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 Chasse au trésor

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ebi akuma

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MessageSujet: Chasse au trésor    Dim 12 Fév - 3:50

Ceci est la suite de " Pourquoi pardonner quand on peut se venger "
*************
Les préparatifs pour quitter Luvneel se déroulèrent en conformité avec nos calculs. Une fois les bagages chargés dans la chaloupe j’insistai pour que Ben montre sa carte avant de le prendre avec nous. Il s’en attendait, alors il s’exécuta sans rechigner.

" On dirait qu’il en manque un morceau de ta carte," dis-je en fronçant les sourcils. "Où est passé le reste? "
"J’sais pas Crevette. Je l’ai trouvée comme ça dans la bouteille."

Je l’avais mis à l’épreuve même si je connaissais la réponse. À voir la forme de sa carte on ne pouvait pas s’y tromper.

" Gare à toi si tu me caches quelque chose."
" J’te jure Crevette, je l’ai trouvée comme ça."

Je fis mine de le croire tout en lui faisant bien sentir que je m’en méfiais. Après, nous sommes tous montés dans la chaloupe et avons quitté les côtes. Il y avait Gontran et moi, Ben et le propriétaire de la chaloupe. À mesure qu’on s’éloignait, Ismaël resté sur le rivage devenait un point minuscule. Les au revoir ne sont pas toujours simples. Le frérot aurait bien voulu me suivre. Il en avait les larmes aux yeux. Je l’ai embrassé sur la joue et sur le bout de son nez retroussé, comme quand nous étions gosses ( j’ai le droit, c’est mon frère ), je l’ai serré bien fort et lui ai expliqué pourquoi je ne le prenais pas tout de suite, question de sécurité.

" Oui mais les autres tu ne peux pas leur garantir la sécurité non plus," avait-il protesté.
" Oui mais les autres c’est pas pareil. J’aime beaucoup chacun d’eux ; ce sont mes matelots et aussi mes amis. Mais toi, tu es mon frère. Comment penses-tu que je pourrais expliquer ta perte à notre sœur Évanes, hein ?  Elle ne voudrait plus jamais me voir."

Ismaël avait fini par se rendre à mes arguments et je le quittai, non sans regret. À présent, seul le bruit mouillé de nos rames rompait le silence absolu. Arrachant mes yeux du rivage je tournai mon regard vers le large. Nous avancions vers le Loup des mers, ancré plus loin.  On voyait notre navire à travers des poches de brume se dispersant sous l’effet du soleil levant. Il ne bougeait pratiquement pas. La mer était belle !

" He ho !!! Y a quelqu’un là-haut ?" héla Gontran encore à bonne distance.

Des têtes se pointèrent par dessus le parapet. Je reconnus Robin et un des jumeaux puis le boiteux approcha suivit de Hercule et d’autres têtes encore, quelques unes inconnues. L’un d’eux cria :
" Drago, Crevette vient d’arriver avec la mouche. Y a d’autres gars avec eux dans la chaloupe."

Nous avons profité de la mer paisible pour nous coller au flanc du navire au niveau de la barrière d’embarquement. Les gars descendirent la petite échelle amovible et je montai à bord. Gontran et Ben restèrent dans la barque pour nous passer les colis. Tout le monde s’affaira à la tâche. Une fois les bagages remontés et la chaloupe repartie, l’équipage se rassembla autour de nous. Accolades, poignées de main, grands sourires. L’accueil me parut sincère. Ça faisait un peu bizarre de se retrouver en famille avec des gens qui ne le sont pas mais dans la vie, on créé les liens que l’on  peut pour éviter l’isolement. Chacun a ses raisons et ses besoins, louables pour les uns, discutables pour les autres. Je scannai du regard les membres de l’équipage.

" Il ne manque personne à première vue. Tant mieux. Je vois même des nouveaux visages. Où est ton frère ?" m’enquis-je auprès de l'un des jumeaux.

" Pile s’est blessé à la jambe," dit-il d’une voix amortie."  Il se repose dans la cale."

" Comment c’est arrivé ?"

" Il a grimpé dans un mat mais il a perdu pied et s’est déchiré la jambe sur un crochet."  

" Ne t’en fais pas, J’ai apporté des médicaments contre l’infection, la fièvre et des onguents. On va le remettre sur pieds en un rien de temps. En plus le toubib sur l’île m’a instruit sur les doses à administrer. Il a même prit la peine de l’écrire sur une feuille. Tu vas trouver tout ça dans un de ces sacs. Tu sais lire ?"

" Oui, merci capitaine. Si je perds mon frère… "

" Arrête ça tout de suite ! " grondai-je d’un doigt menaçant. "Ça n’arrivera pas. Trouve ces médicaments dans les sacs, tu pourras commencer tout de suite à t’en occuper."
Le jumeau baissa la tête mais un sourire éclaira son visage. Il se mit sans tarder à fouiller dans les bagages en quête des remèdes pour son frère. Je m’adressai  alors aux autres qui semblaient vouloir bavarder.

" Ok les gars retournez à vos occupations.  Nous aurons amplement le temps de parler de nos aventures. Pour le moment  je dois discuter avec Drago. "

Ben se tenait à proximité, dans l’expectative. Je lui signalai de patienter et j’entrai dans ma cabine avec Drago derrière moi. J’embrayai alors directement sur l'objet de mes inquiétudes.

" Drago, nous sommes amis et des amis peuvent se parler franchement. Je ne vais pas passer par quatre chemins, je veux savoir ce que tu ressens de redevenir mon second. Je ne voudrais pas qu’on entre en compétition pour le poste de capitaine. Tu es mon homme de confiance et je veux donc dissiper tout malentendu entre toi et moi."

" Non Crevette. Ne t’en fais pas. J’ai aimé l’expérience mais le poste de second me va bien. Je ne t’envie pas. Tu as sans doute remarqué la présence de deux nouvelles têtes. Ce sont des matelots que j’ai croisés sur Sunny Grace. L’un deux a été canonnier et l’autre a beaucoup d’expérience comme artilleur. Ils ont travaillé ensemble. "

"  Tu as bien fais de les prendre. Nous en avons besoin pour combler les postes manquants. Mais pour en revenir à celui de capitaine, j’ai toujours dans mes projets de monter une flotte de navires et tu ferais un excellent capitaine pour l'un d'eux. Je tenais à te rassurer là-dessus. Mais en attendant, j’ai quelque chose à te montrer. Prépare-toi car comme je te connais, ton cerveau va disjoncter. Tu te rappelles de la carte qu’on a trouvé l’autre jour dans la bouteille ?"

" Oui, bien sûr, je l’ai apportée à mon ami sur Sunny Grace mais hélas, il n’a pu rien en tirer. Il n’a pas pu identifier l’emplacement malgré toutes ses connaissances."

" Eh bien , il y a du nouveau. As-tu encore cette carte ?"

" Certainement.  Je l’ai serrée dans ton bureau, juste là."

" D’accord. Sors-la pendant que j’appelle le dénommé Ben, celui qui est venu avec moi. Mais d’abord, laisse-moi te mettre en garde contre ce gars-là. Ne lui fais surtout pas confiance. La seule raison pour laquelle je l’ai emmené avec moi, c’est qu’il a quelque chose dont nous avons besoin. Bon, assez parler, je ne te fais pas languir plus longtemps."
J’ouvris la porte de la cabine..
" Ben , viens ici une minute. Nous voulons te montrer quelque chose. Et apporte ta carte."

Nous avons nettoyé la table  pour y  placer les cartes et les rapprocher. Les deux se combinaient parfaitement. Les yeux de Drago faillirent se détacher de leurs orbites.
" Wow! je n’en crois pas mes yeux. Nous avions cru à tort qu’il s’agissait de la carte d’une des mers de la planète mais il s’agit en fait d’un plan de la région de Yurikago. Il n’y a aucun doute. Les deux cartes recollées le démontrent clairement. "
carte (animation):
 

" Tu as raison mais moi  je trouve bizarre la présence de tant d’îlots dans la baie. Ne trouves-tu pas ? Nous y étions dernièrement, tu te souviens, après le vol de diamants ? Nous avions observé à peine trois petites îles et non pas une quinzaine. Alors pourquoi toutes ces marques comme si quelqu’un avait inventorié tous les obstacles à partir du plancher de l’océan. Dans quel but localiser tous les récifs, les têtes de rochers à fleur d’eau ? "

" C’était peut-être pour la navigation des gros navires avec un tirant d’eau de plusieurs mètres de plus que le vôtre."

Ben avait parlé. La perspicacité de son commentaire me surprit. Fallait convenir que le gars avait une tête sur les épaules et une bonne connaissance des termes maritimes. Il n’avait pas paru surpris ni offusqué de constater que je lui avais caché l’existence de cette deuxième carte. Pour le moins étrange, je trouvais.

" Ça fait du sens ce que tu dis," avait remarqué Drago d’une voix distante.

Ben avait laissé la porte entr’ouverte et Gontran en avait profité pour entrer discrètement. Nous nous étions retournés à cause du bruit des gonds rouillés.
" J’ai vu la porte ouverte…" dit Gontran avec la binette d’un gamin pris en défaut.

" Entrez mon brave." prononçai-je avec l'accent affecté de la noblesse tout en faisant une légère courbette. Ensuite je repris dans mon langage habituel: "  Laisse la porte ouverte. Je ne voudrais pas que les hommes pensent qu’on complote quelque chose dans leur dos. Ça concerne tout le monde, au fond."

Mon geste amusa et intrigua un peu la galerie. Pendant ce temps Drago étudiait la carte avec la concentration d’un archéologue qui découvre des inscriptions sur les murs d’une ancienne caverne.  

"Regardez," dit-il en montrant des points sur la carte. "Nous avons quatre X maintenant en comptant celui juste là, qu’on distingue à peine. J’ai idée qu’il y a un message dans la position de ces X. Si on traçait des lignes de l'un à l’autre, en diagonale, l’intersection se trouverait tout près de cette pointe de terre. Juste là. "
carte2 (animation):
 

"Comment on appelle une pointe de terre qui avance dans la mer, un cap ?"  dis-je en regardant Gontran.

" J’sais pas moi,"  répondit Gontran gêné par la question. "Pourquoi tu me demandes ça ?  J’ai été à l’école deux jours et la maîtresse était pas là."  

" Une péninsule, je dirais, intervint Drago. "

D’autres matelots étaient entrés dans la cabine et jetaient un œil à qui mieux mieux sur les cartes posées sur la table. .

" Comment ils ont fait pour voir toutes ces roches ? L’eau n’est pas si claire," observa Robin.

" Ils ont peut-être des instruments spéciaux," proposa Drago.

" Oui ça fait du sens, à moins que… non ça ne se peut pas. "

" Quoi ? Dis toujours Crevette, on verra bien," insista Drago.

"À moins que le niveau de la mer ait baissé à un moment donné. Arf… "

Drago sursauta comme s’il venait de subir un choc électrique.
" C’est ça, Crevette. Une marée ! Une marée énorme. Nous en avons justement parlé avec mon ami géographe à Sunny grâce, Octav à qui j’ai montré la carte. D’après les records, ça s’est déjà produit, il y a 82 ans, lors du passage de la comète Minosky. Elle a provoqué une énorme marée d’est en ouest. L’eau a reflué pendant trois jours. Le recul de l’eau a dégagé le littoral sur plusieurs milles marins. Le niveau de la mer aurait fluctué d’une dizaines de mètres par endroits. Je ne me rappelle pas pourquoi on avait parlé de cette comète. Ah oui, c’est parce qu’elle revient très prochainement. Son cycle est justement de 82 ans."

Cette affaire de comète et de marée me rendait curieux. Je voulus en savoir plus :
" Prochainement ?  Dans combien de temps ? Le savait-il ?"  

"Oui, d’après Octav, laisse-moi compter.  Dans quatre ou cinq jours."

" Quoi ? Dans quatre ou cinq jours !! Tu plaisantes ! On n’a pas de temps à perdre. Il faut se rendre là-bas tout de suite avant que la marée reflux."
 
Soudain Drago se mit à s’agiter, à frétillait comme un enfant le matin de Noël. On devinait que son imagination s’emballait.
" Yoo..hoo ! " dis-je en claquant des doigts devant son visage. "À quoi tu penses Drago ?"
" Désolé, je rêvais tout éveillé. "

"  Allez , dis-nous. On ne se moquera pas. ."

Drago hésita un moment :
"Je pense aussi, comme Ben l’a suggéré, qu’ils ont cartographié le fond marin avec l’idée d’approcher un navire de gros tonnage dans cette baie. Et pas n’importe quel navire, l’Oro Jackson !"

" L’Oro Jackson ! C’est pas le navire de Gold D. Roger ça? " dis-je étonné.

" Oui. Je viens d’y penser, 82 ans, ça remonte environ un an avant la mort de Gold Roger. Je pense qu’avant de se rendre aux autorités Gold D. Roger est venu visiter cette baie après avoir libéré son équipage. Pourquoi ? J’aimerais bien le savoir."

Je ne cherchais pas à le contredire mais il me semblait que Drago nous inventait une histoire à dormir debout. D'où diable sortait-il ça?
" Là tu rêves Drago, c’est sûr. C’est de la spéculation à l’état pur. Pourquoi un pirate de la trempe de Gold Roger aurait voulu venir ici ? Même si on admet que le passage de la comète a coïncidé avec la visite de l’Oro Jackson dans cette région, le reflux soudain de la mer aurait créé la panique. Si le navire était ancré dans la baie il n’aurait pas pu s’en sortir."

" Pas forcément. Peut-être il le savait. Ces phénomènes célestes sont connus depuis l’antiquité de façon très précise. Roger avait sûrement des contacts dans la classe des élites scientifiques. Il savait à quoi s’attendre. Quel meilleur endroit pour cacher un trésor que de profiter d’un phénomène naturel rare ? "

"Je ne sais pas Drago. Tu nous mets l’eau à la bouche mais ça frappe fort ton affaire. Ça me dépasse. Mais plût au ciel que tu aies raison."  

"Pourquoi il aurait caché son trésor dans cette baie alors que tout le monde est sûr qu’il l’a caché sur Rough Tell, " intervint Gontran.

