ma cabine mettre à jour le journal de bord.
 
Journal de bord.
 
À en juger par le désordre, la table de chêne massif clouée au plancher dans la cabine du capitaine Crevette servait à de multiples usages. Cartes et parchemins se disputaient la surface avec des ustensiles, un encrier, des plumes, un crâne humain, deux chandeliers en argent et un dragon en bronze finement ciselé, chef-d’œuvre d’orfèvrerie probablement dérobé à un musée. Un rat venait inspecter les lieux régulièrement à la recherche de miettes tombées d’un repas. Notre héros jeta un œil désabusé sur la pièce, s’assied sur un tabouret et posa les coudes sur les planches écorchées de la surface de cette table. Il ferma les yeux. Un brouillard noir descendit sur son âme. Il subissait à nouveau les assauts de la mélancolie. Plus fréquents dernièrement. Il retourna en mémoire sur les lieux de son enfance visiter la seule femme qu’il n’ait jamais aimée, sa mère. Il put quasiment sentir sa main douce glisser sur  sa joue. ‘’Je t’aime mon fils.’’ C’était si facile d’exister à ce moment-là. Elle le prenait sur ses genoux et il pouvait s’endormir à la chaleur de ce  corps qui l’avait enfanté, le plus confortable des lits, la tête appuyée sur l’oreiller de son sein. Il pouvait alors libérer tous ses rêves et la planète entière se transformait par magie. Il n’en restait que des grands champs de blé et des jardins en fleurs. Il  s’envolait alors comme un oiseau à la vitesse de l’éclair et il montait, montait, bien au-dessus des nuages rejoindre les étoiles.
 
Capitaine Crevette appuya sa tête lourde dans les paumes de ses mains. Le doute agrippait son esprit, lui jetant au visage ses faiblesses, son incapacité. Qu’aurait-il pu faire d’autre, laissé à lui-même depuis son enfance, à part suivre l’appel de la mer, sa promesse de liberté ? Il ne saurait le dire. Mais libéré de quoi ? Cette réponse aussi lui échappait. Rêveur, sentimental, le rôle de capitaine ne lui convenait pas. Au moins ça il le savait. Comment se comporter comme une brute sanguinaire quand on ressent de l’empathie? Pour pallier à ses lacunes il avait fait de Drago son second. À travers lui au moins  il inspirait le respect. Personne sain d’esprit n’aurait songé à discuter les ordres de cette masse de muscles de deux mètres de hauteur. Crevette apprenait à déléguer des tâches, des responsabilités. La plupart des matelots appréciaient jouer un rôle dans l’organisation du navire. Ça les valorisait. 
 
Notre héros  entendit un bruit  et ouvrit les yeux. La crise s’estompa. Il se redressa et frappa la table de son poing. ‘’ Tant pis, une fois les dés jetés, chacun doit assumer ses choix.’’ 
___________________________________
 
Je refermai le journal et sortis de ma cabine. À ce moment précis, un cri de la sentinelle fracassa le silence.
'' Navire à bâbord. Deux cent mètres devant, à dix heures.'' 
Tous se ruèrent sur le pont, les yeux rivés sur la masse sombre trouant le brouillard. Je commandai d’arrêter complètement notre navire et le laisser avancer sur son erre. Le bâtiment étranger faisait bien 25 mètres.
'' Il n’a pas l’air de bouger,'' commenta Drago. ''Ce navire n’a même pas de canons.''
'' Étrange en effet. Par la hauteur de la coque on dirait une caravelle. Nous allons l’approcher par la proue et rester à 20 mètres. La Bonne Fortune. Quel rigolo a bien pu songer à nommer son navire de pareille manière. Ne sait-il pas que cet océan grouille de pirates ? Qu’en dites-vous les gars? Nous n’avons même plus à nous déplacer. La fortune vient à nous d’elle-même. C’est le pied, non ! Pile, apporte-moi le porte-voix,'' dis-je à un des jumeaux.

Une fois à proximité, je portai l’appareil à ma bouche.
'' Holà ! Y a quelqu’un ? Maintenez votre navire à la cape et rendez vous, sinon je vous coule.''
Une demi-douzaine de matelots apparurent et se penchèrent par-dessus le garde-fou. Ils parlèrent un moment entre eux à voix basse. Finalement un homme à  la voix flûtée décida de nous répondre..
'' Quel plaisir de vous voir, messieurs. Nous commencions à désespérer de rencontrer âme qui vive dans ce brouillard.''
Je regardai mes hommes tour à tour, incertain de ce que je venais d’entendre.
'' J’ai bien entendu ou quoi ? Il est content de nous voir ! Il s’agit sans doute d’une nouvelle tactique. Vaut mieux rester sur nos gardes. ''
Je me retournai vers le groupe d’hommes. La brume se raréfiait. On pouvait en compter huit. L’un d’eux avait la taille de Drago.
'' Je vous signale que vous êtes à la merci de mes canons. Je veux voir  tous vos hommes sur le pont. Nous allons vous accoster et je vais monter à bord. Seul. Un mouvement d’hostilité de votre part et mes canonniers vont déchaîner les feux de l’enfer sur votre navire. Me suis-je bien fait comprendre?''
'' Nous sommes des gens pacifiques. Nous ne cherchons d’ennuis à personne,'' reprit la voix pointue.
'' Heureux de vous l’entendre dire.''
Drago me tira un peu à l’écart, visiblement inquiet.
‘’ Tu n’y penses pas Crevette. Pourquoi y aller seul ? Je t’accompagne. ‘’
‘’ Non. Tu es mon second. Notre entente stipule que tu prends ma place si je m’absente ou disparais. Je tiens à leur montrer que nous n’avons pas peur. D’ailleurs, ils sont en position de faiblesse. Ils ne prendront pas le risque de se faire couler.’’

Le pont de leur navire s’élevait un mètre au-dessus du nôtre rendant l’abordage plus périlleux. Une fois amarré à leur navire, leurs matelots glissèrent entre les ponts un planchon muni d’échelons. Je me grattai la tête. À n’en pas douter j’étais impliqué dans l’abordage le plus atypique des annales de la piraterie. Je mis le pied sur le pont.   
‘’ Je me présente, Édouard Valkez, capitaine du Loup des mers, ’’ dis-je sans cérémonie en gardant mes distances. 
‘’ Bienvenus à bord, capitaine Valkez. Je suis le capitaine Henk Valaskomir. Mes matelots ne sont pas armés. Nous sommes des gens respectables. De simples commerçants. Ce brouillard nous a surpris et nous avons heurté un récif, je crois. Nous sommes échoués ‘’
‘’ Échoués ? On ne s’échoue pas en pleine mer. Le littoral le plus proche se trouve au moins à cinquante lieues ?’’ 
‘’ J’ignore notre position, capitaine. Notre navire a frappé un obstacle et prend l’eau. Nous devons de toute urgence atteindre un port ou un chantier naval et se mettre en cale sèche afin de réparer les dégâts. Puis-je compter sur votre aide capitaine Valkez? ‘’ 
‘’ Vous plaisantez là ? Vous êtes tombés d’une autre planète ou quoi ? J’ai l’air du bon samaritain d’après vous? Nous sommes des pirates. Nous pillons les navires marchands tels que le vôtre. Il nous arrive même de massacrer tout le monde à bord en cas de résistance.’’
‘’ Je vous l’assure, aucun de mes matelots ne vous causera de problème. Bien au contraire, je serais honoré, cher capitaine, d’inviter votre équipage à bord pour prendre le thé. Par surcroît , vous tombez pile, nous avons présentement une foule de spéciaux à vous jeter par terre. Nous offrons une ligne de vêtements très courus. Nos clients se les arrache. Bien sûr je vous les détaillerai à prix d’ami. Un homme tel que vous….’’
‘’ Holà, holà ! Je vous arrête. Trop aimable de votre part mais de quoi j’aurais l’air auprès de mes hommes de fraterniser avec nos victimes ? Vous y avez pensé ? Je perdrais leur respect. ‘’
‘’ Vous gagneriez le nôtre, ‘’ rétorqua à brûle-pourpoint le personnage insolite.
Je m’esclaffai de rire. Cet homme s’était sûrement évadé d’un hospice d’aliénés. Comment avait-il pu rester en vie jusqu’à ce jour? 
‘’ J’avoue que vous me désarçonnez Capitaine Valas… ‘’
‘’ Valaskomir.’’
‘’ Vous avez de la chance, je suis un pirate raisonnable, mais venons-en aux choses sérieuses,’’ dis-je en retirant mon pistolet à silex de ma ceinture et le pointant dans sa direction. ‘’ car mes hommes s’impatientent. Alors je propose d’épargner vos vies en échange de votre coopération. Nous allons inspecter votre navire et saisir ce qui nous convient. Commandez à vos hommes de ne faire aucun geste s’ils veulent rester vivants. Voyez-vous cet archer sur le gaillard avant? Il peut décocher trois flèches en deux secondes. Et je ne plaisante pas. ''
Je fis signe à mes hommes de monter. Le capitaine de La Bonne Fortune ordonna à ses hommes de rester à l’écart. Je gardai mon pistolet pointé sur lui.
'' En ce qui me concerne, cher capitaine Valas..komir, si votre collection de vêtements de haute gamme se résume à ce que vous portez, faudrait me torturer pour m’en vêtir. Votre jeune mousse ne paye pas de mine non plus dans son costume. C’est votre fils ? ''  

