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 L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]

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Shizukanaru Noakuma

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MessageSujet: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Mar 28 Fév - 0:40

Le pôle portuaire de Beluga. Un havre de commerce, une plaque tournante de East Blue, un tracas pour la Marine. Avant, Yurikago des Keapers était ainsi, il y a fort longtemps, bien avant que je n'arrive sur cette terre. Mais ce commerce florissant avait attiré la cupidité des pirates et augmenté celles des honnêtes gens. Pour ne pas avoir un second Yurikago sur les bras, voilà pourquoi j'étais là, à patrouiller avec Rin.

Je remuais les épaules, courbaturé, par mes efforts récents. Après mon temps passé avec les aveugles, j'avais prouvé que je pouvais parler quand MOI je le souhaitais. Bien sûr, mes mésaventures et incompréhensions avaient bien fait rire Rin et je m'étais énervé plus d'une fois mais finalement, personne n'était mort, je m'étais moi aussi entrainé et tout le monde en était ressorti content. Enfin, sauf moi, comme d'habitude. Bien que j'avais ressenti le fugace sentiment d'accomplissement lors de mes entraînements.

Cela faisait maintenant une semaine que j'étais à Beluga. Je ne pense pas avoir déjà vu une ville si grande et si peuplée. Certes, je n'ai pas vu grand chose du monde mais tout de même. Les premiers jours, je me perdais souvent et Rin me disputait souvent, arguant qu'il n'avait pas à me chercher tout le temps. Ce à quoi je lui répondais que je ne lui avais rien demandé. Généralement à ce moment de la dispute, il se refermait comme une huître et me lançait un regard noir. Je ne suis pas un expert mais c'est louche.

Bien sûr, Rin et moi apprenions toujours à nous découvrir. Pourquoi j'avais accepté d'être avec lui ? Hmmm … il me semble dans un premier temps que je n'avais pas eu le choix. Mais finalement, sa compagnie n'était pas si désagréable que cela. Il était expérimenté, en connaissait un rayon sur les manières de faire des pirates, se révélait de bons conseils, ne m'importunait pas sans cesse, parlait peu. J'en étais toujours au stade de comprendre les limites de conversation à ne pas dépasser. Chaque chose en son temps.

— Shizu !

Mon surnom claqua avec tant d'intensité, me sortant de mes pensées, que je me redressais brusquement, aux aguets. Rin était sur le pas de la porte, son regard stricte posé sur moi. Tellement que je regardais même un instant autour de moi, cherchant la bêtise qui pouvait me valoir ce regard. Puis je compris que c'était juste naturel. Comme beaucoup, il avait pris le pli d'utiliser le diminutif de mon prénom.

— On retourne patrouiller ! On ne sait jamais quand la vermine peut frapper !


Je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il me pointa du doigt et répliqua sèchement :

— N'ose même pas.


Je soupirais et passais ma veste sur le débardeur qu'il m'avait imposé de porter. Car apparemment, on a oublié de me dire toutes ces années que porter ma veste, la poitrine nue, faisait miséreux et peu crédible au vue de mon corps juvénile. Comme je n'en avais strictement rien à faire d'avoir un t-shirt ou non, j'avais accepté.

Les habitants du quartier où était situé notre base s'était habitué à ma présence. Certains avaient paniqué à mon arrivée mais quand ils avaient compris que j'étais le démon dont les journaux avaient parlé, ils manifestèrent plus de curiosité et d'admiration devant moi. Maintenant, ils me souhaitaient même une bonne journée quand je partais en patrouille.

Globalement, Beluga était une ville assez calme en terme de criminalité. Nous avions arrêté un artisan qui vendait des contrefaçons, un trafiquant d'oranges et un vendeur à la sauvette sur le port qui n'avait pas d'autorisation. Bref, on tuait le temps en vagabondant dans le port, les yeux traînants partout pour trouver quoique ce soit de louche et qui me tirerait de la monotonie de cette mission. Et c'est ainsi donc que je sortais au côté de Rin, nous dirigeant vers le port comme à notre habitude. Il me fit un sourire en coin et cette fois-ci, ce fut à mon tour de lui couper l'herbe sous le pied.

— Non.

Il sourit, une petite étincelle dans ses yeux, furtive, puis il reprit son habituel air blasé et à la fois sérieux. Avais-je aussi cette tête là ? Possible. Petite folie aujourd'hui, nous prîmes à droite plutôt qu'à gauche comme les fois précédentes. Les commerçants installés sur le bord nous saluèrent de la main, s'accompagnant généralement d'un sourire et d'offres à but purement commercial.

— Ce sont tous ces braves gens qu'on doit protéger, souffla Rin, ses yeux balayant les étalages et la foule.

Comme à notre habitude, nous allâmes voir la Maison du Port, l'office qui gérait l'arrivée et les départs de bateau afin de faire les inspections traditionnelles des nouveaux arrivants. Ils nous fournirent la liste en question et nous repartîmes rapidement, nous frayant un chemin vers le dock A, le quai d'amarrage 6.

Mais, à mi-chemin, je m'arrêtais, fronçant les sourcils et indiquais d'un geste de tête à Rin ce qui me perturbait : un mouvement de foule. Certes dans un port, il y avait souvent des mouvements, c'était un lieu de vie et tout bougeait en permanence, notamment avec les marins qui chargeaient et déchargeaient leurs cargaison. Mais là, c'était un fait inconnu : il y avait un attroupement devant un quai d'amarrage vide.

Intrigué autant que moi, Rin ordonna de sa voix grave et ferme à la foule de se dissiper et nous avançâmes jusqu'au bord. On y voyait un garçon, blond, une cicatrice barrant ses yeux, affalé au sol, et au bord de l'inconscience. À mes pieds, un homme brun pendait plus que montait à l'échelle de corde du quai. Je donnais un coup de coude à Rin, lui indiquant d'aider le malheureux tandis que je portais le petit maigrichon blond. Je m'accroupis face à celui à terre et demandai simplement :

— Tu es vivant ?

À côté de moi, j'entendis Rin soupirer avec désespoir.


Dernière édition par Shizukanaru Noakuma le Dim 26 Mar - 17:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Mer 22 Mar - 13:45

A peine étais-je parvenu au sommet de l'échelle que des milliers de sons envahirent mes oreilles, vrillant mon cerveau comme autant de crochets aiguisés. Je laissai échapper une plainte et m'effondrai sur moi-même, conscient que je ne pouvais y échapper. Des voix, des pas, des souffles, des battements, des grincements, claquements, vrombissements, bourdonnements, et autant d'autres bruits que je ne pouvais démêler, qui m'envahissaient et menaçaient de submerger ma conscience. Je ne sus combien de temps dura cette cacophonie, quand soudain au milieu de tout cela, une voix se détacha, vide de toute émotion.

- Tu es vivant ?

Je mis un instant à comprendre que cette question m'était adressée. Je cherchai les mots à dire pour expliquer notre situation, à Rolland et à moi. Mais ma bouche était pâteuse, et je ne laissai échapper qu'un faible gémissement. Je laissai passer quelques battements de cœur, me concentrant pour refouler le vacarme ambiant au fin fond de mon esprit, avec plus ou moins de succès, puis retentai ma chance.

- … boire...

Je tendis la main dans la direction d'où j'estimais venir la voix et mes doigts se refermèrent sur un pan de vêtement, auquel je m'accrochai désespérément.

- Il est vivant., indiqua le jeune homme, son ton parfaitement neutre.

Je ne savais trop si je devais me réjouir de cette remarque. Était-ce un constat, un soulagement, une menace... ? Je claquai légèrement le bout de ma langue pour localiser Rolland. Le son se réverbéra de toute part, me renvoyant l'écho d'un entremêlât incompréhensible sur lequel ne se découpaient que trois personnes : mon compagnon de galère et deux autres, dont j'ignorais tout.

- … boire..., suppliai-je de nouveau.

Tout autour de moi des voix chuchotèrent et je compris que j'étais encerclé par un véritable mur humain. Je serrai les dents, essayant d'ignorer les bribes de conversation que je percevais. Je reconnus alors la voix de Rolland et me concentrai sur lui.

- Merci, merci... Nous cherchions... la Marine...
- Et vous l'avez trouvée., répondit une autre voix. Venez, nous allons vous conduire à la base pour s'occuper de vous. Vous pouvez marcher ?