"C’est un bon argument ça," rajoutai-je. "Toi-même en étais convaincu Drago.  Je me souviens que tu me pressais pour m’engager dans cette direction. "

"Oui mais plus j’y pense et plus je crois que ce Gold Roger était un gros farceur. Il a fait en sorte d’envoyer tous les pirates à l’autre bout de la planète pour chercher le fameux One Piece et il a caché son trésor tout près d’eux, pas loin de l’île Yurikago, un repère bien connu de pirates. Une sorte de pied de nez.  Un chef-d’œuvre d’arnaque !"

" Mais alors pourquoi il aurait jeté des bouteilles à la mer avec des cartes à l’intérieur s’il ne voulait pas qu’on le trouve son trésor?" demanda Robin qui suivait la conversation avec intérêt.

" Il le voulait sûrement qu’on découvre son trésor un jour ou l’autre. À quoi sert de cacher un trésor si jamais personne ne peut le trouver ? Il aurait donc laissé des indices. Nous avons mis la main sur deux de ces bouteilles. Il y en a peut-être d’autres…"

Malgré que son idée fut séduisante, je ne pus m’empêcher de questionner les probabilités de la concordance de tous ces événements.
"Et ça aurait pris 82 ans avant que quelqu’un trouve les bouteilles ! Et comme par hasard ces bouteilles refont surface un mois avant le retour de cette comète. Et en plus, les cartes dans ces deux bouteilles se retrouvent comme par magie, entre nos mains. Ça fait beaucoup de coïncidences, tu trouves pas ? "

" Le hasard fait bien les choses, dit-on. Bon d’accord j’ai peut-être tout faux," admit Drago. " Rien n’indique un lien entre cette comète et le trésor. Octav en parlait avec tant d’enthousiasme que je me suis laissé enflammer.  Mais quoiqu’il arrive on ne voudra pas manquer le spectacle. Il a dit que cette comète était de toute beauté ; qu’on la verra à l’œil nu. On pourra à tout le moins profiter d’un phénomène extraordinaire visible une seule fois dans notre vie. Et pour le reste, tu as sans doute raison, c’est mon imagination qui dérape."

" Peut-être Drago  mais j’ai bien l’intention de m’y rendre, juste au cas où. On va rester ancré au large et aller sur la plage avec une chaloupe. On a rien à perdre et si tu as raison, on a tout à gagner. Et dans ce cas, je veux être aux premières loges. Alors les gars, cap sur la baie de Yurikago et toutes voiles dehors,"


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Dernière édition par ebi akuma le Lun 20 Mar - 3:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chasse au trésor    Lun 20 Fév - 6:51

Le vent gonflait les voiles. Nous pouvions filer à bonne vitesse quand le vent se mettait de la partie. Dans des conditions optimales nous pouvions atteindre 20 nœuds. Nous avions embauché d’autres matelots, des gabiers surtout, spécialisés dans l’entretien, la réparation et la manœuvre des voiles.  L’équipage au complet comportait désormais plus de 30 hommes. Jusqu’à présent nous avions opéré avec des effectifs réduits mais ça ne pouvait durer. Certains navires de la taille du nôtre embarquaient 60 matelots et plus. J’avais parier sur un équipage plus restreint mais ça nous plaçait dans une zone critique. Nous devenions une proie facile pour des bateaux ennemis.

Nous formions un équipage de plus en plus organisé. Le bon fonctionnement d’un navire incombait normalement au second. Il s’occupait du recrutement, de l’assignation des postes, de la discipline. Sans avoir jamais entendu le mot démocratie nous en pratiquions certains de ses principes : la justice, l’égalité, deux notions primordiales pour gérer un groupe d’hommes. Nous avions des règles à suivre, le code d’honneur de la piraterie. Je voyais une certaine ironie dans tout ça. Alors que ces hommes avaient rejeté la société et ses contraintes, ils acceptaient d’emblée celles qu’on leur imposait et dont la transgression rendait souvent passible de la peine de mort.

Ben Affreu ne faisait pas partie de l’équipage. Je comptais m’en débarrasser aussitôt le mystère des cartes élucidé. Pour le moment je tenais ma parole de lui garantir la sécurité. Un type prétentieux, vantard et porteur de tous les péchés capitaux, deux gorgées de vin suffisaient à lui délier la langue. Il se lançait alors dans le récit de ses exploits en tant que chasseur de primes. J’en avais entendu parler vaguement et je tentai de lui rabaisser le caquet un brin :

" Le bruit a couru que tu t'en prenais à des cibles faciles. N'as-tu pas agressé un pauvre homme en chaise roulante? Tu lui aurais cassé les bras d'après ce qu'on dit."  
"   Écoutez, je prenais les contrats qu'on m'offrait. Le gars avait écrasé le chien de son voisin avec sa chaise. Le propriétaire du chien, persuadé que le voisin l'avait fait exprès m'a payé pour lui casser les bras en représailles. Mais le gars n'avait qu'un seul bras alors par souci d'honnêteté j'ai remboursé la moitié de la prime. "  
"  Ce geste t'honore ! "  dis-je avec un rictus sarcastique. 

Je m’éloignai ensuite avant d’avoir la nausée. Je nourrirais à l’égard de cet homme une antipathie naturelle tenace à laquelle se greffaient des flash-back éprouvants d’une époque pas si lointaine.
 
Nous laissions le vent nous entraîner au sud-sud-est.  Nous voulions ainsi nous tenir à distance de l’île de Yurikago des Kapers afin d’ éviter de mauvaises rencontres. Au troisième jour nous avons modifié le cap pour nous diriger directement vers l’est et nous sommes arrivés à destination, face à la baie de Yurikago, le matin suivant. Le soleil se levait. Il ne restait plus qu’à attendre.
"   Nous y voilà, "  déclara Drago d’une voix solennelle en allongeant les bras devant lui. "   Matelots, jetez l’ancre et carguez les voiles, nous allons rester ici pour un bout de temps. "  
 
Il nous fallut attendre deux jours de plus avant d’observer une lueur nouvelle à l’horizon, à l’ouest. On la vit pour quelques heures monter dans le ciel puis la lueur se perdit dans la lumière du jour.

"  C’est tout ? "  s’exclama Pile visiblement désappointé.
Le jumeau se sentait mieux et pouvait marcher à présent en s’appuyant sur une cane que le boiteux lui avait prêtée. Il s’en sortirait avec une bonne cicatrice sur un mollet.

" Mais non,"   expliqua Drago. "  Elle est encore trop loin. On la verra plus grosse demain, au même endroit. "  
 
Et effectivement le lendemain  le point lumineux avait grossi et monta plus haut avant de s’estomper. Le troisième jour on put la voir à sa pleine dimension, une boule énorme suspendue au-dessus de nos têtes.

" Wow ! j’ai jamais vu un astre aussi gros dans le ciel de toute ma vie, à part le soleil. Si jamais elle s’écrase sur nous... " supposa un des jumeaux sans achever sa pensée, fixant l’astre avec un mélange de vénération et de crainte.

"C’est fantastique," ajouta son frère tout aussi impressionné. " Mais ça fait peur. C’est peut-être un présage de la fin du monde."  

"Je ne pense pas qu’on doive s’en inquiéter, " les rassura Drago. "Elle suit  la même trajectoire depuis des milliers, des millions d’années. En fait, c’est un astéroïde et non une comète. "  

Les gars se mirent à bombarder Drago de questions : « Combien de temps elle va rester; pourquoi elle se déplace si lentement; pourquoi elle provoque des marées ? »
Drago répondait avec la patience de l’ancien professeur qu’il fut.
"Nous devrions la voir à cette dimension pour deux jours seulement, aujourd’hui et demain. Son orbite se trouve à sa périhélie, le point de sa trajectoire le plus près de nous. Elle contourne notre planète avant de s’en retourner dans les profondeurs de la voie lactée. "  
 
Il ajouta que l’astéroïde semblait quasi stationnaire parce que notre planète pivotait à la même vitesse et dans la même direction. Les forces d’attraction combinées de l’astéroïde et du soleil expliquaient le phénomène des marées.
 
"Aujourd’hui," poursuivit-il,  "le niveau de la mer devrait baisser énormément pour environ huit heures. Ensuite la marée s’inversera. Mes amis, préparons-nous à voir quelque chose qu’on ne voit pas en temps normal. "  
 
Pour évaluer les variations du niveau de l’eau, on s’était fixé un point de repère sur la falaise. À 9h 30 , le niveau avait déjà baissé d’au moins deux mètres par rapport à notre repère et la mer continuait de refluer.
" Regardez là-bas, "  cria soudain Robin en allongeant son bras, "on dirait qu’il y a un trou dans la falaise, juste là. On voit comme une crevasse. L’entrée d’une caverne peut-être. Il faudrait se rapprocher pour mieux voir. "  
 
Il avait raison. Je décidai d’y aller avec les plus anciens, Gontran, Robin, les jumeaux et Drago.  Forcément Ben viendrait avec nous. Hercule resterait derrière en charge du navire avec le boiteux, Gus , Vic et les derniers venus. Nous n’étions pas très loin. Une dizaine de minutes à ramer suffirait pour nous rendre à la crevasse. Nous apportions seulement une torche rudimentaire pour s’éclairer au cas où.

"Regardez, il s’agit bien d’une caverne," confirma Robin aux abords de la crevasse.

Nous aurions pu pénétrer à l’intérieur avec la chaloupe mais après avoir testé la profondeur de l’eau avec une rame je décidai de patienter. Une demi-heure plus tard le niveau de la mer avait baissé suffisamment pour nous permettre de quitter la chaloupe. Nos bottes enfonçaient jusqu’aux chevilles dans le limon imbibé. À l’intérieur de la caverne, l’eau suintait des parois. Nous avancions prudemment. La cavité en forme de tunnel n’avait qu’une vingtaine de mètres de profondeur mais tout au fond on pouvait distinguer une ouverture dans un mur latéral. Cette galerie donnait accès à une grande caverne presque circulaire. Un puits de lumière éclairait quoique faiblement l’espace.

"Wow! On n’aurait jamais pu deviner pareil endroit de la surface, " s’étonna Robin. "C’est fantastique ! Mais d’où vient cette lumière ? "  

"Elle vient d’une cavité naturelle qui débouche à l’extérieur, une grotte. Il s’en forme souvent à l’intérieur des montagnes. On pourrait d’allumer la torche quand même, "  ajouta Drago.

"Regardez là-bas, au fond. On voit quelque chose qui brille. On dirait un coffre," s’emballa Gontran.
 
Tous les matelots se regardèrent avec étonnement. Un trésor ! L’excitation pouvait se lire sur les visages.

"Avancez prudemment. Il y a peut-être des pièges, " dis-je tout bas sans trop savoir pourquoi.  

Nous approchions à pas mesurés, terriblement excités. On pouvait voir quelques objets en or, des calices, une couronne, des bracelets, partiellement enfouis dans le sable à la base du coffre. Il faisait un mètre de largeur, environ, assez pour contenir une fortune. Le couvercle bombé et les ornements de cuivre lui donnaient un look de richesse. J’ouvris prudemment les loquets de chaque côté de la serrure. À mon étonnement, le coffre n’était pas verrouillé. Le couvercle se leva facilement. Chacun retenait sa respiration. On s’attendait à voir le coffre plein à craquer de pièces d’or et de bijoux mais il était à moitié vide. Il contenait du sable, deux lingots d’or et un coffret.

"Quoi ? "  s’exclama Pile en faisant une grimace. " C’est ça le One piece ? Tout le monde cherche depuis des années pour deux lingots d’or, trois vases et une couronne ! C’est très décevant, moi je vous le dis."  

"Et moi qui imaginais le coffre bourré d’or et de pierres précieuses, " ajouta son frère en bougonnant. " C’est très décevant."  

"Non je ne pense pas qu’il s’agisse du One piece,"   affirma Drago. " On dirait plutôt une mise en bouche. Ça reste quand même un beau butin, les gars. S’ils sont en or massif ces lingots valent beaucoup d’argent. "  

De mon côté je cherchai à remonter le moral de la troupe. 
" Allons les gars, pas de bourdon. Nous avons quand même un trésor. Nous allons tout apporter sur le navire, les objets de valeur et le coffre aussi. Videz-le du sable qu’il contient. Et ce petit coffre qu’est-ce qu’il y a dedans, Robin ? "  
" Une clé."  

Les hommes retirèrent les lingots d’or et renversèrent le coffre pour vider le sable. Une fois remis à l’endroit, un objet cylindrique en forme de tube sortait partiellement du tas de sable. Le premier a le voir fut Ben.
"C’est quoi ça," dit Ben en le saisissant ? "Un sceptre ! Un pistolet ? "  

Par sa beauté, l’objet pouvait effectivement avoir appartenu à un monarque. Il était pourvu d’une poignée torsadée et plaquée d’or recourbé comme la crosse d’un pistolet. Un tube transparent d’environ 40 centimètres et serti de pierres précieuses tenait lieu de canon. Mais l’élément le plus remarquable était sans contredit le corps fin d’un cobra qui s’enroulait autour du tube et dont la tête se dressait à l’extrémité, la gueule ouverte et les crochets saillants. Près de la poignée, la queue du cobra formait un arc sous le tube à la manière d’une gâchette. Ben le remarqua.  
"On dirait la gâchette d’un pistolet ? " dit-il étonné en posant son doigt dans le creux de l’arc.
sceptre:
 

Il appliqua ensuite une pression. Par curiosité sans doute. Aussitôt un faisceau d’éclairs bleus jaillit du bout du tube suivi d’un crépitement sinistre. Drago et Face, un des jumeaux,  qui se tenaient en ligne avec la décharge tombèrent comme des masses.
Voyant le potentiel de l’arme qu’il tenait dans sa main, Ben fut saisi de la folie du pouvoir. Il recula d’un pas et pointant l’arme vers les autres membres de l’équipage :

"Ne bougez plus. Reculez, tout de suite. C’est moi qui commande maintenant."  
Pile s’était précipité au secours de son frère.