*

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Fa Mulan

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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Ven 18 Mar - 18:31

- Capitaine !, paniqua-t-il. Nous prenons l'eau !

Ce cri d'alerte fit l'effet d'une décharge électrique à mon hôte, qui se mit à hurler en agitant les bras dans tous les sens, m'obligeant à reculer vivement.

- Le charpentier, répare ça ! La vigie, retourne là-haut pour surveiller ! Les autres, dépêchez-vous d'aller mettre les produits à l'abri !

Un branle-bas de combat se mit en place sur le pont, puis la majorité des hommes passa devant moi pour se précipiter dans les cales.

- Vous avez peut-être besoin d'aide ?, proposai-je au capitaine.

Celui-ci se retourna vers moi avec des yeux écarquillés et hocha frénétiquement la tête.

- Tu peux aider le charpentier à boucher le trou ! Mais pas touche aux marchandises avant de les avoir payées !

Je me retins de lever les yeux au ciel et me contentai d'approuver. Je n'avais de toute façon pas la moindre intention de piocher dans sa cargaison d'animaux exotiques et il n'était clairement pas l'heure de manger. Me changer dans la cale alors que presque tout l'équipage s'y trouvait était également hors de question. Au lieu de cela, je me rapprochai donc plutôt du garde-corps et me penchai par-dessus bord pour tenter d'apercevoir la barque dans laquelle j'étais venue. Puisque ce navire ne semblait pas présenter le moindre danger, j'étais prête à faire se lever le brouillard – par l'intermédiaire des maîtres de l'eau bien sûr – quand un cri émana du nid de pie.

- Navire à quatre heures ! A deux cent mètres derrière !

Je me retournai aussitôt et me précipitai vers le garde-corps où se tenait déjà le capitaine, qui arborait un grand sourire.

- Voici enfin les secours !, se réjouit-il.
- Holà ! Y a quelqu’un ? Maintenez votre navire à la cape et rendez vous, sinon je vous coule.
- Tout va bien !, tenta de me rassurer Henk. C'est une approche tout à fait classique.

Les matelots sortirent un à un de la cale pour se rapprocher à leur tour, l'air plus nerveux. Une forme sombre se découpait dans la brume, se rapprochant peu à peu de nous. Nous ne tardâmes pas à remarquer les voiles sombres et le drapeau tout aussi noir qui s'agitait en haut du grand mat.

- … des pirates..., gémit l'un des hommes. Des récifs au milieu de nulle part et maintenant des pirates...
- Que va-t-il se passer ?, questionnai-je.
- Rien de bon pour nous., répliqua le charpentier. Nous sommes coincés, nous ne pouvons pas fuir, et même si nous réussissions à nous extirper des récifs, ce trou dans la coque aurait tôt fait de nous couler. Comment suis-je censé réparer ça sans matériaux ni outil, hein ? Qu'est-ce qui nous a pris de nous engager auprès de cet amiral de bateau-lavoir ?!
- On ne va même pas se défendre ?, m'exclamai-je avec surprise.
- Et comment moussaillon ? On n'a même pas de canons, puisque notre cher capitaine les a troqués contre l'espèce de panda qui occupe la moitié de la cale !
- Quel plaisir de vous voir, messieurs. Nous commencions à désespérer de rencontrer âme qui vive dans ce brouillard., s'exclama alors Henk Valaskomir.

Les matelots secouèrent la tête, désespérés.

- Je vous signale que vous êtes à la merci de mes canons. Je veux voir tous vos hommes sur le pont. Nous allons vous accoster et je vais monter à bord. Seul. Un mouvement d'hostilité de votre part et mes canonniers vont déchaîner les feux de l'enfer sur votre navire. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Nous sommes des gens pacifiques. Nous ne cherchons d'ennuis à personne.
- Heureux de vous l'entendre dire.

Le capitaine fit quelques gestes négligents dans le vide et un homme se précipita à la cale pour appeler les derniers membres de l'équipage, pendant que la vigie descendait de son perchoir et se rapprochait à petits pas rapides. Il me jeta un regard agressif, yeux plissés, et me pointa du doigt en articulant silencieusement ''J'te tiens à l'œil.''. Eh ! Est-ce qu'il pensait que j'étais complice des pirates ?!

Le navire des assaillants étaient légèrement plus petit que celui des commerçants, mais les matelots descendirent une passerelle de bois entre les deux ponts pour faciliter le passage de l'ennemi. Était-ce vraiment là une méthode de défense ? J'étais cependant trop captivée pour intervenir. Dans quelques fractions de seconde, le capitaine des pirates allait apparaître devant nous. Il serait sans conteste quelqu'un d'impressionnant, d'effrayant. Avec attention, j'observai alors l'homme qui prit pied sur le pont. Il y eut un moment de flottement, pendant lequel je me surpris à penser qu'il ne pouvait pas s'agir de lui. Comment un garçon qui avait l'air à peine plus vieux que moi et semblait si... normal, pouvait-il être un pirate sanguinaire ? Pire que ça même, leur capitaine ? Non. Je secouai légèrement la tête. J'étais quelque peu déçue, mais je ne devais pas le sous-estimer. Après tout, j'étais mal placée pour critiquer, et il ne devait pas avoir obtenu cette place grâce à sa bonté d'âme. Mieux valait que je reste méfiante. Cet homme pouvait être bien plus fort qu'il n'y paraissait, ou être incroyablement rusé. Ou même les deux. Même si pour l'instant, cet Edouart Valkez, tel qui s'était présenté, ne faisait que discuter tranquillement avec le capitaine. Mais qu'est-ce que je faisais ? Peut-être était-ce ma chance de fuir, de retourner avec les membres de la tribu de l'eau et de disparaître dans le brouillard le temps que ces gens règlent leur différent ? Je commençai sérieusement à envisager cette option, quand le pirate tira un pistolet de sa ceinture et le pointa sur le commerçant.

- ...mes hommes s'impatientent. Alors je propose d'épargner vos vies en échange de votre coopération. Nous allons inspecter votre navire et saisir ce qui nous convient. Commandez à vos hommes de ne faire aucun geste s'ils veulent rester vivants. Voyez-vous cet archer sur le gaillard avant ? Il peut décocher trois flèches en deux secondes. Et je ne plaisante pas.