Quelqu'un m'attrapa par le bras et je fus hissé sur mes pieds. Je fus entraîné sans savoir où, inquiet mais sans avoir la force de résister. Ma marche était laborieuse, j'avais du mal à comprendre vers quoi je m'aventurais. Mon appréhension du relief était perturbée, les échos de mes claquements de langue me révélant faire face à un mur vivant qui s'écartait devant notre petit groupe. Je n'avais jamais encore eu à faire à tant de personnes réunies. Finalement, après un temps indéterminable, nous pénétrâmes dans un bâtiment. Le nombre de voix diminua soudainement, m'octroyant un agréable soulagement. Mon esprit s'éclaircit et je repris contact avec la réalité. On me fit traverser un couloir, entrer dans une pièce et asseoir sur une chaise. Quelques instants après un grand verre d'eau fut placé entre mes mains et des odeurs de nourriture me parvinrent. J'écoutais distraitement Rolland expliquer ce qui nous était arrivé – que nous avions été fait prisonniers par des pirates sur une île inconnue, que nous avions réussi à nous enfuir puis avions dérivé pendant des jours avant d'enfin parvenir ici – mais la majeure partie de mon attention était accaparée par ce verre, que je vidai lentement, avec délectation.

- Ces pirates sont venus menacer mon village, sur l'île de Dawn., poursuivait Rolland. Et ils sont impliqués dans un trafic humain. Arrêtez-les, s'il-vous-plaît !

Je mangeai avec appétit, presque surpris que tout soit si bon. Mais comparé aux rations auxquelles j'avais droit en tant que prisonnier et à l'absence totale de nourriture, tout me serait apparu comme un festin. Rassasié, je poussai finalement un soupir d’aise, portant de nouveau attention à la conversation.

- Je vous remercie de nous avoir écoutés. Nous allons nous débrouiller maintenant. J’ai une connaissance qui habite en ville, elle pourra nous dépanner pour cette fois., indiqua Rolland.
- Nous allons vous accompagner., déclara l’un des marines.
- C’est bon, grâce à vous nous avons repris suffisamment de force pour marcher jusque là-bas.
- J’espérais plutôt que votre ‘connaissance’ pourrait nous confirmer vos identités., précisa l’homme après une courte hésitation.

Un court silence suivit, dans lequel j’entendais parfaitement les battements de cœur de chacun, et ceux de Rolland s’étaient légèrement accélérés. Je me tournai vers lui et attrapai son vêtement avec inquiétude. Sa main se posa sur ma tête et il reprit d’une voix qui se voulait certainement plus assurée qu’elle ne l’était.

- Il ne connaîtra pas Art, nous nous sommes rencontrés là-bas. Mais aucun problème, allons-y.

Je restai accroché à lui, et il me guida ainsi vers la sortie. Je ne pus m’empêcher de tressaillir lorsque les centaines de voix se refirent plus présentes autour de moi. Assailli de toute part, j’étais incapable de me repérer. Je me focalisai sur mon camarade et sur les deux marines qui nous suivaient de près, trouvant quelque réconfort dans leur silence. C’était une petite bulle plus reposante au centre de l’agitation, de tous ces mouvements trop difficiles à différencier. Les corps se mêlaient aux corps, se bousculaient, les habits amples volaient dans le sillage des passants, perturbant ma vision des choses. Malgré cela, petit à petit, je commençais à m’habituer aux mouvements de la foule.

- Pourquoi les gens s’écartent à notre approche ?, demandai-je soudain en le réalisant.
- Oh… Tu t’en es rendu compte…, hésita Rolland avant de rire doucement. Eh bien, sans vouloir te vexer, nous ne sommes pas bien beaux à voir. Et puis, nous avons une escorte, et les gens honnêtes n’ont pas à s’opposer à la marine.

Qu’est-ce que ça signifie : nous ne sommes pas bien beaux à voir ? La question me brûlait les lèvres, mais je me retins, n’ayant pas envie d’exposer une fois de plus mon incompréhension. Perplexe, j’écoutais Rolland qui s’était mis à me décrire les rues que nous traversions. La plupart de ses propos me restaient incompréhensibles : bleu, sombre, brillant… Qu’était-ce que tout cela ? Je tendis l’oreille, essayant de trouver des indices pouvant m’expliquer cela. Tout compte fait, une fois que je m’étais habitué au volume sonore et en oubliant les détails de second plan, je pouvais assez normalement visualiser l’espace environnant. Je fus soudain marqué par un battement de cœur frénétique et je ralentis le pas. Inquiétude ? Peur ? Colère ? Puis il n’y en eut plus un mais six, qui se rapprochaient dans notre dos. Je tirai un peu plus fort sur la manche de Rolland.

- Il y a des gens malhonnêtes derrière nous., murmurai-je.

Je le sentis se retourner, et il lâcha un juron.

- Les pirates !, cria-t-il.

L’instant d’après, il me repoussait derrière lui et je chutai sur les pavés. Des murmures parcoururent la foule, qui semblait plus curieuse qu’inquiète. Les pirates avaient le cœur qui battait la chamade, mais ils s’immobilisèrent et tournèrent plusieurs fois la tête, comme s’ils cherchaient eux aussi à repérer les personnes indiquées par Rolland.

- Ne faites pas comme si de rien n’était !, cria-t-il alors que j’entendais la foule commencer à se moquer de lui. Le type au bonnet rouge là-bas, c’est lui qui m’a jeté dans ce vieux cachot ! Et ces deux-là faisaient partie du groupe aussi !
- Calmez-vous., intervint l’un des marines avant de se tourner vers les pirates. Messieurs, pouvez-vous approcher un instant pour que nous clarifiions ce malentendu ?

Rolland commença à protester, alors que les pirates restaient un instant de plus immobiles, semblant se concerter de quelques signes discrets. Puis soudain ils se mirent à hurler, et alors que les cris forçaient, je compris qu’ils se précipitaient vers nous, malgré les deux marines qui se tenaient sur leur chemin.

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Shizukanaru Noakuma

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MessageSujet: Re: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Dim 26 Mar - 18:16

Pirates ? Trafic humain ? Que des choses qui devaient faire tinter les oreilles de Rin, le bougre était au bord de la crise d'apoplexie d'avoir enfin une touche, qui plus est sur des pirates, après notre peu d'activité. Il voyait aussi le regard interrogateur que je lui lançais et secoua légèrement la tête pour me signifier que non. Le blondinet maigrelet semblait plein d'admiration pour le verre d'eau et la nourriture qu'on leur avait apporté. Même si leur état semblait corroborer leurs récits, techniquement, nous n'avions aucune preuve, on pouvait tout simplement pas les laisser repartir ainsi.  Je m'intéressais au maigrichon justement pendant que Rin faisait tous les bavardages administratifs avec le dénommé Rolland. Il savait que j'interviendrai seulement si quelque chose me frappait bizarrement. Mais pour le moment, ce qui me percutait c'était que ni l'un ni l'autre ne semblait s'affoler de mon apparence ou tout du moins même pas me fixer avec insistance. Rolland me jetait bien quelques regards dérobés mais il me semblait surtout qu'il s'étonnait que je n'intervienne pas contrairement à mon collègue. Quant au maigrichon, il m'ignorait tout bonnement. Je remarquais alors la cicatrice qui barrait ses yeux et passai ma main lentement dans ce qui devait être son champ de vision. Mais il n'eut aucune réaction. Tout s'expliquait. En revanche, pourquoi faire d'un aveugle un captif pour le trafic d'humain ? La cécité était tout de même un sacré handicap, il était difficile d'en faire un servant à la revente, en fait, il me semblait qu'on pouvait pas en faire grand chose de ce pauvre garçon.

Rin me tira de mes pensées en proclamant le moment de partir pour accompagner les deux jeunes hommes vers la connaissance de Rolland. Je hochais la tête et nous partirent. Les deux jeunes gens nous passèrent devant afin de nous guider, nous laissant le loisir de débattre avec Rin des nouvelles informations. Il chuchotait afin de ne pas se faire entendre de nos … témoins ?

— Qu'en penses-tu Shizu ? Un trafic d'humain ! C'est énorme, ça ne peut pas être un petit équipage qui s'occupe de ça … il y a forcément quelque chose derrière tout ça.