"Tu as tué mon frère," hurla Pile en se ruant vers Ben. " Espèce d’assassin, je vais te…"  

Pile ne put finir ni sa phrase ni son élan, Ben avait actionné l’arme une fois de plus. Pile tomba face contre terre. Robin se mit à courir vers la sortie mais Ben le visa.  Robin tomba. Puis Gontran devint la victime suivante. Je restais seul debout et Ben pointa l’arme dans ma direction. À voir la fièvre dans son regard je compris qu’aucun argument ne viendrait à bout de sa folie. Je tentai quand même de le raisonner :

" Arrête Ben. Ne fais pas l’idiot. Tu ne pourras pas t’en sortir sans nous. "  
" Tu te trompes la crevette. Avec cette arme, je suis tout puissant. L’équipage va devoir m’obéir. Surtout quand ils vont apprendre la mort de leur cher capitaine. Croyais-tu vraiment que j’allais me plier à tes ordres ? Tu seras toujours  un minus à mes yeux. "  
 
Les paroles ne servaient plus à rien, Ben s’enfonçait dans son délire. Décidé à mourir l’arme au poing, je sortis mon sabre. Ben appuya sur la gâchette. La seconde qui suivit je ressentis une douleur atroce dans mon ventre et je m’affaissai sur le sable. Convaincu d’avoir été touché mortellement, je me demandai pourquoi… je ne mourrais pas ! Ben avait-il mal visé ? Mon sabre avait-il dévié l’éclair ? Cet éclair était-il destiné à tuer ou à seulement engourdir sa cible? J’étais tombé avec mon bras replié au-dessus de ma tête. Je voyais ma main, mes doigts, ma bague. Je repensai alors aux paroles du sorcier : « Cette bague pourrait te sauver la vie un jour. Elle contient deux doses d’un fruit du démon.» Le sorcier avait ajouté que la seule façon d’en connaître l’effet était de l’essayer. À ce stade je n’avais plus rien à perdre. Je bougeai mon autre bras. Chaque mouvement causait une horrible douleur. Je parvins à retirai la bague de mon doigt. Je soulevai la pierre pour accéder à la petite cavité en-dessous. Sans hésiter je pris une des deux capsules et la mis dans ma bouche. Aussitôt je la sentis se dissoudre puis… plus rien. Tout devint noir.  


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MessageSujet: Re: Chasse au trésor    Mar 28 Fév - 5:45

" * Combien de temps s’écoula après ma perte de conscience ? Je ne pouvais pas dire. Quand je suis revenu à moi je ne bougeais plus, j’étais en état de léthargie. Une grande confusion régnait dans mon esprit. Qu’est-ce que je faisais ici, allongé sur le sable dans un endroit mystérieux, souterrain et humide? Je voyais les jumeaux devant moi et Drago un peu plus loin qui se relevait péniblement. On avait dû le frapper car il se frottait la nuque. Il s’approcha en titubant.*    

" Les jumeaux, vous allez bien ? Qu’est-ce qui s’est passé ? "   demanda Drago.

"  Eh bien, répondit Face en se grattant la tête,  je vais répéter ce que j’ai raconté à mon frère. Quand Ben a pesé sur la gâchette du pistolet, je me tenais derrière toi. J’ai été frappé moins fort. J’ai pu voir ce qui s’est passé. Ben a tiré sur tout le monde et sur Crevette aussi. Je l’ai vu tomber mais Crevette avait l’air de pouvoir bouger un peu et il a avalé quelque chose. Ensuite il a commencé à grossir et à se déformer. Il gonflait à vue d’œil. Finalement il est devenu un alligator et il a mangé Ben. Au complet. Le linge, les bottes, tout au complet. Le sceptre avec. Puis là, je sais pas ce qui lui arrive, il bouge plus. On peut lui toucher, lui parler. Rien. Aucune réaction. "    
 
"Tu veux dire que ce reptile… c’est Crevette? s’étonna Drago. Ça alors, on aura tout vu ! Ça me paraît tellement  incroyable?"    

"Oui je sais mais  regarde son linge tout déchiré. Il a encore la chemise de Crevette autour de sa patte d’en avant et son pantalon est en loques. Je lui ai touché. J’avais jamais touché à un alligator avant. La peau est vraiment dure, comme une cuirasse. Touche-lui tu vas voir. Ça le dérange pas."  
 
"S’il a dévoré Ben, je suppose qu’il digère,  spécula Drago en touchant prudemment les protubérances  sur le dos. Certains reptiles sombrent dans le sommeil après un repas copieux. "    

" Copieux, c’est le moins qu’on puisse dire. Qu’est-ce qu’on va faire, Drago ? "    

"  On ne peut pas le laisser là. On ne sait pas non plus combien de temps il va rester comme ça, " répondit Drago encore étonné.
 
" *J’écoutais sans réagir. Face parlait de moi mais il se trompait sûrement, je n’avais pas mangé Ben. Le pauvre garçon hallucinait. Par moments il me revenait des bribes de souvenirs mais je flottais encore dans un état de somnolence, incapable de réagir, de communiquer. Drago regardait autour, analysant la situation. Robin et Gontran commençaient à se redresser. Ils s’approchèrent en regardant tour à tour les jumeaux  puis Drago. Ils avaient l’air complètement déboussolés. Gontran pointa un doigt dans ma direction :* "  
 
"  D’où il sort cet animal ? Il est mort ou quoi ? "    

"  Où est Crevette ? Ce crocodile l’a mangé ?" demanda Robin.

Face commença à raconter son histoire encore une fois :
" Non, non ! Le croco, c’est crevette. Quand Ben ramassait les lingots d’or j’ai vu Crevette qui bougeait. Je ne pouvais pas voir ce qu’il faisait au juste mais il a retiré sa bague. Puis ensuite il a mis quelque chose dans sa bouche et alors il a commencé à se transformer en alligator. Puis il s’est approché de Ben et l’a dévoré. Il l’a mangé tout rond. "    
 
" *La bague ! Je me souvenais maintenant. Ben et le pistolet à éclairs, tirant sur tout le monde puis sur moi; la douleur dans mon ventre. Et j’avais avalé une capsule dissimulée dans ma bague. Le sorcier m’avait averti au sujet de ce concentré du fruit du démon. On pouvait connaître ses effets seulement après l’avoir ingéré. Ainsi les gars disaient vrai, je m’étais transformé en alligator. Là ça m’inquiétait vraiment. L’effet durait combien de temps ? Je ne voulais pas rester comme ça toute ma vie, à barboter  dans un marais. J’entendis Drago parler : * "    

"Alligator ou non, il reste notre capitaine. On va devoir le transporter sur le navire et attendre qu’il redevienne normal.  N’ayez pas peur, vous pouvez vous approcher."  

"Il ne va pas nous dévorer, dites ? "  

"Mais non Gontran, répliqua Drago. Il a le corps d’un alligator mais ça reste Crevette dans sa tête. Du moins je le crois."    

"Hé, regardez, s’exclama Robin, il commence à bouger. Sa gorge gonfle…on dirait qu’il va vomir. Yeck ! c’est quoi ça, des bottes ? Y a aut’ chose qui sort de sa gueule. Tire dessus Gontran. "  

"Hein ? Pas question, c’est tout gluant. On dirait le linge que Ben portait."    

"Il l’a vraiment mangé alors ! C’est pas croyable, "   commenta Pile. 

"  Tant pis pour ce salaud, pesta Drago en colère. " Il voulait tous nous tuer et s’enfuir avec l’or et le sceptre. Et justement, où est-il ce fameux sceptre ?"  

Robin donna un coup de tête en direction de l’alligator.
"Il est encore là-dedans, je suppose."  

"Il faudrait qu’il le rejette avant de changer sinon il va en mourir. Je me demande bien ce qu’il a avalé pour se transformer comme ça ? poursuivit Drago avec l’air de réfléchir."Il y a seulement un fruit du démon qui peut provoquer un phénomène  pareil. Et même là, ça reste difficile à expliquer pour un esprit scientifique. Il y a des lois dans la nature, vous savez. « Rien ne se perd; rien ne se créé. » Il s’agit d’une loi fondamentale et incontournable. Comment un corps de 75 kilos de masse peut se transformer en quelque chose cinq fois plus massif en si peu de temps. Ça implique une création de masse, ce qui est impossible. À moins que…."    

"Tu penses à quoi Drago ? " questionna Robin.

"  À moins d’emprunter la masse à son environnement. Pour respecter la loi de la conservation de la masse il faut qu’il puisse l’emprunter cette masse. D’après moi, ce fruit lui donnerait le pouvoir d’aspirer l’énergie et la matière ambiante. Un peu comme un aspirateur. Il s’accapare de la matière du sable et même des molécules dans l’air. Par quel procédé, là j’en ai aucune idée. Ça implique beaucoup de réactions chimiques, de transferts d’énergie. Face, tu le voyais toi,  as-tu remarqué autre chose ? "  

"  Oui et non. Il y avait des petits éclairs tout autour de lui mais je pensais que ça venait du pistolet de Ben, ou de mes yeux. "    

"  S’il a vraiment mangé un fruit du démon, il ne faut pas qu’il tombe à l’eau, pas avant d’avoir recraché le sceptre. L’eau salée annule le pouvoir de ces fruits. Il en mourrait. Nous allons devoir l’apporter avec nous dans la chaloupe. "  

"  On ne pourra jamais le transporter Drago, réagit Gontran. Il fait quatre mètres de longueur, au moins. Et combien il pèse ? Trois cents kilos ? "  

"Au moins 300. Je dirais même plus, renchérit Robin. "C’est un monstre. Il faudrait qu’il nous aide sinon on a un gros problème."    

"Essayons  de lui parler, suggéra Pile qui se tenait tout près. Ça reste Crevette dans sa tête, pas vrai ? Donc, il ne pense pas comme un alligator. Au fait, ça pense à quoi un alligator ? "  

" À manger… et il raffole de jumeaux, décocha Gontran pour taquiner. Puis il ajouta : Sans blague, si quelqu’un nous voyait parler à un alligator, notre réputation en prendrait un coup. "  

" Quelle réputation ? rigola Robin.  Hé, regardez. Il bouge. Il avance. On dirait qu’il nous a compris.  "  

"*J’avais compris mais chaque mouvement exigeait une force de volonté incroyable. Malgré tout, je parvins à traverser la salle et l’ouverture par où nous étions entrés. Je me rendais compte de mon nouveau corps. Je m’y habituais, si on peut dire mais j’éprouvais une fatigue écrasante. Je continuai à avancer d’ une dizaine de mètres à l’intérieur de la caverne , lentement, sous les encouragements des matelots. Puis je m’arrêtai. Je n’en pouvais plus.* "  
 
" Il ne peut pas aller plus loin, constata Drago. Ok vous deux, dit-il en pointant les jumeaux, approchez la chaloupe. Il reste à peine une dizaine de mètres à faire. Après on devrait pouvoir la pousser pour atteindre l’eau sinon il va falloir attendre le retour de la marée.  J’espère que la chaloupe va tenir le coup avec ce poids supplémentaire.."  
 
Deux heures plus tard la chaloupe avec tous ses passagers accosta le Loup des mers ancré au large. Les hommes sur le navire crurent d’abord qu’on voulait se payer leur tête. Drago dut mettre un terme à leur frénésie de questions :
"  Calmez-vous les gars, c’est Crevette, notre capitaine. On vous racontera toute l’affaire une fois là-haut. Lancez-nous des cordes. "  
 
* " Les matelots lancèrent deux cordes.  Robin suggéra de faire un nœud de pompier avec une corde et passer les boucles sous les aisselles de mes pattes de devant et de procéder de la même manière pour les pattes arrières. Une fois les cordes mises en place, ils parvinrent à hisser la partie avant de mon corps sur le pont. Je faisais des efforts pour aider en m’agrippant aux poteaux du bastingage mais il fallut toute la puissance de Drago, de Hercule et de plusieurs autres matelots pour me hisser sur le pont à brasse-corps et à l’aide des cordes.. Ensuite, pour convaincre l’équipage Drago me posa des questions simples auxquelles je pouvais répondre par des signes de tête : oui ou non. Quand tout le monde  fut convaincu, m’eut touché et tâté, je me dirigeai lentement vers la porte de ma cabine. Ils comprirent que je voulais me reposer . " *  
crevette:
 
***
Le lendemain matin je m’éveillai à l’aube, allongé sur le plancher. En regardant mes mains je constatai avec satisfaction être redevenu humain mais pas tout à fait normal. Je m’en rendis compte en me redressant car ma tête heurta le plafond de la cabine. Je faisais plus de deux mètres de hauteur. Par bonheur j’avais dégorgé le sceptre au cours de la nuit. J’étais nu et mes vêtements de rechange ne servaient plus à rien. J’entrouvris la porte et scannai le pont du regard. Drago jasait avec Vic à la barre du gouvernail. Il se retourna juste comme j’allais l’interpeller.
"  Eh ! Crevette. Tu es redevenu toi-même."    
"  Pas tout à fait Drago. Toi ou Hercule auriez-vous un pantalon et une chemise à me prêter."    
 
Je pus enfiler le pantalon de Hercule, plus grand de taille que celui de Drago. Par contre les jambes du pantalon ne couvraient pas mes chevilles. Quant à la chemise, je ne pouvais pas attacher les boutons. Plusieurs matelots étaient montés sur le pont. Quand je sortis de ma cabine, ils me regardaient avec des yeux ronds et la bouche ouverte. Ils n’en revenaient pas. Je dépassais Drago et Hercule d’une tête.

"Wow ! Tu es un géant, Crevette. Il va falloir nous trouver un couturier pour te confectionner des vêtements à ta taille. "  
*



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MessageSujet: Re: Chasse au trésor    Mer 8 Mar - 5:38

réponse à Bonney:
 
J’avais du mal à rassembler mes esprits tant cette aventure m’avait secoué. Mais l’étonnement passé, il fallait évaluer l’impact des derniers événements et décider de la suite des choses. Je songeais à lever l’ancre sans tarder mais une dizaine de matelots voulurent retourner dans la caverne pour l’explorer plus à fond. Je n’en voyais pas l’utilité mais je ne posai pas d’objection. Rien ne pressait vraiment et le temps clément se prêtait à la détente ou à l’excursion, le navire resterait donc ancré pour un autre jour. La chaloupe partie, le calme s’installa. Je me retirai dans ma cabine. Quelques heures plus tard Drago cogna à la porte.

"Je te dérange ? " fit-il un peu gêné en passant la tête dans l’ouverture de la porte.  

" Non, non. Entre Drago. Allez, prends une bûche, on va jaser un peu. Je suis encore dans les vapes, incapable de mettre mes idées en ordre, ton avis ne pourra pas nuire. Quelle expérience quand même ! Je vais la noter à l’encre rouge dans mon journal de bord."  

Drago s’assit et me présenta l’écrin trouvé dans le grand coffre :
"On s'en souviendra longtemps, ça c’est sûr. Je voulais te redonner ta bague. Il y avait aussi ce médaillon dans le tas de sable qu’on a vidé du coffre. On l’a vu quand tu as bougé. J’ai tout mis ça dans ce coffret avec la clé."  