Malgré moi, je tournai la tête vers le navire pirate, découvrant en effet l'archer posté légèrement en surplomb, surveillant notre pont avec attention. La fuite semblait finalement ne plus faire partie de mes options. Au moins, avec tout le bruit qu'avaient fait les pirates, j'étais sûre que les pêcheurs et autres courageux de la tribus de l'eau étaient au courant de leur identité.

- En ce qui me concerne, cher capitaine Valas..komir, si votre collection de vêtements de haute gamme se résume à ce que vous portez, faudrait me torturer pour m'en vêtir. Votre jeune mousse ne paye pas de mine non plus dans son costume. C'est votre fils ?

Je mis quelques instants avant de comprendre que le pirate parlait de moi, mais Henk – je n'arrivais décidément pas à l'appeler autrement – réagit plus rapidement.

- Comment pouvez-vous comparer la magnificence de mes habits à ces espèces de chiffons ?! Non, non, non ! Ce garçon est l'un de nos clients !

Je me retins de jeter un regard noir au capitaine. Il ne manquait plus que ces pirates me prennent pour un riche acheteur, moi qui n'avait quasiment pas un sou ! S'ils se mettaient à croire que je cachais mes biens au lieu de les leur donner, j'étais dans de beaux draps. Au lieu de ça, je me forçai à afficher mon air le plus émerveillé.

- Vous êtes de vrais pirates ?!, m'exclamai-je. Wouah ! Je n'avais jamais vu de pirates ! C'est incroyable ! Et... Et... Vous avez déjà trouvé des trésors ? Et vous avez déjà vu des monstres marins ? C'est trop cool ! C'est vrai ce qu'on dit, que vous êtes aussi libre que le vent ? Que l'océan est votre domaine ?

Je me rapprochai du capitaine des pirates, un grand sourire au visage. J'avançai cependant lentement pour ne pas que l'archer m'abatte par excès de prudence, espérant faire croire que ma lenteur était due aux tremblements d'excitation qui parcourait mon corps.

- Ca doit être tellement bien de naviguer..., rêvai-je tout haut. Ce navire là est complètement coincé, mais le votre, il est superbe !

Je me rapprochai du garde-corps pour admirer le pont légèrement en contre-bas du navire pirates. Certains de ceux-ci me renvoyèrent une allure menaçante et je fis un effort pour garder mon air d'admiration béate. J'eus même l'impertinence de leur faire quelques gestes de la main et eus la surprise de voir l'un des plus jeunes me répondre.

- Vous voyez ! Je l'savais, je l'savais ! Ce gosse est un menteur !

Je me tendis et me retournai vivement vers la vigie, qui me pointait du doigt et me fixait de ses yeux de fou.

- Vous voyez, il connaît les pirates !
- Il vient de dire qu'il n'a jamais vu de pirates., fit remarquer le charpentier.

Je fus rassurée de voir que ce géant semblait de mon côté, mais d'autres marins commencèrent à protester et à me regarder avec suspicion.

- Mais il ment !, répéta la vigie. Il est juste là pour les aider à nous voler ! Moi j'vous l'dit, on n'aurait jamais dû s'engager sur ce rafiot !
- Il a raison, ça ne valait vraiment pas le coup ! Ce capitaine nous porte la poisse !
- Si on n'a plus de marchandises et qu'on doit faire réparer le navire, il va nous rester quoi comme salaire !?
- J'ai une famille à nourrir moi !
- Du calme tout le monde., intervint le capitaine alors que le ton montait. Agissons en hommes civilisés je vous prie. Nous devons seulement...
- C'est à cause de vous qu'on en est là !
- Ouais, un type comme vous ne devrait même pas prendre la mer, encore moins se déclarer marin !

Isolée dans mon coin, j'observai en grimaçant les matelots qui semblaient tous se retourner contre leur capitaine, qui n'en menait pas large et tentait de se cacher derrière le pirate qui nous avait abordé. Et tout ça était arrivé parce que j'avais (presque) innocemment agité la main ?

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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Mar 22 Mar - 17:09

Comment pouvez-vous comparer la magnificence de mes habits à ces espèces de chiffons ?! Non, non, non ! Ce garçon est l'un de nos clients !
Magnificence ! Ce pédant commençait à me taper sérieusement sur le gros nerf avec ses airs supérieurs. La bourgeoisie me puait au nez et l’envie me démangeait de faire un trou dans le bel habit de ce prétentieux. Mon doigt en tremblait sur la gâchette. Les matelots me regardaient en silence, étudiant chacun de mes gestes. Mon apparence n’inspirait pas une terreur paralysante mais l’arme que je tenais en main compensait pour cette imperfection. De plus, la crosse d’un autre pistolet bien en vue débordait de ma ceinture. Je me préparais à donner mes ordres quand le garçon en question se mit à s’agiter, donnant libre cours à son enthousiasme juvénile.  
‘’ Vous êtes de vrais pirates? Wouah! Je n’avais jamais vu de pirates ! C’est incroyable ! Et… Et… Vous avez déjà trouvé des trésors? Et vous avez déjà vu des monstres marins ? C’est trop cool ! C’est vrai ce qu’on dit, que vous êtes aussi libres que le vent ? Que l’océan est votre domaine ?''
Il poursuivit dans la même veine, visiblement impressionné.  
''Ça doit être tellement bien de naviguer… Ce navire là est complètement coincé mais le vôtre, il est superbe. ''
La naïveté de la jeunesse ! J’avais passé par là au début de mon adolescence. Toutes ces histoires farfelues qu’on racontait sur les pirates, les exploits romancés pour enflammer l’imagination. Le magnétisme de la liberté ! Je ne me sentais pas la vocation de mentor mais je tentai de lui ramener les deux pieds sur terre.  
‘’Tu ne sais rien de la vie d’un pirate, mon jeune ami. Tu t’imagines sans doute une croisière avec les copains; une suite ininterrompue d’aventures excitantes, de découvertes, de chasses aux trésors; l’apothéose de la liberté ? Eh bien tu te trompes. C’est la chiasse. Tu deviens un animal aux abois en mode survie, à la recherche constante de nourriture. Viandes avariées, biscuits moisis, tu te régales d’ordures comme un rat dans les égouts. Tu te couches  avec des hommes qui pètent, qui rotent, qui sentent la sueur et la merde. Le scorbut, la typhoïde, les blessures, la gangrène, les amputations à froid. La souffrance. C’est ça la vie de pirate.''
Le jeune homme me regarda d’un air perplexe difficile à définir. Je crus deviner à quoi il songeait.  
'' Tu te demandes sans doute pourquoi on choisit la vie de pirate ? On ne la choisit pas. Elle nous aspire. Elle aspire les déchets de la société. C’est une poubelle. Mais on l’aime parce qu’elle nous accepte tels quels, les criminels, les violeurs, les menteurs, les damnés. On s’y sent en famille, dans notre élément.''