— Probable. Mais lui me turlupine, soufflais-je en pointant le maigrichon du doigt. Pense pas qu'il mente mais … pourquoi vendre un aveugle ? Aucune valeur marchande, ni même comme esclave. Il est faible, peut pas faire les tâches les plus simples d'un esclave. Je me tus un instant observant le garçon. Regarde, il est bossu aussi, il a un problème de dos. Il peut sans doute rien porter. Pourquoi s'en prendre à lui ?

Rin me dévisagea un instant puis le petit gars – quand bien même je suis mal placé pour parler de lui comme ça – réfléchissant à ce que je lui soumettais.

— C'est pas faux. Artémis n'est pas vraiment le profil type contrairement à Rolland qui est plus costaud et à même à travailler.

Ah, le maigrichon s'appelait donc Artémis. J'avais dû louper cette étape de la conversation.

— Les pirates !

L'appel interrompit la conversation et Rin, toujours investi de cette fameuse mission de justice, s'avança, tout aussi désarmé que moi, offrant le bénéfice du doute au groupe de six êtres mal famés auquel je n'aurais pas laissé cette chance.

— Calmez-vous, intervint Rin. Messieurs, pouvez-vous approcher un instant pour que nous clarifiions ce malentendu ?

Rolland râla, les soi-disant pirates se concertèrent et se jetèrent sur notre petit groupe, hurlant à plein poumon et confirmant au passage les allégations de Rolland.

Je ricanais et fis craquer mes phalanges, prêt à me jeter aussi dans le combat.
— Shizu …, me prévint sévèrement Rin.

Je grommelais et me mis en garde, Angry sortant de mon bracelet, sa petite tête toute mignonne montrant les crocs.

— Le démon de la Marine ! Capturez-le ! Il va nous rapporter une fortune !


Trois se dirigeaient vers moi et les trois autres vers Rin, tandis que Rolland et Artémis restaient derrière nous, Artémis tétanisé, accroché à son compagnon comme à une bouée de sauvetage.
J'assenais un coup au menton de ma paume, les doigts recroquevillés, faisant claquer la mâchoire du premier qui s'amena vers moi. Le deuxième subit un coup de pied fléchi dans les côtes avant que je ne tombe en arrière, subitement happé, la fermeture de ma veste me rentrant dans la gorge. Je l'ouvris en toute hâte, m'en délestant alors que les deux autres que j'avais frappé tentaient d'en profiter pour m'attacher les pieds. Rolland, armé d'un épais morceau de bois trouvé dans les alentours, frappa celui qui possédait ma veste. Je voyais sérieusement rouge. PERSONNE ne prenait ma veste.

— Angry, soufflais-je.

Mon petit dragon piailla et disparut, dans un éclair violet, se fichant sur mes omoplates. Je me débarrassai de mes assaillants en écartant mes ailes fraîchement acquises en les déployant de toutes leurs envergures et en prenant mon envol. Si l'un avait eu le réflexe de lâcher la corde qu'il tenait sur mes chevilles, l'autre pesait sur mes jambes et hurlait, paniqué, constatant que je prenais de la hauteur.

Le troisième que j'avais délaissé faisait face à Rolland. Je fonçais en piqué, rabattant mes ailes pour gagner de la vitesse, sentit le deuxième larron lâcher la corde quand il s'estima assez proche du sol et finalement, à peine le pied au sol, je fis disparaître mes ailes pour obtenir le poing de la fureur, transperçant dans mon élan le corps du pirate qui allait s'en prendre au brun. Ma main griffue ressortait, à quelques centimètres de Rolland allègrement éclaboussé du sang de mon ennemi. Dans un bruit de succion, je libérai ma main et constatais que Rin en avait fini lui aussi. Zut, je ne l'avais pas vu combattre une fois de plus.

— On ne tue pas les suspects
, pesta-t-il en voyant le trou béant dans la poitrine du pirate. Je vais devoir te le dire combien de fois !

— S'en fout
, grommelais-je. Pas important.

— Pas important ?! s'étrangla-t-il, et si c'était lui qui savait les informations les plus capitales ! On fait comment, malin cornu !

Je me désintéressai de son habituel crise de nerf pour aller voir les deux témoins.

— Tout va bien ? Désolé, ajoutais-je en pointant l'état de Rolland.

Rin passait les menottes aux pirates tandis que je récupérais ma veste et qu'Angry se remartialisait à mon poignet sous sa forme de bracelet.

Bien maintenant, c'était l'heure de la confrontation et de l'interrogatoire. Rin sortit son insigne et démarra la procédure :

— Au nom de la loi, nous, Sergents-chef Jewelry Rin et Noakuma Shizu, nous vous arrêtons et procédons à votre interrogatoire.

— C'est Shizukanaru mon prénom, grondais-je dans l'oreille d'un sourd.

Nous étions tous regroupés autour des cinq individus, seulement 3 encore conscients. Etrangement, ce n'était pas les trois miens. On va encore dire que c'est de ma faute ...
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MessageSujet: Re: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Mar 28 Mar - 22:12

Le calme revint aussi vite qu’il avait disparu. J’avais à peine eu le temps de comprendre ce qui se passait que déjà les marines nous accompagnant semblaient avoir maîtrisé les pirates. La foule autour de nous était partagée. Certaines personnes hurlaient de terreur, d’autres continuaient de fuir, quelques unes restaient choquées et les dernières applaudissaient et lançaient des approbations sonores.

- Rolland… ?, appelai-je.

J’avais lâché mon camarade pendant l’action et je ne savais plus maintenant où donner de la tête, complètement perdu. Une main se referma sur mon bras et je sursautai.

- T’éloigne pas., grogna Rolland.

Je retroussai le nez, frappé par l’odeur de sang. Je voulus lui demander s’il allait bien, mais le ton sec qu’il avait employé m’en dissuada. L’avais-je énervé ? Pourquoi ? Il me tira derrière lui, l’odeur de mort se faisant plus forte alors que nous approchions de la zone où se portait toute l’attention de la foule.

- Au nom de la loi, nous, Sergents-chef Jewelry Rin et Noakuma Shizu, nous vous arrêtons et procédons à votre interrogatoire., indiqua calmement le premier marine.
- C'est Shizukanaru mon prénom., grogna le second.

J’eus l’impression d’être le seul à l’entendre car personne ne tint compte de son intervention et son collègue ne rectifia pas ses propos.

- Mais vous êtes quoi ?, demanda Rolland à ce dernier. Ce que vous avez fait, c’était monstrueux ! Sans offense. Mais à mains nues ?! Et ces ailes, elles sortaient d’où ?!

Des ailes ? Je claquai la langue pour examiner le marine, mais je ne perçus aucune présence de quelconques appendices dans son dos. En revanche, il arborait d’étonnantes proéminences sur le dessus de la tête. J’étais perplexe. Mais de quoi parlait Rolland ? Sa main toujours refermée sur mon bras tremblait. De la peur ? Non, c’était autre chose, quelque chose qui se rapprochait plus de l’excitation. Est-ce que ce Shizu(kanaru) était… Quels étaient les mots dejà ? Ah oui, bien beau à voir ? Quoi qu’il en fût, ce dernier ne répondit pas, semblant plus intéressé par les pirates.

- De quel équipage faites-vous partie ?, demanda l’autre marine, Rin.

Le silence dura quelques secondes, puis l’un des hommes commença à ricaner. La main de Rolland se crispa, me serrant à m’en faire mal. Je serrai les dents mais gardai le silence. Le rire s’approfondit, ironique et nerveux, avant de soudain s’interrompre dans un son de chair écrasée. Je retins un haut-le-cœur.

- Shizu !, s’énerva celui qui menait l’interrogatoire.
- Ce type est complètement fou !, paniqua l'un des pirates.
- Vous êtes des hommes morts !, enchaîna un autre. Vous pouvez être sûrs que notre capitaine ne va pas vous laisser vous en tirer ainsi ! Il récupérera sa marchandise et toi, le démon, tu deviendras son esclave, et tu le supplieras de te laisser lécher la merde sous ses bottes ! Et toi, le voleur, il te montrera ce que ça fait d’être privé de ses biens !

Rolland me lâcha et je l’entendis s’avancer à grands pas vers le pirate. Je claquai la langue à répétition pour comprendre ce qu’il faisait, l’action me parvenant sous forme d’une succession de scènes figées. Il attrapa l’homme par son vêtement et le tira brutalement vers lui.