J’ouvris le coffret et en sortis le médaillon que j’examinai dans tous les sens.
"C’est un beau médaillon mais bien malin qui saurait d’où il vient ou à qui il peut servir. Tu sais Drago, on ne peut pas se vanter d’avoir trouvé le One Piece mais on n’en ressort pas bredouille de cette affaire. Cet or va nous financer pour un bon bout de temps. Il faudra voir si on peut l’écouler à bon prix. Il va nous rester le sceptre et ce médaillon. Quelle est leur histoire ? Y a de quoi se griller les neurones là-dessus. Ah oui ! la clé du coffret, l’as-tu essayé dans la serrure du coffre ? "  

" Oui mais elle n’ouvre pas le coffre. Elle n’entre pas dans le trou de la serrure. Le symbole qu’il y a dessus m’intrigue. Regarde,  dit-il en pointant de son doigt, on retrouve le même symbole sur ce médaillon.  Il y a donc un lien entre les deux."  

" Intéressant tout ça mais je vais te confier Drago, que lorsque je vous voyais tomber les uns après les autres, je ressentais une grande perte et aussi une lourde responsabilité pour ce qui nous arrivait. Nous avons eu beaucoup de chance que ce sceptre n’ait pas pour fonction de tuer. J’avais commis une bourde énorme en apportant Ben. Un vrai pirate lui aurait tout simplement volé sa carte avant de lui trancher la gorge. "  

"Tu restes humain Crevette, ce n’est pas toujours une faiblesse. Les matelots apprécient la personne que tu es. Tu les traites avec respect et ils te respectent en retour. Je peux te l’assurer."  

"Ce ne sont pas de mauvais bougres. Certains n’ont pas eu de chance. Tu sais, vieillir dans notre monde n’a rien de reposant. Le culte de la force fait beaucoup de ravages. Plusieurs garçons ne savent s’exprimer que par la violence. D’autres la subisse. J’en ai souffert mais je ne vais pas revenir là-dessus."  

"La nature applique la loi du plus fort et elle ne s’embarrasse pas de compassion. Mais c’est peut-être un mal pour un bien. Qui sait, si tu n’avais pas subi l’intimidation, tu ne serais pas ce que tu es aujourd’hui."  

"Ma foi, c’est vrai ce que tu dis! Tu as l’art de remettre les choses à l’endroit. Au fond, chacun de nous est comme un chaudron qui mijote avec les ingrédients que la vie y mélange, une once de plaisirs, une once de chagrins; elle y ajoute tantôt les épices savoureuses de l’amitié, de l’amour, et parfois celles au goût amer du mépris et de la haine. Et tout ça mijote et donne à chacun son goût unique. Je me suis mesuré tout à l’heure. 2.14 mètres. Je me cogne la tête partout. Je me demande si ma taille va redevenir normale. Remarque, ça ne me déplairait pas de rester comme ça."  
Soudain la voix de la vigie retentit à travers les parois de la cabine:

"Un corps à la dérive. Vingt mètres à bâbord. "  
Un corps à la dérive! La vigie a des visions ou quoi, pensèrent les marins convergeant à bâbord ? Ils se penchèrent par-dessus le bastingage. Aussi incroyable que ça pouvait paraître, un homme dérivait en pleine mer, accroché à un tronc d’arbre. Depuis combien de temps flottait-il ainsi au gré des éléments ? Il avait l’air épuisé mais vivant, la peau du visage grillée et desséchée, à peine capable de tenir ses yeux ouverts. À l'approche du navire il leva péniblement son regard et prononça d’une voix sèche qui monopolisa toutes ses énergies.

"De l’eau … s’il vous plaît. "  

Je commandai aussitôt de venir en aide au naufragé:
"Aidez-le à monter à bord et donnez-lui de l’eau."  
L’homme se laissa hisser sur le pont. Les matelots l'assirent et l’adossèrent au parapet. Quelqu’un lui donna un gobelet d’eau qu’il vida goulûment.

"Je voudrais parler au capitaine Valquez," prononça l’homme dans un murmure à peine audible.

"D’où connais-tu mon nom ? dis-je étonné. "Et d’abord comment on t’appelle et d’où viens-tu ? Que t’est-il arrivé ?"  

"Je me nomme Firmon. Je faisais partie de l’équipage du capitaine Valaskomir quand vous êtes monté à bord de notre bateau. J’ai reconnu votre navire, capitaine Valquez. "  

"Valaskomir ? Oui je me souviens très bien. Que vous est-il arrivé ? Avez-vous pu réparer votre bateau? Raconte. "  

"Oui, ces gens sur l’île flottante ont été des plus aimables. Ils nous ont traité comme de vrais amis. Pendant les réparations nous avons pu débarquer et explorer, passer chez le barbier, prendre un bon bain, nous réapprovisionner en nourriture …"  
L’homme s’arrêta de parler et son regard devint flou, sa tête s’inclina comme s’il allait s’évanouir, ensuite il leva vers nous des yeux suppliants : "« je pourrais avoir un biscuit, s’il vous plaît? Je n’ai rien mangé.»"  

Il pouvait avoir trente ans. Les cheveux roux de la couleur de sa barbe. Élancé mais pas maigre, de taille moyenne. Il portait une chemise et un pantalon bleu pâle. Je reconnus l’uniforme des employés de Valaskomir. Je donnai l'ordre qu'on lui apporte de la nourriture.

"Quelqu'un, descendez à la cale et demandez à Vic s’il a des biscuits. "  

L’homme but un autre gobelet d’eau et reprit son récit. Sa voix reprenait de la vigueur.

"Puis nous sommes repartis. Pour tout vous dire j’avais le cœur gros de quitter cette île. Par la suite nous avons repris la routine, la vente de marchandises, la navette entre les îles. Nous faisions de bonnes affaires. Mais il y a trois jours ou quatre, je ne sais plus, un bateau s’est approché du nôtre. Il n’ont donné aucun avertissement et leurs matelots ont lancé un assaut sur notre navire. Notre capitaine a bien tenté d’intervenir, de leur expliquer qu’on était des gens pacifiques. Ils n’ont rien voulu entendre. "  
Un des jumeaux  remonta de la cambuse avec deux biscuits frais et les offrit au naufragé. Ce dernier regarda les biscuits avec des yeux émerveillés puis il approcha sa main prudemment comme s’il suspectait un piège. Mais quand il sentit la texture des biscuits sous ses doigts, il les agrippa et les engloutit sans merci. Il ramassa ensuite les miettes. Nous le regardions à la fois amusés et compatissants. J'attendis qu'il fut rassasié avant de lui poser d'autres questions.

"Tu sais qui est le capitaine de ce navire qui vous a attaqué ? Et le nom du navire ?"  demandai-je tout bonnement.     

"Le nom ? Oh, je vais essayer de m’en rappeler. Le capitaine, c’est une femme mais je dirais plutôt un couple. J’ai cru comprendre que la femme se nomme Lyne Lapofine et lui Rufus le Mordikus. Lui j'en avais entendu parler avant."    

"Le nom de la capitaine ne me dit rien mais ce Rufus, je le croyais au cachot. On l’accusait d’avoir assassiné une famille entière pour quelques pièces d’or."    

"À ce que je sache, les marines l’ont libéré par manque de preuves. Ensuite il a voulu jouer dans la cour des grands en se rendant sur Yurikago des Kapers mais là il s’en est pris à plus fort que lui, Tibère la vipère, un pirate sournois qui doit son surnom à ses ongles trempés dans le venin de cobra. Déclaré mort Rufus a été jeté à la mer sans cérémonie mais il a survécu, je ne sais pas comment. Il a été repêché par Lapofine qui se serait enamouré de lui. Cette femelle est une vraie brute, pire encore que Rufus. C’est elle qui a tué mon ami Rodrigo. Il ne la menaçait même pas et se tenait les mains dans les airs. Pauvre Rodrigo, elle l’a transpercé de son sabre. Il était mon meilleur ami. Que j’aimerais être plus fort, je le vengerais. "    

"Tu en auras peut-être l’occasion, mon ami, dis-je plus ou moins pour le réconforter. Que s’est-il passé ensuite ?"    

"Ils voulaient tous nous tuer mais le capitaine leur a promis de payer une forte rançon s’ils le libéraient, lui et ses associés. Il nous appelle ses associés. Il leur a dit posséder beaucoup d’argent en banque mais qu’il faudrait d’abord l’amener sur Cévief, sa ville natale. Alors ils ont enfermé tout le monde dans la cale en attendant de prendre une décision. "    

"Ça fait quoi..trois jours déjà? Ils sont sûrement rendus à Cévief, sur Opertale. Trop tard pour les intercepter. "    

"Non, je ne crois pas, la capitaine tenait à se rendre sur cette île, vous savez l’île avec un colisée. "    

"L’île Saint- Sanglant ?" proposa Drago.    

"Oui,  elle voulait suivre la performance de l’un des combattants du Dead or Alive qui se déroule présentement. Elle est friande de ces tournois et parie de grosses sommes sur le vainqueur. Il y a beaucoup d’argent à gagner et apparemment elle a un bon jugement dans ce domaine. Mais cette fois elle a misé sur un adepte des arts martiaux, un nommé Jann Lee et Rufus n’est pas d’accord. Il lui reproche d’avoir été influencée par le look d’adonis du combattant et de ses beaux pectoraux. Il s’offusque par jalousie, je pense. Je ne vois pas pourquoi ils restent en couple ces deux-là, ils passent leur temps à s’engueuler."      

"Vous avez eu affaire à un beau couple de crapules à ce que j’comprends. Comment as-tu réussis à te libérer ?"         

"Moi je n’ai pas été enfermé, c’est pourquoi je les ai entendus parler. Quand tous ces hommes ont envahi notre bateau je me trouvais dans la poulaine en train de … vous savez, me soulager. J’ai réussi à me cacher. Ils n’ont pas fouillé le bateau de fond en comble. Quand ils ont vu qu'on offrait aucune résistance ils se sont trouvés un peu déboussolés et ont baissé leur garde."         

"As-tu pu voir combien ils ont de matelots sur leur navire. Combien de canons ? Avaient-ils des pistolets, des mousquets lors de l’abordage ?"           

"Leur navire est un sloop. Un peu plus petit que le vôtre. J’ai vu beaucoup d’hommes à bord, une cinquantaine au moins, bien armés, avec des sabres, des haches. Certains avaient des pistolets.  Ils n’ont pas tiré au canon mais il y en a plusieurs sur leur bateau. "           

Je réfléchis un moment.
"On ne pourra pas les prendre de front. Il faudra user de finesse. "
J'eus l'impression d'avoir pensé tout haut.

"Avez-vous l’intention de les attaquer ?" demanda Firmon.

"Ça me traverse l’esprit effectivement. Mais je dois convoquer tout l’équipage pour en discuter. Bien sûr il faudrait en premier lieu les localiser. Qu’ont-ils fait de votre bateau ? Ils l’ont coulé ?"

"Non. Lapofine voulait le couler mais Rufus a proposé de le mettre à vendre. C’est à ce moment-là que Valaskomir était intervenu et leur avait proposé son marché. Je suis resté caché une journée complète. Il me passait toutes sortes d’idées par la tête mais je n’ai pas pu libérer les autres dans la cale. Je n’ai pas d’entraînement au combat et six de leurs hommes étaient restés sur le pont pour surveiller. Ils ont remorqué La Bonne Fortune et ils l’ont ancré au large, à cinq ou six milles de l’île au Colisée. Je me suis dit que le seul espoir était d’atteindre l’île et contacter les marines. Au crépuscule je me suis laissé glisser dans l’eau. Elle n’est pas trop froide ce temps-ci de l’année. Je ne suis pas un très bon nageur mais j’avançais régulièrement puis, comme si les dieux nous en voulaient, une tempête s’est levée et le vent m’a repoussé loin de l’île. Je me suis agrippé à ce tronc à la dérive, emporté par le courant, poussé par le vent. J’étais tellement découragé. Il ne me restait plus de force pour nager. Je me suis attaché au tronc avec ma ceinture pour ne pas couler. J’ai vu le soleil se lever deux fois. Les deux jours les plus longs de ma vie. Et soudain j’ai aperçu votre navire. Je l’ai reconnu, alors j’ai repris espoir. "

"Tu vas pouvoir te restaurer. Peux-tu te lever, marcher? Nous ne sommes pas très loin de cette île, demain nous allons nous approcher  mais je ne vais pas risquer la vie de mon équipage aveuglément. Nous pourrons agir seulement si nos chances de réussite sont favorables."  

Quelques matelots aidèrent Firmon à se tenir debout, à marcher. D'autres discutaient. Les hommes partis explorer la caverne revinrent par après, bredouille mais satisfaits de leur sortie.

*

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MessageSujet: Chasse au trésor ( passage à Saint-Sanglant )   Dim 19 Mar - 21:59

Journal de bord
Le 2 août de l’an de grâce xxxx A.D.
 
Je me demande si Drago a raison de penser que le Gouvernement Mondial pourrait s’intéresser de près à cette substance qui a provoqué ma métamorphose. Les gestionnaires de cette planète ont de grandes oreilles et gardent un œil jaloux sur la réserve disponible de «fruits du démon». Ils ont des agences de renseignement ultra-secrètes disséminées partout sur les îles et mettent sur écoute les citoyens à leur insu. De toute évidence ils ont peur de perdre le pouvoir. Ces crapules cachés dans leur tour d’ivoire au Gouvernement Mondial devraient pourtant savoir que plus on défend un produit au peuple et plus ce produit devient désirable. Inévitablement, des petits malins cherchent à s’en procurer, des organisations secrètes financent des chimistes à la retraite pour travailler dans des laboratoires clandestins hautement sophistiqués. Ces comprimés que le sorcier m’a donnés proviennent sans doute d’une de ces expériences. Beaucoup de substances peuvent amplifier les pouvoirs humains. Les fruits du démon n’en sont qu’une variété. Mauvaise nouvelle pour les administrateurs de ce monde qui nous croient stupides.
 
Mais où est-il planqué ce Gouvernement ? Je déplore qu’il nous soit si difficile de sortir la vérité de tout ce qu’on entend. Ces informations dont on nous gave dégoulinent de propagande, de mensonges et de rumeurs. Il paraît que le GM lui-même emploie une horde de journalistes qui colportent de fausses informations pour tromper les gens. C’est le comble, non ! J’étais naïf de croire en l’intégrité des autorités, en l’objectivité des rapporteurs de nouvelles. Ça me fâche, ça me mets le feu au c… de voir que ces beaux parleurs qui nous font la morale sont encore plus malhonnêtes que nous-autres, les pirates. La seule différence entre eux et nous, c’est le pouvoir. Mais tout ça va changer un jour, je vous en passe un papier. On va finir par la débusquer cette bande de marmottes cachées dans leur tanière.
 