Tout en prononçant mon discours, je me demandais d’où sortait ce gamin. D’après les dires du capitaine, il ne faisait pas partie de l’équipage. Je doutais pourtant qu’il fût tombé du ciel  malgré ses airs de chérubin. Monseigneur Valaskomir nous cachait-il un penchant inavoué pour la chair fraîche ? Je me préparais à questionner le gamin sur ses origines quand ce satané marin tout juste descendu du nid-de-pie commença à piailler comme une chipie. Il accusa d’abord le gamin d’être notre complice :
''Vous voyez ! Je l’savais ! Je l’savais ! Ce gosse est un menteur !''
Et en rajouta :
'' Vous voyez, il connaît les pirates.''
Puis le névrosé se mit à engueuler son capitaine sans ménagement. Ce satané abruti rendait tout le monde hystérique et tour à tour les marins se mirent à accabler leur chef. Ce dernier tenta de les calmer mais l’énergumène n’en démordait pas. Il agitait ses bras comme un possédé en déversant une pluie d’insultes sur son capitaine.
'' Ouais, un type comme vous ne devrait même pas prendre la mer, encore moins se déclarer marin !''
C’en était trop. Je n’allais pas laisser une querelle de ménage me détourner plus longtemps de mon objectif et semer la pagaille. Je m’avançai résolument et pointai mon pistolet dans la direction de l’hystérique. Surpris, le forcené se tut et recula sous la menace. Une fois acculé contre une pile de caisses sur le pont, je l’agrippai par sa chemise et plantai brutalement le canon de l’arme sous son menton..
'' Compte-toi chanceux d’avoir ce capitaine car moi je t’aurais fait sauter la cervelle. Tu entends? Un matelot doit le respect à son commandant peu importe les circonstances. ''

J’abaissai mon bras et le remontai violemment, lui assénant un coup au menton avec le côté du pistolet. Le gringalet s’étala sur le pont, vraisemblablement assommé. Le croyant hors d’état de nuire je revins me positionner près de la rambarde et me préparai à donner des ordres quand le matelot se releva et me chargea en beuglant des jurons. Je levai mon arme pour tirer mais l'arc de Robin fut plus rapide, une flèche se logea dans la poitrine de l’enragé et  une autre transperça son œsophage. Le marin porta la main à son cou et s’affaissa sur le pont, raide mort. Il y eut un silence inquiétant. Cet épisode risquait de semer la panique et je m’empressai de prendre la parole.
'' Que personne ne bouge,'' clamai-je d’une voix qui m'étonna moi-même par son amplitude. '' Cet homme a mérité son sort. Il n’y a rien d’autre à dire. Sachez-le, je ne trouve aucun plaisir ni a tuer ni à détruire. Ne faites pas les malins et vous ne risquez rien. Ceci dit, nous perdons un temps précieux. Je veux savoir si l’un de vous occupe le poste de charpentier.''
'' Oui capitaine. C’est moi,'' dit le géant en avançant d’un pas.
J’acquiesçai d’un signe de la tête et me tournai dans la direction de Valaskomir.
'' J’ai réfléchis et je vois deux options qui s’offrent à nous, capitaine. Soit nous pouvons réparer votre navire soit nous ne le pouvons pas. Dans la première éventualité je vous ferai une proposition. Par contre si votre navire est condamné, mes matelots se joindront aux vôtres pour sortir tout le matériel de valeur de la cale et le transférer sur mon navire. Ceux qui voudront se joindre à mon équipage seront les bienvenus. Même vous capitaine si vous le désirez. Par la suite nous abandonnerons votre navire.''
'' Mais ce navire m’a coûté une fortune,'' protesta Valaskomir en se prenant la tête à deux mains. ''J’ai dû mettre en gage mon manoir à Cevief pour me le procurer. Je voulais promouvoir les vêtements de nos couturiers sur les îles de North Blue et en retour rapporter des objets d’art, des sculptures, des créations d’ailleurs pour encourager les échanges commerciaux. Je…''
L’homme arrêta net de parler et sembla perdu dans ses pensées un moment.
'' Quelle est votre proposition,'' fit-il finalement d’une voix résignée.
'' Nous verrons ça plus tard, capitaine.Voyons d’abord si nous pouvons vous tirer d’embarras,''
Je m'adressai à nouveau au géant.
'' Comment t’appelle-t-on matelot ?''
'' Hercule, capitaine. ''
'' Hercule ! Je me demande pourquoi,'' dis-je en plaisantant. ''Va pour Hercule. As-tu examiné les dommages à votre navire ? Crois-tu pouvoir le réparer ?''
'' J’ai peur que non capitaine. Nous n’avons ni outils ni matériaux pour réparer la fuite et je n’ai aucun doute que nous coulerons une fois extirpé des récifs. ''
'' Mais qu’est-ce que vous avez bien pu frapper ? Il n’y a pas d’îles, pas de récifs par ici. Les cartes marines ne signalent aucun haut-fond à fleur d’eau dans cette partie de l’océan. Nous avons traversé cette région des dizaines de fois. Hercule, tu vas descendre sur le Loups de mers et prendre connaissance du matériel dont nous disposons. Drago, notre Hercule à nous, va te les montrer. Planches, clous, marteaux, étoupe,  bitume, nous avons beaucoup de matériaux. ''

Je fis un pause et signalai à trois de mes hommes de monter à bord et les présentai rapidement : les jumeaux Pile et Face, et la mouche. Je fis signe à Robin de garder sa position et mis mes deux pistolets dans les mains des jumeaux.
'' Je vais descendre dans la cale inspecter les dégâts moi-même. Vous tenez les matelots en joue. ''
Je jetai un œil rapide dans la cale. La brèche dans la coque était bien visible. De retour sur le pont Hercule se montra confiant de pouvoir réparer la fuite. Il n'y avait donc plus de temps à perdre. Je restai près de l’écoutille de sorte à pouvoir m’adresser à l’ensemble des hommes éparpillés sur les deux navires.
'' D’accord, écoutez-moi bien. Ce navire est en très mauvaise posture. Nous n’avons pas de temps à perdre. L’eau ne pénètre pas à un débit critique mais nous devons nous activer. Un groupe de matelots va remonter la marchandise sur le pont et les autres vont apporter le matériel nécessaire à la réparation. Hercule, prends tous les hommes et le matériel dont tu as besoin et tenez-vous prêts à intervenir. Une fois la marchandise remontée, nous allons nous éloigner et tirer votre navire par le côté pour lui donner de la bande et le soulever du récif. Si la manœuvre réussit il faudra agir vite pour colmater cette fuite. Alors fini le verbiage, place à l’action les gars. Et... débarrassez le pont du cadavre.''

Pendant que les hommes s’activaient, je me tournai vers le capitaine Valaskomir. L’homme me parut étrangement distant et déconnecté. Il regardait au loin, l’air désemparé. Se fut-il jeté à l’eau que son geste ne m’aurait pas surpris. De taille moyenne, il pouvait avoir 35 ans. Les cheveux soignées, de la couleur de ses sourcils et de ses yeux noirs, le teint cuivré, l’ensemble de ses traits trop parfaits projetait l’arrogance de la noblesse, la conviction profonde d’être supérieur. Ni costaud ni chétif, son maintien et ses mouvements attestaient d'un physique souple et solide. Attifé de sa redingote excentrique et chaussé de sandales, il ne cadrait pas du tout dans un monde de pirates. Bien au contraire, il concentrait en lui toute la haine cultivée envers cette classe privilégiée et détestable. Je m’approchai, éprouvant soudain un peu de sympathie pour l’animal.  

''Si nous pouvons le réparer, je vous proposerai un plan d’affaires car je vois un grand avenir pour vous. Regardons les choses en face, vous n’avez pas de défenses, vos matelots ne sont pas armés. De toute évidence vous n’avez aucune idée de la réalité maritime. Tôt ou tard, vous allez vous faire massacrer. Alors par pur humanisme, je vous offre un partenariat. Je vous laisse vos marchandises et la moitié de l’argent que vous avez caché dans votre cabine. Vous avez certainement accumulé un magot conséquent. Une fois votre navire rafistolé, nous allons naviguer ensemble. Je serai votre protecteur. Je prendrai 50% des bénéfices de vos ventes en paiement de protection. Vous aurez également droit à un pourcentage de nos prises. Bien sûr, cette généreuse proposition ne sera pas négociable.''
Valaskomir n’eut pas de réaction à part tourner machinalement son regard éteint dans ma direction. Il restait enfermé en lui-même, sous le choc. Sans doute prenait-il la pleine mesure de la stupidité de son aventure maritime.
‘’Je ne vois toujours pas ce que vous avez pu frapper. Et je ne trouve aucune explication pour cette brume persistante en plein soleil.’’
Tout en pensant tout haut j’observais les hommes affairés à monter les marchandises de la cale. À un moment je notai la présence du jeune mousse un peu à l’écart. Il cherchait à se porter volontaire pour aider tout en suivant mes propos d’une oreille mais se voyait constamment repoussé par les membres de l’équipage. Je l’interpellai :
'' Et toi, jeune homme dont le nom m’a échappé, d’où viens-tu ?''