- Un être humain n’est pas un bien., grinça-t-il.

Le marine Jewelry Rin intervint pour les séparer et mon camarade recula de quelques pas, agitant vivement les mains dans l’air sans que je comprenne ce qu’il faisait. Une façon d’exprimer sa colère peut-être ?

- Et puis comment nous avez-vous retrouvés ?!
- Tss, ce n’était pas bien compliqué., se moqua le pirate. Quand les autres vous ont perdu de vue, le capitaine a tout de suite ordonné que l’on surveille les îles voisines. Vous nous prenez vraiment pour des crétins, hein ? Vous vous êtes vus ? Si tu voulais le gamin, il t’aurait suffi de payer ! Mais maintenant, tu ne réussiras jamais à rentrer chez toi !

Rolland se rapprocha furieusement du pirate, mais cette fois le marine s’interposa avant qu’il ne l’atteigne.

- Bien ! Très bien !, s’exclama mon camarade à l’intention du sergent-chef. Alors quoi ?! Nous sommes censés attendre que ces pirates nous attrapent et nous fassent la peau ?! Ils savent où je vis figurez-vous, ils nous attendront de pied ferme !
- Nous allons prendre les mesures qui s'imposent., répondit calmement le marine. Croyez-moi, nous allons tout mettre en œuvre pour arrêter cet équipage.
- Les Renifleurs., marmonna Rolland. Ils se font appeler les Renifleurs. Au passage, leur navire est la Créature Fantastique.
- Savez-vous autre chose que vous ne nous avez pas encore dit ?

La voix du marine me sembla légèrement agacée.

- Non, ils opèrent plutôt discrètement en général. Je n’ai même pas pu trouver qui est leur capitaine., pesta mon camarade. Qu’est-ce que vous allez faire d’eux ?
- Nous les ramenons à la base. Et vous venez aussi.
- Et ma connaissance… ?
- S’en fout., intervint le marine plus silencieux.
- Sérieusement ?!, s’indigna Rolland. Je voulais lui demander de l’argent ! J’ai besoin d’au moins un sabre, sinon je me sens mal. Et il faut que je trouve quelque chose pour que Art puisse se défendre. Et aussi, si on pouvait changer de vêtements, ce ne serait pas un mal. Regardez, il n'a même pas de chaussures ! A moins que vous ne m’avanciez la somme nécessaire à tout ça ?

Les deux marines restèrent parfaitement silencieux. Même les pirates s’étaient tus, je les entendais à peine respirer, comme s'ils espéraient ainsi faire oublier leur présence.

- Eh, ce n’est pas parce que ces types m’ont traité de voleur que j’en suis un !, s’énerva Rolland.

Je m’avançai vers lui, tirai légèrement sur sa manche.

- Rentrons juste…, murmurai-je.
- Pas désarmés., insista-t-il. Je veux que l’on puisse se défendre plutôt que d’être totalement inutiles et encombrants comme aujourd’hui.

Je me repliai légèrement sur moi-même, blessé par cette vérité.

- Vous pouvez bien au moins nous prêter des armes le temps du voyage, non ?, continuait Rolland.

Les deux autres ne répondirent toujours pas et quelques instants plus tard, nous marchions tous en direction de la base, mon camarade continuant d’argumenter sans fin. Nous dûmes de nouveau attendre dans une salle, sous la surveillance d'un soldat qui ne se donna même pas la peine d'entamer la conversation. Je pouvais cependant sentir son attention sur nous, ce qui me mettait assez mal à l'aise.

- Pourquoi attendre... ?, demandai-je faiblement.
- Parce que les marines vont choisir de nous escorter., répondit mon camarade avec certitude.
- … Pour nous protéger ?

Rolland ricana.

- Parce que nous faisons d'excellents appâts. Mais ça ils ne l'avoueront pas.

Je penchai la tête, confus. Si les pirates étaient les méchants, les marines devaient être les gentils, non ? Alors ils devraient aider les gens sans condition, non ? Non ?

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Shizukanaru Noakuma

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MessageSujet: Re: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Jeu 30 Mar - 0:27

Nous rentrâmes à la base, refaisant rapidement le chemin inverse. Le regard de Rolland était pesant, du moins pour mon compère, il ne cessait de lui crier dessus, arguant des choses et d'autres. Moi je me contentais de les observer avec intérêt. Rin devait réfléchir à toute vitesse. Moi, je flânais, observant les alentours. Dans la base, il préféra isoler les deux rescapés afin de parler en tête à tête avec son partenaire. À savoir moi.

— Les Renifleurs … Tu les connais ?
— Pourquoi penses-tu que je connaisse tous les pirates des mers ? Grogna Rin.

Je ne répondis même pas, lui jetant simplement un coup d'oeil éloquent. Il rougit légèrement, le regard fuyant.

— Crache.
— Bon d'accord, effectivement, je sais qui est le capitaine, admit-il à contre-coeur, mais ni moi ou ma famille ne le connaissions personnellement. Cela tient juste de mes recherches personnelles.

Je n'étais pas fin connaisseur mais il me semblait qu'on commençait à toucher au domaine communément appelé « mauvaise foi ».

— S'en fout.

Il roula des yeux, sans doute agacé par cette phrase que je répétais souvent et dont je mangeais les mots.

— Le capitaine est un fin stratège, un redoutable combattant, il a une obéissance sans borne de ses soldats. Son nom est Charles Vane. Ses hommes sont les Renifleurs car ils les considèrent ni plus ni moins comme ses chiens, des limiers prêt à trouver n'importe quoi à rapporter à leur capitaine tant que ça a de la valeur. J'ignorais en revanche qu'il faisait dans le trafic d'humain. Tu vas être un sacré atout pour les attirer à nous s'ils sont dans le coin. Mais il faut découvrir aussi pourquoi ils veulent tellement ces deux hommes. Occupe toi d'eux. Trouve le pourquoi du comment.

Charles Vane (issu de la série Black Sails, enrichissante sur les pirates):
 

Je regardais par dessus mon épaule, m'apprêtant à saluer mollement la personne à qui il venait de donner ses ordres. Mais je comprenais au vide que c'était bel et bien moi.

— Tu me demandes à moi, dépourvu de toute empathie, compassion ou sympathie, de faire preuve de ces qualités de socialisation pour avoir de plus amples informations ? Demandais-je en me pointant d'un doigt sur le torse.

— Exactement ! Répondit-il d'un large sourire, heureux que j'ai compris le message.

Je haussais les épaules et me détournais, allant rejoindre les deux garçons. Enfin, ils devaient sans doute être plus « vieux » que moi.

— Désolé pour l'attente.

Rolland se leva comme sur ressort à mes excuses, cherchant immédiatement des réponses.

— Pourrons-nous aller chez ma connaissance ? Que va-t-il se passer ?


Je lui fis un signe de la main d'attendre, m'absentant momentanément dans un couloir pour en revenir avec des tenues d'entrainements qui trainaient dans cette base depuis … un moment. Je leur tendis, ils me remercièrent et restèrent sur place, Rolland prenant finalement la parole.

— Euh, y aurait-il un endroit où on pourrait se changer ?

Je soupirais, me rappelant les notions de pudeur que je n'avais pas, et leur indiquais les vestiaires d'où je tirais les tenues, précisant qu'il pouvait prendre n'importe quelles rangers du moment qu'elles étaient à leur tailles. Ils revinrent après quelques minutes, Artémis plus hésitant que Rolland. M'enfin, j'avais l'impression qu'il hésitait sur tout, ainsi, je ne m'en formalisais pas.

— Nous allons faire le tour des commerces du coin, vous pourrez ainsi prendre une arme comme vous le désiriez et euh des vivres ?

Je me caressais pensivement le menton. De quoi pouvaient-ils avoir besoin ?

— Et avec quel argent ? Nous ? Vous allez nous accompagner ?
M'interrogea de manière assez brutale Rolland.

Je hochais la tête et sortais de ma veste mon tout petit porte monnaie où dedans étaient pliés des papiers qu'on m'avait dit être de l'argent. Beaucoup de papiers. J'avais vraiment dû m'acharner pour que ça rentre dedans. Sans doute cela était il satisfaisant car les yeux de Rolland s'agrandirent devenant bien ronds, allant de moi à la somme. Je le rangeais et leur fis signe de passer devant.