Hélas, l’effet de la substance se dissipe. Ce matin j’avais déjà perdu douze centimètres. Ça ne me fait rien. Bon, en vérité, ça me fait un p’tit quec’chose mais j’ai vécu une expérience fantastique, on ne peut pas m’enlever ça. Et en même temps, j’en tire une leçon. L’importance d’une personne ne se limite pas à son aspect physique. L’entourage nous juge par l’image qu’on projette. On ne peut rien y faire, notre apparence est le lien visible, la vitrine qui nous relie aux autres humains. Alors aussi bien accepter et bâtir à partir de ce que la nature nous a offert.
 
Dans l’immédiat j’avais donné l’ordre au timonier de nous diriger vers l’île au Colisée mais pour être honnête, j’ignorais mes propres intentions. Nous n’allions sûrement pas nous attaquer directement à l’Invicta ( Firmon s’était rappelé du nom de ce bateau). Une confrontation directe offrait au mieux une victoire à la Pyrrhus. Et pour quoi ? Pour sauver l’équipage d’un capitaine écervelé?Je soupesai différentes options mais pour l’heure,  il manquait trop d’informations pour formuler une stratégie cohérente.
 
Oups ! j’entends cogner à la porte. Je prends une décision rapide :  nous allons sur l’île en visiteurs, assister aux combats du Dead or Alive. Sans plus. 
À suivre….
 
 ************
 
Des amateurs de sports de combats venaient de partout pour assister à ces compétitions. Nous savions donc qu’une foule de petites embarcations seraient stationnées dans le port, au sud de l’île. Les plus gros navires devaient rester à l’extérieur des digues aménagées pour protéger le port des vagues et aussi du vent. Je décidai d’approcher l’île par le nord et de jeter l’ancre hors de la vue des autres bateaux. Ensuite, avec cinq de mes matelots, nous avons pris la chaloupe pour contourner l’île. Nous allions seulement jeter un œil sur l’état des lieux et sonder le terrain.
 
Trouver le Colisée ne fut pas un problème, il trônait sur cette île de dimension modeste comme le nez au milieu du visage. À part quelques hôtels, des kiosques et une dizaine de maisons il n’y avait rien d’autre sur cette formation rocheuse. Depuis le quai il fallait traverser un jardin de rocailles et de fontaines, un aménagement de haies admirablement taillées, avant d’accéder au portique du Colisée. Ensuite, après avoir gravi une dizaine de marches en marbre, passé des colonnes sculptées et une porte à battants en bronze, nous arrivions à un hall d’entrée grandiose. La préposée à la réception nous accueillit avec un grand sourire, prit notre argent et nous donna les billets pour le spectacle. « Vous êtes un peu en retard , dit-elle , mais il y a encore plusieurs combats à l’horaire.» Elle nous indiqua ensuite l’arche à emprunter pour accéder à l’arène. Nous avions apporté Firmon avec nous pour s’assurer de bien identifier le couple maudit. Il partit en éclaireur pour les localiser dans les gradins pendant que nous choisissions des rafraîchissements dans la cantine. 
            
L’enceinte rappelait ces arènes de civilisations anciennes évoquées dans les livres d’histoire. Combien de sang avait filtré dans ce sable à travers les âges pour distraire les foules? Ce Colisée attestait de manière flagrante que le monde ne changerait jamais. Il y avait beaucoup de spectateurs mais encore plusieurs sièges de libres. L’endroit où nous étions offrait une vue d’ensemble de l’intérieur du stade. Le couple maudit occupait une autre section à une vingtaine de mètres, une rangée plus bas. 

Le tournoi en était au épreuves d’éliminations par deux. Un combat venait de se terminer. Une équipe d’employés munis d’un brancard  se rua aussitôt pour dégager un combattant blessé pendant que d’autres préposés s’affairaient à balayer le sable et ramasser les débris d’équipement ou les armes laissées sur le terrain. Les combats se suivaient à un rythme soutenu. Je trouvais plusieurs de ces guerriers vêtus d’accoutrements clownesques, d’armures, de masques inutiles. Je devinai après un moment, que ces artifices visaient à se démarquer pour les concurrents et  ajoutaient des éléments visuels au spectacle que les amateurs appréciaient. Certains combattants déployaient des techniques de combat alliant la souplesse, la force et la dextérité tandis que d’autres faisaient appel à des techniques mystérieuses, quelque part entre la magie et des dons de sorcellerie. Je regardais ces combats d’un œil distrait tout en gardant le couple dans mon champ de vision.
           
Ce Rufus n’était pas moche du tout. De longs cheveux argentés, souples et satinés, tombaient en désordre organisé autour de sa tête. Sur un côté  deux tresses pendaient nonchalamment et ajoutaient un élément de coquetterie à son apparence pour le moins remarquable. Les traits de son visage qu’on eut dit ciselés dans le bronze n’avaient rien à envier à ces statues de dieux grecs. Il ne souriait pas et ses yeux sombres dotés d’un certain magnétisme, fixaient un point à l’infini. Son expression dégageait  un air de supériorité accentué par ses lèvres pincées dans une moue dédaigneuse. Enfin, la  blouse noire qu’il portait, confectionnée dans un tissu lustré et mince mettait en relief  la musculature de ses épaules massives. Rien de surprenant à ce que cette chipie s’en fut amourachée.
Rufus:
 
Tant qu’à la présumée capitaine de l’Invicta, elle n’offrait rien de ragoûtant pour attirer les regards. Tout le contraire : membrée comme un homme, les cheveux noirs lissés vers l’arrière et attachés en queue de cheval, elle portait une chemise tachée et une salopette. Cet attirail de basse classe lui donnait une apparence globalement malpropre.

Je me creusais les méninges. Bon sang, je ne parvenais pas à me décider sur une stratégie en particulier. À quoi servirait de les éliminer présentement ? Il faudrait d’abord se débarrasser des gardes du corps. Et ne pas causer de commotion dans le stade. Quand le présentateur annonça les noms des prochains adversaires, Lapofine redressa la tête pour voir mieux les écrans. Il s’agissait de son poulain Jann Lee. Il s’opposait à une femme d’aspect fragile du nom de Rita. Un combat déséquilibré à première vue, opposant des disciplines incompatibles, illusions d’optiques et distorsions sensorielles contre la force brute et l’art martial. Mais la compétition démontrait surtout la nécessité pour un guerrier de développer autant son esprit que son corps pour affronter des adversaires imprévisibles et versatiles. À la fin Jann remporta son combat de justesse par un mouvement désespéré qui surprit la magicienne. Lapofine se leva et applaudit chaudement son héros, un large sourire de dents jaunes lui fendant le visage. Cependant sa démonstration de joie n’eut pas l’air de plaire, mais pas du tout, à Firmon assis sur le siège à côté de moi. Il jonglait avec un poignard et la regardait d’un œil virulent.

" Je vais la tuer," rugit-il en serrant les dents. 

Surpris par sa réaction , je posai une main sur son bras pour le calmer.
" Attends Firmon, Analysons comme il faut la situation. Regarde comment ses gardes du corps la protègent. Les deux sièges derrière elle sont vacants. Il y a une raison pour ça. Deux gorilles empêchent quiconque d’occuper ces sièges et de s’approcher. Il y en a deux autres assis un de chaque côté du couple. Tu ne pourrais jamais t’approcher sans te faire ramasser par ces gardes du corps."
 
Soudain Rufus se leva de son siège. Je notai autre chose à son sujet : une démarche particulière et révélatrice, ostensiblement efféminée. Cette observation  me conforta dans l’idée que leur liaison en était une de convenance et non d’amour. Rufus ne défendrait pas Lapofine au prix de sa vie. La voir éliminée pourrait même servir ses intérêts.
" Regarde Firmon. Où va-t-il ce Rufus ?  Aux latrines, à la cantine ?  Attendons de voir la réaction des gorilles. "

Pour Bonney:
 

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MessageSujet: Re: Chasse au trésor    Dim 26 Mar - 4:22

En voyant Rufus se lever, un plan germa dans ma tête. Pour arriver à nos fins, il fallait les séparer. Je notai que Rufus ne prit même pas la peine d’informer Lapofine avant son départ et il fit signe aux anges gardiens de ne pas le suivre. Son attitude révélait clairement un froid entre lui et sa partenaire. Quand il s’engagea dans l’escalier je me tournai vers Hercule sur le siège à ma gauche.

"Hercule, viens avec moi, nous allons le suivre discrètement. Nous devrons faire en sorte qu'il ne revienne pas à sa place. Toi Firmon, dis-je en pointant un doigt dans sa direction, ne fais rien, attends qu’on revienne. Si nous pouvons les séparer nos chances de réussite seront bien meilleures. "

Quand nous sommes arrivés au bas de l’escalier Rufus marchait dans le long couloir circulaire entre la structure des gradins et les arches du mur extérieur. Il se trouvait une vingtaine de pas devant nous et il entra bientôt dans la salle des latrines. Il n’y avait personne dans le corridor. Nous en avons profité pour explorer les lieux en attendant le retour de Rufus. Plusieurs portes donnaient à des accès sous les gradins. J’ouvris une des portes et jetai un œil à l’intérieur de la pièce.

"Dans celle-ci, on dirait un placard pour entreposer des produits de nettoyage. Vérifie ce qu’il y a derrière cette porte-là, de couleur verte."

Hercule ouvrit la porte, fit un pas à l’intérieur de la pièce et en ressortit.

"Pas grand chose. dit-il en haussant les épaules. Un autre entrpôt, je pense.  

À ce moment-là Rufus sortit des latrines et marcha au centre du corridor dans notre direction. Lorsqu’il s’approcha je fis mine d’être surpris et l’interpellai comme on le ferait pour un vieil ami qu'on retrouve par hasard :

"Hey Rufus ! Je ne pensais jamais te voir ici. Tu as l’air en grande forme. Depuis quand t’intéresses-tu à ces sports de combat ?"

Rufus s’approcha à deux pas et me dévisagea, visiblement étonné. Il semblait chercher dans ses mémoires à lier mon visage à une de ses connaissances passées. Je continuais à parler pour soutenir son attention. Hercule passa à côté de nous prétextant devoir se rendre aux latrines.

"Tu étais plutôt du genre intello, toujours plongé dans un livre. Je t’ai perdu de vue après le lycée. "

Je crus voir un début de sourire sur les lèvres de Rufus. Un début seulement car Hercule se retourna soudain et lui asséna un vilain coup à la nuque. Rufus s’affaissa. Je m’élançai pour le soutenir.

"J’espère que tu ne l’as pas tué. Traînons-le dans le placard."

Il n’y avait pas beaucoup de place dans ce compartiment pour trois hommes de notre taille. Nous l’avons adossé à un mur. 

"Maintenant tiens-lui la bouche ouverte, je vais lui verser deux gouttes de ce produit."

"C’est quoi ?" s’étonna Hercule.

"Un calmant. Les savants appellent cela un somnifère. Avec ça il en a au moins pour deux heures à dormir, sans compter le coup que tu lui as donné. Quand je pars en mission je traîne tout le temps avec moi des petites fioles, du poison, des hallucinogènes, des calmants. Ça peut toujours servir et ça ne prend pas de place. En plus cette fois j’ai apporté ceci. "

Je montrai un bracelet rigide à Hercule.

"Romulus avait dérobé ce bracelet à un musée ou à la marine. Tu vois, il y a une petite serrure pour le barrer. J’ai la clé. C’est un appareil de contention. Très sophistiqué, regarde à l’intérieur de l’anneau, il y a des petites épines de métal pour empêcher le prisonnier de l’enlever. Pratiquement un objet de torture. Il m’est venu une idée en le voyant. Je t’expliquerai plus tard. Tiens-lui le bras je vais le mettre autour de son poignet. C’est bon, dis-je une fois le bracelet refermé, maintenant sortons d’ici et trouvons un moyen de barrer cette porte. Il ne faudrait pas qu’un curieux le trouve ici."  

La mission de bloquer la porte s'avéra facile pour Hercule, il plia avec ses doigts le métal pour coincer le fléau du loquet, la pièce amovible du mécanisme. 

"Ça devrait suffire à ralentir les curieux, "dit-il avec un clin d’œil.

"C’est bon, retournons à nos places. Ça fait une vingtaine de minutes qu’on est partis."

Nous sommes revenus à nos sièges juste à temps pour le début d’un autre combat. Deux femmes se toisaient en pratiquant des mouvements pour impressionner l’adversaire puis soudain elles chargèrent violemment. L'une d'elle portait un costume moulant couvert de motifs en peau de serpent. Par surcroît, on aurait dit qu’elle avait une queue comme un serpent. Dans ses assauts on l’entendait même siffler comme un reptile. Elle prenait vraiment au sérieux son incarnation de l’animal. Pas le genre d’animal qu’on voudrait retrouver dans son lit au réveil, ça c’est certain. Une vraie démone, très souple, une acrobate incroyable. Son adversaire ne s’en laissait pas imposer pour autant. Cette dernière devait appartenir à une tribu de guerriers. Moins grande, elle possédait un corps massif protégé par des pièces d’armure aux endroits vulnérables.

Un combat intéressant mais mon attention se portait ailleurs. J’étudiais la réaction de Lapofine. Elle regardait de plus en plus souvent dans la direction où Rufus était parti. De toute évidence elle s’inquiétait, mais pourquoi ? L'aimait-elle? Était-elle jalouse ? Possessive ? Craignait-elle que Rufus fut retourné sur le navire sans elle ? En tout cas, elle montrait des signes évidents d’impatience. Anticipant les intentions de la dame je dis à Hercule de se tenir prêt. J’aurais parier tout l’argent d’un autre qu’elle enverrait bientôt un de ses sbires enquêter. Et elle le fit. En fait, deux se levèrent. En réaction je signalai à Gontran de nous accompagner.