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Fa Mulan

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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Lun 28 Mar - 0:18

La situation dégénérait, sans que je puisse rien y faire. A vrai dire, je soupçonnais même qu'après leur capitaine, ce serait à moi que s'en prendraient les membres de l'équipage. Était-ce l'instant pour une action épique, de total désintéressement ? Devais-je protéger ce capitaine qui ne savait même pas jouer son rôle ? Pas vraiment. A cet instant, j'espérais plutôt ne pas me faire remarquer. Étais-je lâche ? Mon action ne ressemblait à rien de ce que j'avais appris au sein de la nation du feu. Et bien qu'ils soient des maîtres de l'évitement, les nomades de l'air n'auraient jamais laissé quelqu'un en si mauvaise posture. Alors je ne devais pas tenir compte de mon appréhension et simplement me porter en avant.

Ma réflexion avait cependant été trop lente et le capitaine Valkez avait déjà réagi, appuyant le canon de son pistolet sous le menton de la vigie.

- Compte-toi chanceux d’avoir ce capitaine car moi je t'aurais fait sauter la cervelle. Tu entends ? Un matelot doit le respect à son commandant peu importe les circonstances.

Le pirate frappa l'homme, qui s'étala sur le pont. Voilà qui devrait le remettre à sa place. Un problème de moins., pensai-je. Il n'y avait pas à dire, ce pirate me plaisait de plus en plus. Et visiblement, il suffisait de le respecter et d'exécuter ses ordres pour rester en bonne santé. Enfin, si l'on oubliait toutes les maladies qui semblaient d'après lui être le quotidien de ceux qui passaient leur vie en mer.

Un hurlement de rage me fit sursauter et je vis avec effarement la vigie foncer droit vers le capitaine des pirates, les yeux brillants de haine. Je me jetai sans réfléchir en avant pour l'intercepter, mais l'archer placé sur l'autre navire fut plus rapide. Deux flèches me frôlèrent et se plantèrent avec un bruit mat dans le corps de la vigie. Portant une main à son cou qui laissait échapper un filet de sang, le petit homme s'écroula sur le pont.

- Que personne ne bouge., clama le capitaine Valkez. Cet homme a mérité son sort. Il n'y a rien d'autre à dire. Sachez-le, je ne trouve aucun plaisir ni a tuer ni à détruire. Ne faites pas les malins et vous ne risquez rien.

Je restai figée, choquée par ce qui venait de se passer. Tout s'était passé tellement vite... Un instant l'homme se tenait là, un concentré d'énergie et de revendications, et l'instant d'après il était... il était...

Je secouai la tête, essayant de chasser l'image de la mort qui avait frappé juste sous mes yeux, ce qui n'était pas évident avec le corps de l'homme posé à quelques pas de moi. Je n'étais pas triste, je ne m'étais pas attachée au matelot, ni heureuse de ce qui lui était arrivée. J'avais juste du mal à assimiler la réalité. Cependant la vie autour de moi continuait, et il me fallait la rejoindre. Le capitaine des pirates continuait de distribuer des ordres et j'essayai de me concentrer sur ses paroles. L'homme prenait ses décisions rapidement, menant de front une proposition commerciale et dirigeant les hommes qui s'agitaient sur le pont pour répondre à ses directives. Je ne savais pas trop où était ma place dans tout cela, perdue entre un équipage de pirates qui me prenaient pour un civil et un équipage de civils qui me prenaient pour un pirate. Pour l'instant, tous semblaient œuvrer ensemble pour remonter les marchandises sur le pont, aussi j'essayai de me rendre utile. Je ne savais cependant si je l'étais vraiment, me contentant de déplacer les caisses les moins lourdes tout en essayant de rester suffisamment proche des capitaines pour saisir leurs propos. Je réussissais à percevoir de temps à autres des bribes de leur conversation, mais les matelots qui effectuaient leur tâche semblaient prendre un malin plaisir à ne pas se soucier de moi et me bousculaient sans cesse, me repoussant constamment à l'écart.

- Et toi, jeune homme dont le nom m'a échappé, d'où viens-tu ?, m'interpella soudain le capitaine Valkez.

Profitant de cette occasion inespérée, je me faufilai entre les hommes cette fois sans plus chercher à ne pas attirer l'attention du pirate. Lorsque je parvins près de lui, je me tins aussi droit que possible et lui offris un grand sourire.

- Je m'appelle Song, capitaine !, indiquai-je obligeamment. J'étais dans ma barque pour la pêche et...

Je m'interrompis. Cela ne répondait pas vraiment à sa question. D'où venais-je ? Devais-je trahir l'existence de Republic Island ? Cet homme restait un pirate, et ceux-ci n'étaient jamais accueillis à bras ouverts. Un vaste système de défense avait même été mis en place sur mon île afin de parer à une éventuelle attaque. Mais le capitaine Valkez avait tout de même l'air de quelqu'un de bien, ou du moins de quelqu'un de censé. Quel pirate aurait proposé son aide pour réparer le navire qu'il ciblait ? Oui, mais il avait quand même tué un homme. Non, ce n'était pas lui, c'était l'un des membres de son équipage. Oui, mais ces hommes lui devaient obéissance, il était donc responsable de leur comportement. Le temps commençait à être long alors que je pesais le pour et le contre, et je ne souhaitais pas non plus faire attendre le capitaine. Il était temps de trancher. Vérité pure ou mensonge abject ?

- J'accepte !, réagit alors Henk Valaskomir, sortant soudain de son état d'abattement et m'offrant sans le savoir un instant de répit. C'est une idée brillante que vous avez eu là, capitaine Valkez ! Mais soyons clair, vous assurerez notre protection contre les autres pirates ainsi que contre les monstres marins, n'est-ce pas ? Oh... Oh ! Un plan brillantissime me vient soudain !, hurla l'homme en se prenant la tête entre les mains. Cette gamme de vêtements de haute couture va nous rapporter une fortune ! Imaginez, capitaine ! Un marché dont nous aurons le monopole, l'exclusivité ! Une réussite telle que tout ce beau monde souhaitera avoir une redingote à la Carmali ou des bas en linoie ! Vous imaginez ? Et là, bam ! Fin de la production ! Une perte terrible, un malheur pour notre entreprise ?!, gémit-il avec force mimiques avant de pointer un doigt impérieux sur le pirate. Loin de là, car à présent vous pouvez rentrer en jeu ! Quelques pièces supplémentaires que nous auront gardées de côté et à nous une revente au marché noir à des prix ex-cep-tion-nels ! Et je connais deux ou trois autres filons encore à l'état de bourgeons et qui ne demandent qu'à se faire connaître du monde ! Alors, qu'en dites-vous ? Je vois déjà notre entreprise : Les équipages du Val ! Val, pour Valkez et Valaskomir, bien entendu. N'est-ce pas bien trouvé ?

Il se tut enfin, fixant le pirate avec un air quasi extatique. Ce dernier semblait plutôt fatigué – ou agacé, je ne savais pas trop – de ce revirement soudain. Pour ma part, j'étais surtout surprise par le contenu de ce discours. Une coalition entre un pirate et un commerçant ? Est-ce que cela allait vraiment plaire à l'équipage d'Henk, déjà mis à mal par ce qui lui arrivait ? Peut-être valait-il mieux garder cela secret pour l'instant. Enfin, c'est ce que j'aurais conseillé si l'homme n'avait pas crié sur tous les toits ce qu'il semblait considérer comme une idée de génie.

- Quoi ?, s'étouffa un matelot. Vous voulez nous faire devenir des pirates maintenant ? Ne comptez plus sur moi !