Ils parlaient à voix basse entre eux. Je me tenais à distance, respectant leur intimité, surveillant le périmètre autour d'eux. Finalement, ils ralentirent l'allure, s'alignant à mon rythme.

— C'est des vrais ? Demanda Rolland en pointant mes cornes.

Je hochais la tête et m'arrêtais devant Artémis, l'aveugle.

— Tu veux toucher ? Tout le monde veut toucher,
fis-je, blasé.

D'abord hésitant, il se décida en voyant que Rolland lui n'hésita pas une seconde.

— Vous êtes quoi au juste ? Vous avez fait des choses impossibles tout à l'heure !


— À défaut de réelles réponses, les scientifiques Marines m'ont donné l'appellation de « démon ». Je suis plus résistant qu'un humain mais surtout j'ai des cornes. Et une absence totale d'émotion hormis la colère. Le poing armé de la justice. J'ai un compagnon dragon. Angry. Je peux fusionner partiellement avec lui, armé mon poing d'une cuirasse et de griffes ultra tranchantes ou me doter d'ailes comme contre le pirate.

Artémis et Rolland regardaient dans ma direction, subjugués par mon récit.

— Vous allez vous servir de nous pour les retrouver ? Tout ceci à quoi cela rime-t-il ?

— Non. Mon devoir est de protéger les civils par dessus tout. Obéir aux ordres. De toute manière, je suis assez un phénomène de foire pour les attirer. Non, nous avons besoin de vous pour comprendre et nous guider vers eux. Mais Rin et moi-même ne vous mettrons jamais en danger.


Nous nous arrêtâmes devant un armurier et j'invitais les deux compères à pénétrer dans l'enseigne. Que pouvaient-ils penser suite à cette conversation ? Je n'en savais rien.

— Pourquoi vous veulent-ils vous ? Plus particulièrement lui ? Dis-je en pointant Artémis. Ils t'ont traité de voleur, insinuant que tu leur avais dérobé ce garçon. Pourquoi un adolescent aveugle, bossu, incapable d'effectuer des travaux physiques qu'on attend d'un esclave les intéressent tant ? Nous ne pouvons pas vous protéger correctement si nous n'avons pas toutes les données. Mais comme vous l'avez dit, vous avez aussi besoin de vous protéger. Choisissez.

Je fis signe à l'armurier que je m'occupais de la somme à régler, laissant les deux garçons réfléchir à toutes ces dernières paroles et aux armes.

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MessageSujet: Re: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Dim 2 Avr - 22:24

- Pourquoi vous veulent-ils vous ? Plus particulièrement lui ?, demanda Shizukanaru. J'avais l'impression qu'il parlait de moi comme si je n'étais pas là, mais cela ne me perturbait pas outre mesure, j'en avais l'habitude. Ils t'ont traité de voleur, insinuant que tu leur avais dérobé ce garçon. Pourquoi un adolescent aveugle, bossu, incapable d'effectuer des travaux physiques qu'on attend d'un esclave les intéressent tant ? Nous ne pouvons pas vous protéger correctement si nous n'avons pas toutes les données. Mais comme vous l'avez dit, vous avez aussi besoin de vous protéger. Choisissez.

Aveugle, bossu, incapable. J'eus l'impression de me prendre trois grosses baffes dans la figure et grimaçai. La vérité pouvait être cruelle. Je me tournai vers Rolland, quémandant son avis sur les réponses à fournir au marine. Mais son cœur s'était de nouveau accéléré, je le sentais tourner la tête en tous sens. Excitation. Est-ce que les armes étaient des choses bien belles à voir ? Je tirai sur sa manche pour attirer son attention et il me tapota distraitement le dessus de la tête.

- C'est toi qui choisis, Art. On peut vraiment prendre tout ce que l'on veut ?

Shizukanaru dut lui donner son accord, car mon compagnon s'éloigna, me laissant seul avec l'étrange individu. Je remuai nerveusement, encore mal à l'aise dans mon nouvel accoutrement. Pour ne pas avoir à abîmer les vêtements de la marine que l'on nous prêtait, j'avais dû garder ma vieille tunique, déjà déchirée dans le dos pour faire passer mes ailes. Il était agréable cependant d'avoir un pantalon et des chaussures, bien que celles-ci soient étonnamment lourdes. Rolland avait aussi noué un morceau de tissu sur mes yeux pour cacher ma cicatrice. Il pensait qu'ainsi les gens seraient moins mal à l'aise devant mon visage. S'il le disait. De toute façon, cela ne changeait pas grand chose pour moi.

- Tout ce que l'on veut ?, répétai-je finalement doucement au marine.
- Oui. C'est cadeau.

Un cadeau... ? Je me mis à sourire, enthousiasmé par ce mot. Cela faisait tellement, tellement longtemps que personne ne m'avait rien offert. Cela devait bien remonter à l'époque de Monsieur.

- Alors tu es vraiment un gentil !, m'exclamai-je.

Je repensai à la sensation de fraîcheur, à la surface lisse et dure des cornes du garçon. Lui aussi était différent. Il devrait pouvoir comprendre ma situation.

- Est-ce que quelqu'un regarde vers nous ?
- Non., répondit-il simplement.

Je hochai doucement la tête, puis lui tournai le dos, avant de soulever la veste posée sur mes épaules. J'agitai légèrement mes ailes pour prouver la véracité de leur existence, puis laissai retomber tout aussi vite le vêtement.

- Nous sommes pareils., murmurai-je.

A cet instant, des pas revinrent précipitamment vers nous et une main m'attrapa par le bras.

- Il faut que tu viennes essayer, Art !, s'extasia Rolland.

Il m'entraîna derrière lui jusqu'à une autre partie de la boutique puis me demanda de tendre la main. J'obéis par réflexe et je sentis bientôt un objet parallélépipédique aux coins arrondis, recouvert de tissu, être posé dans ma paume. Je refermai ma main dessus, puis je le sentis soudain s'alourdir et basculer vers l'avant. Il y eut un bruit métallique à quelques pas devant moi et je sursautai, resserrant ma prise alors qu'une vibration remontait jusqu'au manche que je tenais.

- Que penses-tu de ce sabre ?, me demanda mon camarade.

Oh, alors un sabre était donc une sorte de grand couteau. Je me retournai vers lui pour savoir ce que je devais en faire. Il poussa un cri et je me tétanisai. D'autres pirates étaient revenus ? Je n'avais rien entendu !

- Fais attention !, me sermonna Rolland. Tu as failli me couper un doigt !

Sa main se posa sur la mienne et il me prit le grand couteau sans que je ne réagisse. J'entendis un chuintement alors qu'il marmonnait qu'on laissait tomber les sabres. Je ne bougeai toujours pas, effrayé de ce que j'aurais pu faire, de ce que Rolland allait faire. Il devait être très en colère, pourquoi ne me criait-il pas dessus ? Pourquoi ne m'avait-il pas encore frappé ?

- Essayons ça maintenant. Tu viens, Art ?

Je me tournai de nouveau lentement vers lui, fronçant les sourcils avec incompréhension. Il n'était pas furieux ? Je me rapprochai alors rapidement, voulant vite rattraper mon erreur.

- Attrape. Tu peux y aller, c'est un bâton, il n'y a pas de lame.

Je m'exécutai et me saisis de l'objet, un long cylindre de bois.

- En garde !, me lança Rolland.
- Quoi ?

Avant d'obtenir une réponse, je sentis un mouvement d'air au-dessus de moi. Je rentrai la tête dans les épaules, puis reçus un choc sur le crâne. Je poussai un piaillement de douleur et lâchai mon bâton, avant de partir en courant à travers la boutique. Un claquement de langue me renseigna sur la position de Shizukanaru et je me précipitai derrière lui, agrippant sa veste pour me cacher dans son dos.

- Je suis désolé ! Je suis désolé !, m'excusai-je désespérément auprès de Rolland.

Il y eut un lourd instant de silence.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?, me demanda mon camarade avec dans la voix quelque chose qui ressemblait à de l'abasourdissement. C'est moi qui t'ai fait mal, non ? Je pensais, je ne sais pas moi, que tu allais esquiver ou faire quelque chose pour te défendre ?!
- Tu n'es pas fâché ?, m'étonnai-je.
- Tu peux me lâcher ?, demanda le marine.