En descendant les escaliers je leur expliquai mon plan. Dans le corridor, les deux hommes se dirigeaient vers la salle des latrines. Nous les avons laissé faire. De toute façon ils ne trouveraient personne du nom de Rufus à cet endroit. Je dis à Hercule et Gontran de se cacher dans la salle avec la porte verte et j’attendis dans le corridor le retour des sbires en faisant semblant de nettoyer la poussière sur l’armure d’une des statues disposées à intervalle entre les grandes arches du mur extérieur. En voyant approcher les gaillards, je les abordai poliment.

"Bonjour messieurs. J’espère que vous appréciez le spectacle. Si je puis faire quelque chose pour vous n’hésitez pas, la satisfaction de nos visiteurs est primordiale. Mais vous semblez chercher quelqu’un ? Ne serais-ce pas ce grand gaillard blond au visage bronzé ?" ajoutai-je d’un ton le plus serviable possible.

"Vous l’avez vu ?"  

L’un deux était plutôt massif mais pas très grand. L’autre avait un visage à faire peur. Une grande cicatrice lui déchirait la joue et traversait l’orbite vide de son œil.  

" Oui, bien sûr, il est entré dans cette salle il y a une dizaine de minutes à peine. La porte verte juste là. Je ne l’ai pas vu en ressortir. Il doit certainement y être encore."  

Il tournèrent le dos sans me remercier et se dirigèrent vers la porte verte. Le premier l’ouvrit et fit deux pas en avant mais à peine eut-il traversé l’embrasure de la porte que Hercule le foudroya  d'un vilain coup de son avant bras. C’est bien simple la tête faillit lui décrocher des épaules. Presque en même temps je m’élançai et appliquai au deuxième un solide coup de pied dans le dos. Il s’affala de tout son long dans la pièce sur le plancher de ciment. Gontran en profita pour lui sauter sur le corps à pieds joints. Il continua de s’acharner sur lui à coups de pieds par la tête. Franchement je ne lui connaissais pas une telle propension à la violence. Je le regardai faire pour une trentaine de secondes. 

"Je crois qu’il a son compte Gontran. Je dirais même que ces deux-là sont bons pour la morgue. Pas la peine de les ligoter. Cachons-les du mieux possible et retournons là-haut, Lapofine doit taper du pied."  

Dans l’arène deux autres concurrents se battaient. Encore des femmes ! En fait, la plupart des concurrents jusqu’à présent étaient du genre féminin. J’en tirai la conclusion que la compétition n’intéressait plus vraiment les hommes. À moins que … ces êtres d’apparence féminine qui se battaient dans l’arène fassent partie d’une autre espèce ? Serions-nous entrés dans un monde en mutation sans nous en rendre compte ? Dans ce cas il faudrait revoir nos critères et mettre à jour nos préjugés. Et parlant de mutation le combat suivant impliquait non pas une femme mais, croyez-le ou non, un chat ! La foule se mit à rire en voyant ce félin debout en position d’attaque. L’homme censé s’opposer au chat regardait tout autour, l’air hébété, à se demander si on voulait se moquer de lui mais quand la bestiole s’élança toutes griffes dehors, il n’eut pas d’autre choix que de la prendre au sérieux. Une vraie furie cette petite bête. L’homme tenta par tous les moyens de l’attraper, la frapper, l’immobiliser mais chaque fois qu’il croyait la tenir, la bête semblait se liquéfier et glisser entre ses mains. Assez humiliant, merci ! Le pauvre gars en faisait pitié. Chaque assaut du félin super agressif ajoutait de nouvelles lacérations sur le corps de son malheureux adversaire car le chat ne se contentait pas de frapper seulement avec ses griffes mais au bout de sa queue se trouvait une sorte de shuriken qu’il cinglait comme un fouet avec une précision étonnante. Après une dizaine de minutes de torture le pauvre homme tout griffé et dégoulinant le sang posa un genou à terre et s’avoua vaincu.

Les spectateurs applaudirent. Ce combat avait bien amusé la foule. Il faillit d’ailleurs me faire oublier l’opération en cours d’exécution. Je vis la plupart des gens se lever et se diriger vers les sorties. Ce mouvement de foule semblait  indiquer la fin des combats de la journée. Lapofine se leva aussi, l’air contrariée, ses deux gardes du corps à sa suite. Je me levai aussi et m’adressai à mon équipe : Hercule, Firmon, Gontran, Robin et les jumeaux.

"On dirait qu’il reste seulement ces deux gorilles avec elle. Aucun d’eux ne doit quitter l’île. Je tiens seulement à emporter Lapofine et Rufus, lui vivant, elle morte. Nous allons les suivre dehors et voir ce qu’ils vont faire. Ils sont certainement venus en chaloupe, comme nous. S’ils se divisent nous allons aussi nous diviser. Nous avons l’avantage du nombre. Je vais garder Firmon et Robin avec moi. En dernier recours, si jamais ils décident de partir sans les autres, Robin pourra les abattre avec son arc. Nous devons en finir avec cette affaire et retourner en mer dans une heure au plus. "  

La suite joua en notre faveur, Lapofine fit l’erreur d’envoyer ses deux protecteurs à la recherche de Rufus et elle se dirigea seule vers le quai. J’avais confiance en mes hommes mais je les prévins quand même de faire gaffe et d’éviter les témoins. Nous devions travailler en toute discrétion pour ne pas ameuter les gardiens de sécurité. Je me chargerais de Lapofine.
*


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MessageSujet: Re: Chasse au trésor    Lun 17 Avr - 3:11

Pauvre Lapofine, son horoscope ne prédisait pas qu’elle finirait pendue à la proue d’un navire. Et pourtant ce fut le cas. Obnubilée par son obsession de Rufus, pas un instant elle ne songea que les trois hommes qui l’approchèrent sur le quai de l’île de Saint-Sanglant avaient pour dessein de la tuer.

"Capitaine Lapofine, je me nomme Édouard. On nous a informé de votre présence sur l’île et mes deux amis et moi-même désirons à tout prix nous joindre à votre équipage. Tant de personnes ont fait l’éloge de votre renommée, de vos faits d’armes et…"  

Je n’eus pas le temps de compléter la liste de mes louanges, Firmon s’était glissé derrière Lapofine  et avait planté un poignard entre ses omoplates. Elle tomba lourdement dans la chaloupe amarrée au quai, secouée de convulsions et produisant un râle pénible à entendre. Je fis signe de la tête à Firmon d’abréger les souffrances de la malheureuse. Il sauta dans la chaloupe, agrippa Lapofine par le chignon et lui trancha la gorge.

"Pour avoir tué mon ami Rodrigo, sale chienne."  

"Tu apprends vite, Firmon. On jurerait que tu es né avec un poignard dans la main. "  

"Je n’avais jamais tué personne, "  dit Firmon en regardant d’un air confus la lame ensanglantée comme s’il venait de réaliser la portée de son geste.

"Tu n’avais pas le choix. J’aurais fait la même chose. Même si la vengeance ne ramène pas ton ami, elle donne le sentiment de lui avoir rendu justice. Lui reposera en paix et tu pourras faire ton deuil. "  

"Elle le méritait," prononça officiellement Robin.

Firmon ne répondit pas, plongé dans ses pensées, vraisemblablement sous le choc d’avoir commis son premier meurtre.
"Valaskomir, il vous traite bien ?"   demandai-je pour lui changer les idées. 

"Oui. Il nous traite correctement. " répondit faiblement Firmon.  

Nous avons dissimulé le corps de Lapofine le mieux possible avec des articles divers trouvés dans leur chaloupe. Peu de temps après les autres nous rejoignirent, leur mission accomplie. Gontran avait encaissé un méchant coup sur un côté du visage. Au cours de l’altercation leur cible était parvenue à le frapper. Gontran avait partiellement esquivé le coup mais la bague que l’homme portait à son doigt lui avait labouré l’oreille et le sang avait maculé le collet de sa chemise. Les autres s’en étaient sortis intacts mais nous n’avions pas le temps d’entrer dans les détails. Le soleil tiendrait encore plusieurs heures avant la fin du jour mais nous devions quitter cette île sans tarder. Je donnai mes instructions :

"Je vais garder Hercule et Robin avec moi. Nous allons récupérer Rufus. Vous autres, rapportez cette chaloupe à notre navire et attendez nous. "  

"Et qu’est-ce qu’on fait de Lapofine," demanda un des jumeaux.

"Hissez-la sur le pont et attendez que je revienne. Gardez la chaloupe, elle servira plus tard. "  

Avec la tenue du tournoi les gens ne s’étonnaient plus de voir des blessés déplacés sur des civières. Par conséquent, sortir Rufus du colisée ne posa aucun problème. D’ailleurs, bon nombre des visiteurs étaient partis. Il ne restait que les gens inscrits aux combats des jours suivants, retournés pour la plupart dans leurs quartiers privés. Nous avons donc réussi à emporter Rufus et en moins d’une heure tout le monde se retrouva sur le pont du Loup des mers. Gus avait préparé à manger; le boiteux s’occupait de traiter la blessure de Gontran; quelques matelots relaxaient sur le pont, les uns une clope au bec, d’autres un breuvage à la main. En nous voyant arriver plusieurs étaient accourus pour nous aider à hisser Rufus sur le pont. Par la suite je donnai l’ordre de lever l’ancre et de retourner du côté sud de l’île à la rencontre des autres navires. Quant à monsieur Rufus il n’apprécia pas de se faire lancer un seau d’eau au visage. Il  secoua sa tignasse blanche comme un chien qui sort d’une baignade. Je l’apostrophai aussitôt d’un ton accusateur :

"Vous avez attaqué un bateau sous notre protection. Ton épouse Lapofine …"  

"Elle n’est pas mon épouse," me coupa-t-il sèchement. 

"Tant mieux. Tu verseras moins de larmes d’apprendre qu’elle est morte. Firmon en a fait son affaire. Elle n’aurait pas dû tuer son ami sans raison. T’en rends-tu compte, tu es le seul capitaine désormais ?"  

"Pourquoi ne me tuez vous pas ? "  

"Écoute, ne me force pas à y réfléchir, je pourrais changer d’idée. Je vais te dire Rufus, j’ai un talent pour jauger le caractère d’un individu au premier coup d’œil et je pense que tu ferais un bon capitaine. Non pas que tu sois un homme sensible et empathique, bien au contraire, tu te fous royalement du sort de ton prochain. Tu es imbu de toi-même, manipulateur et ambitieux. D’excellentes qualités pour un capitaine. Aussi, tu ne manques pas d’intelligence et tu sais choisir tes combats. Je crois qu’on pourra bien s’entendre. "  

"Pourquoi m’avez-vous mis ce bracelet ?"  

"Tu n’as pas à me vouvoyer, tu sais. Tu n’aimes pas mon présent ? Rien de très élégant j’en conviens. Mais c’est un article génial. Tu as remarqué la serrure ? Il est cadenassé et j’ai la clé. Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut. Il contient un petit mécanisme pour déclencher une action dans le futur. Je l’ai réglé pour que cette action se déclenche dans trois heures. Que va-t-il se passer dans trois heures ? Rien de bien compliqué, une aiguille empoisonnée va se loger dans ton poignet et provoquer ta mort dans des souffrances atroces, à moins que …"  

"À moins que …  que vous voulez que je fasse ?" décocha nerveusement Rufus.

"Libérer nos amis et les laisser partir avec leur bateau."  

"C’est tout ? Je m’en fous de ce bateau, " réagit promptement Rufus en faisaint une grimace de dédain.

"À la bonne heure ! Je savais qu’on pourrait s’entendre. Nous allons bientôt approcher votre navire. Si tu convaincs tes hommes de se tenir tranquille tu vivras et tu pourras les rejoindre avec votre chaloupe. Ce bracelet et le délai de trois heures est pour nous permettre de prendre de la distance au cas où il te viendrait l’idée saugrenue de nous attaquer. N’oublie pas que tu as perdu quatre de tes meilleurs matelots et que je t’ai rendu un fier service. Désormais tu seras seul maître à bord de ton navire. Qu’en penses-tu ? "
Rufus avait d’autres préoccupations en tête.

"Comment allez-vous me faire parvenir la clé ? Dans trois heures vous serez loin."

"Ah ça ? Ne t’en fais pas nous avons un livreur hors pair. Laisse-moi te présenter notre pirate à plumes, Paprika, notre messager et une vigie sans pareille. Il nous avertit de toute présence à 20 milles à la ronde. "
Aussitôt Paprika perché tout en haut du mât central vint s’installer à proximité sur le plat-bord du bastingage. 

"Un corbeau ! Tu plaisantes, un charognard sans cervelle, " cracha Rufus.

"Attentions à ce que tu dis Rufus. Il comprend très bien notre langage. Si tu tombes dans ses mauvaises grâces, je ne donne pas cher de ta peau. C’est lui qui va t’apporter la clé et t’éviter une mort atroce. Permets-moi de te présenter. "  

Et m’adressant à Paprika :
"Paprika je te présente Rufus. Il ne pensait pas ce qu’il a dit. N’est-ce pas Rufus ?"  

L’oiseau tourna le dos dans un geste de frustration. La façon dont il étira son cou avec le bec en l’air ne laissait pas de doute, il voulait exprimer son désagrément pour les commentaires de  Rufus.

"Oh oh, tu l’as froissé, "  dis-je en faisant une grimace excessive pour faire comprendre à Rufus la gravité de son erreur. Je lui signifiai ensuite, par des gestes et la lecture de mes lèvres, de faire amende honorable. Rufus leva les yeux au ciel en signe d’exaspération puis décida de s’excuser mais sans grand enthousiasme.

"Tu as compris Parpika ? Rufus s’excuse. Il ne pensait pas ce qu’il a dit. "  
Le corbeau tourna lentement la tête vers nous et lorgna Rufus par dessus son épaule. On devinait qu’il hésitait à consentir trop vite à un dégel des relations. Il répéta le geste deux fois puis fixa Rufus directement dans les yeux. À la fin Rufus composa une ébauche de sourire qui dût suffire à se faire pardonner car Paprika se percha sur son épaule.

"Bravo ! Content que vous fassiez la paix."  

On ne pouvait rien reprocher au mois d’août cette année; ses brises légères semblaient ajuster leur vélocité pour rendre tolérables les chaleurs humides de l’été. Notre navire glissait  sans effort dans une vague molle. Au détour de l’île j’ordonnai à tout l’équipage de monter sur le pont et de se préparer à un possible abordage. Tout le monde devait monter, même le cuisinier, une tactique pour impressionner l’ennemi par le nombre. Trois mannequins rembourrés ajoutaient leur présence pour l’occasion. Tout était prévu dans le but de frapper les esprits. Les matelots avaient pendu Lapofine à l’avant du navire, au mât de beaupré. Elle ballottait au gré des mouvements du navire. Les marins portaient leurs armes bien en vue. Robin jouerait un rôle important. Il se tenait prêt. Je me tournai vers Rufus. 