Il lâcha sa caisse, qui tomba sur le pont avec un bruit sourd. Affolé, Henk Valaskomir se précipita vers lui, puis se pencha sur l'objet pour vérifier qu'il n'était pas abîmé. Il y eut un nouvel instant tendu, mais entouré par l'équipage du capitaine Valkez, le marin préféra finalement se remettre à la tâche. Et je me retrouvai seule avec le pirate. Vérité ? Mensonge ? Dans le premier cas je risquais de déclencher une bataille. Dans le second cas, s'il comprenait que je lui cachais quelque chose, je risquais ma vie.

- Si je puis me permettre, capitaine..., intervint alors l'un des matelots d'Henk, se tordant nerveusement les mains sans oser regarder le pirate en face. Heu, je suis le timonier de ce navire... Vous dites que vous allez nous tirer pour nous soulever de ce récif, mais il ne devrait même pas y en avoir ici. Je suis déjà passé par là avec d'autres navires, et ça ne nous est jamais arrivé ! Enfin, ce que je veux dire, c'est que si nous avons heurté quelque chose dans cette boucaille, peut-être qu'il y en a d'autres. En déplaçant le navire, ou même le vôtre, nous risquerions d'en endommager la coque.

Je me surpris à hocher la tête, et cessai immédiatement mon mouvement. L'homme avait vu juste, les abords de Republic Island étaient un véritable labyrinthe pour qui ne savait comment y accéder, et sans visibilité cela relevait simplement de la folie. Allions-nous simplement rester piégés ici ? C'était impossible. Les maîtres de l'eau allaient bientôt être à cours d'énergie à force de maintenir le brouillard.

- Peut-être faudrait-il simplement faire demi-tour ?, suggérai-je.

Le capitaine Valkez me fixa et j'eus l'impression que ma proposition ne rencontrait pas un franc succès. Bien, il semblait que j'avais assez tergiversé.

- Pouvez-vous me promettre d'épargner nos vies en échange de ma coopération, comme vous l'avez proposé en abordant ce navire ?

Je me montrai prudente, d'une part en demandant cette sécurité, d'une autre en ayant parlé suffisamment fort pour être entendue par les maîtres de l'eau qui seraient bientôt vus comme mes complices. J'avais bon espoir que le pirate accepte. Après tout, il avait dit ne pas trouver de plaisir à tuer, peut-être une entente pacifique était-elle possible entre ces équipages et mon peuple ? Et si quelque chose devait mal tourner, il me restait encore quelques atouts en poche.

- Désolé pour tout ce mystère., repris-je. Voilà d'où je viens.

Et ce fut à ce moment que la brume commença à se dissiper.

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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Ven 1 Avr - 14:47


'' Et toi, jeune homme dont le nom m’a échappé, d’où viens-tu ?''
Le garçon s’approcha et me décocha un large sourire. Il s’appelait Song, dit-il, et commença à m’expliquer qu’il se trouvait dans une barque pour la pêche… puis tout à coup il cessa de parler. Sa phrase resta en suspens comme si une main invisible s’était posée sur sa bouche pour l’empêcher de poursuivre. Que se préparait-il à dire ? Les jeunes ne savent pas mentir et son hésitation révélait au grand jour sa méfiance envers moi. Mon sourcil afficha peut-être un froncement involontaire de déplaisir car le jeune ouvrit la bouche pour achever sa phrase mais le déroutant Valaskomir choisit ce moment précis pour revenir parmi les vivants.
’’J’accepte’’ , clama-t-il de vive voix, comme s’il venait de découvrir l’affaire du siècle.
Son cerveau réactivé composa alors une suite disparate de conjectures sur notre éventuelle association, passant des monstres marins à sa ligne de vêtements par un détour au marché noir. Il sortit tout un baratin ponctué de termes étranges : des redingotes à la Carmali, des bas en linoie ! Ce pauvre homme avait sûrement perdu l’esprit. Dans sa démence il avait même songé à un nom pour notre entreprise. Val et Val ! J’écoutai d’une oreille irritée sa litanie d’insanités cherchant déjà une sortie honorable à mon engagement. Enfin il se tut mais ses gesticulations et le volume de sa voix avaient attiré l’attention de ses matelots et l’un d’eux, en désaccord complet avec les propos de son capitaine, laissa tomber la caisse qu’il transportait et exprima ouvertement son objection :
‘’ Quoi? Vous voulez nous faire devenir des pirates maintenant? Ne comptez pas sur moi.''
Aussitôt Valaskomir se précipita pour tenter de raisonner son matelot. Enfin je le crus. Mais non,  l’animal s’inquiétait plutôt pour l’état de sa marchandise !
 
Dans l'intervalle, un autre marin s’était approché timidement pour me faire part de son opinion. Timonier de métier, il avait traversé la région à plusieurs occasions et ne pouvait s’expliquer la présence soudaine de récifs mais d’après lui il pouvait y avoir d’autres obstacles et il tentait de me prévenir sur les risques encourus en essayant de déplacer le navire. Son propos faisait du sens. Je le remerciai de son avertissement dont j’allais sûrement tenir compte. Fait surprenant, le jeune Song à mes côtés renchérit sur les propos du timonier :
‘’Peut-être faudrait-il simplement faire demi-tour ?'' suggéra-t-il.
Je le regardai un peu perplexe. Pourquoi ce garçon me conseillait-il de rebrousser chemin ? Sans doute n’approuvait-il pas mon association hypothétique avec Valaskomir pour une raison personnelle. Puis, sans me donner le temps d'analyser sa pensée, il poursuivit:
‘’Pouvez-vous me promettre d’épargner nos vies en échange de ma coopération, comme vous l’avez proposé en abordant ce navire.''
Franchement je ne comprenais rien à sa demande. Coopération ! De quoi parlait-il ? Je me préparais à lui rappeler ma promesse de ne faire de mal à personne lorsqu’il fit un grand geste de son bras en direction de la brume et dit suffisamment fort pour que tout l’équipage se retourne :
‘’ Désolé pour tout ce mystère. Voilà d’où je viens.''
La suite des événements suscita un mélange d’étonnement et de malaise, l’impression d’avoir la berlue. On eut cru de la magie ! La brume commença à se dissiper et graduellement des formes se dessinèrent sous nos yeux comme sous le pinceau d’un artiste géant. Aussitôt, tous les membres de l’équipage se tournèrent dans la même direction. À la surprise générale, l’esquisse d’un paysage complet se précisa peu à peu où régnait tout à l’heure un brouillard épais. Des collines prenaient forme, une falaise, un phare du haut d’un rocher surplombant une plage, un rivage sablonneux, des maisons, tout un monde jusqu’alors invisible. Et comme pour confirmer la réalité de cette vision, des goélands apparurent dans le ciel,  glapissant haut et fort, éliminant les derniers doutes d’une hallucination collective. Tous les marins se ruèrent du même côté du navire pour voir ce paysage sorti apparemment du néant, une vision surréaliste, à la fois fascinante et ahurissante. Les matelots n’en revenaient pas.
'' Hein ? C’est quoi ça ?'' dit l’un.
'' Mais d’où ça sort ce truc-là ?'' dit l’autre.
'' Wow ! C’est incroyable ! On était collé dessus et on ne le voyait même pas.''
 