De nouveau, j'obéis avant de réfléchir.

- Bien sûr que non !, s'exclama Rolland. Mais tu sais quoi ? On va oublier les armes de corps à corps. Tu n'as pas l'air très doué pour ça. Eh, l'armurier, on peut essayer les pistolets ?
- Dans l'arrière-salle., répondit l'homme qui tenait le magasin.

Vraiment ? Et c'était tout ? Je n'étais pas puni alors que j'avais fait quelque chose de mal ? Il n'était pas en colère ? Il ne m'avait pas frappé à cause de ça ? Il n'allait pas continuer ? Je ne comprenais pas. Mais je crois... que j'étais content. Alors je le rejoignis une nouvelle fois et nous passâmes dans une autre pièce. Il plaça bientôt dans mes mains un autre objet étrange et agença avec soin mes doigts dessus.

- Ne presse pas la gâchette pour l'instant., m'ordonna-t-il. Heu, c'est la pièce qui est sous ton index, d'accord ?

J'acquiesçai.

- Est-ce que tu vois... enfin, distingues, les cibles ?
- A quoi est-ce que ça ressemble ?, l'interrogeai-je.
- Elles sont en face. Les trucs qui font plein de ronds.

Je claquai de la langue et écoutai attentivement, avant de pencher la tête sur le côté.

- Les cercles disposés à intervalle régulier sur le mur ?, m'enquis-je avec docilité, avec l'envie de bien faire.
- Oui... Oui, c'est ça., répondit-il avec hésitation. Bon, alors tu vises celui qui est devant toi et tu appuies sur la gâchette, ok ?

Je hochai la tête et levai l'arme pour placer le bout le plus long vers la cible. Mon cœur battait la chamade, j'avais peur de me tromper et de faire une nouvelle bêtise. Mais Rolland m'encouragea, alors j'appuyai. Une détonation assourdissante perça mes tympans, et je hurlai. J'entendis le pistolet tomber au sol, juste avant que je ne l'y rejoigne. Mon épaule frappa le plancher sans que je n'amortisse ma chute, mais mains prises à presser mes oreilles tintantes. Comme de loin, je me rendis compte que je continuai de crier, mais je ne parvenais pas à couper ma voix. Je percevais indistinctement des voix, mais j'étais incapable de les localiser, incapable de savoir à qui elles appartenaient. Une odeur de poudre recouvrait les autres, me privant d'un troisième sens. Le monde qui m'entourait avait totalement disparu, j'avais l'impression de flotter dans un espace indéterminable. Seul me restait le sol en-dessous de moi pour me repérer. Puis des bras m'entourèrent et je me sentis pressé contre la chaleur d'un autre corps, alors qu'une main caressait doucement mes cheveux. La présence chaude tout contre moi, qui me préservait de tout. C'était rassurant. J'étais ici à l'abri, protégé.

- Pardon, Art, pardon., murmurait Rolland au creux de mon oreille.

Le souvenir fugace s'estompa. Mon camarade continuait de murmurer les mêmes mots en boucle, je ne savais depuis combien de temps. Mes cris s'étaient arrêtés, j'entendais de mieux en mieux tout ce qui m'entourait. Deux autres battements de cœur, tout près. Sans doute le vendeur et le marine. D'autres, un peu plus distants. D'autres clients ? Des gens qui passaient dans la rue, de l'autre côté du mur ? Je décollai lentement mes mains de mes oreilles. Mon mouvement alerta Rolland, qui relâcha son étreinte. La chaleur s'éloigna, et j'eus l'impression d'oublier quelque chose d'important. Mon camarade m'aida à me relever alors que je cherchais en vain cette chose qui flottait à la limite de ma conscience, mais qui finit par totalement disparaître.

- Je ne te ferai plus jamais utiliser une arme à feu, je te le jure., me promit Rolland d'un ton grave. Plus jamais.
- Est-ce que votre ami va bien ?, demanda le vendeur avec inquiétude. Vous... Hum, vous faites peur aux autres clients...
- Eh bien qu'ils aillent voir ailleurs., grogna mon camarade.

L'armurier se retourna vivement et partit à grands pas, ne semblant pas avoir apprécié la remarque. Je suivis son mouvement de la tête, hésitant à m'excuser, mais il quitta la salle avant que je ne puisse me décider.

- Est-ce que tu peux me faire confiance une dernière fois ?, me demanda Rolland.

J'hésitai un court instant, la douleur encore bien vivace dans mon esprit.

- Je comprendrais que tu ne veuilles pas...
- D'accord.
- … Faudra que tu m'expliques pourquoi tu acceptes tout ce que je demande..., marmonna mon camarade, avant de reprendre d'un ton normal : Je vais te faire essayer l'arc, après on abandonne.

Il s'éloigna de quelques pas et revint un instant plus tard avec une nouvelle arme. Je tâtai avec précaution le bois courbé et la corde qui reliait chaque extrémité, puis un autre morceau de bois plus court, orné de plume et d'une pointe métallique. Rolland se plaça derrière moi et me guida pour tenir l'arc et encocher la flèche. Je crispai les muscles de mon bras pour réussir à tendre la corde jusqu'à ce que les plumes effleurent ma pommette droite. Je lâchai ensuite ma prise et claquai plusieurs fois la langue pour suivre la trajectoire de la flèche, qui traversa la salle avant de se planter dans le bas de la cible.

- Parfait !, lança Rolland en ébouriffant mes cheveux. On va prendre ça !

Je n'étais pas sûr que ce soit parfait, mais j'étais plutôt pressé de sortir d'ici et, pour dire vrai, je me laissais gagner par son enthousiasme. Je lui souris, et mon camarade rejoignis Shizukanaru pour lui montrer nos choix.

- Je vous rembourserai un jour., insista-t-il alors que le marine allait payer. Nous avons une dette envers vous, et je ne supporterai pas ça longtemps de toute façon. Est-ce qu'il y a quelque chose que je pourrais faire pour vous en attendant ?
- Dites-moi où sont les pirates., se contenta de répondre le sergent-chef.
- Je vous l'aurais dit de toute façon, donc ça ne compte pas vraiment., soupira Rolland. Mais soit, occupons-nous de cela pour l'instant. Ces pirates ont dit avoir été envoyés sur les îles voisines après notre fuite. Les îles les plus proches d'ici sont l'île de Gaimon et les archipels de Gekko, de Konomi et des Orgao si je ne m'abuse. Mais quand ces pirates m'ont emmené, le voyage était vraiment long, les Orgao et Gaimon sont trop proches de Dawn à mon avis. Donc nous étions sur l'archipel de Gekko ou sur celui de Konomi. Désolé, je ne peux pas être plus précis, je n'ai jamais mis les pieds sur l'un de ces deux archipels auparavant.

Le marine ne répondit pas. Sans doute réfléchissait-il à la manière dont lui et ses collègues allaient réagir. Ou alors peut-être essayait-il de trouver la somme à donner à l'armurier, je n'en étais pas sûr.


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MessageSujet: Re: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Jeu 13 Avr - 20:58

Quand Artémis me confia son petit secret, je fus stupéfait. Des ailes … mais pourquoi ne les enlevait-il pas ? Pourquoi ne s'échappait-il pas à tire d'aile à chaque confrontation ? En tout cas, sa présence sur le bateau s'expliquait à présent mieux. Peut-être qu'il peut invoquer un pigeon ou une colombe, rêvassais-je pendant qu'il s'essayait, en vain, à l'art du sabre.

J'avais constaté lors de la phase d'entrainement que les aveugles avaient plutôt tendance à choisir des armes de corps à corps tels que les bâtons, ceux étant aveugle de naissance avait une ouïe plus affutée et, étonnamment, se déplaçaient avec une certaine assurance et bonne conscience de l'espace autour d'eux. Artémis lui semblait avoir l'ouïe mais définitivement pas le reste. En fait, je n'arrivais pas à savoir pour l'espace dans la mesure où il ne quittait jamais Rolland.

À ma surprise, il choisit un arc, petit, simple, et semblait … heureux ? Pour ça ? Un simple « cadeau » ?

Rolland insista après pour me rendre les papiers appelés argent un jour, mais je haussais les épaules. Pour une raison qui m'échappait, j'en avais des nouveaux tous les mois. Je voulais surtout mes informations. Rin allait encore râler si je revenais les mains vides.