"Lapofine va nous servir de figure de proue le temps d’accoster votre navire. Il ne faut pas y voir un éloge funéraire mais plutôt un épouvantail pour terroriser les matelots de ton équipage. Tu sais Rufus, les pirates n’aiment pas la bagarre. Tous ces récits enjolivés de batailles sanglantes pour agrémenter les contes pour enfants ne dépeignent pas la réalité de la vie de pirates. Pourquoi se battre alors qu’on est du même côté de l’histoire ? Nous sommes issus d’un même moule, des parias, des hors la loi.  Pourquoi s’entretuer ? À qui ça profite, hein ? Est-ce que ça nous rend plus forts ? Je vais te dire Rufus, une fois la poussière de ce petit incident retombée, j’ai idée de te proposer un pacte de non agression et d’assistance. "  

Rufus ne disait rien. Le navire de Valaskomir se trouvait maintenant une trentaine de mètres à bâbord, celui de Lapofine, l’Invicta, une distance équivalente à tribord.  

"Le moment de vérité approche Rufus. Nous sommes  à portée de voix de ton équipage. Toi et moi allons monter sur le château avant. Tu me laisses parler en premier. Ne t’en fais pas si je mets un poignard sous ta gorge à un certain moment, je n’ai pas l’intention de te tuer, à moins que tu poses un geste hostile. "  

Une fois sur le gaillard avant, je portai le haut-parleur à ma bouche :

"Écoutez-moi tous. Je suis le capitaine du Loup des mers. Votre capitaine Lapofine a commis l’erreur fatale d’attaquer un navire marchand sous notre protection. Voilà ce qui arrive aux pirates qui attaquent nos associés, dis-je en sectionnant d’un coup de sabre la corde qui retenait Lapofine au mât. Vous déposez les armes et il ne vous sera fait aucun mal. Dans le cas contraire nous vous massacrerons jusqu’au dernier. "  

Sur le bateau de Valaskomir trois matelots regardaient appuyés sur le garde-corps. Je demandai à Firmon s’il reconnaissait ses coéquipiers. Il ne les connaissait pas. Je donnai donc le signal à Robin qui décocha trois flèches à une vitesse étonnante. Les trois matelots s’écroulèrent. Satisfait de la démonstration je replaçai le haut-parleur à ma bouche.
"Je répète : vous déposez les armes et il ne vous sera fait aucun mal. Dans le cas contraire nous vous massacrerons jusqu’au dernier. Vous avez trente secondes pour lever vos mains en l’air. "  

Privés de leurs commandants les matelots de l’Invicta n’avaient aucune raison de résister.

 


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MessageSujet: Re: Chasse au trésor    Ven 28 Avr - 4:25

Un cri de la vigie alerta l’équipage le lendemain matin.

"Bateau en vue, trois milles par le nord."    

Tous les matelots sur le pont se tournèrent dans la même direction.

"Peux-tu identifier la sorte de navire, Martin ? Est-ce que Rufus aurait eu un changement d’humeur et aurait décidé de nous pourchasser ? "    

"Non Crevette, on ne dirait pas son bateau. Ça ressemble plutôt à une frégate de la marine. "    

"Ah oui ! Dans ce cas on est mieux faire de l’air et ça presse."    

 Aussitôt je donnai l’ordre de lever l’ancre et de filer droit devant, toutes voiles dehors. Rufus ne m’inquiétait pas car nous nous étions séparés en bons termes, par contre j’ignorais la réaction des matelots de Lapofine ni l’ambiance dans son équipage. Rufus pourrait avoir eu du mal à se faire accepter comme capitaine. Son attitude m’avait surpris et sa personnalité également. Un homme bien éduqué, diplomate et réfléchi. Tout le contraire des rumeurs à son sujet. Paprika lui avait apporté la clé du bracelet deux heures plus tard, avant le coucher du soleil. Ce bracelet n’avait rien de dangereux. Cette affaire de poison n’avait servi qu’à susciter le doute dans son esprit pour nous permettre de les distancer.
Quant à Valaskomir, il n’en revenait pas qu’on l’ait secouru. Il en avait les larmes aux yeux et nous serrait dans ses bras à tour de rôle.

"Capitaine Valkez, vous êtes venu à notre secours. Nous vous en serons éternellement reconnaissants. "    

"J’y compte bien, lui avais-je répondu, mais vous pouvez remercier Firmon. Vous avez là un valeureux matelot. Il a pu nous rejoindre et nous informer de votre déveine. Pour vous libérer nous avons joué de chance car à défaut de pouvoir nous mesurer à vos agresseurs, d’heureuses circonstances ont fait en sorte de nous donner un avantage."    

Par la suite nous avions discuté en sirotant un thé chaud. Ses « associés» en avaient profité pour refaire le plein d’énergie avec un repas copieux. Valaskomir évoqua l’entente envisagée lors de notre premier contact sans qu’on en vienne à une confirmation officielle. Quant à Firmon, il opta pour la vie de pirate et voulut se joindre à mon équipage.

Mais présentement, avec une frégate de la marine à nos trousses, les événements relatifs à la délivrance de Valaskomir et de ses hommes passaient au second plan. Le vent nous poussait plus au sud vers une région inhospitalière que les marins évitaient comme la peste. J’en étais conscient mais nous n’avions pas le choix de pénétrer dans cette zone hostile et espérer que la marine renonce à nous poursuivre. Une coupure nette dans le mouvement et la direction des vagues indiquait la ligne de démarcation de cette zone. Aussitôt la ligne traversée, une brume ténue commença à nous envelopper. Je m’adressai à l’ensemble de l’équipage d’une voix grave.

"Mes amis, nous entrons dans une région mystérieuse non répertoriée sur les cartes de la planète. On l’appelle le quadrilatère de Bermudor. Les gens qui s’en sont sortis en gardent un souvenir indélébile. Prenez-en ma parole."    
 
Je parlais en connaissance de cause. Du temps de Romulus nous avions perdu nos repères au cours d’un violent orage qui avait duré toute une nuit. Le navire avait été charrié par les vagues et par le vent pour un nombre incalculable d’heures. Le jour suivant nous étions complètement perdus et des phénomènes insolites commencèrent à se manifester. Certains matelots se comportaient bizarrement et montraient même des signes de folie.
Drago émit un commentaire : 

"J’avais entendu parlé d’un triangle avec des phénomènes inexpliqués mais là ... un quadrilatère ! "    

"Prenez-en ma parole, un triangle c’est de la p’tite bière en comparaison de la malédiction du quadrilatère de Bermudor. "    

"Il se passe quoi dans ce quadrilatère ?" s’inquiéta Gontran.

"Certains de nous vont contracter des manies, des obsessions, ça pourrait aller jusqu’à la démence. On pourrait observer chez certains des altérations importantes de la personnalité. D’après certains témoignages, le pollen qui s’échappe des plantes sur les îles est infecté et serait responsable de la transmission de ces anomalies. Il peut vous rendre agressif ou mélancolique, ou n’importe quoi. Je suggère fortement que vous trouviez un tissu pour mettre sur votre visage de sorte à ne pas inhaler de pollen."

"Comment tu sais à propos de ce quadrilatère ?" reprit Drago.

"Avec Romulus nous avions essuyé une méchante tempête et on s’est retrouvés perdus après une nuit complète à se faire trimballer par l’orage. C'était au tout début, avant même que toi ou Gontran joignez l'équipage."

La douzaine de matelots sur le pont écoutaient religieusement notre échange quand soudain Gontran détourna la tête en reniflant bruyamment.

"Vous ne trouvez pas que ça sent mauvais ? Et d’où il sort ce navire là-bas à côté d’une petite île ? "

Tout le monde regarda en s’approchant du bord. Je reconnus aussitôt le navire et m’empressai de mettre l’équipage en garde.

"Diantre ! Ne faites aucun bruit les gars. C’est le navire du capitaine Macrotte. Ils n’ont pas l’air d’avoir détecté notre présence. La chance sera peut-être de notre côté. Dieu nous préserve de ses boulets d’étronites."

"Des étronites c’est quoi ? " demanda un matelot.

"Des boulets d’étrons compressés. "

" Regardez, on dirait qu’un nuage noir suit leur bateau ? " observa un des matelots, Adrien, un des gabiers embauchés dernièrement.

"C’est pas un nuage, c’est une nuée de mouches à marde. Dites aux matelots d’aller tout de suite chercher notre boîte d’épingles à linge dans la cale. Il faut se bloquer les narines. "  

"Pourquoi Crevette, ça pue pas tant que ça ? " argüa Gontran, le nez en l’air, reniflant de plus belle.

"Attends que le vent change de bord, tu vas te vomir le cœur. Et s’ils nous voient, il y a des risques qu’ils nous bombardent. Quand les étronites frappent un bateau ils éclatent et la chiasse gicle partout. Certains boulets ont mariné pendant des années  Quand ils se répandent, c’est comme de l’acide, même le bois commence à pourrir et à se désagréger. "  

" On dirait qu’ils s’en vont derrière cette île, " dit Adrien en pointant de son index.

"Tant mieux ! Cette île-là s’appelle l’île des Ours mal léchés. Elle occupe un des sommets du quadrilatère. Le pollen de ses fleurs sème la mauvaise humeur et l’agressivité. "  
Chacun observait en silence les mouvements du navire de Macrotte. Il disparut finalement derrière l’île des ours mal léchés. Nous l’avions échappé belle. D’après de vieux pirates, un bateau attaqué par la substance de ces boulets ne pouvait tenir plus d’une semaine avant de sombrer. Mais d’autres phénomènes commençèrent à se manifester. Face, un des jumeaux assis par terre contre le parapet se mit à pleurer à chaudes larmes.

"Moi, personne ne m’aime. Quand je suis venu au monde, tout le monde me trouvait laid. Tellement que mes parents ont dû payer une amende et le médecin a transféré mon dossier chez le vétérinaire."    
Tout le monde fut surpris d'entendre Face se plaindre, lui tellement silencieux d’habitude. Robin qui se tenait souvent avec lui se montra préoccupé.  

"Qu’est-ce qu’il raconte ton frère, Pile ? Il a l’air vraiment déprimé tout à coup. "    

" C’est un euphémisme, "commenta Drago.

" Il hallucine, avança son frère pour l'excuser. Nos parents nous aimaient tous les deux. Et les autres enfants aussi. Nos parents étaient très gentils."

"Il a sans doute respiré le pollen de la fleur dépressive qui pousse sur une des îles du quadrilatère. On dit qu’au lever du jour des larmes coulent le long des pétales de cette fleur. Son pollen se répand et sème tristesse et dépression dans son voisinage."

Comme pour appuyer mon assertion, un vent se leva brusquement, un vent étonnamment chaud et chargé de pollen. Face recommença à se lamenter.

"Je n’ai rien réussi dans ma vie. Mes parents ont essayé de me vendre. Même mon chien ne pouvait pas me sentir."

Hercule, d’habitude tolérant montrait des signes d’impatience.
"Pile, rends-nous service, dis à ton frère de se taire avec ses jérémiades. Il va rendre tout le monde dépressif."

"Je vais l’apporter dans la cale, "  répondit Pile. "Mais ne croyez pas ce qu’il raconte, nous n’avions même pas de chien à la maison. "  

Pile prit le bras de son frère mais au lieu de l’entraîner dans la cale, il s’arrêta devant le mât central du navire, dans ce qui s’apparentait à un état contemplatif.
"Avez-vous remarqué comme il est beau ce mât. Regardez comme il se tient droit et fier, affrontant avec courage et détermination les éléments qui se déchaînent contre lui. Comme je l’aime et le respecte."  

Pile se tourna alors vers nous. Son regard irradiait une sorte de lueur. 
"Vous ressemblez à des anges. Comme je vous aime et vous respecte."  

Ensuite il prit un marteau dans ses mains.
"Quel bel outil, comment on l’appelle déjà ?"  

"Un marteau peut-être … " se moqua Hercule en regardant Pile de travers. Tu le respectes aussi je suppose? Mais qu’est-ce qui lui prend à lui maintenant ?"  
 
" Il a sans doute inhalé un pollen vecteur de tendresse. Ça pourrait être pire, vous savez."  

Pour ne rien arranger, Gontran, les bras étendus vers la mer, s’émerveillait lui aussi. "«Comme il fait beau», "   répétait-il sans arrêt. " « Rendons-grâce au soleil ! »"  

"Gontran a bouffé la même sorte de pollen, on dirait bien." commenta Hercule, désabusé.

"C’est un euphémisme, " intervint Drago.

Je commençais à me poser des questions au sujet de Drago et son euphémisme quand soudain des cris et des bruits de bagarre montèrent de la cale. Firmon sortit la tête de l’écoutille.
"Vous devriez venir capitaine Crevette, lança-t-il d’une voix au bord de la panique. "C’est une bagarre générale. Ils se disputent pour les épingles à linge. Ils croient qu’elles sont en or. "  
 
À présent Face pleurait à s’en fendre l’âme, allongé de tout son long sur le pont mouillé.
"Même mon père me haïssait. Quand j’étais jeune il a saboté mon tricycle et j’ai failli tomber du haut d’un précipice."    
 
"«Comme il fait beau » " continuait à seriner Gontran.

Hercule perdait patience :
" Mais qu’est-ce qu’il a à répéter la même chose tout le temps ?  Ça commence à être chiant en sacrament. "

Je m’empressai d’intervenir  pour tenter de calmer les esprits.
" Sacrebleu Gontran, arrête de dire qu’il fait beau. Tu le prends où ton soleil, on ne voit ni ciel ni terre avec cette maudite brume ? Ça tombe sur les nerfs à la fin. "

À la surprise générale Gontran se tut. Mais moins d’une minute après, trois matelots montés sur le gaillard avant se mirent à chanter à tue-tête :  «Partons la mer est belle.»
https://www.youtube.com/watch?v=_WOVnlL_BJs

" La ferme ! " vociféra un Hercule de plus en plus agressif.

Mais les hommes continuaient à chanter. Seul point encourageant, dans la cale le silence était revenu. On entendait plutôt des rires. Je demandai à Firmon ce qui se passait.