Ma première réaction fut de vérifier s’il y avait des marines en vue mais le rivage était désert à part quelques chaloupes couchées sur le sable à travers des débris dérivés de la mer. Plus loin, à mesure que la brume s’élevait, les détails flous d’un village se précisaient : des logis rustiques, des huttes, des maisons modestes. L’île ne présentait rien de menaçant de prime abord. La végétation clairsemée, les habitations primitives, l’absence d’immeubles ou de monuments faisait plutôt penser à une île semi-déserte. Toutefois, on ne pouvait présumer de ses dimensions réelles de notre position. Le navire de Valaskomir s’était échoué à une centaine de mètres du rivage à l’entrée d’une petite baie délimitée par un cap rocheux s’avançant dans la mer, ce qui pouvait expliquer la présence de récifs dans les eaux avoisinantes.
Soudain, deux matelots du capitaine Valaskomir se jetèrent à l’eau pour gagner le rivage. À ce moment-là je crains que la situation n’échappe à mon contrôle et je m’empressai de prendre la parole.
'' Ces marins ne sont pas sous ma responsabilité. Où ils vont ne présente aucun intérêt pour moi. Quiconque veut les suivre a ma bénédiction. Il s’agit d’une île, rien de plus.''
Par chance, aucun autre marin ne suivit les déserteurs et l’étonnement passé, chacun retourna à sa besogne. Pour ma part cet événement remettait surtout en cause mon association avec Valaskomir car il était hors de question que je m’attarde dans cet environnement inconnu. Ayant décidé de  ma ligne de conduite, je fis signe aux jumeaux et à la mouche d’approcher. Je leur murmurai d’entrer dans la cabine du capitaine et de fouiller pour l’argent qu’il y cachait sûrement car nous allions partir très bientôt. La mouche se chargerait de retenir Valaskomir pendant la fouille. Je m’adressai alors à haute voix à l’ensemble des marins. 
'' Écoutez-moi bien ! Je serai bref. Ce développement surprise change très peu de choses à notre situation. Nous sommes toujours des pirates et vous êtes toujours sous la menace de nos canons. Cela dit, j’espère ne pas avoir à refroidir quelqu’un d’autre pour bien me faire comprendre. Par contre capitaine Valaskomir, notre association ne tient plus. Vous comprendrez qu’au vu des nouveaux événements, je ne tiens pas à m’attarder aux abords de cette île mystérieuse même si rien ne nous menace dans l’immédiat. Je vous suggère donc de négocier avec les habitants de cette île qui pourront sans doute vous aider à réparer votre navire. ''
Sur l’entrefaite, les jumeaux sortirent de la cabine avec un coffret plein de billets de banque et de pièces d’or.
'' On l’a trouvé sous le lit,'' dirent-ils tout joyeux de me montrer le butin, souriants comme des gosses.
'' Sous le lit, hein ! Wow,  mais quelle cachette originale capitaine, je n’y aurais jamais pensé,'' dis-je en rigolant.’’ Un joli magot! ‘’
Valaskomir se précipita pour récupérer son coffret mais un des jumeaux lui asséna un vilain coup de poing au menton. Le capitaine s’écroula lourdement. Il me fallut encore une fois intervenir pour mettre les marins en garde:
'' Je vous ai averti. Vous ne risquez rien mais n’abusez pas de notre patience. Maintenant nous allons nous éloigner et vous laisser en paix. Juste un ou deux détails à régler avant de quitter. D’abord j’ai besoin de deux marins additionnels sur mon navire. Par conséquent si certains de vous désirez vous engager sur un bateau pirate….''
Je laissai ma phrase en suspens et regardai Hercule. J’espérais qu’il s’avançât et il le fit. Le timonier m’intéressait aussi mais sembla hésiter. Valaskomir revenait à lui. Je commandai aux jumeaux de l’attacher au mât principal et de lui mettre un bâillon.
‘’Vos marins pourrons vous libérer dans peu de temps, cher capitaine Vous voyez, je ne suis pas une crapule insensible. À part ce coffret tout mignon, je vais prendre seulement six de vos costumes de haute couture adaptés à nos tailles. Je veux pouvoir me présenter dans les fringues de la haute société sans me faire repérer. Voyez-vous, j’ai un compte à régler. En échange, je vous laisserai le reste de votre marchandise et suffisamment d’argent pour payer vos matelots et les réparations de votre navire. Ensuite nous allons nous retirer en douce et sortir de vos vies.''
 
Une vingtaine de minutes plus tard les costumes furent triés et emballés. Je fis signe à mes matelots de regagner le Loup des mers et de se préparer à mettre les voiles. Le timonier me jeta un regard timide et s’engagea sur le planchon derrière Hercule. Pour finir, il me restait à régler le cas du jeune garçon trop mystérieux à mon goût. Je me tournai vers le prénommé Song. Il connaissait des réponses, je n’allais pas le laisser s’en tirer si facilement. 
‘’Toi, petit sorcier qui commande à la brume, tu ne vas nulle part avant de me dire ce que tu sais de cette île, ce que tu faisais sur ce bateau et si tu as d’autres surprises en réserve. Je veux savoir quel genre de créatures y habitent et surtout…surtout, s’il y a des marines alertés de notre présence. Je n’ai pas beaucoup de temps.''
Enfin, jetant un dernier regard à mon ex-associé :
‘’ Val et Val hein ? Bien pensé quand même ! Adieu donc, capitaine Valaskomir.''


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MessageSujet: Re: Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !   Lun 25 Avr - 22:38

- Écoutez-moi bien ! Je serai bref. Ce développement surprise change très peu de choses à notre situation. Nous sommes toujours des pirates et vous êtes toujours sous la menace de nos canons. Cela dit, j’espère ne pas avoir à refroidir quelqu'un d’autre pour bien me faire comprendre., reprit alors le capitaine des pirates. Par contre capitaine Valaskomir, notre association ne tient plus. Vous comprendrez qu'au vu des nouveaux événements, je ne tiens pas à m'attarder aux abords de cette île mystérieuse même si rien ne nous menace dans l'immédiat. Je vous suggère donc de négocier avec les habitants de cette île qui pourront sans doute vous aider à réparer votre navire.

Je hochai la tête, même si je n'étais pas certaine que l'on me prêtait actuellement attention. Les membres de la tribu de l'eau accepteraient sans soucis d'aider les commerçants, et sans doute en profiteraient-ils même pour faire quelques échanges. Je ne savais pas trop si Henk Valaskomir était prêt à échanger ses marchandises contre des poissons et autres fruits de mer, mais il se verrait de toute façon bien obligé d'offrir au moins un petit quelque chose pour remercier les habitants de leur aide et de leur hospitalité le temps d'effectuer les réparations de son navire. Surtout que celui-ci ne pouvait apparemment pas se rapprocher davantage de la côte sans l'intervention des maîtres de l'eau. De l'autre côté, les pirates, de par leur titre, attireraient la méfiance et ne seraient probablement pas très bien accueillis. Leur présence, même en pleine mer, devait déjà avoir été annoncée et des renforts ne tarderaient pas à arriver du royaume de la terre.

- Je vous ai averti. Vous ne risquez rien mais n'abusez pas de notre patience., prévint alors le capitaine des pirates en jaugeant l'équipage. Maintenant nous allons nous éloigner et vous laisser en paix. Juste un ou deux détails à régler avant de quitter. D'abord j’ai besoin de deux marins additionnels sur mon navire. Par conséquent si certains de vous désirent s'engager sur un bateau pirate…

Je retins un mouvement de surprise. C'était donc ainsi que les pirates recrutaient ? Je n'allais cependant pas laisser filer ma chance. Le navire des commerçants en aurait certainement pour plusieurs jours, peut-être même des semaines pour être convenablement réparé selon la gravité des dégâts. Je ne voulais pas attendre autant. Sans compter que la situation risquait d'être un peu tendue entre l'équipage et moi, et isolée avec eux en pleine mer, le temps me semblerait bien long. Mais les pirates pouvaient repartir dès maintenant. Ils étaient dangereux, assez effrayants même pour certains d'entre eux, mais ils avaient épargné la plupart d'entre nous. Il devait donc être possible de coexister, et même si leur vie était risquée, je ne deviendrais pas plus forte en faisant des croisières. Cependant il allait falloir se dépêcher, et partir avant l'intervention des maîtres de la terre.

Le charpentier du bord me devança et s'avança vers l'équipage pirate. Il y eut quelques murmures parmi les autres matelots, mais je ne restai pas à les écouter et avançai à mon tour. Le capitaine sembla me juger un instant, mais ne dit rien, semblant réfléchir à autre chose. À ce moment, Henk reprit connaissance, et le pirate ordonna aux jumeaux de le ficeler au mât.