- Dites-moi où sont les pirates, me contentais-je de répondre.
- Je vous l'aurais dit de toute façon, donc ça ne compte pas vraiment., soupira Rolland. Mais soit, occupons-nous de cela pour l'instant. Ces pirates ont dit avoir été envoyés sur les îles voisines après notre fuite. Les îles les plus proches d'ici sont l'île de Gaimon et les archipels de Gekko, de Konomi et des Orgao si je ne m'abuse. Mais quand ces pirates m'ont emmené, le voyage était vraiment long, les Orgao et Gaimon sont trop proches de Dawn à mon avis. Donc nous étions sur l'archipel de Gekko ou sur celui de Konomi. Désolé, je ne peux pas être plus précis, je n'ai jamais mis les pieds sur l'un de ces deux archipels auparavant.

J'allais lui répondre mais l'armurier me faisait signe qu'il était temps de payer. Je sortais tous les papiers de mon portefeuille et regardais avec concentration les chiffres, essayant de faire concorder avec ce que le vendeur m'avait annoncé. Je l'interrompais quand il essayait de m'aider. Rin m'avait conseillé de me débrouiller seul car les gens pouvaient être tenté de me prendre plus qu'annoncer.

Je parvins finalement à payer et réfléchissais à voix haute.

— Konomi, c'est peu probable. J'y suis allé il y a quelques mois, l'île était aux mains des hommes poissons, avec des collègues nous avons fait le ménage là bas. La Marine a ensuite investi l'archipel pour évacuer les hommes poissons restants et aider les habitants. Gekko … connait pas. Nous irons là en premier Rin et moi.

Je leur fis signe de passer après moi alors que je sortais de l'armurerie puis nous nous mîmes en route avec moins de silence que la première fois. Il était évident que j'allais poser des questions à Artémis après sa révélation.

— Dis moi Artémis ... Tu peux faire apparaître un pigeon ?

Après tout, des ailes en plume, un pigeon, ça fait sens. Peut-être une colombe ?

Il y eut en tout cas un silence prolongé de mes deux compagnons, je les voyais se regarder de manière curieuse, comme s'ils ne comprenaient pas.

— … Non …

Je le regardais, il semblait pas très sûr de sa réponse. Enfin, il semblait pas très sûr de tout …

— Tu veux dire que tu peux pas enlever tes ailes ?

Ça expliquerait pourquoi ça l'encombre autant et qu'il les dissimule sous ses vêtements. Ou alors il ne sait pas comment faire. Hmm, que de suppositions.

— Bien sûr que non ! Ce serait comme... essayer de s'enlever un bras !


Hmm, effectivement, ça doit pas être très agréable. Peut-être que ses ailes représentaient mon bracelet mais qu'il ne savait pas qu'il avait des pouvoirs latents ? Je sentais mon cœur battre un peu plus rapidement et des fourmillements me parcoururent alors que je posais une nouvelle question.

— Hmmm ... comme moi quand j'enlève mon bracelet. Tu n'as pas de cornes cachées ?


De nouveau, il y eut un silence et Artémis semblait presque navré en lâchant faiblement :

— ... Non.

Aussitôt, la sensation disparut et fut remplacée par une nouvelle, quelque chose de froid, de pesant, pas agréable.

— Ho ... Tu ne connais personne d'autres qui nous ressembleraient ? Je cherche d'où je viens. Depuis 30 ans. Et j'avance pas.

Il était sans nul doute la personne qui me ressemblait le plus depuis que je cherchais. Et au vu des grosses différences que l'on avait, c'était mince comme piste.

— Je ne sais pas non plus... Les... gens qui me gardaient disaient souvent que j'étais étrange. Mais je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme moi avant.

Donc lui aussi considérait qu'on était plus ou moins semblable. Cela me fit du chaud dans la poitrine et je souris spontanément.

— Peut-être j'en saurai plus en démantelant ce réseau. Bien, on va bientôt prendre la mer pour Dawn, c'est bien là que vous vouliez aller ? Oh d'ailleurs, toi aussi Rolland, je suppose que tu sais rien sur d'éventuelle personne possédant un animal magique ou un dragon ?

Rolland hocha la tête dans un premier temps puis prit le temps de réfléchir à ma seconde question.

— Oh, j'ai entendu pas mal de choses, mais ça tient de la légende. Ou alors cela a un rapport avec un fruit du démon.

Ces maudits fruits me causaient bien du souci dans mes recherches, il y avait un paquet de personnes qui semblaient en posséder dans les archives de la Marine et j'avais abandonné de trouver un éventuel indice sur des manifestations de pouvoirs à cause de cela. Je secouais la tête en soupirant.

— Encore une impasse ... enfin, préparez-vous pour la traversée. Artémis. Que dirais-tu que je t'entraine un peu pendant le voyage ? Je reviens d'une formation sur l'entrainement d'un bataillon de la Marine complètement aveugle comme toi.


Le pauvre bougre semblait incapable de vivre seul et me rappelait les énergumènes que j'avais formé. J'avais l'impression que c'était de mon devoir que de corriger cet incapable pour en faire un … capable ? Sa mollesse m'énervait en fait. Bon sang, ne pouvait-il pas se prendre en main un peu ! Est-ce que j'étais comme ça aussi au début quand on m'avait trouvé ? Bon sang pas étonnant que j'en ai énervé plus d'un.

— Vous pourriez faire cela ? Génial ! J'essaierai d'aider aussi ! S'enthousiasma Rolland.
— Euh... D'accord..., dit simplement l'aveugle.

J'avais la désagréable impression qu'il disait oui parce que Rolland était d'accord. La tentation de le secouer comme un prunier pour lui dire de s'exprimer en fonction de ces désirs propres me turlupinait mais je me contentais de le sermonner comme lors de la formation avec mes recrues.

— Si tu ne veux pas, c'est simple tu le dis. Faut pas te laisser faire, dis-je de la voix sévère que m'avait apprise Rin. Il appelait ça ma « voix de professeur ». Tu as des ordres ? Moi c'est pour ça que je dis oui à tout de mes supérieurs mais les autres, je me débrouille.

Comme une biche effarouchée, Artémis rentra sa tête entre ses épaules et se tourna vers Rolland, sa bouée de sauvetage. Celui-ci prit alors la parole à sa place, provoquant l'effet inverse de ce que je voulais.

— Vous avez raison, sergent-chef  mais... Vous devez vous rendre compte que Art a besoin de savoir se défendre, non ? Vous-même n'êtes jamais embêté par qui que ce soit à cause de votre apparence ?

J'en restais coi un moment. Pour de bon, il n'avait jamais entendu parlé de moi ? Il croit que je suis intimidant ? Moi, mes 50 kilos tout mouillé, ma petite tête que tout le monde qualifie de mignonne, et mes cornes qui n'impressionnent plus grand monde ?

— Ça dépend. Le premier réflexe c'est la peur. Puis on réalise que je suis quand même qu'un gamin physiquement. Je parle peu et on me pense de fait consentant pour tout. Mais on pense aussi que je ferai une sacrée pièce de collection. Je me suis fait une réputation assez sanglante pour qu'on me laisse en paix. Il a aussi besoin d'exprimer son désir. Enfin, je parle de choses que je ne connais pas …

C'est pas comme si j'avais des désirs propres. Hormis celui de comprendre d'où je viens.

— Je dois dire que tout cela ne m'étonne guère... Mais Art lui ne semble même pas avoir l'idée de se rebeller contre ceux qui lui font du tort. S'il n'apprend pas, et à se battre et à exprimer ses opinions, il disparaîtra rapidement dans un nouveau trafic, s'il n'est pas tué avant.

Exactement ce que je voulais dire. Alors pourquoi tu parles à sa place quand je lui dis de se secouer les puces … Mais je n'ai pas le droit d'être désagréable avec des gens sous ma protection.

— Reste pas passif voyons ! Exprime toi ! Je vais t'apprendre …
, ne puis-je me retenir de dire à l'aveugle. Préparons nous pour l'embarquement !