" Ils ne se battent plus. Ils jouent à colin-maillard. Il y en a deux qui se prennent pour des écureuils. Ils se bourrent les joues avec les épingles à linge. "

"  Laisse-les faire. Nous n’avons plus besoin des épingles."

*
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ebi akuma

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MessageSujet: Re: Chasse au trésor    Dim 13 Aoû - 5:53

Je me trouvais immunisé du fait de mon premier passage dans le quadrilatère. Du moins j’en vins à cette conclusion pour expliquer la maîtrise de mes émotions alors que sur le Loup des mers le bordel se poursuivait de plus belle avec des chants, des lamentations, des cris, bref la pagaille générale. Je savais bien que la frégate des marines nous suivait à distance depuis le début. Elle se rapprochait inexorablement. J’interpellai les plus anciens de l’équipage pour s’entendre sur une ligne de conduite. Je voulais savoir sur qui je pouvais compter. Les plus anciens marins dont Drago, Hercule, Firmon, Robin, Adrien, ne semblaient pas trop affectés. Même Gontran et les jumeaux reprenaient le contrôle de leurs facultés. Les matelots embauchés récemment tombaient plus facilement sous l’influence du quadrilatère. L’un d’eux d'ailleurs, un grand sec du nom de Fabien, s’approcha et nous toisa à tour de rôle avec les airs d'un grand savant. Puis il affirma le plus sérieusement du monde :

"Saviez-vous messieurs, que deux plus deux ne font pas toujours quatre ?"    

Drago riposta aussitôt sur un ton moqueur :
"C’est fort possible, surtout si quelqu’un ne sait pas compter."    

L’autre, insulté, tourna prestement les talons et s’éloigna la tête haute, dédaignant les ignares que nous étions.

Soudain un silence énigmatique s’installa sur le navire. Les matelots se mirent à tourner en rond, à errer comme des zombies, le regard vague, les bras ballants. Seul un petit groupe un peu à l’écart semblait plutôt en pourparler. Intrigué je m’approchai :
"Bonjour messieurs, puis-je vous interrompre un instant ?"    

Les gars me regardèrent suspicieusement et s’éloignèrent d'un pas pour se consulter, chuchotant entre eux, jetant un coup d’œil vers moi à l’occasion. Finalement l’un d’eux se sépara du groupe et s’approcha pour déclarer d’un ton officiel :
"Cher Crevette, nous avons étudié votre dossier et vous remportez le prix de l’employé du mois. Voici une belle épingle à linge chromée en guise de récompense."    
Et il me tendit une épingle à linge très ordinaire. Que pouvais-je dire ? J’eus envie d’en rire mais je décidai plutôt de participer au jeu, à supposer que c’en fut un.

"Trop aimable à vous d’apprécier mes services, messieurs. Je vais placer ce trophée en évidence dans ma cabine. Mais je voudrais attirer votre attention sur une urgence. Nous sommes poursuivis."    

Tous se cabrèrent et regardèrent autour d’eux en état de panique.
"Nous sommes poursuivis ? Par qui ? Des pirates !!!"    

" Non, non, les pirates, c’est nous, dis-je pour les calmer. Une frégate des marines nous poursuit. "    

Comme s'il prenait soudainement conscience du danger, l'un d'eux écarquilla de grands yeux en pointant dans la direction du bateau des marines. Blanc comme neige il  s’écria :
"Les farines ! Sauve qui peut ! Les farines ! On est moutus."    

Je ne comprenais rien à son baragouinage. 
"Qu’est-ce qu’il dit ? Il parle une autre langue ?"    

" Non, répondit le premier, c’est juste qu’il mélange deux lettres depuis un moment. Le f et le m. Je crois qu’un moustique l’a piqué. Mais on s’habitue. Eh, regardez, dit-il en allongeant le bras en direction de la frégate, ils ne nous poursuivent pas. Ils se préparent à se baigner. Plusieurs portent des costumes de bain, d’autres à poil."    

Effectivement, à peine une trentaine de mètres de distance à présent, les marines nous saluèrent chaudement à grands cris.
" L’eau est superbe. Joignez-vous à nous les gars."    

Celui qui pouvait être le commandant s’adressa directement à moi.
"Capitaine Valdez, accompagnez-nous pour une mousse fraîche, sur le bras des contribuables. N’ayez crainte, nous ne sommes pas en service. Nous sommes tombés en vacances sur le coup du midi."    
Mais comment diable savait-il mon nom ? Avait-on mis un prix sur ma tête? Quoiqu’il en fut je ne pouvais accepter sa proposition.

"J’apprécie votre offre cher commandant mais je me vois dans l’obligation de la décliner dans les circonstances. Cependant vous feriez mieux de dire à vos hommes de ne pas aller dans l’eau. C’est dangereux dans cette région."    

"Pourquoi c'est dangereux",s'enquit Gontran.

Plusieurs matelots s'approchèrent, curieux d'entendre mon explication.
"À cause des sirènes. "    

" Les sirènes ? sursauta Édouardo. Elles ne sont pas supposées de chanter et on doit se mettre de la cire dans les oreilles?"    

"Tu lis trop de récits fantastiques Édouardo. La plupart des sirènes chantent comme des poêlons. Mais elles sont très jolies, si on oublie le fait qu’elles ont les deux jambes collées ensemble et une nageoire à la place des pieds. Mais elles doivent se nourrir et voyez-vous, la chair humaine figure sur leur menu. En tout cas, elles vont régler le cas des marines. Tant mieux pour nous."    

Je me détournai du navire des marines car un autre phénomène inquiétant se produisait. Un calme inopiné s’installa. Plus aucun vent. Le navire cessa tout mouvement. Je savais trop bien ce qui se passait.
"Mes amis, le destin s’acharne contre nous ! Nous sommes entrés dans une cellule de vide temporel. Le temps n’a plus de direction, le passé, le futur, tout peut s’entremêler. Ne faites pas attention à ce que vous pourriez entendre. "    

Et comme pour confirmer mes craintes, un des marins monté sur le gaillard avant se mit à réciter des vers à l’intention d’un petit auditoire formé de deux amis. 
"Maintenant que Paris , ses pavés et ses marbres
Et sa brume et ses toits sont bien de loin de mes yeux. "
*   

Un de ses compagnons l’apostropha amicalement :
" Eh Victor, qu’est-ce que tu racontes encore ? "    

" Ah lui, laisse-le faire," ajouta l'autre en secouant la tête. " Il est toujours en train de réciter des vers. J’sais pas ce qu’il va devenir celui-là…"    

Se détournant du spectacle Gontran nous posa une question tout à fait pertinente :
"Mais pourquoi nous pouvons bouger si tout est gelé? "      

"Cet état n’affecte que la matière inerte. Nous sommes vivants."      

"Heureux de l’entendre dire, reprit Gontran,  Mais pour combien de temps ? J’ai bien peur qu'on ne puisse jamais sortir d’ici."    

La remarque sema la déprime parmi des membres de l'équipage à portée d'oreilles. Un des matelots se mit à pleurnicher :
"Je ne verrai plus jamais ma maman."      

"Il ne verra plus jamais sa maman, "entonnèrent un chœur trois autres marins.

"Je ne verrai plus jamais mon p’tit frère, " pleurnicha de plus belle le premier . 

"Il ne verra plus jamais son p’tit frère," reprit le chœur de pleureurs.

"Je ne verrai plus jamais …"    

"La ferme ! tonna Hercule. Ça commence à bien faire. Il faut sortir au plus vite  de ce nid de coucous avant de tous devenir dingues."      

Vic le timonier :
"Les boussoles ne fonctionnent plus. Nous n’avons aucun repère pour nous situer."    

"Attendez les gars, dis-je en pointant vers le large, tout espoir n’est pas perdu, voyez-vous là-bas cette île ? "      

"Oui, pis après ? " bougonna Gontran, désabusé.        

"Elle se trouve à un des sommets du quadrilatère. Si on parvient à la dépasser on sortira de ce cauchemar. "      

"Il va nous falloir ramer car il n’y a plus aucun vent, commenta Adrien. Comment elle s’appelle cette île ?  "      

"Il s’agit de l’île des gentils vampires. "      
"Des gentils vampires ? Depuis quand les vampires sont-ils gentils ? " reprit Gontran sur le même ton bourru.  

"Bien, ceux-là demandent la permission avant de sucer ton sang. Et ils te payent au litre. Le sang est coté à la bourse sur leur île, un peu comme les matières premières. En cas de pénurie les prix remontent. Et si ton sang appartient à un groupe recherché il vaut encore plus. Par exemple le B négatif a un goût très apprécié des vampires."      

"Intéressant ! dit Robin. Ça pourrait représenter un bon revenu d’appoint  mais un litre, c’est beaucoup trop ! Il ne me restera plus de sang dans le corps."      

Le professeur Drago sentit le besoin d'instruire ses subalternes.
"Mais oui voyons. Le corps humain contient en moyenne cinq litres de sang. "      

"Parle pour toi Drago. Regarde ta grosseur. Un litre pour toi c’est rien," rétorqua Robin.

"C’est sûr, Drago a un litre de sang juste dans les oreilles, " rigola Gontran.

Drago n'apprécia pas du tout la remarque.
"T’es rendu humoriste Gontran ? Un humoriste mort, ça te dit quelque chose ?"      

"J’faisais des farces. Fâche-toi pas. T’es ben à pic tout à coup."      

Trois matelots se mirent à tourner en rond en se tenant par la main et à seriner : «Drago se fait du mauvais sang. Drago se fait du mauvais sang. Ça n'a pas de bon sang comme Drago se fait du mauvais sang.’»

Drago qui n’en pouvait plus se tourna vers moi :
" Retiens-moi Crevette, j’vais tuer."      

" Voyons, ne t’en occupe pas Drago. Tu sais bien qu’ils ne sont pas méchants. Ils sont sous influence. "      

À ce moment un autre matelot s’écria :
 " Euréka ! J’ai trouvé ! E = mc2. "      

Deux de ses amis le regardèrent en branlant la tête.
" Sacré Albert, lui pis ses équations sans queue ni tête. "      

Adrien, tout content d'avoir une fière idée, s'approcha à la hâte.
" Les vampires dorment le jour. On va pouvoir passer sans les réveiller. "  

Hector, un des nouveaux, un jeune albino sans cheveux, semblait perdu dans une sorte de trance. Il commença à répondre:
" Faut être prudent. Certains …" ensuite il s’arrêta net de parler quelques secondes et reprit tout d’une traite : " s'enduisent d’une crème solaire ultra efficace qui reflète 100% des rayons ultra-violets, vendue sur e-bay pour 2 .37 euros le flacon de 500 millilitres."        

" Quoi ? T’es complètement dingo Hector ? lança Gontran. E-bay, euros ? Qu’est-ce qui se passe ici coudonc ? Dans quel siècle on est rendu ? "

Soudain un léger mouvement du navire capta l'attention de tout le monde.      

" Hein! Comment ça se fait que le navire bouge ?  s'étonna Robin. Le vent n'a pourtant pas repris."        

Curieux, un marin se pencha par-dessus le garde-fou du pont arrière.
" Il y a une bizarre de créature qui pousse le bateau. "      

Tout le monde s’approcha pour jeter un coup d’œil. Je reconnus un visage familier. 
" Attendez, c’est Goutedo. Bonjour mon ami, je ne pensais plus jamais te revoir."      

" Yé vou que vou  z’étiez z’en panne, capitane Valdez, " prononça la créature avec un accent latin.

" Ma foi du bon dieu, t’es connu comme Barabas dans la passion Crevette! , " s'exclama le boîteux.

" C’est qui lui ?" , demanda Gontran, suspicieux.

" C’est un sirène,  dis-je. Il y a des mâles parmi les sirènes vous savez."      

" Ça alors, on en apprend tous les jours,"  fit Hercule.  

Ainsi nous avons pu sortir du quadrilère de Bermudor. L'île des gentils vampires derrière nous, tout le monde redevint normal à mon grand soulagement. Un vent d'ouest soufflait sans vigueur, le ciel avait pris un beau bleu uniforme. Il faisait chaud. Des goélands sillonnaient le ciel. Certains des matelots seouaient la tête, encore confus à se demander ce qui s'était passé.

" C’est bien beau mais comment on va faire pour retourner sur North Blue ?" se lamenta un des membres de l’équipage.

" Mais on y est sur North Blue les gars. On a l’air perdus parce qu’on se trouve dans une  région qu’on a jamais visitée. Mais pas de panique. Profitons-en plutôt. Regardez cette île que l’on approche, les palmiers, les cocotiers. De toute beauté ! On vient peut-être de trouver le paradis terrestre, l’éden de la création."      

Drago secoua la tête.
" J’sais pas, moi! J’me méfie tout le temps quand ça l’air trop beau pour être vrai."      

" Vot' ami a raison,intervint Goutedo. Lé zabitants de cette île adorent lé étranyers, surtout bouillis dans de l’eau de pluie. Non, non, ye rigole, ils aiment youer. On les appelle les Erpéistes. "      

" Erpéistes ! " dit Drago avec l'air de se creuser les méninges. " Ça me dit quelque chose ce mot. Ah oui ! j’ai entendu parler d’une île où ils font des jeux en empruntant la personnalité de quelqu’un d’autre. "      

" Ah oui! Ça pourrait être intéressant. Il y a peut-être des prix à gagner.  Est-ce qu’ils se transforment vraiment en quelqu’un d’autre ? " demanda Adrien.

Ça me paraissait tout à fait improbable.      
" Ben non voyons… du moins j’pense pas. C’est un jeu. En tout cas, on verra, on accoste bientôt sur cette île. N'empêche qu'on aurait bien besoin de s’amuser un peu après ce qu’on vient de passer. Comment on la nomme cette île de jeux, Goutedo. "      

" Un nom étranyer, RP island. Ye ne sé pas ce que RP sinifie. Ils aiment itou la chasse au sanlier. Au revoir mes amis. Ye m'en ritourno. "      

" Ah le sanglier. Comme ça réveille de bons souvenirs, rêvassa Drago. De belles côtelettes dorées  parfumées d'épices sauvages, badigeonnées dans une sauce aux morilles.  L’eau m’en vient à la bouche."

Tout le monde salua chaudement Goutedo.        
" Au revoir et mille fois merci Goutedo. Ouais, "poursuivis-je en me frottant la bedaine, " tu me rappelles qu'il faudrait peut-être penser à manger maintenant, Drago. Gus nous a-t-il préparé quelque chose ? "
 


* À Villequier de Victor Hugo

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