- Vos marins pourront vous libérer dans peu de temps, cher capitaine. Vous voyez, je ne suis pas une crapule insensible.

L'homme était-il sérieux ou bien s'agissait-il d'une plaisanterie ? J'avais un peu de mal à le déterminer, mais comme personne ne riait, je restai moi aussi silencieuse.

- À part ce coffret tout mignon, je vais prendre seulement six de vos costumes de haute couture adaptés à nos tailles., poursuivit-il. Je veux pouvoir me présenter dans les fringues de la haute société sans me faire repérer. Voyez-vous, j'ai un compte à régler. En échange, je vous laisserai le reste de votre marchandise et suffisamment d'argent pour payer vos matelots et les réparations de votre navire. Ensuite nous allons nous retirer en douce et sortir de vos vies.

Aussitôt, quelques-uns des pirates se mirent à farfouiller dans les marchandises. Après une hésitation, songeant que l'on perdait du temps, je me joignis au mouvement. Après tout, j'étais de leur bord maintenant. J'aidai donc à trouver les costumes recherchés parmi la multitude d'habits tous plus extravagants les uns que les autres. Je trouvai cependant également quelques vêtements plus simples et m'octroyai par cette occasion une tenue que j'espérais plus discrète que celle des nomades de l'air. Puis voyant que les autres en avaient encore pour un moment de recherche, je descendis discrètement à la cale. Je trouvai un coin encore à peu près sec et m'empressai de me changer pour ces nouveaux atours, puis pris soin de remettre mes armes en place. Je remontai ensuite continuer ma tâche. Arrivée sur le pont, je jetai un coup d'œil vers Republic Island, voulant épouser une dernière fois pleinement ses formes du regard pour les ancrer dans ma mémoire. Au lieu de cela, j'avisai la ligne d'hommes vêtus de leurs armures de cuir et de bois, qui approchaient de la plage. Je me remis rapidement à aider à choisir les vêtements, espérant finir cela et partir au plus vite.

Une fois les costumes trouvés – ce qui ne fut pas forcément évident étant donné la carrure de certains pirates – ils furent emballés précautionneusement. Je ne savais pas la raison pour laquelle le capitaine Valkez souhaitait s'en servir, mais la moindre tache ou déchirure sur l'un des vêtements aurait tôt fait de trahir la position sociale plus basse de leur porteur. Enfin, l'homme fit signe aux membres de son équipage de regagner leur navire. Le charpentier, Hercule, s'avança sur la passerelle en portant prudemment les habits dans ses grosses mains. Derrière lui, un autre matelot de l'équipage marchand s'engagea plus prudemment, intimidé. Je m'avançai à mon tour pour embarquer avec mes nouveaux compagnons de route, mais le capitaine m'arrêta.

- Toi, petit sorcier qui commande à la brume, tu ne vas nulle part avant de me dire ce que tu sais de cette île, ce que tu faisais sur ce bateau et si tu as d'autres surprises en réserve. Je veux savoir quel genre de créatures y habitent et surtout… surtout, s'il y a des marines alertés de notre présence. Je n'ai pas beaucoup de temps.

Je retins un sourire. Alors comme ça le pirate pensait que je pouvais contrôler la brume ? Voilà qui était intéressant. Jusque là je n'avais songé à reproduire que la maîtrise du feu, mais l'idée d'imiter même pâlement d'autres capacités pouvait être intéressant. Je rangeai l'idée dans un coin de mon esprit et répondis au capitaine.

- Il n'y a que très peu de marines sur cette île, moins d'une dizaine, et ce sont davantage des chercheurs que des combattants. Les groupes armés ne sont pas vraiment bien accueillis ici alors la population n'a pas laissé les autres s'installer., indiquai-je rapidement. Les habitants de Republic Island sont capables de se défendre seuls. D'ailleurs l'armée du royaume de la terre est arrivée, alors nous ferions mieux de mettre les voiles le plus tôt possible. La brume n'est pas la seule chose que les maîtres sont capables de contrôler. Puis-je poursuivre mes explications quand nous serons en route ?

Mes éclaircissements étaient encore assez ténus, mais le pirate dut percevoir ma tension alors que je guettais les mouvements des soldats. Cela sembla suffire pour le convaincre de ma bonne foi car il me fit signe de rejoindre à mon tour le navire, se retournant une dernière fois vers le navire qu'il laissait.

- Val et Val hein ?, questionna-t-il en jetant un ultime regard au commerçant qu'il abandonnait derrière lui. Bien pensé quand même ! Adieu donc, capitaine Valaskomir.

Dès que le pirate fut à bord, son équipage se mit en action, avec une rapidité et une agilité dues à l'habitude. Ceux qui étaient montés dans les cordages déroulèrent les voiles, qui se gonflèrent bientôt sous le vent, et le navire se mit doucement en branle. Restés à l'écart, Hercule, le timonier dont j'ignorais encore le nom et moi observions cette agitation sans oser nous en mêler, pas encore sûrs de nos rôles. Le capitaine revint cependant bientôt vers nous, observant l'île. Là-bas, les soldats firent un grand pas en avant puis levèrent dans un même ensemble les bras vers le ciel. Quelques pirates les observaient d'un air méfiant, comprenant sans doute qu'il s'agissait là de mouvements de combat, mais également avec scepticisme car la distance les séparant était bien trop importante pour ces mouvements utilisés au corps à corps. Pour ma part je m'empressai de m'accrocher au garde-fou. Quelques secondes après, la surface de l'océan se mit à trembler puis les roches émergèrent. Les énormes blocs remontaient du fond, fendant la surface. Le bateau marchand fut brusquement soulevé de quelques mètres, l'eau dégoulinant de sa coque en multiples filets, arrachant des plaintes terrifiées aux marins. Notre navire fut ballotté entre les vagues et les remous, qui nous aspergèrent d'embruns, tandis que les mouettes et les goélands tournoyaient en criant, affolés. Je passai ma langue sur mes lèvres et le goût du sel envahit aussitôt ma bouche.

- Ils ne nous attaqueront pas tant que nous continuerons de nous éloigner., informai-je le capitaine Valkez. Et puis nous serons bientôt hors de la portée des maîtres de la terre. Leur pouvoir n'est pas sans limite, après tout ils restent des hommes.

Au fil de mes paroles, je contemplais le paysage qui s'éloignait doucement, me repassant les événements marquants de ma vie. Je me sentis un brin nostalgique de ces dix-huit dernières années qui me semblèrent soudain bien lointaines. Cette île qui m'avait vue grandir, cette île que je quittais, allais-je la revoir un jour ? Adieu ma patrie, je reviendrai., songeai-je avec espérance. Mais plus qu'un souhait, je savais que je faisais là ma promesse la plus importante.

Lâchant le paysage des yeux, je me retournai vers le capitaine Valkez. Je ne savais pas encore si j'avais vraiment ma place ici, ni de quelle façon tourneraient les choses, mais j'allais faire de mon mieux pour m'intégrer.

- Je n'ai jamais vraiment navigué, alors je ne sais pas vraiment si je serai d'une quelconque utilité au départ, mais j'apprendrai !, annonçai-je d'un air décidé.

Quelque soit la tâche qui me serait confiée, je ferai de mon mieux pour l'accomplir. Peu importait le temps que cela prendrait, peu importait la difficulté, c'était pour moi la première occasion de développer mes capacités. Et dans un monde presque entièrement recouvert d'eau, connaître les bases de la navigation me semblait essentiel.

- Alors, que puis-je faire, capitaine ?




Obligé de quitter précipitamment Republic Island, le Loup des Mers reprend sa route avec à son bord de nouveaux membres d'équipage et une bien mystérieuse cargaison. Mulan s'est-elle engagée sur la voie de la piraterie ? Quelle utilité les costumes auront-ils pour Crevette et quelle sera la conséquence de leur utilisation ? Pourquoi pardonner quand on peut se venger ?

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Départ de Republic Island : Adieu ma patrie, je reviendrai !
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