Je détournais les talons, laissant le pauvre Artémis se réfugier de nouveau derrière Rolland. Je rejoignais Rin et lui partageais les informations que j'avais acquise. Comme moi, il pensait peu probable que les pirates soient sur Konomi. En revanche, il trouvait surprenant pour Gekko. L'archipel était réputé pour être discrète habituellement et pourtant, de sombres histoires de meurtre et d'hommes moutons diaboliques avaient secoué l'île. Mon coéquipier trouvait gros que tant de chose se passe sur une île habituellement calme. Je lui confiais aussi les sensations que j'avais eu en parlant avec Artémis et l'impasse dans laquelle cela menait. Il sourit, un sourire en demi-teinte, et m'expliqua.

— On appelle cela de l'excitation, l'espoir au plus haut degré d'avoir enfin quelque chose à porté de main, et cette rechute est la déception, comprendre que cet espoir n'est pas une réalité. Je suis désolé Shizu, murmura-t-il en m'enlaçant brièvement. Hum, désolé, un tic familial. Partons.

Et c'est ainsi que nous préparâmes nos affaires afin de partir pour Dawn.

Désolée pour l'attente T_T:
 

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MessageSujet: Re: L'aube d'une nouvelle vie : rencontres [Artémis et Shizu]   Dim 14 Mai - 17:07

Je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Un instant le marine semblait content, l'instant suivant furieux contre moi. Avais-je fait quelque chose de mal ? Je semblais l'avoir déçu, comme s'il s'était attendu à ce que je lui livre des informations essentielles, que je ne possédais malheureusement pas. Et puis... m'entraîner ? Il semblait penser qu'il s'agissait d'une bonne idée, et Rolland était allé dans son sens alors ils avaient sans doute raison. Et pourtant, alors que mon camarade était d'accord avec lui, cela ne semblait pas avoir plu à Shizukanaru. Est-ce qu'il aurait préféré que nous refusions son offre ? Dans ce cas pourquoi l'avoir proposée ?

- Allez, montons !, me lança joyeusement Rolland. Dans quelques jours nous serons chez moi !

J'esquissai un léger sourire, rassuré par sa bonne humeur. Mon camarade ne semblait pas du tout perturbé par la tension que j'avais sentie entre lui et le marine. Mais peut-être ne l'avait-il simplement pas perçue. Je le suivis sur la planche qui menait au pont et pris pieds sur le navire. Cela me procura une étrange sensation, un mélange de soulagement et d'angoisse. J'étais déjà monté sur de nombreux navires, mais ce n'était que la seconde fois que je le faisais en tant qu'être libre. Et la première était celle qui m'avait conduit à être prisonnier, alors... L'habitude me disait de me diriger vers les cales, là où se trouvait ma place durant chacune des traversées que j'avais effectuée, mais Rolland s'était éloigné sur le pont.

- Ne reste pas au milieu du passage., m'ordonna un homme bloqué derrière moi sur la planche.

Je bafouillai une excuse et m'éloignai promptement, trébuchai sur une corde et m'étalai sur le pont. Je sentis quelques regards se porter sur moi et je me relevai rapidement, gêné. Je vérifiai que ma veste était toujours bien en place sur mes ailes, puis terminai plus prudemment mon chemin, claquant plusieurs fois de la langue pour repérer les obstacles. Je parvins enfin aux côtés de Rolland et m'agrippai fermement au garde-corps.

- Un petit voyage tranquille aux bons soins de la Marine et je reverrai les miens., soupira mon camarade avec contentement. Et ces pirates auront bientôt ce qu'ils méritent. Je pense que l'on s'en sort plutôt bien, pas toi ?

Je souris légèrement, mais je n'en étais pas trop sûr. Tout allait bien, oui, mais je sentais mon ventre se tordre avec inquiétude. Rolland semblait vraiment heureux et apaisé en pensant à sa famille, bien plus qu'en étant juste avec moi. C'était normal, nous étions encore presque des inconnus, mais pourtant cela me faisait mal. Est-ce qu'il se soucierait encore de moi quand nous serions arrivés ?

- Art ? Ça va ?
- O-Oui., m'empressai-je de répondre.
- Vraiment ? Tu avais l'air complètement perdu dans tes pensées.
- Je pensais... à l'entraînement., mentis-je.
- Ah, ne t'inquiète pas pour ça. Tout va bien se passer. Un entraînement par la Marine, tu devrais même te montrer ravi d'avoir une telle chance ! Allez, détends-toi. Écoute le bruit des vagues, un truc comme ça.

Je hochai la tête, desserrai légèrement mes mains du garde-corps. Oui, il ne servait à rien de s'inquiéter pour l'instant, je ne pouvais rien y faire. Je soufflai doucement, écoutant comme me l'avait conseillé Rolland le son des vagues qui frappaient les quais et les coques des navires. J'entendais les pas de tous les matelots sur notre embarcation, s'enchevêtrant dans un mélange plus ou moins régulier. Le bois craquait doucement, les voiles bruissaient, des cordes frottaient contre les planches du pont ou certaines parties de la mâture. Des portes s'ouvraient, se refermaient, des marines échangeaient quelques mots, quelqu'un décrochait un escargophone, de l'eau coulait, une autre personne frottait un objet en céramique...

- … le capitaine Vane.

Je sursautai, frappé par le nom, que j'avais déjà entendu dans la bouche des pirates qui m'avaient retenu. Curieux, j'essayais d'écarter les autres sons pour ne garder que cette voix et ce qui l'entourait. Il était difficile de se focaliser sur un seul de ces bruits alors que tout se mélangeait, se superposait, s'entrecroisait sans que qui que ce soit en ait vraiment conscience, mais je fis de mon mieux pour ne pas lâcher cette voix murmurante.

- Comment ça, il n'est pas disponible ?! Vous vous moquez de moi, Rackham ?! Je vous dis de me passer votre capitaine ! Je ne suis pas payé pour discuter avec des sous-fifres !

Il y eut un instant de silence et je fus parcouru d'un frisson en me rendant compte que je ne percevais pas l'interlocuteur de cet homme. J'entendais une bribe de voix, faible et trop déformée pour que même moi puisse la comprendre, mais nul battement de cœur, nulle respiration l'accompagnant.

- Très bien., grinça la première voix. Oui, c'est important. Nous avons trouvé vos fugitifs, et plusieurs de vos hommes se sont fait prendre.

Nouveau semi-silence.

- Tu as encore l'air de t'être perdu, Art. Est-ce que...

Je levai une main pour interrompre Rolland, crus un instant avoir perdu la voix avant de la retrouver soudain.

- … m'assurerai qu'ils ne parleront pas et...
- Ok, je ne dis rien !
- … à bord. Nous devrions arriver à Dawn dans six jours. Je ne pourrai pas empêcher une enquête, vous le savez, alors profitez de ce temps pour vous bouger.

Il y eut un cliquètement, puis plus rien, la conversation semblait achevée. L'homme se déplaça et se mêla à d'autres matelots, et je perdis rapidement son pas au milieu des autres. Je secouai la tête, me reconcentrant sur ce qui m'entourait.

- Tu as fini ton espèce de méditation ?, m'interrogea Rolland.
- Ils savent que nous sommes ici...
- Quoi ?
- Les pirates...
- Ah, oui, rien d'étonnant après ce qui s'est passé tout à l'heure. C'est une bande bien organisée, l'information circule vite. Mais nous ne craignons absolument rien avec les marines.
- Mais...
- Cesse de t'inquiéter, Art.

Il me donna quelques tapes sur la tête, puis se détourna soudain.

- Ça y est, on largue les amarres. Qu'est-ce que tu dirais de rejoindre ce Noakuma pour voir comment va se passer ton entraînement ?

Il attendit que je hoche la tête avant de se mettre en mouvement, et j'attrapai sa manche pour qu'il me guide au milieu des marins qui s'agitaient sur le pont. Je me rendis compte que mes mains tremblaient, et je fis de mon mieux pour me calmer. Quelqu'un, sur ce navire, avait renseigné les pirates. Peut-être même l'un des pirates était-il à bord. Je ne savais laquelle de ces deux suppositions m'inquiétait le plus. Rolland s'immobilisa et m'attrapa par les épaules, avant de me pousser légèrement en avant.

- Sergent-chef ? Je vous le confie. Si ça ne vous dérange pas, je m'exercerai un peu plus loin pendant ce temps., annonça-t-il avant de m'ébouriffer les cheveux. Allez, amuse-toi bien, Art.

Et il se détourna, m'abandonnant face au marine.
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